‹ Sur les causes du cancerChapitre 95 sur 114 · ARTICLE IV CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

ARTICLE IV CORPS THYROÏDE

Si l’adénome thyroïdien est rencontré fréquemment chez les vieux chevaux, le cancer y est relativement rare, Et cette rareté de l'épithélioma thyroïdien eu égard à la fréquence de l'adénome a été soulignée par Messieurs les Prof. G. Perrr (240) et V. Barr, G. Perrr en concluant méme que l’adénome thyroïdien « ne serait pas un état précancéreux ».

Toutefois l'existence de l’adéno-épithéliome ne saurait être contestée, Nos deux observations. recueillies l'une sur le chien, l'autre sur le cheval, le prouveraient. au surplus. Mais sa rareté chez les animaux frappe d'autant plus le pathologiste qu'en médecine humaine 80 à 90 %, des cancers dériveraient d'adénomes thyroïidiens (Méxérrier) (114).

A noter que de nombreuses confusions ont Jadis été faites, Les traités anciens parlent de goîtres ou même d'adénomes généralisés. Les coupes, que nous trouvons dans la vieille et précieuse Collection du Laboratoire d'Anatomie Pathologique, prouvent irréfutablement qu'il s'agit d'épithéliomas.

Observation personnelle n° 1. CHIEN.

Des boyaux épithéliomateuz occupent la place de la glande, <ntiérement disparue. Plus ou moins épais, anastomosés les u2s avec les autres pour [a plupart, ils sont séparés par

un stroma conjonetif, riche en capillaires. Par endroits, cette trame, plus abondante, délimite de véritables logettes occupées par des massifs épithéliomateux compacts, peu étendus et isolés.

Ces formations néoplasiques sont constituées par de petites cellules polygonales, à noyau central, fortement coloré, à cytoplasme pâle, faiblement granuleux. Leur aspect rappelle une coupe de thyroïde embryonnaire, d'autant plus que, par place, les cellules sont disposées en vésicules autour d’une lumière vide ou occupée par une substance homogène, visqueuse et rétractile.

Ainsi semblent naître des vésicules pseudo-glandulaires, tout à fait semblables aux vésicules normales embryonnaires. Elles sont tapissées, en effet, par une rangée de cellules cylindriques, à caractères quelque peu métatypiques, qu'entourent une ou plusieurs couches de cellules polygonales. Ces vésicules sont relativement peu nombreuses, arrondies ou cvoïdes, peu volumineuses. Elles contiennent de la substance colloïde, plus ou moins colorée en rose par l’éosine.

La formation de ces vésicules, légèrement différentes des vésicules normales par leur petitesse, leur matière colloïde très pâle, l’unique présence des cellules chromophobes, relève certes d'un processus adénomaleux. Et il est permis de supposer, qu'aux dépens des cellules cylindriques adénomateuses se sont formées les innombrables petites cellules polygonales chromophobes dont le groupement constitue les b)yaux épithéliomateux.

Cette manière de voir est d’ailleurs discutable. Les cellules néoplasiques thyroïdiennes peuvent conserver pendant quelque temps, en effet, la propriété de sécréter une substance analogue à celle de la cellule thyroïdienne normale. S'il en était ainsi, — ce que l'absence de commémoratifs nous laisse ignorer —, la tumeur serait un pur épithéliome.

Faisons remarquer, à ce sujet, combien il est difficile parois de distinguer les formes presque typiques d'épi-

théliome de certains adénomes thyroïdiens. Dans ces cas, bien connus en médecine humaine, le laboratoire seul reste impuissant. Il n'est que l’évolution clinique qui permette le diagnostic.

La tumeur, dont 1l s’agit ici, appartient à celte catégorie de cancer thyroïdien.

Observalion personnelle n° IT. Cheval. Cancer nodulaire thyroïdien. (Microphoto n° IV.)

La glande présente un nodule de la grosseur d'une noisette, constitué par des lsbules pleins, parfois anastomosés, parsemés de vésicules pseudo-glandulaires.

Ces lobules, de forme et volume variables, sont séparés par une trame fibreuse assez développée. A leur périphérie, le tissu thyrcidien ambiant, tassé, refoulé, présente une structure vaguement fasciculée.

Les lobules, qui rappellent par leur aspect la glande thyroïde embryonnaire, sont constitués par des boyaux cellulaires pleins, anastomosés les uns avec les autres, diversement intriqués, et constitués par deux ou plusieurs rangées de cellules épithéliales polyédriques, dont le protoplasma sombre, finement granuleux, fortement colorable, contient un noyau arrondi ou ovoide, plus ou moins central, à réseau chromatique dense. Entre ces boyaux, lorsqu'ils ne sont pas étroitement juxtaposés les uns contre les autres, existent parfois des traces de tissu conjonctif grêle fibrillaire.

Ce sont des formations épithéliomateuses.

Certains amas cellulaires montrent une faible lumière, ordinairement vide et limitée par une rangée de cellules cubiques ou cylindriques. D'autres présentent une lumière très nette, tapissée par une rangée de cellules épithéliales cylindriques basses ou cubiques, rappelant les cellules thyroïdiennes normales, et centenant de la matière colloïde typique ou de teinte plus ou moins pâle. En ces points, il s’est formé, comme

— Joe

dans la thyroïde embryonnaire, des follicules thyroïdiens comparables aux follicules normaux.

Ces formations caractérisent l’adénome thyroïdien et se distinguent, par ces particularités, des productions atypiques de l'épithéliome auxquelles elles sont associées, et qui, selon

toute vraisemblance, en dérivent.

Page 1