HISTORIQUE
Il est de nombreux termes pour désigner les formations pierreuses cutanées, que nous savons aujourd'hui d’origines si diverses : Calcinose sous-cutanée, Dermato-phosphato-fibromatose, Granulome calcaire, Lobules adipeux calcifiés, Lithopéxie sous-cutanée, Goutte calcaire, Hygromas calcifiés, Concrétions calcaires sous-cutanées, etc.
Nous adopterions plutôt, pour notre part, le terme de Concrétions calcaires sous-cutanées, expression qui a l’avantage de rappeler et la nature chimique, et la localisation de l'affection.
Les vieux auteurs (TRINCAVELLA, de Padoue, au XVI siècle, Farrcopre, Ambroise Paré) ont signalé des athéromes, ou kystes sébacés présentant des pétrifications. Plus tard, À. G. Ricurer et A. Cooper, signalent des tumeurs dures à trame ossifiée. PacmrinG (1834), RaAYER, parlent de calculs trouvés dans les glandes sébacées et GLUGE, vers la même époque, décrit les tumeurs formées de «cellules épidermiques ossifiées ».
L’Atlas d’histologie pathologique de Vocerz, donne un dessin de pierre du scrotum, en même temps que Dar- RYMPLE observe des calcifications du tarse de la paupière supérieure. AUVERT extrait de la joue une concrétion de phosphate de chaux, et, toujours vers la même époque, Forster et CRUVEILHIER publient des faits analogues.
En 1858, Wixexs donne pour la première fois une
LA
vue d'ensemble de la question, ce qui provoque pour læ période qui suit les observations de TreLAT, Pozzi, TEISSIER, Wuper, Ovion. Puis paraît en 1880 le premier travail de MaLneRgE sur l’Epithéliome Calcifié, dont le nom restera. Ce même auteur publie d’ailleurs dans la suite, en collaboration avec CHENANTAIS, onze cas de pierres de la peau, dont l’étude sera reprise avec intérêt, en 19071, par REvERpiN, de Genève. ASE |
Depuis cette, époque, les publications de cas de ce genre se multiplient. Citons les auteurs suivants : PorRIER, qui inspire la thèse de MoniN, BRAQUEHAYE et SOURVILLE, SouLiGnoux et Picrier, dont nous retrouvons les observations dans les bulletins de la Société Anotomique, sous la dénomination donnée par MALRERBE. Puis CURTILET et Dor décrivent la maladie kystique et calcaire des glandes sudoripares.
En 1899, paraissent la thèse de Lexa (de Lyon), puis la double observation du Pr. Durer (de Lille), qui fait l’objet d’un mémoire important publié en tête des bulletins de la Société Anatomique. Vient ensuite le travail du Pr. DERvILLE, inséré au compte-rendu du V° Congrès de Médecine, à Lille (1899). Il importe aussi de signaler à cette époque la thèse de M. Mrrran sur les Sporozooses Humaines, qui vient donner un intérêt vraiment nouveau à la question ; car si l’agent possible d’une certaine classe de concrétions calcaires n'est pas encore déterminé à l'heure actuelle, il n’en est pas moins vrai que la théorie parasitaire des concrétions calcaires ne saurait être considérée comme une hypothèse indéfendable.
Il devient dès lors assez difficile de citer tous les cas relevés dans les thèses et publications diverses : Thèses de Proricnet, de BAYLE, inspirée par DERvILLE, avec un examen histologique de Danez (de Lille). Mémoire intéressant de LesseztEers (de Gand) que nous avons eu l’avantage de pouvoir mettre à profit.
Viennent ensuite Rien, Wozr, WiacpBocz, Taimm et Kraus, ces derniers envisageant les rapports possibles de certaines concrétions calcaires avec la tuberculose. Nous renvoyons à notre index bibliographique pour un certain nombre d'observations isolées qui présentent un intérêt divers. |
THiIBIERGE et WEISSENBACH (1910) tentent de faire une classe à part de certaines concrétions calcaires observées dans des cas de Sclérodermie légitimes ; et en 1913, BeLor et NaHan, BERTOLOTTI, en viennent à étudier pour la première fois, au point de vue radiologique, la curieuse affection qui nous occupe.
Après la guerre et jusqu'à ce jour, l'attention toujours en éveil des cliniciens détermine la relation de nombreuses observations, que nous trouvons, pour la plupart, dans les bulletins de la Société Française de Dermatologie, et que nous n'avons pas manqué de citer dans notre index. À signaler pourtant ici le cas de FERNET et NAHAN en 1919, l’article bien documenté de M. CRAMER (1922), 3 la communication de MERKLEN (1924) qui reprend l’étude
des concrétions calcaires au cours de processus sclérodermiques, et le travail récent de GILBERT et PoLLEeT (1925), bonne revue générale à propos de laquelle ces auteurs esquissent une classification nouvelle, suivant la nature chimique même des concrétions. MM. TuiBtERGE et SPILL- MANN s’attachent à l'étude du métabolisme du calcium (1925). Enfin, nous relevons dans la dernière édition du précis si justement apprécié de M. Darier une classification dont on peut retrouver les grandes lignes dans les travaux de BrocQ (Traité élémentaire de Dermatologie pratique, 1907) et dont il sera naturellement question plus loin.
Mentionnons également, l’article tout récent (1929) de Parrassr, sur lequel nous aurons occasion de revenir longuement et qui tend à considérer comme un processus de défense, les concrétions calcaires de la peau.