‹ Sur les Concrétions Calcaires sous-cutaneesChapitre 6 sur 28 · ESSAI DE CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

ESSAI DE CLASSIFICATION

des concrétions calcaires sous-cutanées

Limitation du sujet de cette étude

H convient d'éliminer d'abord, du cadre de ce travail, les néoformations qui ne sont pas, à proprement parler, des concrétions calcaires, ou qui, par leur étiologie, leur évolution clinique ou leur nature histologique, s’en écartent nettement.

La classe des pierres de la peau donne en effet asile à des faits très disparates. On peut y distinguer avec MM. Broca et DARIER :

1° Les tumeurs pierreuses de Poirier, petites nodosités calcaires de la grosseur moyenne d’un grain de blé, que l’on rencontre sur les membres inférieurs de certains vieillards souffrant d’arthrite sèche. Ces tumeurs se groupent en nombre souvent considérable, surtout le long de la face interne des tibias ; elles seraient dues à la calcification de lobules adipeux.

2° Les Ostéomes vrais de la peau. Ils sont naturellement

des plus rares et reconnaissables à leur structure histologique caractéristique.

3° Les productions calcaires dérivant de néoplasmes, fibromateux le plus souvent, où les trousseaux connectifs denses se montrent infiltrés de sels calcaires, ou même d’un tissu véritablement ostéoïde. C’est ce qui est aussi Je cas des sarcomes dits ossifiants.

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On a observé de même la transformation de certaines productions bénignes, loupes, kystes dermoïdes, partiellement ou totalement pétrifiés. On peut sans doute signaler ici la curieuse affection décrite sous le nom d’exostose sous-unguéale des orteils.

Il y a à faire, dans cette classe où les productions calcaires revêtent très généralement le caractère de transformation régressive, une mention spéciale aux épithéliomas dits calcifiés de MarnerBe et de son école; cet auteur en faisait une dégénérescence d'emblée des cellules des glandes sébacées. Ces tumeurs ont pour caractère clinique distinctif d’adhérer aux, plans profonds, les téguments glissant au-dessus d’elles. Histologiquement elles empruntent leurs caractéristiques à la présence de cellules épithélioïdes du type pavimenteux stratifié, farcies de très fines granulations calcaires. Regardées autrefois comme tout à fait bénignes, on sait aujourd’hui qu’elles peuvent en réalité récidiver, comme l’a montré en fparticulier ReverpiN. Certains même des cas étiquetés « Epithéliomes de MALBERBE », peuvent peut-être rentrer dans les concrétions calcaires telles que nous les comprenons. Ainsi l’observation de PERTHE (1894). (x)

4° Les Phlébolithes, qui intéressent des veines variqueuses sous-cutanées, oblitérées ou non, subissant l’infil-

tration calcaire de leurs parois, et ce que l’on a appelé Les Athéromes calcifiés.

5° Enfin, citons pour mémoire, les calcifications provoquées par l’enkystement de certains parasites exotiques, tels que les filaires, par exemple.

Ces diverses formations calcaires éliminées, nous restons

(1) On trouvera une étude très complète des épithéliomes calcifiés de Mal- Mo dans le travail de CHILESOTTI fRevue Médicale de la Suisse Romande, 1904).

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