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Boyeldieu, Galli, Rossini, Lays , etc., etc.; chez tous le développement de la partie cérébrale indiquée est tellement saillant que si on pouvait ranger tous leurs bustes dans une ligne , les observateurs les plus médiocres ne manqueraient pas de se convaincre que c’est là la marque Gonstante et caractéristique du génie delà musique.
Je n’ai jamais non plus rencontré une exception dans les portraits ou bustes de grands compositeurs de musique , dont il ne nous reste plus que les ouvrages. Qu’on examine les bustes de Haydn, de Gluck, de Mozart, de Grétry,de Lulli, de Saccbini , de Rameau, de Pliilidor, etc.
A Vienne, un ecclésiastique vint me trouver, et sans vouloir se nommer, il me pria de lui donner quelques éclaircissemens sur l’organologie. Après que je lui en eus exposé les principes généraux, il demanda à voir quelques organes; je lui en montrai plusieurs , tant dans des crânes que dans des plâtres. A l’occasion de l’organe des localités, je lui dis qu’il en était doué à un haut degré, et qu’il devait aimer beaucoup les voyages ; il rue dit, avec joie, qu’il en était effectivement ainsi. Lorsque j’affirmai qu’il avait aussi l’organe du sens des nombres et des mathématiques très développé, il s’élança de sa
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chaise, et me dit qu’il était professeur de mathématiques. Cependant, continuai-je, vous vous seriez distingué davantage dans la musique, surtout dans la théorie; alors il me sauta au cou, et me dit qu’il était l'abbé Vogler. Lui-même a raconté, dans toutes les sociétés, cette anecdote, qui a fait de lui un prosélyte zélé de l’organologie.
Une dame étant devenue aliénée à la suite d’un coup qu’elle avait reçu sur l’occiput, ses proches me firent remarquer deux grandes proéminences qui lui avaient poussé, disaient-ils, depuis sa maladie , sur les parties latérales du front. Ces proéminences n’étaient autre chose que les organes du sens de la musique, devenus plus apparens, parce qu’elle avait perdu son embonpoint. J’appris plus tard que l’on déplorait le malheur arrivé à cette dame, surtout à cause de son grand talent pour la musique. En traitant du sens des localités , j’ai rapporté un exemple analogue.
L’organe du sens de la musique est formé par les circonvolutions xx, PI. VIII, PI. X ,plissées en zig-zag, dont les allées et les venues vont en diminuant; elles forment une pyramide ou un cône dont la base est placée immédiatement audessus de l’angle externe du plancher orbitaire, et qui en faisant des zig-zags toujours plus étroits,
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s’élève à lin pouce ou à un pouce et demi, et se termine en pointe. Lorsque ces circonvolutions sont très développées, surtout dans leur partie inférieure, il en résulte que le cerveau et le crâne en deviennent plus larges dans la région qu’elles occupent ; la partie externe de la paroi orbitaire supérieure est complètement remplie par la masse cérébrale; et il n’y a alors dans le crâne qu’une très petite partie de la paroi orbitaire externe qui se trouve placée au dehors du cerveau; circonstance qui fait que l’organe du sens des tons est très facile à reconnaître dans le crâne. PI. LXXV représente le crâne de Kreibig, célèbre violon qui jouait habituellement avec l’empereur J oseph II , lequel avait aussi l’or- ' gane de la musique très bien développé. Quelle différence de cette tête à celle PI. LXXVI !
Ceci explique pourquoi les Nègres, les habitans d’Olhaïli, les Espagnols, les Français et les Anglais fournissent un nombre beaucoup plus petit de grands musiciens, que les Italiens, les Bohémiens et les Allemands. Les têtes de ces derniers sont généralement plus larges dans la région indiquée, que celles des autres nations. Voyez la tête étroited’un Nègre du Cap de Bonne- Espérance, PI. XC. Faut-il encore attribuer ces différences à l’influence du climat!
