HORS
Fig. 9.— Histolylique. Injection intra-musculaire de fillrat après instillation
d'acide lactique.
l'escharre qui apparait une semaine après. La hanche reste mobile. La plaie est profonde avec un étroit pertuis. Pas de gaz
ni de putridité. Le pus renferme du B. proteus et des Staphy-
locoques (infection exogène). La fistule se ferme lentement,
l’état général reste bon.
Fig. 10. — Sporogène. Injection intra-musculaire de filtrat après instillation d’acide lactique.
PRtone
Enfin, dans le cas des injections intra-musculaires de filtrat de Sporogène, précédées où non d'instillation d'acide lactique, aucun phénomène pathologique n’est obtenu.
La courbe de poids ci-dessus concerne un cobaye mâle de 530 gr. ayant reçu dans la fesse 0 cc. 2 d'acide lactique pur et ensuite 3 cc. de filtrat neutre (pH — 6,7) d’une culture de Sporogène âgée de 50 heures.
Au deuxième jour après l'injection, la patte est immobile ‘avec un léger œdème et une escharre hémorragique en surface au point d’inoculation. Au quatrième jour, la patte traine, la boule d'ædème a diminué, l’escharre guérit. Au sixième jour, la guérison est complète.
B. — POUVOIR HÉMOTOXIQUE
La liquéfaction des tissus s'accompagne ordinairement de lésions hémorragiques, suffusions sanguines superficielles ou profondes. Aussi, avons-nous recherché soigneusement l’existence, pour nos deux microbes, d'un pouvoir hémolytique en relation avec la mortfication des tissus.
In vivo, remarquons de suite qu’il n'est jamais apparu d’hémoglobinurie, et que le sang est resté normal de couleur et de consistance. 1n vitro, le pouvoir hémolytique existe, mais très
faible.
POUVOIR HÉMOLYTIQUE DES CULTURES. — Nous avons pris des tubes de 10 ce. de bouillon de viande putréfiée, additionné de traces de sulfure de calcium. Ces tubes étaient ensemencés avec 4 gouttes de cultures de 24 heures d'Histolytique ou de Sporogène, puis placés pendant 4 jours à 37 degrés. Au bout de ce temps, nous avons ajouté à chaque tube 10 ce. de globules rouges de mouton, lavés, dilués à 5 0/0. Le mélange fait, nous avons remis à l'étuve à 37 degrés et examiné les tubes après 6 heures, 12 heures, 24 heures et 48 heures.
Dans ces cultures additionnées de globules rouges, on constate, dans le cas du Sporogène, l'apparition d’une colora-
tion brunâtre (méthémoglobine) 10 minutes après le mélange. L'hémolyse totale pour l’'Histolytique, partielle pour le Sporogène, ne se montre qu'après 48 heures. L'examen du dépôt fait constater pour l'Histolytique des globules déformés mais reconnaissables, donnant l'impression de sacs vides. Pour le Sporogène, le dépôt est constitué par des globules à demidigérés avec des contours diffus, l’hémoglobine forme des taches irrégulières.
POuvoIR HÉMOLYTIQUE DES FiLTRATS. — Nous avons ajouté des globules rouges de mouton, lavés et dilués à 5 0/0, à des filtrats d’'Histolytique (culture de 24 heures) ou de Sporogène (culture de 72 heures). Pour 4 ce. de filtrat neutre (pH — 7,0), nous avons mis des doses de globules rouges variant de 0 cc. 1 à 1 ce. Pour déterminer le pouvoir hémolytique nous avons suivi la méthode d’Enrzic, qui consiste à placer le mélange système hémolytique-globules une heure au bain-marie à 31 degrés, puis 20 heures à 18 degrés (température du laboratoire).
Nous avons examiné aussitôt après, les tubes en expérience, sans constater nulle part d'hémolyse même partielle. Les filtrats paraissent donc dépourvus de pouvoir hémolytique.
Nous allons maintenant étudier la protéolyse proprement dite des cultures et des filtrats. Au contraire du pouvoir hémolytique faible des deux microbes leur pouvoir protéolytique est très puissant. Ce fait ne doit pas surprendre. BEAuJAN a démontré depuis longtemps qu'il n’y a aucune relation entre l'hémolyse proprement dite et la protéolyse.