‹ Sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphèreChapitre 2 sur 4 · SUR LUS CORPUSCULES ORGANISÉS · texte numérisé non relu

SUR LUS CORPUSCULES ORGANISÉS

De pareilles erreurs ne pouvaient supporter longtemps l’esprit d’examen qui s’empara de l’Europe au seizième et au dix-septième siècle.

Redi, membre célèbre de l’Académie del Cimento , fit voir que les vers de la chair en putréfaction étaient des larves d’œufs de mouches. Ses preuves étaient aussi simples que décisives, car il montra qu’il suffisait d’entourer d’une gaze fine la matière en putréfaction pour empêcher d’une manière absolue la naissance de ces larves.

Mais bientôt dans la seconde partie du dix-septième siècle et la première moitié du dix-huitième, les observations se multiplièrent à l’envi , à l’aide du précieux et nouvel instrument que l’on venait de découvrir et auquel on avait donné le nom de microscope. La doctrine des générations spontanées reparut alors. Les uns, ne pouvant s’expliquer l’origine de ces êtres si variés que le microscope faisait apercevoir dans les infusions des matières végétales et animales , et ne voyant chez eux rien qui ressemblât à une génération sexuelle, furent portés à admettre que la matière qui avait eu vie conservait une vitalité propre, sous l’influence de laquelle ses parties disjointes se réunissaient de nouveau, dans certaines conditions favorables, et avec des variétés de structure et d’organisation que ces conditions mêmes déterminaient.

D’autres au contraire, ajoutant par l’imagination aux résultats merveilleux que l’observation leur faisait découvrir, croyaient voir des accouplements dans ces infusoires, des mâles, des femelles, des œufs, et se posaient en adversaires déclarés de la génération spontanée.

Il faut bien le reconnaître, les preuves à l’appui de l’une ou de l’autre opinion ne soutenaient guère l’examen.

La question en était là lorsque parut à Londres, en 1745, un ouvrage de Needham, observateur habile et prêtre catholique d’une foi vive, circonstance qui, dans un tel sujet, s’offrait comme un sûr garant de la sincérité de ses convictions.

Dans cet ouvrage , la doctrine des générations spontanées était appuyée par des expériences directes d’un genre tout nouveau.

L’ouvrage de Needham eut un grand retentissement.

Deux années ne s’étaient pas écoulées depuis sa publication que la Société royale de Londres admettait son auteur au nombre de ses membres. Plus tard il devint l’un des huit associés de l’Académie des sciences.

D’ailleurs Buffon prêta aux idées de Needham, sur la génération spontanée, l’appui de son beau langage. Son système des molécules organiques n’est qu’une variante des idées de Needham sur la force végétative . Il est présumable que les résultats de Needham eurent une grande influence sur les vues de Buffon, car c’est à l’époque même où cet illustre naturaliste rédigeait son ouvrage, que Needham fit un voyage à Paris, durant lequel il fut le commensal de Buffon.

Mais les conclusions de Needham ne tardèrent pas à être soumises à une vérification expérimentale. Il y avait alors en Italie l’un des plus habiles physiologistes dont la science puisse s’honorer, le plus ingénieux, le plus difficile à satisfaire, l’abbé Spallanzani.

L’expérience seule pouvait condamner ou absoudre les opinions de Needham. C’est ce que Spallanzani comprit très-bien. « Dans plusieurs villes d’Italie, ditil, on a vu des partis formés contre l’opinion de M. de Needham ; mais je ne crois pas que personne ait jamais songé à l’examiner par la voie de l’expérience. »

Il serait sans utilité de présenter un historique complet de la querelle des deux savants naturalistes. Mais il importe de bien préciser la difficulté expérimentale à laquelle ils appliquèrent plus particulièrement leurs efforts, et de rechercher si ce long débat avait éloigné tous les doutes. C’est ce que l’on croit généralement. Spallanzani est volontiers regardé comme l’adversaire victorieux de Needham. Un examen impartial de leurs observations contradictoires sur le point le plus délicat du sujet va nous montrer que Needham ne pouvait, en toute justice, abandonner sa doctrine en présence des travaux de Spallanzani.

J’ai dit que Needham avait appuyé la doctrine des générations spontanées sur des expériences directes. C’est lui en effet qui est l’auteur de la méthode des expériences en vases clos exposés préalablement à l’action du feu.

« M. de Needham, dit Spallanzani, nous assure que les expériences ainsi disposées ont toujours réussi fort heureusement entre ses mains, c’est-à-dire que les infusions ont montré des infusoires et que c’est là ce qui a mis le sceau à son système.