Je connais cependant des Nègres qui depuis
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leur enfance onl eu un goût passionne pour la musique, et qui montrent un grand talent musical. Tous ces Nègres ont la partie inférieureextérieure du front placée au-dessus des yeux, très large. PI. XCI représente la tète d’un nègre de Congo, qui apprit de lui-même la musique, et l’exécuta sur presque tous les instrumens connus. Personne ne disconviendra que les Russes, les Espagnols, les Français et les Anglais ne possèdent de grands musiciens ; et, d’un autre côté, il y a parmi les Allemands et les Italiens, des individus chez lesquels l’organe de la musique est développé à un si faible degré, que loin de trouver du plaisir à la musique, ils ont même de l’antipathie pour cet art. Lessing et Tischbein en sont des exemples remarquables.
L’organe de la musique, ainsi que cela a lieu également pour tous les autres organes, est modifié d’une manière différente dans chaque individu, quoique pour l’essentiel ce soit le même organe dans tous. Les différens individus de la meme espèce d’oiseaux ont chacun un chant qui diffère un peu de celui de l’autre. Aussi la musique de Mozart, de Léo, de Giomelli, de Pergolèse, de Durante, de Martini, de Cimarosa , a-t-elle un caractère différent de celle de Gluck, de Haydn, de Chérubini, de Boyeldieu, de Sponlini, deMéhul, de Nicolo; et tous varient
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mire eux. Baillot, Boucher, Rode el Lafont, quoique tous quatre excellens violons, offrent cependant de grandes modifications.
Le caractère de la composition de chaque mu* sicien est détermine parle plus ou moins de développement d’autres organes qui accompagnent celui delà musique.Lorsqueledéveloppementconsidérable de l’organe de la musique existe avec un grand développement de l’organe du meurtre , cela emporte une prédilection pour la musique guerrière; lorsqu’il existe avec un développement considérable de l’organe de la théosophie, cela déterminera un goût pour la musique d’église, etc. Les musiciens, en appliquant ces principes, pourront se rendre compte facilement de leur goût individuel et du caractère propre de leurs compositions.
Il me paraît que les hommes qui sont capables de déduire les lois de la composition des lois des vibrations sonores et des rapports des tons, el d’établir ainsi les principes les plus généraux de la musique, doivent être doués en même temps d’un organe des nombres très développé; car l’exercice de ce de^ré du talent musical
exige, sans contredit, beaucoup de calcul; aussi ia circonvolution inférieure de l’organe musical, la plus large de toutes,' se continue immédiatement dans l’organe des nombres. ^Ceci explique
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pourquoi on peut être excellent musicien, et n’avoir pas le talent de la composition; être grand compositeur sans être en même temps grand musicien.
Nous avons vu que cet organe ne suit pas toujours dans son développement la marche accoutumée. Il acquiert d’ordinaire un développement précoce dans les sujets doués de très grandes dispositions pour la musique; et je le vis tellement développé chez une petite fille de deux ans, qu’il ne me fut pas difficile de prédire les progrès étonna ns que cette enfant a faits depuis dans la musique; mais je connais aussi un cas où il ne commença à se développer qu’à l’âge de dix-sept ans.
Je cite ici un passage extrait des Mémoires ou Essais sur la musique , par Grélry , publiés en l’an V. Dans ce passage, Gre'try parle de son goût inné, de l’instinct qui l’entraîna vers la musique. Peut-être pourrait-on en inférer qu’une blessure contribua au développement de son organe musical.
« Si pendant ces misérables années, je n’ai pas tout-à fait perdu mon temps , si j’ai fait quelques progrès dans la musique, si j’ai acquis quelques faibles connaissances, je n’obtins point cet avantage dès les leçons de l’instituteur, mais malgré ses leçons ; car si quelque chose avait été
capable de détruire en inoi ce goût inné, cet instinct qui m’entraînait vers la musique, j’ose affirmer que c’était la manière même dont on s’y prenait pour me l’enseigner.
» Je dois ici parler d'un accident qui, je crois , a influé sur mes organes relativement à la musique. Je puis être dans l’erreur, mais il est sûr que nul homme n’oserait affirmer le contraire.
«Dans mon pays c’est un usage de dire aux enfans, que Dieu ne leur refuse jamais ce qu’ils lui demandent le jour de leur première communion. J’avais résolu depuis long-temps de lui demander qu’il me lit mourir le jour de cette auguste cérémonie, si je n’étais destiné à être honnête homme et un homme distingué dans mon état : le jour même, je vis la mort de près.
