Helvétius: Del'EspriU discours III, cliap. xxx, noteiir
méprenne sur ce qu'il entend par « les circonstances », il ajoute : « C'est dans cette vue qu'examinant ce que pouvaient sur nous la nature et l'éducation, je me suis aperça que Véducation nous faisait ce que nous sommes ' . »
La conséquence est évidente 1 Si nous perfectionnons l'éducation, ce ne sera pas seulement la société, c'est l'homme lui-même, c'est l'espèce que nous perfectionnerons. La question pédagogique devient à son tour une question sociale. La diffusion des lumières, de la vertu, du bonheur n'est plus qu'une affaire de programmes. C'est à la société qu'il appartient, comme y étant sans doute la première intéressée, d'établir ces programmes. Ils seront tyranniques, mais lisseront « moraux », l'utilité sociale étant « le grand caractère du bien et du mal moral ». Et, grâce à cette erreur, c'est ainsi que la juste préoccupation du problème de l'éducation se changera en un souci de gouvernement, dont l'objet, quelle que soit la forme de ce gouvernement, sera toujours d'imposer et de maintenir son principe. Tout le pouvoir de l'éducation ne servira qu'à en fausser l'esprit,