‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 2)Chapitre 35 sur 54 · DU CE K VE AU · texte numérisé non relu

DU CE K VE AU

mi simple pieu qui n’était pas dégarni; la Malula des Phrygiens était une pierre nuire à angles irréguliers , que l’on disait tombée du ciel a Persinunte , et dans la suite elle fut apportée à Ruine avec beaucoup de respect. Les hunnncs ont eu, outre ces absurdes divinités nationales, divers objets particuliers de culte , desquels ils attendaient une protection individuelle et spéciale. Tels furent les Marmousets deLaban, les Dieux Pénales chez les Romains. Dans le royaume dTssiui , l’un choisit pour son Fétiche un morceau de bois, l’autre les dents d un chien , d’un tigre , d’un éléphant. Les mers lurent peuplées de Triions, de Néréides, de Divinités de différons ordres. Les campagnes le furent de Nymphes, de Faunes; les furets de Dryades cl d ’Jda ma d ry a d es . Chaque ruisseau, chaque fontaine , chaque village et chaque ville avait sa divinité. Tous s’accordaient à penser que ces divinités exigeaient des honneurs, qu’elles s’irritaient aisément, mais qu’elles s’appaisaient par des sacrifices sanglans. La barbarie fut poussée presque partout jusqu’à leur immoler des victimes humaines. Ajoutez à tout cela l’adoration des arbres, les idoles des Chinois, le palladium des Troyens, le bouclier sacré des Romains; la confiance universelle qu’ont les hommes dans les talismans et les amulettes, dans la divination, dans les songes, dans les oracles,

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dans la rencontre de différons objets présentés patle hasard , par exemple , la rencontre ii opinée d un corps mort, d’un chat, dans le cri des oise ux nocturnes, dans le \ol des oiseaux, dans les pénitences elles mortifications de toute espèce.

Ce tableau rapide nous fait assez voir que de l'Orient à l’Occident, du Nord au Midi, on observe non-seulement les mêmes objets d’adoration , mais à-peu-près la même manière de les honorer et une pratique constante des mêmes maximes. « La divinité ne s’ofifre sous les rapports moraux qui en font l’essence, qu’aux hommes éclairés par une instruction relevée ; mais l’homme grossier sera partout et dans tous les temps naturellement idolâtre, naturellement adorateur des images, et des images extraordinaires , parce qu’elles l’arrêtent, le contiennent, le maîtrisent, parce qu’elles frappent son esprit beaucoup plus long-temps encore que ses jeux ; parce qu’enfin «.lies le font penser et réllécliir ( j ). »

Cependant quelque dégradé que l’homme paraisse dans cette conduite, il mérite peut-être aussi bien notre pitié que notre blâme. Son ignorance et son penchant naturel à la superstition ont converti en images sensibles des idées et des vérités abstraites qui sont hors de la portée

' i ) Poétique «les Ails, par J. F. Sofiry , |i.3(3.

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vie finlolligenee ordinaire dos hommes grossiers, H oui fait vouer à la créature le culte dû au Créateur. La pusillanimité a fait autant d’idoles qu’il v a d’objets de terreur et de crainte. Mais l'article essentiel, qui est le sentiment d’un Être suprême et d’un culte religieux, est toujours demeuré invariable.

Le soleil honoré d’un culte particulier au Pérou, chez tous les peuples de 1 Amérique, chez le peuple choisi , fut toujours regarde comme le symbole de Dieu le plus expressif. Dieu leur devenait sensible en ce globe qui anime le monde et porte partout une heureuse fécondité. Le soleil était tellement le symbole hiéroglyphique de la divinité chez touies les nations , que tous les noms qu'on y donnait aux dieux du paganisme se rapportent au soleil. Il fut le premier des ouvrages de Dieu qui attira l'attention des hommes, et dans lequel ils étaient naturellement entraînes à lionorer le souverain Maître. Le peuple choisi se tournait vers le soleil levant pour adresser ses prières au Très-Haut. L'Ecriture même se sert de l’expression que Dieu a placé son tabernacle dans cet astre.

Comment des nations si différentes de mœurs entre elles, si éloignées dans leur manière de no’iser , oui , dans les choses les plus néces-

SUR LES FO N CT IONS

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rai res a la vie, ont conçu des idées si disparates, auraient-elles cependant pu s’accorder sur l’existence d’un Être suprême cl sur un culte religieux , si l’Auteur de l’univers n’en eut gravé le sentiment dans les cœurs de Ions les hommes , si Dieu n’en avait pas empreint l’organisation de l’espèce humaine?

