‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 2 sur 80 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

La région dans laquelle nous convions nos lecteurs à nous accompagner semble quelque peu sortir du cadre ordinaire du tourisme, puisque, sans parler du Sahara Algérien, nous allons parcourir un pays où nos soldats, en ce moment même, combattent encore sur certains points pour porter plus en avant le drapeau de la France. Mais qu'on se rassure ; c'est bien, comme on le verra, d'une simple excursion qu'il s'agit, dans un des pays les plus attirants du globe, excursion sans aucun risque ni péril, ne demandant ni beaucoup plus de temps et d'argent et certes moins de gêne et de privation que nombre de celles que l'on peut faire dans les pays du littoral méditerranéen.

Dans cette immense bande de territoire qui s'étend de la Méditerranée au Grand Sahara, entre notre fontière algérienne, la Moulouïa et l'Atlas, et qui constitue les Confins Marocains, la marche frontière entre l'Algérie et le Maroc, règne aujourd'hui, presque partout, la « paix française », c'est-à-dire que, sauf dans la zone occidentale où notre action se termine, sur tous les points abrités par notre drapeau, le pays est assuré du calme

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et de la sécurité. Ainsi se trouvent ouverts aux simples touristes et accessibles par des chemins de fer ou des routes praticables aux voitures et atix automobiles, avec des hôtels fort convenables, des pays qui naguère encore étaient les plus fermés, les plus inaccessibles du globe ; et en les visitant, nous autres Français, comme le font déjà en grand nombre les étrangers, nous avons non seulement l'avantage, sans parler des incomparables paysages, de contempler les derniers vestiges de mœurs primitives que la civihsation aura tôt fait de niveler, mais 'encore, par notre visite même, de contribuer à la prospérité d'vme région si importante pour l'avenir de notre France africaine.

Sans entrer dans des développements historiques et poHtiques hors de place ici, il nous faut cependant expliquer en quelques lignes comment ces vastes régions sont venues peu à peu se placer, nous ne dirons pas sous notre domination, ce serait contraire aux conventions diplomatiques, mais sous notre influence civilisatrice, et comment, en quelques années, nous les avons arrachées à l'état de barbarie et d'anarchie où elles étaient plongées. Au cours de notre excursion, nous pourrons examiner les diverses phases de cette rapide expansion dont nous ne donnons ici que les traits génératix.

Après la belle et complète victoire d'Isly remportée par le maréchal Bugeaud sur les Marocains le 14 août 1844, dans la plaine des Angad, tout auprès d'Oudjda, la France aurait pu, et aurait dû, porter la limite de son territoire jusqu'à ce fleuve Mouloma, qui avait servi de frontière avix conquérants tturcs dont nous étions les successeurs ; mais, soit ignorance de nos diplomates sur ce point, soit que nous considérions alors notre conquête algérienne comme déjà trop étendue, nous acceptâmes de nous arrêter en deçà même de la ligne dépassée par nos

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