« Si après avoir purgé , ajoute Spallanzani , par le moyen du feu, et les substances que l’on met dansées vases et l’air contenu dans ces mêmes vases, on porte encore la précaution jusqu’à leur ôter toute communication avec l’air ambiant, et que malgré cela, à l’ouverture des fioles , on y trouve encore des animaux vivants , cela deviendra une forte preuve contre le système des ovaires ; f ignore même ce que ses partisans pourront y répondre . »

Notez bien ces derniers mots. Ils prouvent que Spallanzani plaçait dans le résultat des expériences ainsi conduites le critérium de la vérité ou de l’erreur. Or, nous allons voir que tel était également l’avis de

Needham, par la citation suivante, extraite des notes de Needham :

« Il ne me reste plus, dit Needham, qu’à parler de la dernière expérience de Spallanzani , qu’il regarde lui-même comme la seule de toute sa dissertation qui paraît avoir quelque force contre mes principes.

« 11 a scellé hermétiquement dix-neuf vases remplis de différentes substances végétales, et il les a fait bouillir, ainsi fermés, pendant l’espace d’une heure. Mais de la façon qu’il a traité et mis à la torture ses dix-neuf infusions végétales, il est visible que nonseulement il a beaucoup affaibli, ou peut-être totalement anéanti la force végétative des substances infusées, mais aussi qu’il a entièrement corrompu, par les exhalaisons et par l’ardeur du feu , la petite portion d’air qui restait dans la partie vide de ses fioles.

« Voici donc ma dernière proposition et le résultat de tout mon travail en peu de mots : qu’il se serve, en renouvelant ses expériences, de substances suffisamment cuites pour détruire tous les prétendus germes qu’on croit attachés ou aux substances mêmes ou aux parois intérieures, ou flottants dans l’air du vase; qu’il plonge ensuite ses vases, scellés hermétiquement, dans l’eau bouillante pendant quelques minutes , le temps seulement qu’il faut pour durcir un œuf de poule et pour faire périr les germes, et je réponds qu’il trouvera toujours de ces êtres vitaux microscopiques en nombre suffisant pour prouver mes principes. S’il ne trouve, à l’ouverture de ses vases, après les avoir laissés reposer le temps nécessaire à la génération de ces corps, rien de vital ni aucun signe de vie, en se conformant à ces conditions , j’abandonne mon système et je renonce à mes idées. C’est, je crois, tout ce qu’un adversaire judicieux peut exiger de moi. »

Voilà certes le débat bien nettement limité entre les deux observateurs. C’est dans le chap. ni du tome premier de ses Opuscules que Spallanzani aborde cette difficulté décisive. Et quelle est sa conclusion? Pour supprimer toute production d’infusoires il est nécessaire de maintenir trois quarts d’heure les infusions à la température de l’eau bouillante.

Or, cette durée obligée d’une température de 100° pendant trois quarts d’heure ne justifiait-elle pas les craintes de Needham sur une altération possible de l’air des vases? Il aurait fallu tout au moins que Spallanzani joignît à ses expériences une analyse de cet air, mais la science n’était pas encore assez avancée. L’eudiométrie n’était pas créée. La composition de l’air était à peine connue.

Mais bien plus , nous allons voir les objections de Needham légitimées , au moins en apparence , par les progrès ultérieurs de la science.

Appert appliqua à l’économie domestique les résultats des expériences de Spallanzani effectuées selon la méthode de Needham. Par exemple, l’une des expériences du savant italien consiste à introduire des petits pois avec de l’eau dans un vase de verre que l’on ferme ensuite hermétiquement, après quoi on le maintient dans l’eau bouillante pendant trois quarts d’heure. C’est bien le procédé d’ Appert. Or, Gay-Lussac, voulant se rendre compte de ce procédé, le soumit à divers essais et arriva au résultat suivant :

« On peut se convaincre, dit Gay-Lussac, en analysant l’air des bouteilles dans lesquelles les substances (bœuf, mouton, poisson, champignons, moût de raisin) ont été bien conservées, qu’il ne contient plus d’oxygène, et que l’absence de ce gaz est par conséquent une condition nécessaire pour la conservation des substances animales et végétales. »

Ne prenons que la première partie de cette assertion de Gay-Lussac, à savoir, qu’il n’y a plus d’oxygène dans les conserves d’Appert. Ne voyez-vous pas qu’elle justifie les craintes de Needham sur une altération de l’air des vases dans les expériences de Spallanzani? Comme je le disais tout à l’heure, par conséquent, Spallanzani n’avait pas triomphé des objections de Needham.

Mais vous allez reconnaître que ceci n’est que la surface des choses.