« Étant allé l’après-dinée sur les tours pour voir frapper les cloches de bois dont je n’avais nulle idée, il me tomba sur la tête une solive qui pesait trois ou quatre cents livres, je fus renversé sans connaissance.
» Le marguillier courut à l’église chercher l’extreme-onction. Je revins à moi pendant ce temps, et j’eus peine à reconnaître le lieu où j’étais; on me montra le fardeau que j’avais reçu sur la tête. Allons, dis-je en y portant la main , puisque je ne suis pas mort, je serai donc honnête homme et bon musicien. On crut que ces
paroles étaient une suite de mon étourdissement. Je parus ne pas avoir de blessure dangereuse; mais en revenant à moi je m’étais trouvé la bouche pleine de sang; le lendemain je rcmarquai que le crâne était enfoncé, et cette cavité subsiste encore.
» J’étais peut-être arrivé à l’époque où le caractère change; mais il est certain que je devins tout-à-coup rêveur d’habitude; ma gaîté dégénéra en mélancolie; la musique devint un baume qui charmait ma tristesse; mes idées lurent plus nettes, et ma vivacité ne me reprit plus que par accès. »
Plusieurs fois , des personnes qui s’étaient appliquées à la musique avec une ardeur peu. ordinaire, et long-temps de suite, se plaignirent à moi qu’elles éprouvaient des douleurs et des spasmes dans la partie extérieure-inférieure du front. Le lecteur s’expliquera facilement pourquoi une application soutenue à la musique provoque des douleurs et des spasmes, plutôt dans la région indiquée que dans toute autre. Une dame parla, à son maître de chant, de l’organe de la musique. Elle ne pouvait pas lui en désigner la place, lorsque le maître lui dit : S’d y a un organe de la musique, il est là, et y place le doigt; c’est là, lorsque je compose, que j’éprouve
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une sensation pénible; quand une idée ne me vient pas, c’est là que je porte la main.
Je demandai à M. Berton ce qu’il éprouvait après avoir composé pendant long-temps avec beaucoup d’application; il me répondit qu’il se sentait un grand vide dans la tète, et en disant cel i avec un certain embarras, il porta les deux mains sur les deux organes de la musique.
Tout ce que j’ai dit jusqu’ici sur le sens de la musique, et sur son organe, ne laisse aucun doute que le sens de la musique ne soit une faculté fondamentale propre, et que cette faculté ne se fonde sur un organe propre.
Histoire naturelle du sens de la musique et de son organe chez les animaux.
Il îTy a pas un seul mammifère doué du sens delà musique au point d’être capable de chanter de lui-même, ou seulement de répéter des chants qu’il entend. Aussi, les crânes de cette classe d’animaux sont-ils beaucoup moins larges que celui de l’homme, dans la région où l’organe de la musique a son siège. Leurs orbites sont placées ou à moitié ou entièrement en dehors du cerveau. Ou il n’existe pas de plancher orbitaire, ou il en existe seulement la partie interne
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située vers l’os crible on vers le nez. Il s’ensuit que les mammifères sont privés d’une grande portion de masse cérébrale qui , chez l’homme, se trouve dans cette région, et qui, par conséquent, doit être destinée à des fonctions particulières à l’espèce humaine.
Je ne soutiendrai pas cependant que certains mammifères ne soient pas doués du moins du sentiment de l’harmonie des tons ; l’éléphant , et quelquefois des chiens , paraissent écouter la musique avec intérêt. Des chameaux, des ânes,, des mulets, et même des bœufs, supportent mieux la fatigue de leur travail accoutumé, lorsqu’on leur fait entendre de la musique, ou qu’on leur chante des chansons; tout le monde a vu danser en mesure des chiens, des ours, et les chevaux de Franconi: mais ce que l’on raconte à cet égard, d'araignées et de serpens,me paraît tenir plutôt à une impression agréable que leur font éprouver les vibrations de l’air, qu’à un sentiment de l’harmonie ou de la mélodie.
La plupart des oiseaux n’ont rien qu’on puisse appeler du chant. Quelques-uns de ceux-ci sont doués de la faculté d’imiter un chant ou une mélodie quelconque; de ce nombre sont le bouvreuil et l’alouette huppée. Dans peu d’espèces, le chant est propre aux deux sexes; la femelle cependant a toujours un chant moins fort et moins.