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PROSTATE

Les fibro-adénomes de la prostate des chiens, qui entreliennent, ainsi que nous l'avons montré, de curieux et étroits rapports avec l’inflammation, subissent assez souvent la « dégénérescence » cancéreuse. C’est peut-être même au niveau de la prostate que les liens inflammation-cancer semblent les plus étroits : sur le foyer enflammé se développe un fibro-adénome, susceptible ensuile de subir l'involution cancéreuse.

Les deux observations, qui suivent, ont été recueillies sur les chiens.

Observation personnelle n° I. Chien louvet, 3 ans. (Microphoto n° V.)

La prostate volumineuse est, dans sa plus grande partie, nettement adénomateuse.

Ses culs de sac glandulaires massifs, volumineux, plus nombreux et plus irréguliers qu'à l’état normal, se pressent les uns contre les autres. Il n'y a, en effet, aucune sclérose des cloisons conjonctives. Au centraire, la délimitation lobulaire est à peine apparente,

Le volume des culs de sac est inégal, comme ieur lumière, du reste ; celle-ci demeurant plus faible pour la plupart d'entre eux. Ils sont tapissés par un épithélium festonné à l'extrême. Et ces caractères, ajoutés aux propriétés des éléments glandulaires, orientent le diagnostic vers l’adénome.

Les cellules épithéliales cylindriques, hautes, disposées sur un seul rang, ont un Corps protoplasmique sombre, granuleux et finement vacuclaire (lipoïdes) au niveau de son pôle interne. À sa base est situé le noyau ovalaire, massif, fortement coloré en bleu par l'hématéine.

Certains acini contiennent un produit de sécrétion granuleux et teinté en rose pâle par l'éosine. Peu abondant, il ne remplit jamais l’espace libre.

Dans les parties de la prostate, en involution maligne, les cellules, en voie de prolifération, ont desquamé partiellement dans la lumière des culs de sac. L’épithélium resté en place, revêt l'aspect d’un peigne. En certains points, la desquamation est totale, et les cellules, isolées ou groupées en amas, occupent le territoire des acini adénomateux disparus.

Ainsi, tout près de l'urètre, la structure de la prostate est méconnaissable. Les cellules, extrêmement nombreuses, jetées sans ordre, remplissent entièrement des alvéoles que délimite un système de travées conjsnctivo-musculaires. Ces territoires ont un aspect massif et atypique. Le carcinome est constitué.

En quelques points, en plein tissu cancéreux, on rencontre des foyers d'infiltration diapédétique.

Observation personnelle n° IT. CHIEN.

L'architecture glandulaire, entièrement détruite, a fait place aux formations épithéliomateuses. Celles-ci, plus ou moins volumineuses, ont une fcrme arrondie, ovoïde ou irré- ‘gulière, sinueuse. Elles sont tapissées par une ou plusieurs rangées de cellules épithéliales cylindriques hautes, ou parfois cubiques dans les petites formations. Le protoplasma

cellulaire, en général, sombre et granuleux, se colore en rose foncé par l’éosine et contient un noyau ovalaire, basal, finement croûtelleux., La lumière de la plupart des productions pseudo-glandulaires contient, en abondance, une substance muqueuse, filamenteuse, que l’éosine teint en rose pâle.

Quelques travées fibro-musculaires sillonnent la préparation et un tissu fibroïde, variablement abondant suivant les points, cerne les formations néoplasiques, dont quelques-unes ressemblent, par leur morphologie, aux acini d'une prostate normale.

Par endrcits, les culs de sac néoformés sont assez étroitement accolés les uns aux autres : petits, arrondis ou ovoïdes pour la plupart, ils sont tapissés par des cellules cubiques et remplis par une matière rose pâle. Entre eux, se trouvent de nombreuses petites cellules que le noyau, arrondi ou ovalaire, à réseau chromatique lâche, remplit presque entièrement.

En ces points la glande est nettement adénomateuse et rappelle certains adénomes vésiculaires thyroïdiens.

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