Au mois de février 1837, le docteur Schwann, de Berlin, ajouta un progrès notable dans la question qui nous occupe. Il publia le fait suivant : Une infusion de chair est mise dans un ballon de verre. On ferme ensuite le ballon à la lampe, puis on l’expose tout entier à la température de l’eau bouillante, et après son refroidissement on l’abandonne à lui-même. Le liquide ne se putréfie pas. Jusque-là rien de bien nouveau. C’est une conserve d’Appert. Le docteur Schwann ne parle pas des expériences d’Appert, de Gay-Lussac, de Spallanzani. — Je répare cet oubli, parce que l’une de mes préoccupations dans cette leçon sera de chercher à rendre à chaque expérimentateur la part de progrès qui lui est due. Mais il était désirable, ajoute M. Schwann, de modifier l’essai de telle manière qu’un renouvellement de l’air devînt possible, avec cette condition toutefois, que le nouvel air fût préalablement chauffé comme l’est celui du ballon à l’origine. Alors M. Schwann répète l’expérience précédente, en faisant arriver dans le ballon, aussitôt après l’ébullition, de l’air froid, mais qui passait préalablement dans des tubes de verre entourés de bains d’alliage fusible. Le résultat fut le même, il n’y eut pas d’altération du liquide organique.

C’était là un grand progrès. En effet, cela montrait

l’erreur de l’interprétation de Gay-Lussac, relative à l’influence du gaz oxygène dans l’altération des conserves. Non, l’absence de l’oxygène n’est pas, comme le pensait Gay-Lussac, une condition nécessaire de l’inaltérabilité des conserves d’ Appert.

Voilà le progrès du docteur Schwann. Il a montré que les conserves d’Appert continuaient de se conserver en présence de l’air, pourvu que l’air eût été chauffé. Et il a donné raison à Spallanzani contre Needham.

Quelle fut, messieurs, la conclusion que le docteur Schwann déduisit de son expérience? Que ce n’est pas l’oxygène seul qui occasionne la putréfaction, mais un principe renfermé dans l’air ordinaire, que la chaleur peut détruire. — La réserve de cette conclusion mérite d’être remarquée. Il ne dit pas que par la chaleur il détruit des germes. C’eut été aller au delà des faits. C’eût été ajouter une hypothèse à son travail, bien que l’on voie qu’il penche à croire que ses résultats sont favorables à la vieille hypothèse de la dissémination des germes.

Les expériences du docteur Schwann ont été répétées et modifiées par divers observateurs. MM. Ure et Helmholtz ont confirmé ses résultats par des expériences analogues aux siennes. M. Schultze, au lieu de calciner l’air avant de le mettre au contact des conserves d’Appert, le fit passer à travers des réactifs chimiques énergiques, potasse et acide sulfurique concentrés. MM. Schrœder et Dusch imaginèrent de filtrer l’air à travers du coton, au lieu de le modifier par une température élevée ou par les réactifs chimiques. Le premier mémoire de M. Schrœder a paru en 1854, le second en 1859. Ce sont d’excellents travaux, qui ont en outre le mérite historique de montrer l’état de la question qui nous occupe à la date de 1 859. Je vais en présenter le résumé rapide.

On savait depuis longtemps, et dès les premières discussions sur la génération spontanée, qu’une gaze fine, déjà employée avec tant de succès par Redi, suffisait pour empêcher ou tout au moins pour modifier singulièrement l’altération des infusions. Ce fait même était au nombre de ceux qu’invoquaient alors de préférence les adversaires de la doctrine des générations spontanées.

Voici, par exemple, un passage d’un ouvrage bien connu sur le microscope, par Baker, membre de la Société royale de Londres, dont la traduction française parut en 1754.

« J’ai trouvé constamment, dit Baker, que si l’infusion (de poivre, de foin) est couverte d’une mousseline ou d’une autre toile fine, il ne s’y produit que très-peu d’animaux, mais que si l’on ôte cette couverture, elle est dans peu de jours pleine de vie... . Comme les œufs de ces petites créatures sont moins pesants que l’air, il peut se faire qu’il en flotte continuellement des millions dans l’air, et qu’étant portés indifféremment de tous les côtés, il en périsse un grand nombre dans les endroits qui ne conviennent pas à leur nature.... Il y a des gens qui s’imaginent que les œufs de ces petits animaux sont logés dans le poivre, dans le foin, ou dans toutes les autres matières que l’on met dans l’eau ; mais, si cela était, je ne saurais comprendre comment une petite couverture d’une toile fine , qui n’empêche pas l’air de pénétrer, pourrait empêcher ces œufs d’éclore. »

Guidés sans doute par ces faits, et surtout, comme ils le disent expressément, par les expériences ingénieuses de M. Lœwel, qui reconnut que l’air ordinaire était impropre à provoquer la cristallisation du sulfate de soude, lorsqu’il avait été filtré sur du coton,

MM. Schrœder et Dusch ont procédé de la manière suivante :

Un ballon de verre reçoit la matière organique. Le bouchon du ballon est traversé par deux tubes recourbés à angle droit. L’un de ces tubes communique avec un aspirateur à eau ; l’autre à un large tube d’un pouce de diamètre et de vingt pouces de longueur, rempli de coton. On chauffait alors la matière organique en maintenant l’ébullition un temps suffisant pour que tous les tubes de communication fussent échauffés fortement par la vapeur d’eau. Alors on ouvrait le robinet de l’aspirateur.

