‹ Sur les effets cliniques des gaz de combat allemands: D'un carnet d'observations et de notes relevées aux Armées des FlandresChapitre 29 sur 51 · OBSERVA®PION XII · texte numérisé non relu

OBSERVA®PION XII

(In thèse Bureau)

C'est un cas de gastrique rebelle, avec vomissements légèrement sanguinolents au début, et douleurs gastriques persistantes, chez un soldat automobiliste, L..., victime, en octobre 1915, des gaz suffocants. Ce malade, très amaigri, après de nombreuses alternatives d’amélioration et d'aggravation, présentait à l'examen, une intégrité de tous les organes, sauf l'estomac. Dans l’hypocondre droit, il existait un point sensible à la pression, au niveau de la grande courbure. Il y avait une légère dilatation gastrique. Le malade se plaignait de faim douloureuse, se reproduisant deux heures environ après chaque repas, et ces douleurs étaient calmées par une prise alimentaire. Pas de diarrhée, ni de vomissements, mais des - régurgitations acides.

Après 3 semaines environ, d’un traitement approprié, surtout d'un régime lacto-végétarien rigoureusement observé, avec port d’une ceinture épigastrique, une amélioration très sensible fut obtenue, et le malade avait augmenté de / kilogs.

Relalons enfin, un cas beaucoup plus grave; mais

dû celic fois, à l’action des premiers gaz lacrrmogè-

nes de 1919.

C'est une des observations publiées par MM. Agas-

se-Laffont et Roux, dan les Archives des maladies de l'appareil digestif.

Il s'agit d’un soldat — sans aucun passé gastriqui, le 25 septembre 1915, ayant perdu son

que masque, demeura exposé pendant assez longtemps à l’action des gaz lacrymogènes. Il est pris le lendemain de vomissements et de douleurs gastriques avec selles diarrhéïiques contenant du sang.

Mais ce miiltaire n’est évacué que quelques jours après, pour blessure par éclat d'obus. À l'hôpital où il est soigné, Le malade fait une hémorragie intestinale très grave.

En même temps, il présente de la contracture des muscles grands droits, à droite de la ligne médiane, et le diagnostic d’ulcère duodénal avec périduodénite est posé.

Le traitement médical classique demeurant im-

puissant, le malade est opéré le 29 juin 1916, et l'intervention confirme le diagnostic.

Disons maintenant quelques mots de l’action no-

cive exercée par les gaz suffocants sur la cellule hé-1

patique. |

Cette action s’est manifestée chez certains malades (exempts jusque là, d'affection du foie, ainsi que de paludisme), par du subictère des cConjonctives, n'ayant persisté que quelques jours (cas à Zuydcoote, à Hardinghen et à Calais) : ou par un ictère franc, dans un cas observé par M. Rathery.

Le malade observé, était en état de prostration, et

présentait avec une fièvre continue, de sérieux trou-

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bles gastro-intestinaux. Si bien que l'hypothèse de fièvre typhoïde ne fut écartée qu'après avoir pratiqué le séro-diagnostic et l'hémoculture.

Terminons cette étude des formes digestives en notant deux cas d’ictère hémolytique observés à Calais, par MM. Dujarric de La Rivière et Leclereq. Les deux malades dont il s’agit, avaient un foie hypertrophié en bloc, dépassant de 3 travers de doigt les fausses côtes, et douloureux à la pression.

La rate était percutable sur deux travers de doigt. Les téguments présentaient une teinte anémique spéciale, subictérique. Les urines contenaient un peu d’albumine, et de l'hémoglobine en quantité assez abondante.

L'un de ces malades, mourut d’ailleurs de pneumonie ; et à l’autopsie, les auteurs cités trouvèrent un gros foie, de coloration jaune clair,. comparable à celle que l’on trouve au cours de la dégénérescence toxique aiguë de cet organe.

Ci l .

° Forme suraigquë f

Nous avons à déplorer ici, un nombre trop grand bélas, de morts par suffocation brutale et rapide, survenues dans les tranchées de 1” ligne ou aux alentours, lors de la surprise des premières émissions de gaz allemands. Sorte d’asphyxie mécanique, due à la juxtaposition à l'oxygène de l'air, d’une quantité plus ou moins massive de gaz irrespirables, venant mettre obstacle aux échanges gazeux, dans lalvéole

pulmonaire, el produisant l'œdème aigü du poumon. Ou encore (1), mort par hémoptysie foudroyante, due à une autre propriété de ces gaz : leur causticité.

Ceux des militaires gravement atteints, mais qui purent cependant être soustraits assez tôt à l’atmosphère nocive, pour recevoir les premiers soins médicaux, furent quelquefois sauvés par une saignée hàtive.

Les observations de cas graves que nous donnons ci-après, se rapportent à des malades qui succombèrent quelques heures après leur arrivée à l'hôpital, ou dans les jours qui suivirent. Chez la plupart, c’est l’œdème aigu du poumon qui a déterminé la mort ; chez d’autres, c'est la broncho-pneumonie diffuse. Enfin, nous enregistrons un cas dé mort par pneu- .monie franche, dont l'aulopsie a été pratiquée à Cafais. EN

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