‹ Sur les effets cliniques des gaz de combat allemands: D'un carnet d'observations et de notes relevées aux Armées des FlandresChapitre 5 sur 51 · PROFESSEUR AGRÉGÉ À LA FACULTÉ DE MÉDECINE | MÉDECIN DES HOPITAUX · texte numérisé non relu

PROFESSEUR AGRÉGÉ À LA FACULTÉ DE MÉDECINE | MÉDECIN DES HOPITAUX

Qui nous a toujours témoigné beaucoup d'intérêt et de sympathie.

te AVAN IE PTROPOS

Au cours de l'été 1914, nous avions commencé, à l'hôpital Tenon, une thèse sur le diabète, sous la direction de noire très distingué Maitre, M. le Professur agrégé Rathery, médecin de cet hôpital.

:Soudäia, la guerre éclata, nous arrachant dès le à

premier jour — le maître aussi bien que l'élève nos services el à nos laboratoires, pour nous envo: ver porter nos soins aux Défenseurs de la Patrie.

Force fut done, de remettre à des temps meilleurs le travail commencé.

Or, les surprises de La campagne, nous ayant fourni un nouvenu sujet pour la présente thèse, c'est sous une autre forme que nous nous proposons de publier plus tard, l’étude entreprise à lhôpital Tenon.

C'est à l'hôpital temporaire 66, rattaché à l'armée de Belgique, et installé dans le petit village d'Hardinghen, que l’idée du travail actuel nous a été suggérée par nos excellents amis : MM. le médecin major Viclle, médecin-chef de cette formation, Fon-

vielle et Christian, médecins traitants. Nous étions Rs pharmacien de cet hôpital, el une fois notre service pharmaceutique terminé, nous collaborions

de grand cœur avec nos camarades, qui élaient parfois surchargés de besogne.

C'est ainsi, que lors de la première affaire des gaz dits « asphyxiants », nous reçumes, le 23 avril 1915, un premier lot de 60 soldats ayant subi l’action de ces gaz, Le lendemain 24 avril, arriva un deuxième convoi de malades, portant le même diagnostic « asphyxié ». Et enfin, le 28 avril, quelques autres arrivèrent encore, soit au total 97- — C'était un appoint suffisant, pour nous faire songer à une étude des faits cliniques que nous devions être appelé à constater. à

Grâce à l’amabilité de nos trois camarades, nous avons pu mener de pair, nos occupations profesnelles et l’examen de ces malades, suivis avec eux pas à pas, dans leurs services respectifs.

Plus tard, apeplé à Dunkerque, nous avons eu la joie de retrouver tout près de là, et bientôt d'aller rejoindre, notre excellent maître, le professeur agrégé Rathery, devenu depuis quelques mois médecin-chef de l'hôpital temporaire de Zuydcoote, importante formation sanitaire installée dans les immenses lo- Caux du sanatorium maritime.

Dans cet établissement, d’une organisation mer. vcilleuse, Gnt été évacués et soignés un grand nombre de gazés. Zuydcoote, grâce à sa proximité du

front, à reçu les militaires paraissant les plus,gra-

vement atteints. M. le médecin-major Rathery, après nous avoir cncouragé dans notre nouveau travail, a eu la grande bienveillance, de nous faire profiter

PTT, | af ru

d'observations nombreuses e& minutieusement relevées, d'examens anatomo-pathologiques, etc., et de nous mettre à même de pouvoir, pendant notre séjour dans cette formation, examiner à loisir les gazés qui se trouvaient encore dans les services.

Nous adressons ici à notre maître, l'expression respectueuse de notre attachement et de notre profonde reconnaissance.

Nous n’aurons garde d'oublier d'adresser au médecin-major Mauger, de Versailles, l'expression de toute notre affection. Nous fümes son collaborateur et tout de suite son ami, dans un train sanitaire, au début de la guerre, puis à l’ambulance de Furnes, à l'hôpital temporaire d'Hardinghen, et enfin à lhôpital chirurgical de Bourbourg (Nord). Son extrème amabilité, nous à permis de mettre largement à profit, au cours de celte modeste étude, son ‘grand savoir el son expérience.

Pendant la guerre, et surtout dépuis larmistice, un certain nombre de communications aux sociétés savantes, ont été faites, concernant la question des gaz dits « asphyxiants », et d'assez nombreux articles publiés dans les journaux médicaux. Mais aucune thèse d'ensemble n’a été publiée.

Cependant, deux thèses ont paru récemment, mais chacune d’elle traitant un point particulier : l’une de Willot sur les « symptômes digestifs des intoxi-

. qués » ; l’autre de Rousselot, sur les « séquelles pul-

monaires ». Nous n'avons point eu, certes, la préten-

lion de vouloir traiter toute la question des gaz de combat. Cela nous eut été d’ailleurs impossible. I] eut fallu, pour ce faire, que les circonstances de la campagne nous eussent placé successivement dans les situations nous permettant de pouvoir observer sur place, les effets des nouveaux gaz apparus, à chaque période de la guerre. La tâche que nous nous sommes imposée, est de beaucoup plus linutée, et nous nous bornons à exposer de notre mieux, dans ce modeste travail, d’une part ce que nous avons constaté par nous-même, en y ajoutant, d'autre part, ce qui a déjà été dit sur les effets des premiers gaz de combat, ou gaz suffocants.

Cette étude, toujours d'actualité, pourra sembler cependant, sur certains points, d'un intérêt un peu rétrospectif ; nous regrettons que des circonstances indépendantes de notre volonté, nous aient empêché, dépuis que les rigueurs de la censure militaire ont été abolies, de la publier plutôt. Elle aura tout au inoins le mérite d'être basée sur des faits, Sinon tout } fait vécus par nous, du moins observés pour la plupart, «in situ».

ne nr et

Res ne

Page 1