Dans leur premier travail, MM. Schrœder et Dusch ont opéré: 1° Sur de la viande avec addition d’eau;

2° Sur le moût de bière ;

3° Sur le lait ;

4° Sur la viande sans addition d’eau.

Dans les deux premiers cas, l’air filtré à travers le coton a laissé intactes les liqueurs. Mais le lait s’est caillé et la viande sans eau est entrée en putréfaction.

« Il semble donc résulter de ces expériences, disent MM. Schrœder et Dusch, qu’il y a des décompositions spontanées de substances organiques qui n’ont besoin pour commencer que de la présence du gaz oxygène. Par exemple, la putréfaction de la viande sans eau, la putréfaction de la caséine du lait, et la transformation du sucre de lait en acide lactique. Mais à côté il y aurait d’autres phénomènes de putréfaction et de fermentation placés à tort dans la même catégorie que les précédents, tels que la putréfaction du jus de viande et la fermentation alcoolique, qui exigeraient pour commencer , outre l’oxygène , ces choses inconnues mêlées à l’air atmosphérique, qui sont détruites par la chaleur d’après les expériences de Schwann, et d’a-

près les nôtres par la filtration de cet air à travers le coton. Comme il reste ici encore tant de questions à décider parla voie de l’expérience, nous nous abstiendrons de déduire aucune conclusion théorique de nos expériences. »

M. Schrœder revint seul sur le sujet en 1859, dans un mémoire qui traite en outre de la cause de la cristallisation. Ce nouveau travail ne conduisit pas davantage son auteur à des conclusions dégagées de toute incertitude. Il y fait connaître de nouveaux liquides organiques qui ne se putréfient pas lorsqu’on les met au contact de l’air filtré, et il ajoute le jaune d’œuf à la liste de ceux qui, comme le lait et la viande sans eau, se putréfient dans l’air filtré sur le coton.

« On pourrait admettre, dit-il, que l’air* frais renferme une substance active qui provoque les phénomènes de fermentation alcoolique et de putréfaction, substance que la chaleur détruirait ou que le coton arrêterait. Mais faut-il regarder cette substance active comme formée de germes organisés microscopiques disséminés dans l’air, ou bien est-ce une substance chimique encore inconnue? je l’ignore. »

Puis il arrive aux phénomènes de cristallisation par Pair libre, ou par l’air filtré à la manière de Lœwel, et il finit par identifier complètement la cause de la cristaliisation et de la putréfaction.

Remarquez -le bien, messieurs, ce travail est de 1859. Vous comprendrez maintenant les difficultés qui, à cette date, devaient assiéger tout esprit impartial, libre d’idées préconçues , et désireux de se former une opinion dûment motivée sur cette grave question des générations spontanées ? Tous ceux qui la croyaient résolue en connaissaient mal l’histoire.

Spallanzani n’avait pas triomphé des objections de

Needham, et MM. Scliwann, Schultze et Schrœder n’avaient fait que démontrer l’existence dans l’air d’un principe inconnu, comme ils le disent expressément, qui était la condition de la vie dans les infusions.

Et puis, les expériences de Schwann, de Schultze, de Schrœder échouaient quand on les répétait sur certains liquides. Bien plus, elles échouaient constamment et pour tous les liquides lorsqu’on employait la cuve à mercure.

Aussi lorsque, postérieurement aux travaux dont je viens de parler, à la fin de l’année 1859, un habile naturaliste de Rouen, M. Pouchet, membre correspondant de l’Académie, vint annoncer des résultats sur lesquels il croyait asseoir d’une manière définitive la doctrine des générations spontanées, personne ne sut indiquer la véritable cause d’erreur de ses expériences. Et bientôt l’Académie des sciences, malgré les protestations qui avaient accueilli dans son sein les communications cle M. Pouchet, comprenant tout ce qui restait encore à faire, proposa pour sujet de prix la question suivante :

« Essayer, par des expériences bien faites, précises, rigoureuses, également étudiées dans toutes leurs circonstances, de jeter un jour nouveau sur la question des générations spontanées. »

La question paraissait alors si obscure, que M. Biot, dont la bienveillance n’a jamais fait défaut à mes études, me voyait avec peine engagé dans ces recherches, et réclamait de ma déférence à ses conseils l’acceptation d’une limite de temps au delà de laquelle j’abandonnerais ce sujet, si je n’avais pas vaincu les difficultés qui m’arrêtaient. Notre illustre président, M. Dumas, dont la bienveillance a souvent conspiré en ce qui me touche avec celle de M. Biot, se rappellera peut-être qu'à la même époque il me disait : « Je ne conseille-

rais à personne de rester trop longtemps dans ce sujet. »

Mais quel besoin avais-je donc de m’attacher à cette étude? Un besoin impérieux que vous allez comprendre.

