‹ Sur les Concrétions Calcaires sous-cutaneesChapitre 20 sur 28 · ADI · texte numérisé non relu

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gine parasitaire de la maladie n’est soutenue que par anx- .logie de texture histologique. Et la contagiosité, mise eu cause par le cas de Durer, pourrait tout aussi bien relever de l’hérédité, ou même n'être qu'une simple coïncidence.

Mécanisme de la calcification. —— Deux théories cherchent, sans y réussir parfaitement ni l’une ni l’autre, à expliquer la formation des concrétions calcaires sous-cutanées : ia théorie infectieuse et la théorie dyscrasique. -

Théorie infectieuse ou parasitaire. __— Elle a été soutenue par Micran, dès 1900, et depuis, par de nombreux auteurs, Bayze, Dervise, DURET, PROFICHET en particulier ; cette théorie reste encore bien attrayante aujourd’hui.

Pour Mira, le granulome calcaire est dû à la présence, . dans le tissu cellulaire sous-cutané, d’un agent infectieux, ou d’un parasite d'ordre plus élevé peut-être. Autour de cet agent, encore inconnu, comme autour d’un bacille de Koch par exemple, se produit bientôt une réaction giganto-cellulaire. Ces cellules géantes, souvent chargées de granulations calcaires, proviennent fréquemment de l’endothélium des petits vaisseaux ; elles servent de point de départ aux altérations postérieures, et le « granulome calcaire » est bientôt formé. Il évoluera, comme nous l’avons déjà dit, vers ‘e ramollissement de son centre, puis vers la pétrification définitive, qui empêchera l’agent causal, par un processus d’enkystement, de continuer à nuire. Il s'agirait ici, en somme, de ces réactions de défense dont PaTRrAssr a cru pouvoir noter les différents modes ou degrés.

Cetté théorie est très intéressante. Elle tient compte de l’aspect clinique et de l’aspect histologique des lésions. En efiet, les défenseurs de la théorie dyscrasique, dont nous parlerons bientôt, pour expliquer la présence de formations giganto-cellulaires, sont obligés d'admettre qu’elles sont dues à la constitution d’un « pseudo-tubercule par COTpS étranger ». Or, d’après certaines préparations de M. Mrrxaw,

les cellules géantes n’entourent pas seulement les concrétions déjà formées, elles se groupent au contraire en folli- . cules, précédant l'apparition du calcaire ; et, sur une même coupe, on peut voir, l’un près de l’autre, un follicule à cellules géantes, à côté d’une minuscule concrétion entourée elle-même de corps giganto-cellulaires.

Malheureusement, cette théorie ne fournit pas sa démonstration incontestable. L'agent infectieux n’a jamais été vu, ni cultivé... Peut-être disparaît-il très tôt, et n’a-t-on pas eu affaire, pour l'examen, à des lésions assez jeunes... Les

essais d’inoculation sont restés également négatifs, comme nous l'avons dit.

Théorie dyscrasique. — Elle invoque un trouble du métabolisme du calcium. C’est ce que LaANCEREAUX appelait la Calciose, et que les Allemands ont désigné sous le nom de Calcinosis. C’est ce que l’on tend actuellement à appeler goutte calcique, par analogie avec la goutte uratique.

Normalement, le taux du calcium sanguin est très fixe : environ 110 milligrammes par litre de plasma. Il semble que cette fixité soit assurée, d’une part, par le système nerveux végétatif, d'autre part par les glandes endocrines, en particulier la thyroïde, le thymus, et surtout les parathyroïdes. En général, les précipitations calcaires dans les tissus malades (athéromes artériels,. rhumatisme déformant) ou sains (goutte calcique qui nous occupe) s’accompagnent d’hypercalcémie manifeste. Mais Weiz et GUILLAUMIN -ont montré l’inconstance de ce fait ; ainsi, dans notre second cas personnel, la calcémie est normale. Voilà qui est comparable à l’inconstance de l’hyperuricémie dans la goutte uratique. Par contre, on trouve souvent, dans les cas de concrétions calcaires, une hyperphosphatémie manifeste : 0,372 0/00, chez notre malade, ce qui indique un trouble profond du métabolisme du calcium. Pour Tui- BIERGE et WeissenBacH, cette augmentation de la teneur du

EPS Vie sang en phosphore, causerait la diminution de solubilité du calcium dans le sang et dans les tissus.

Lorsque les dosages sanguins donnent des chiffres normaux, le mécanisme des précipitations calcaires en demeure assez énigmatique. LEnorr invoque les modifications des qualités du solvant, ou bien la production de corps insolubles par décomposition de sels solubles ou encore par combinaison avec d’autres substances donnant au dernier terme un composé insoluble. La démonstration

de ces réactions hypothétiques reste tout entière à faire.

Il semble en tous cas nécessaire qu'il y ait des troubles circulatoires locaux, favorisant la transformation dégénérative hyaline ou granulo-graisseuse des tissus infiltrés, préliminaires, pour les partisans de la théorie dyscrasique, de la calcification. Dans les points à vitalité faible, la précipitation pourrait cependant se faire directement, ce qui est théoriquement très admissible.

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