‹ Sur les effets cliniques des gaz de combat allemands: D'un carnet d'observations et de notes relevées aux Armées des FlandresChapitre 35 sur 51 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

(Inédite. Communiquée par M. le Médecin-Major Rathery, à Zuydcoote)

[s’agit d'un jeune, caporal de 19 ans, S.…, du 416°

d'infanterie, qui fut victime, le 1° mai 1915, en Belgique, de bombes asphyxiantes et qui, outre les accidents immédiats habituels, fut pris en arrivant à l’ambulance de Poperinghe d'hémoptysie abondante. Cette hémoptysie, arrêtée le lendemain, le malade fut transporté à Zuydcoote, et se plaignit immédiatement de douleurs précordiales assez violentes.

Examen du malade : Pas d’antécédents personnels ou héréditaires intéressants. Pas d’affections respiratoires antérieures, pas de scarlatine, pas de rhumatismes. Dyspnée et toux modérées. Signes de bronchite légère. Température : 38°2. Points douloureux assez étendus dans la région précordiale surtout en dehors. Trajet du phénique douloureux. L’aire de matité cardiaque semble un peu augmentée. La pointe bat dans le 5° espace intercostal. y

Auscultation du cœur : pas de souffle, mais on perçoit nettement un frottement. Les bruits à la base sont un peu -claqués.

Abdomen : Foie un peu gros. Pas d'œdème.

Urines : volume normal. Pas d’albumine:

… 10 mai. — Flévation thermique (38°5). Le malade est très abattu et se plaint toujours de douleurs plus vives dans la région précordiale,

Auscultation : Le bruit de frottement péricardique est plus marqué.

Le même état se continue pendant les jours suivants. Cependant, sous l'influence du traitement révulsif, les symptômes précordiau* finissent par s'amender et vers

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la fin du mois de mai, l'amélioration est devenue très sensible. Au cours du mois de juin, les frottements péricardiques ont disparu ainsi que les phénomènes douloureux. Apyrexie, état général redevenu bon. Sortie le 5 juillet.

Moutiers a observé des accidents appendiculaires chez des gazés, dont certains étaient, jusque-là exempts d’affections gastro-intestinales. Les accidents apparaissaient, en général, vers le 8° jour après l'absorption des gaz et se montraient d’ailleurs avec une symptomatologie assez fruste : douleur progréssive dans la fosse iliaque droite, fièvre peu marquée ou inexistante, langue saburrale, défense musculaire, La guérison était rapide, sans intervention.

Le même auteur, rapporte, par contre, le cas d’un malade guéri de crises appendiculaires antérieures, et dont l’intoxication par les gaz de la série chlorée, fit apparaître une nouvelle crise grave, déterminant une collection pelvienne qui s’évacua par le rectum.

Céci indiquerait une sorte d'action « réactivante », produite par lintoxication gazeuse.

Nous pouvons tirer la même conclusion, au suJel d’un: cas d’entérocolite ancienne, réveillée par l’acüon des gaz, chez un adjudant qui n’en souffrait plus depuis déjà longtemps (M. Rathery, à Zuydcoote).

-Gitons aussi, ce cas d’ulcus gastrique, survenu à la suite d'absorption de gaz toxiques, chez un hyperchlorhydrique antérieurement opéré et guéri d’ulcère duodénal.

Réactivation qui se manifésta par des vomisse-

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