Les chimistes ont découvert depuis vingt ans une foule de phénomènes vraiment extraordinaires, désignés sous le nom générique et déjà bien ancien de fermentations. Tous ces phénomènes exigent le concours de deux matières, Tune dite fermentescible, telle que le sucre, Tautre azotée, appelée ferment, qui est toujours une matière albuminoïde. Or voici la théorie qui était universellement admise : Les matières albuminoïdes exposées au contact de l’air éprouvent une altération, une oxydation particulière de nature inconnue, qui leur donne le caractère de ferment, c’est-à-dire la propriété d’agir ensuite par leur contact sur les substances fermentescibles.

Il y avait bien une fermentation, la plus ancienne et la plus remarquable de toutes, la fermentation alcoolique, où le ferment était un végétal microscopique. Mais comme dans toutes les fermentations de découverte plus moderne on n’avait pu reconnaître des êtres organisés, on avait abandonné peu à peu, bien à regret sans doute, l’hypothèse d’une relation probable entre l’organisation de ce ferment et sa propriété d’être ferment, et Ton appliquait à la levûre de bière la théorie générale, et Ton disait : ce n’est pas parce qu’elle est organisée qu’elle agit, c’est parce qu’elle a été au contact de l’air, et c’est la portion de la levûre qui est morte, qui est en voie de putréfaction, qui agit sur le sucre.

Dans des études persévérantes et qui sont bien loin de leur terme, j’arrivai à des conclusions entièrement différentes et je reconnus que toutes les fermentations

proprement dites, visqueuse, lactique, butyrique, la fermentation de l’acide tartrique, de l’acide malique. . . . étaient toujours coexistantes de la présence d’êtres organisés, et que loin que l’organisation de la levûre de bière fût une chose gênante pour la théorie, c’était par là au contraire qu’elle rentrait dans la loi commune et qu’elle était le type de tous les ferments proprement dits. En d’autres termes, je trouvais que les matières albuminoïdes, dans les fermentations proprement dites, n’étaient jamais des ferments, mais l’aliment des ferments, et que les vrais ferments étaient des êtres organisés. Or ils prennent naissance, on le savait, par le fait du contact des matières albuminoïdes et de l’oxygène. Dès lors, de deux choses l’une : ces ferments organisés étaient des générations spontanées, si l’oxygène seul, en tant qu’oxygène, leur donnait naissance par son contact avec les matières organisées; ou bien ces ferments organisés n’étaient pas des générations spontanées, et alors ce n’était pas en tant qu’oxygène seul que ce gaz agissait, mais comme excitant d’un germe apporté en même temps que lui ou existant dans les matières. Voilà comment il était indispensable, au point où je me trouvais de mes études sur les fermentations, que je résolusse, s’il était possible, la question des générations spontanées. Les recherches dont j’ai maintenant à vous rendre compte n’ont donc été qu’une digression, mais une digression obligée de mes travaux sur les fermentations. Et c’est ainsi que j’ai été conduit à m’occuper d’un sujet qui jusque-là n’avait exercé que la sagacité des naturalistes.

Si je ne me trompe, messieurs, l’analyse des travaux que je viens de vous présenter et qui nous conduit jusqu’à l’année 1859, posait le débat en termes trèsnets. La plupart des naturalistes, forts de l’analogie et de la restriction chaque jour plus grande apportée au

nombre des faits de génération prétendue spontanée, admettaient l’ancienne hypothèse de la dissémination aérienne des germes, et affirmaient que c’étaient ces germes que l’on arrêtait ou que l’on détruisait dans les expériences de Schwann, de Schultze et de Schrœder. Les partisans delà génération spontanée, au contraire, affirmaient que dans ces expériences on détruisait un principe inconnu, peut-être un gaz analogue à l’ozone,

peut-être un fluide enfin quelque chose sans vie qui

était le primum movens de la vie dans les infusions, ainsi queM. Schrœder et M. Schwann lui-même le laissaient supposer. Si ce sont des germes, ajoutaient-ils, montrez -les. Ce sont choses visibles et reconnaissables au microscope. On ne peut pas nier, disaient-ils encore, que dans la poussière déposée à la surface des objets ou des monuments les plus anciens, il n’y ait quelquefois des spores ou des œufs de microzoaires, mais il y en a en nombre excessivement restreint, comme il y a partout des semences voyageuses.

