OBSERVATION HI
(Inédite, communiquée par M. le médecin-major Rathery, Zuydcoote)
Y.…., 42 ans. Soldat au 54° régiment territorial. Victime des gaz le 22 avril 1915 autour de Langhemarck.
Bien portant antérieurement, a bien supporté la campagne.
Le 22 avril. — Accès d’étouffements, quintes de toux, etc., puis un vonrissement. Une hémoptysie est survenue le soir, el a persisté jusqu'au lendemain matin. Pas de syncope. ;
24 avril. — Dyspnée très marquée. Toux quinteuse et fatigante, expectoration abondante avec stries sanguines. Auscultation : râles sibilants et ronflants disséminés.
Pas de réaction pleurale. Cœur normal. Pouls accéléré, mais régulier. Température 38°.
26 avril. — Les signes pulmonaires semblent moins marqués ; toux moins sèche ; dyspnée moins marquée. Température 37°5.
29 avril. — L'état du malade s’est aggravé subitement. La dyspnée est redevenue pénible. L’encombrement bronchique est manifeste, on perçoit même quelques râles congestifs aux bases.
La température est remontée à 39°. {
30 et 31 avril. — Même état. Température 38°8.
1% mai. — Les signes pulmonaires régressent légèrement.
7 mai. — La dyspnée a diminué notablement.
A l’auscultation, on ne perçoit plus de râles congestifs. Quelques gros râles muqueux subsistent. Le malade n’a plus de température, mais est très abattu. Quelques troubles digestifs : diarrhée, coliques. Cet état d’abattement dure quelques jours encore. Enfin, une amélioration durable se manifeste dans la première quinzaine de juin.
Le malade est évacué.
Voici quelques cas, où l’hémoptysie initiale a été abondante, et l’état syncopal assez grave ; avec asthénié par la suite :