DU CE U VEAU. 2G
ver celle émotion verlueuse qui reveille l’idée de la véritable bonté ?
La bienveillance s’étend jusqu’à la postérité. Le philanthrope sacrifie son bien-être personnel à ses héritiers, à ceux qui verront le jour longtemps après lui. C’est pour eux qu’il plante des arbres , qu’il fait des legs pour des institutions bienfaisantes. C’est pour eux qu’il travaille jour et nuit , qu’il brave les insultes , les calomnies , les persécutions, parce qu’il sait qu’un temps doit venir où ses travaux seront bénis pour leur influence bienfaisante sur le sort de l’humanité. Sans ce sentiment de bienveillance générale, combien de faits, combien de découvertes utiles seraient étouffés sous le poids de l’envie, de la jalousie, de la mauvaise foi et de l’ingratitude des contemporains!
Dans tous les temps, le pardon des injures et des ennemis a été commandé par la morale la plus élevée. L homme, doué d’un sentiment énergique de bienveillance, est naturellement disposé à cette noble et vertueuse résignation, à cette abnégation de lui-même, qui, à tout autre, paraît si pénible, qu’on regarde de pareils actes d’un pardon généreux, surtout lorsqu’il va jusqu’à rendre le bien pour le mal, comme les efforts les plus admirables et les plus sublimes de la nature hjumaiue. L’homme sensible, lorsqu’il