L’un des partisans les plus déclarés de la doctrine des générations spontanées, M. Pouchet, s’exprime ainsi :

« On rencontre parfois dans la poussière quelques œufs de microzoaires, mais c’est une véritable exception. »

Plus loin il dit :

« Parmi les corpuscules de poussière qui appartiennent au règne végétal, il y a des spores de cryptogames, mais en fort petit nombre. Et il ajoute : mais j’ai constamment rencontré une certaine quantité de fécule de blé. Il est évident que c’est cette fécule ou que ce sont des grains de silice que l’on a pris pour des œufs de microzoaires. »

Voilà exactement le point où j’ai pris la question. Remarquons d’abord qu’il ne sert pas à grand’chose d’étudier la poussière au repos. Quel volume d’air l’a

fournie? Il est impossible de le dire. Et puis, des corpuscules en suspension dans l’air quels sont ceux qui se déposent? Les plus lourds, c’est-à-dire les corpuscules minéraux ou les corpuscules organiques du plus grand volume, et ce sont au contraire les plus légers que nous aurions intérêt à recueillir et à étudier.

Or voici un moyen simple de rassembler les corpuscules qui sont en suspension dans l’air, et de les examiner au microscope. Plaçons dans un tube de verre une petite bourre de coton-poudre, de la variété de ce coton qui est soluble dans l’éther acétique ou dans un mélange d’alcool et d’éther. Puis, à l’aide d’un aspirateur à eau, faisons passer dans le tube un volume d’air déterminé. Les particules de poussière seront arrêtées, au moins en très-grande partie, par les fibres du coton. Alors dissolvons le coton dans le mélange éthéré. Par un repos de vingt-quatre heures toutes les poussières tomberont au fond du tube, où il sera facile de les laver plusieurs fois par décantation. On les transporte alors dans un verre de montre, où le restant du liquide s’évapore; puis on les soumet sur le porte-objets du microscope à divers réactifs propres à déceler leur nature. Le mieux est de les délayer dans l’acide sulfurique concentré, qui dissout sur le champ la fécule, et qui n’altère pas la forme de beaucoup de germes des moisissures ou des infusoires, et c’est la forme surtout qui sert à les reconnaître. L’acide sulfurique a en outre l’avantage de disjoindre les corpuscules de nature diverse, de les isoler et de permettre ainsi de mieux reconnaître ceux qui sont organisés; car ces derniers se trouvent souvent englobés par des poussières amorphes qui empêchent de bien distinguer leurs contours.

Gela posé, voici le résultat auquel on arrive. Aux poussières amorphes se trouvent constamment associés

des corpuscules évidemment organisés, de volume, de forme et de structure très-variables. J’ai l’honneur de faire passer sous vos yeux quelques dessins qui les représentent. Imaginez de petits globules d’une sphéricité parfaite ou légèrement ovoïdes, translucides ou remplis de granulations, quelquefois avec de petites sphères intérieures qui rappellent tout à fait des nucléus ou des nucléoles de cellules..., et vous aurez une idée de ces corpuscules. Peut-on dire : celui-ci est une spore, celui-là est un œuf? et bien plus, car M. Pouchet voudrait que j’allasse jusque-là, la spore de telle moisissure et l’œuf de tel infusoire? vraiment je ne le crois pas. On peut affirmer la ressemblance parfaite avec des germes d’organismes inférieurs, mais voilà tout.

Et quel en est le nombre? Il est très-variable, suivant les conditions atmosphériques. Ainsi je ne doute pas, d’après ce que j’ai constaté dans ce genre d’études, qu’il serait si utile de poursuivre, d’étendre et de perfectionner, que la transparence de Pair après la pluie est due en grande partie à Pentraînement des poussières à la surface du sol par les gouttes de pluie. Je ne doute pas davantage que le brouillard ne doive une partie de son opacité aux nombreux corpuscules amorphes et organisés qu’il renferme.

Quoiqu’il en soit, voici un résultat qui vous donnera une idée du nombre vraiment notable des corpuscules organisés qui existent en suspension dans Pair d’une rue de Paris peu fréquentée, la rue d’Ulm. Faites passer pendant vingt-quatre heures, après une succession de beaux jours, un courant d’air assez rapide sur une petite bourre de coton d un centimètre de long sur un demi-centimètre de large (qui n’arrête pas toutes les poussières, car on en retrouve sur une deuxième, sur une troisième.... si on en place plusieurs à la suite dans le même tube), et il sera facile

de compter dans la l’acide sulfurique concentré plusieurs milliers de corpuscules organisés. Le calcul est bien simple en connaissant le rapport des surfaces réelles du champ et de la goutte de liquide étalée, et le nombre moyen de corpuscules que l’on aperçoit dans chaque champ que bon considère.

M. Pouchet, pour réfuter ces expériences, a opéré sur de la neige fondue. J’ignore si ce moyen vaut le mien. Mais dans tous les cas il aurait fallu faire fondre la première neige tombée, et non la dernière. M. Pouchet dit qu’il s’est servi de la dernière.