Malgré ces preuves irrécusables de la généralité de la croyance en Dieu et du penchant à un culte religieux , on rencontre encore des hommes qui nient que ces deux sentimens soient innés à l’espèce humaine. Il existe, disent-ils, des peuples chez lesquels on ne découvre pas la moindre trace de religion, pas la moindre trace d’une idée relative à une divinité.

Je ne contesterai pas la possibilité du fait. Le climat et le concours d’autres circonstances peuvent entraver le développement de la partie cérébrale, au moyen de laquelle le Créateur a voulu se révéler au genre humain, tout comme le climat et d’autres influences peuvent favoriser le développement du même organe. D ms l’Egyple, le berceau de tant de sectes religieuses, cet organe avait reçu un haut degré de développement et d’activité j tout le contraire a lieu chez les Caraïbes , les Hottentots. S'il existait un peuple dont l’organisation fût tout-à-fait défectueuse sous ce rapport , il serait aussi peu

susceptible d’idée et de sentiment religieux «pie tout autre animal. Un pareil rétrécissement d’un organe quelconque amènerait le même résultat a 1 égard de sa louction. Ce sont de véritables imbécillités partielles.

Mais je ne connais aucun peuple qui soit dans ce cas. Quelques voyageurs, ne voyant parmi certaines petites nations, ni temples, ni autels, ni idoles, ni culte religieux public, ont cru que l’esprit de ces hommes n’allait pas plus loin que leurs monumens, et ils ont prononcé trop légèrement qu’ils vivaient comme des brutes, et qu’ils ne rendaient aucun hommage divin a quoi que ce soit de visible ou d’invisible. On sait qu’on rencontre à-peu-près les mêmes usages, quanta un culte divin, non-seulement dans l’ile de Crète, dans les iles de l’Archipel, dans la Phrygie, dans la Thrace, dans l’Asie-Mineure , mais encore dans la Colchide , dans la Bactriane , jusqu’aux Portes Caspiennes et aux Indes , qui étaient , pour les anciens , les bornes les plus reculées du monde connu. On sait également que les Caraïbes ont leur grand esprit Chemiin; que les Hottentots et les Pampoux rendent hommage aux Dieux Fétiches. 11 est donc constant que le sentiment de l’existence d’un Dieu et du besoin d’un culte reli-

3 fis S U K LES KONCTl O N S

gioux a toujours été l’apauage »le toutes les nations.

On objecte encore que les idées relatives à Dieu et à la religion ne naissent jamais chez les sourds-muets, et l’on en conclut qu'il n’y a nas chez l'homme de disposition naturelle à ces idées.

Mais croit-on que l’homme dont l’esprit est le plus développé parvînt à avoir de Dieu et de la religion les idées que nous en avons, s’il n’avait pas été élevé dans ces idées? La foi des sectateurs quelconques est l’œuvre de l’éducation, d’une instruction arbitraire, et les idées que le philosophe se forme de Dieu sont le fruit des abstractions les plus relevées. L'on ne peut attendre ni l’un ni l’autre d’un sourd-muet dont l’éducation n’aurait pas été dirigée vers cet objet ; mais on pourrait deviner ce que feraient des sourds-muets , vivant entre eux en peuplades, d’après ce que l’on voit faire à tous les peuples grossiers, car le défaut de l’ouïe n’empoche pas les sourds-muets de se faire du monde extérieur la même idée que s’en font les autres hommes, et de tiier des événemens qui se passent sous leurs yeux les mêmes inductions.

J’ai présenté le développement successif, les nuances et les modifications du sentiment reli-

DU CERVEAU. >f)V)

«beux et de l’idée d’une divinité dans un ordre

inverse de celui qui est adopté par le plus grand nombre des auteurs ; l’on suppose ordinairement que les hommes , incertains sur la nature des puissances dont ils éprouvaient «à chaque instant la secrète influence, attribuèrent d’abord ces pouvoirs à des corps animés, par exemple à des fétiches , et puis à des créatures vivantes. Ce ne serait qu’après rju’ils auraient atteint un certain degré de culture et de civilisation qu’ils se seraient élevés à l’adoration des êtres. Plus tard ils adoptèrent, dans celte supposition, des dieux titulaires pour chaque individu , pour les villages, les villes, et même pour les fleuves et les forêts; et après bien des efforts et des combinaisons, ils finirent par concevoir l’idée abstraite, métaphysique, d’une intelligence indépendante, tPun Dieu, seul créateur et maître de l’univers.

L’ordre dans lequel j’ai exposé la marche des peuples à l’égard des idées et des sentimens religieux, me paraît plus conforme et à la tradition et à la raison. L’expérience nous apprend que de tous les temps les idées justes sur la nature de la divinité, ont dégénéré en superstition et en idolâtrie. Les Hébreux connaissaient Jéhova. Mais malgré les défenses de Dieu, leur

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