OBSERVATION IX
(inédite. Communiquée par M. le Médecin-Major Rathery, à Zuydcoote)
Broncho-pneumonie
Le G..., soldat au 3° d'infanterie territoriale, 35 ans. Surpris par les vagues suffocantes du »2 avril 1915, a été transporté à Poperinghe, puis à Zuydcoote,
Le malade n'a jamais eu d'affection sérieuse antérieurement. À fait son service militaire, et très bien supporté la campagne, actuelle, malgré une blessure par éclat d'obus à la cuisse, après la guérison de laquelle il est retourné au front. |
95 avril. — Le malade est dyspnéique, très fatigué, tousse beaucoup. L'expectoration est abondante, mous-+ seuse, sans filets de sang. Auscultation : signes de bronchite généralisée. Foyers de râles sous-crépitants. Température : 437°5. Pouls : bien frappé. Cœur : rien de parüculiex, Enveloppements humides du thorax, potion calmante.
30 avril. — Le malade, se plaignant de la gène des enveloppements, ceux-ci sont remplacés par de la révulsion sinapisée. Elévation thermique (39°5). Pouls : 08.
1 mai. — Ageravation. Cyanose et sueurs de la face. Dyspnée plus marquée. Température. : 40°4. Pouls très rapide : 128. Poumons très encombrés. Crachats plus épais, avec! quelques petits filets de sang. Ventouses scarifiées, enveloppements. Todd digitale, Piqûre d'huile camphrée. |
? S A £ ? Mai. — Même état : nombreux fovers de râles crépi-
tants et sous crépitants disséminés. Point de côté en avant et à gauche. Piqûüre d'oxygène.
3 mai. — Un peu de soulagement.
4 mai. — Dyspnée vive, signes stéthoscopiques à peu près identiques. Piqüres d'huile goménolée. Electrargol.
7 mai. — Le malade est mieux. La température redes-
cend régulièrement avec quelques oscillations. Auscultation : diminution de l'encombrement bronchique, mais persistance des râles congestifs aux bases. Ventouses scarifiées. Le malade reçoit encore des piqüres d'huile camphrée, de spartéine et de strychnine. |
17 mai. — Les piqüres précédentes ont été suppri-: mées. ‘On fait seulement quelques piqüres d'oxygène. Il y a encore des râles sous-crépitants aux. bases.
20 mai. — Etat subitement aggravé. Cyanose, sueurs de la face. Dyspnée. Température remontée à 39°5. Nombreux râles sous-crépitants. Mais sous l'influence de la médication énergique à laquelle on revient, cet état ne dure pas, et dès le surlendemain, une amélioration sensible se produit, pour persister. Les râles de la congestion disparaissent peu à peu, et ce malade peut partir en convalescence le 16 juin.