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Sur Les Espèces Du Genre Epimedium

Depuis la publication de la monographie des Epimedium (2) donnée en 1831 par réminent botaniste belge Ch. Morren, et par Jos. Decaisnc alors attaché au Muséum de Paris, aucun travail d’ensemble n’a été fait sur les espèces qui constituent ce petit genre. La précocité île leur floraison, la forme assez bizarre de leur périauthe, l’élégance de leur feuillage, ont pourtant attiré depuis longtemps sur elles l'attention des horticulteurs et leur ont valu l’avantage d’une iconographie presque complète. Des figures assez nombreuses ont ainsi été consacrées, soit aux espèces purement botaniques, soit à des formes ou variétés remarquables par leur coloris ou par la grandeur de leurs fleurs. Ces formes ou variétés obtenues

à la suite de semis par sélection, ou peut-être d'hybridations, ont malheu-

reusement reçu des noms, au même titre que les espèces dont elles dérivaient. De là un chaos inextricable dont on peut se faire une idée dans les jardins où elles sont spécialement cultivées, ou dans les ouvrages d’horticulture. J'ai voulu tenter ici d’éclaircir un peu ces obscurités, sans trop me flatter d’avoir complètement réussi. C’est toujours une difficulté, parfois insurmontable, de dégager îles plantes longuement modifiées par la culture et de les ramener d’une façon satisfaisante aux types d’où elles sont issues. Je me suis vu ainsi forcé d'établir un chapitre spécial pour la majeure partie des Epimedium répandus dans les jardins et toujours dépourvus d’indications concernant leur origine; aussi le genre, tel que je le présente ici, n'est-il constitué que d’espèces observées à l’état spontané.

En laissant de côté les deux genres séparés par Morren et Deeaisne, l’un sous le nom de Vàncouveria, dont les fleurs sont construites sur le type 3, l’autre sous le nom tVAceranthus, parce que ses pétales sont dépourvus d’éperon, le nombre des espèces d 'Epimedium est de six dans la monographie de ces auteurs; ils les partagent en deux sections : l’une, Macroceras , dont les pétales ont l’éperon très développé ; l’autre, Microceras. à éperon très court. M. Bâillon a démontré depuis longtemps (3), et après lui M. Marchand, que le développement de l’éperon ne présentait aucun caractère de fixité : M. Bâillon ayant constaté que dans une fleur d 'Aceranthus un ou plusieurs pétales pouvaient se pro-

(1) Voyez séance <Hi 17 juin 1885, session «le Charlevillc, page xi.vu.

(2) Observations sur la flore du Japon, suivie de la Monographie du genre Epimedium,

par Ch. Morren et J. Deeaisne (Ann. des sc. nat. sér. 2, vol. Il, p. 3-17, cum tabulis tribus). »... ■** «CTI

(3) Adansonia, 11, 270.

à) Ibid. IV, 128.

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