Voilà qui est bien acquis : l’air charrie constamment, et par suite laisse déposer sans cesse à la surface des objets, des corpuscules organisés dont la forme et la structure ne permettent pas de les distinguer des germes des organismes les plus inférieurs. Ces corpuscules sont-ils des germes féconds? C’est ce qu’il faut essayer de rechercher par l’expérience. L’expérience est naturellement indiquée : il faut les semer dans une liqueur putrescible propre à la nourriture des infusoires et des cryptogames, et voir ce qui en résultera, avec cette précaution, d’ailleurs indispensable, d’éloigner complètement l’accès de l’air ordinaire, que nous savons être actif sans en connaître la cause, et d’une manière non moins absolue toute manipulation sur la cuve à mercure. Son emploi, je le dirai tout à l’heure, troublerait tous les résultats.

Dans un ballon de 250 centimètres cubes j’introduis 100 centimètres cubes d’eau de levûre sucrée ou non sucrée; j’adapte l’extrémité étirée du col à un tube de platine entouré d’un manchon que l’on chauffe au gaz à une température rouge. Je fais bouillir le liquide, de manière à chasser l’air ordinaire par la vapeur d’eau. Après le refroidissement, le ballon se trouve rempli d’air

poussière recueillie et delayéedans

à la pression ordinaire, et qui a été porté au rouge; on ferme le col à la lampe. Le ballon peut être alors abandonné à lui-même indéfiniment sans éprouver aucune altération.

C’est dans ce ballon que nous allons suivre les effets de l’introduction des poussières de l’air, mais il nous faut une méthode irréprochable , qui éloigne toute cause d’erreur. Supposez pour un instant que nous puissions remplir cette salle d’air calciné. L’opération serait bien simple : nous savons que cet air est inactif sur ce liquide. Nous briserions le ballon et nous introduirions nos poussières. Si un effet quelconque se produisait, il serait dû aux poussières déposées. On ne pourrait l’attribuer à rien autre chose. Eh bien, c’est précisément la condition que nous allons réaliser à l’aide de cet appareil.

Un tube de platine avec son manchon de terre cuite et son appareil à gaz, un tube en T muni de robinets. L’une des branches communique au tube de platine, la deuxième à la machine pneumatique, et la troisième à un gros tube de verre.

Dans ce gros tube plaçons un fragment de l’une de nos bourres de coton chargées de poussières de l’air, à l’aide d’un tube de verre de petit diamètre. Enfin adaptons le ballon à l’aide d’un caoutchouc, ballon que je supposerai être à l’étuve depuis deux mois par exemple. Cela posé, faisons le vide dans l’appareil, aprèa avoir fermé le robinet qui communique au tube de platine; laissons rentrer l’air calciné ; et répétons cette manœuvre dix à douze fois. Le petit tube à coton sera entouré d’air calciné, c’est-à-dire inactif, puisque le ballon en est rempli depuis deux mois sans que son liquide ait éprouvé d’altération.

Alors je brise la pointe du ballon à travers le caoutchouc et je laisse glisser le petit tube dans le ballon,

que je referme à la lampe et que je reporte à l’étuve, dans la même situation qu’auparavant. Qu’y a-t-il dans ce ballon de plus que tout à l’heure ? Les poussières qui existent dans l’air: rien de plus.

Voyons maintenant les résultats. Après vingt-quatre, trente-six ou quarante-huit heures au plus, on voit toujours des productions organisées apparaître. En plaçant le ballon entre l’œil et la lumière, on les distingue dès leur premier commencement, à cause de la limpidité parfaite du liquide. Cette limpidité n’est troublée que s’il y a formation d’infusoires, et c’est là un excellent indice pour savoir que les infusoires ont pris naissance. Comme ils voyagent partout dans la masse du liquide, iis en troublent promptement la transparence. Les moisissures s’annoncent par des touffes de mycélium plus ou moins serrées, plus ou moins soyeuses, suivant les espèces qui sont nées. Les torulacées s’annoncent de leur côté par des traînées blanches, sous forme de précipités sur les parois du ballon.

Comme on voit bien, en suivant pas à pas ce genre d’expériences, tout ce qu’il y a de faux dans cette assertion des partisans des générations spontanées, à savoir que l’apparition des premiers organismes est toujours précédée par des phénomènes de fermentation ou de putréfaction, et que la formation des animalcules dans les macérations est précédée d’un dégagement de gaz divers dus à la décomposition des substances qu’on a employées, après quoi il se forme à la surface des liquides une pellicule particulière !

Aussi, lorsqu’on me parle de mouvement fermentescible que je détermine dans mes liqueurs en y déposant les poussières, mouvement fermentescible nécessaire pour révolution des forces génésiques , je ne vois là que des mots vagues auxquels l’expérience m’apprend à ne prêter aucun sens raisonnable.

Mais il y a une contre- épreuve nécessaire. Il faut répéter la même expérience à blanc, afin de voir si la manipulation n’a pas par elle-même une influence sur le résultat. A cet effet, chargeons des poussières qui sont en suspension dans Pair, non plus du coton, mais de l’amiante. L’expérience d’ensemencement réussit tout aussi bien qu’avec le coton. Mais faisons l’essai en passant l’amiante dans la flamme avant de l’introduire dans le petit tube, de manière à détruire tous les germes. On ne verra aucune production d’aucune sorte apparaître dans le ballon à la suite de l’introduction dans le ballon de cette amiante calcinée.

