EXPÉRIENCE
Dans les muscles de la fesse d'un cobaye mâle de 550 gr., nous avons ‘injecté { cc. de culture d'Histolytique Agée de 24 heures. Le tableau ci-dessous montre l'évolution du poids et de la température rectale après l'injection.
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Fig. 5. — Injection inlra-musculaire de B. Histolytique.
Déjà 6 heures après l'inoculation, on observe un œdème violacé au point injecté. Le cobaye est agité, à des soubresauts. Après 24 heures, la patte est raide, immobile, insensible. L'œdème local est dur, sans décollement gazeux. La peau mortifiée se détache facilement, laissant apparaître des tissus violacés. L'exsudat est légèrement alcalin au tournesol, non putride.
Quelques heures encore, et l’on observe une plaie profonde et sanieuse, intéressant la totalité des masses charnues. Les muscles sont en bouillie, les tendons intacts tranchent par leur coloration blanche, l'articulation se dessine. Le cobaye est froid, a de la diarrhée. Les poils de la région abdominale se laissent facilement arracher.
L'animal est alors sacrifié. A l’autopsie, pas de sérosité péri-
onéale, les viscères sont rouges, congestionnés. Les poumons
DR
sont pâles, avec des taches hémorragiques punctiformes. Le sang du cœur renferme le B. hstolyticus.
Dans le cas du Sporogène, nous n'avons jamais obtenu de résultat analogue. Nous avons injecté, par exemple, 1 ce. de culture de Sporogène âgée de 24 heures dans la fesse d’un cobaye mâle de 565 gr. Le tableau ci-après représente les
courbes du poids et de la température.
Fig. 6. — Injection intra-musculaire de B. sporogenes.
Nous voyons que le cobaye réagit peu. Le poids ne baisse pas, l’angmal ne présente pas de tache hémorragique, pas d’escharre au point d'injection. La boule d'œdème dur produite par l'injection se résorbe lentement. Le cobaye est en excellent état au 5° jour.
C'est un résultat négatif. Nous avons alors cherché à favoriser la protéolyse du Sporogène en mortifiant d'avance la zone inoculée. Nous y étions autorisés par le fait que la gangrène gazeuse n'apparait ordinairement qu'après une attrition musculaire importante avec lésions vasculaires ou osseuses. Nous avons utilisé dans ce but l’instillation de quelques gouttes d'acide lactique en plein muscle. :
Nous nous sommes préalablement assurés que l'injection intra-musculaire de quelques dixièmes de centimètre cube d'acide lactique pur n’amenait pas d’escharre profonde.
SSRTRE
À l’aide de cette dissociation préalable des fibres musculaires par l'acide lactique, le Sporogène produit une perte de substance. La guérison est habituelle avec rétraction musculaire et atrophie du membre.
Il se forme d’abord un gros abeès avec décollement, dans lequel les bacilles pullulent. La peau s’épaissit, puis l'abcès se fistulise, donnant issue à un pus crémeux, jaune, sanglant, fétide. La fistule ne guérit qu’à la longue.
Parfois, au contraire, l'abcès n’a pas tendance à s'ouvrir spontanément. À l'incision on constate qu'une partie des masses musculaires à disparu liquéfiée. L'animal conserve un bon état général. Le tableau ci-dessous représente la courbe du poids d’un cobaye femelle de 985 gr. ayant recu dans les muscles de la fesse 0 cc. 2 d'acide lactique pur, puis 2 cc. de culture totale de Sporogène âgée de 24 heures.
Fig. 7. — Ru intra-musculaire de Sporogène après dénaturation par l’acide lactique.
Pendant la première semaine le poids ne varie pas. Plus tard . le volumineux abcès qui se formait se vide lentement. Le poids baisse sans que l'état général soit altéré. Enfin, au bout de 6-7 semaines, la fistule se tarit, l'animal estredevenu normal. En présence d’un muscle altéré par l'acide lactique, le Sporogène produit donc une lyse musculaire indéniable.
Injection des filtrals. — L'injection intra-musculaire des