TRAITEMENT
À) Traitement immédiat au poste de secours
. Chez les gazés les plus sérieusement atteints, cyanosés, très dyspnéïiques et paraissant en imminence d'œdème suraigü du poumon, le traitement a consisté en une abondante saignée (800 à 500 gr.), précédée dix minutes avant, d'une injection de caféine, d'huile camphrée ou de spartéine.
. Les postes de secours avaient été rapidement organisés pour cela. On administrait ensuite de l'ipéca, à la dose de 2, 3 et même { grammes, de façon à provoquer le vomisseñent favorable (lipéca agissant comme hypotenseur ét comme décongestionnant du poumon).
Si, au bout d’un quart d'heure, le vomissement n'était pas obtenu, on renouvelait la dose d'ipéca, en la faisant suivre de l'ingestion de liquide chaud, thé ou lait.
On pouvait encore augmenter le soulagement du malade, en lui faisant inhaler de l'oxygène, ou en Jui administrant quelques perles d’éther.
‘Chez les intoxiqués moins gravement atteinis, l'inhalation d'oxygène, ou une injeetion d'éther, suffisaiént à favoriser la reprise de la ventilation.
Pour d’autres, le vomissement provoqué par l'ipéca, suivi de l’ingestion de quelques perles d'éther, procurait le soulagement recherché.
B) Traitement à l’'ambulance ou à l'hôpital
Chez les gazés ayant élé rapidement évacués du front, sans avoir pu être traités, il a fallu à leur arrivée, soit pratiquer la saignée comime ci-dessus, soit administrer de l'ipéca (1), et faire des inhalations d'oxygène. UE
D'ailleurs, sur les malades présentant de l'œdème pulmonaire, la saignée a dû être répétée plusieurs fois, toujours précédée d’une injection toni-cardiaque, | =
Une fois que le gros danger immédiat semblait: écarté, les malades étaient soumis à un traitement local et à un traitement général.
Le traitement local consistait dans la révulsion sous ses différentes formes : ventouses sèches ou scarifiées, calaplasmes sinapisés. Nous avons, comme M. le médecin-major Rathery, obtenu d'excellents résultats par lenveloppement humide et froid du thorax, renouvelé toutes les 3 heures environ.
Les symptômes de bronchite et de congestion, étaient ainsi très atténués et le malade soulagé.:
Dans les cas demeurant graves, chez des malades : très cyanosés et dyspnéiques, M. Rathery pratiquait des injections sous-cutanées d'oxygène, dans le flanc. Nous avons, nous-même, suivi son exemple,
Hardinghen. L’injection $e faisait sans appareil, en
(1) L'ipéca pour donner un hon résultat, devait être administré dans le minimum de temps, anrès l’inhalation des gaz.
Certains auteurs ont exprimé l'opinion que tardivement donné, ce médicament non seulement ne produisait aucun effet salutaire. mais pouvait avoir des effets dangereux, par son action dépressive cardiaque et musculaire.