Il est très-curieux d'étudier dans ces expériences l’influence que le développement d’une production peut avoir sur une production voisine. Il n’est pas rare, par exemple, de voir un mycélium dont l’accroissement de volume était chaque jour plus sensible s’arrêter tout à coup parce que le liquide est devenu trouble et que des infusoires ont pris naissance. Cela tient uniquement à ce que les infusoires s’emparent de Pair en dissolution, air nécessaire à la vie delà plante. Pareil effet peut avoir lieu sous l’influence du développement d’un mycélium nouveau plus vivace que le premier. Et, la preuve que c’est simplement Pair qui manque à la plante, c’est que si vous renversez le ballon de manière à amener la plante dans le goulot, et que vous la laissiez là, le goulot incliné, librement exposée à l’air du ballon, vous la voyez en quelques heures reprendre sa marche et, le lendemain, offrir un développement des plus marqués qui, bientôt même enlevant tout Pair, s’oppose au développement des autres productions qui sont dans le liquide du ballon. Si ce sont des infusoires, le liquide s’éclaircit. Ils meurent tous et viennent se déposer au fond du ballon, comme ferait un précipité. Dès qu’il n’y a plus d’oxygène, la vie est

suspendue. Les choses restent telles quelles indéfiniment.

La rapidité de l’absorption du gaz oxygène, qui se trouve toujours remplacé par de l’acide carbonique en proportions variables, est souvent considérable. Il suffit quelquefois de deux ou trois jours pour que tout l'oxygène disparaisse.

N’abandonnons pas ce genre d’expérience sans lui faire donner un résultat nouveau bien digne d’intérêt dans le sujet qui nous occupe. On voit que l’appareil est disposé de telle façon qu’il est bien facile de soumettre les poussières à l’action d’une température plus ou moins élevée à l’état sec, avant de les semer dans la liqueur organique. Il suffira de faire plonger le tube en U dans un bain d’eau pure, d’eau saturée de divers sels ou d’huile. Un thermomètre donnera la température exacte du bain.

Cela posé, il sera facile, d’autre' part, de comparer l’action de la température sur la fécondité des poussières avec l’action de la température sur la fécondité des véritables spores des moisissures les plus vulgaires.

Eh bien, on arrive à ce résultat, c’est que les poussières qui sont en suspension dans l’air conservent leur fécondité jusqu’à la température de 120° environ. Si l’on élève la température à 130°, les poussières ne donnent plus de productions. Or, les spores des moisissures vulgaires sont dans le même cas. Chauffées à l’abri de toute humidité, elles restent fécondes jusqu’à 120°; mais si la température atteint 130°, elles ne germent plus.

Cette correspondance n’est-elle pas une preuve nouvelle que parmi les corpuscules organisés qui existent dans l’air il y a des spores de cryptogames ?

Les expériences que je viens de rapporter me

paraissent mettre hors de doute que l’origine des productions organisées des infusions qui ont été portées à l’ébullition est due exclusivement aux poussières qui existent en suspension dans l’atmosphère.

Yoici une autre méthode d’expérimentation qui achèvera de le démontrer.

Je place dans un ballon une liqueur putrescible, et j’étire ensuite le col en le recourbant et le contournant de diverses manières, puis je fais bouillir le liquide pendant deux à trois minutes. Le liquide reste intact. Je croyais d’abord qu’il fallait placer le ballon dans un lieu tranquille, où l’air ne serait pas agité du tout. C’est inutile. Tout se passe à l’entrée. L’air intérieur fait coussin. Les mouvements ne s’y propagent pas, ou avec tant de lenteur que les poussières entraînées ont le temps de tomber et de s’arrêter en route.

Yient-on, au contraire, à donner un trait de lime au col et à le détacher, au bout de un à deux jours les productions commencent à se montrer.

Yient-on même à donner au liquide des secousses violentes, de manière à déterminer des mouvements brusques de l’air, on peut être sûr de provoquer la naissance des moisissures ou des infusoires.

L’ensemble de ces résultats montre, ce me semble, avec la dernière évidence, que toutes les productions des infusions qui ont été chauffées sont dues exclusivement aux poussières qui sont en suspension dans l’air; que toute idée de principes mystérieux, fluides, gaz connus ou inconnus, ozone — doit être écartée.

11 n’y a quoi que ce soit dans l’air, hormis les particules solides qu’il charrie, qui soit une condition de la vie dans les infusions.

Ce résultat est certain. Tout le progrès de mon travail est là. Ne l’exagérons pas, ne le restreignons pas. Soit une infusion organique qui a subi l’ébullition.

Page 1