‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 2)Chapitre 36 sur 54 · S U R LES E O N G T I O N S · texte numérisé non relu

S U R LES E O N G T I O N S

inclination pour l’idolâtrie était telle, qu’ils y revenaient toujours. Ils ne purent abandonner la grande vénération qu’ils eurent , comme d autres peuples, pour les montagnes, les hauts lieux et les bois.

Après l’ère chrétienne , après la proclamation solennelle d’un vrai Dieu, ils n’ont pu concentrer leurs vœux dans ce seul être tout-puissant ; il leur a fallu des divinités secondaires; il leur faut encore des images, des reliques, des amulettes, des anges tutélaires, des saints, autant d’êtres auxquels ils supposent un pouvoir particulier, et qu’ils invoquent dans l’attente d’une protection spéciale.

Il sera, du reste, toujours difficile d’éviter, dans l’une ou l'autre des deux hypothèses, tous les écueils qui s’opposent à la preuve péremptoire de la marche que la nature a fait prendre à l’espèce humaine dans le plus grand de ses intérêts.

Quelqu’opinion que l’on adopte, il s’ensuit toujours que dans tous les temps et partout les hommes ont eu , par un instinct général, recours à des puissances illimitées, soit bienfaisantes, soit malfaisantes. Sous quelque forme qu’ils aient figuré ces puissances , c’est toujours l’idée plus ou moins obscure, plus ou moins épurée d’un être supérieur , qui constitue la

nu CERVEAU.

base de toutes les croyances et de tous les cultes, meme les plus absurdes. Bientôt les hommes lie se contentèrent plus d’adorer leurs dieux dans leurs foyers ; ils leur vouaient des temples* et des autels. « Les premiers édifices, dit M. Sobry, que demande l’ordre social , sont les temples. Les hommes veulent s’unir pour rendre à Dieu un hommage qui les console, qui les concilie, qui les moralise. C’est un devoir, c’est un besoin, c’est une nécessité. Tous les siècles , toutes les nations, tous les lieux sont soumis à cet usage sacré, aussi ancien que le monde, aussi étendu que le genre humain (i). »

Maintenant il n’est pas difficile de concevoir pourquoi il en est de la croyance en Dieu et du culte religieux, comme de toutes les qualités et facultés qui ont été données à l’homme au moyen de son organisation. Personne n’a inventé le penchant de l’amour physique , l’amour de la progéniture , l’attachement ; on n’aura jamais l’idée de chercher dans les fastes de l’histoire le premier qui ait livré combat à un de ses semblables, ou le premier qui ait fait la guerre, qui ait créé l’esprit de domination pour s’ériger en chef d’une tribu ou d’un peuple. Personne n’a la gloire d’avoir inventé la pein-

(i) Poétique des Arts, p. 3.

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tu ce j la musique, le calcul, l’a rl mécanique, l’éloquence , la poésie. De même il n’est personne, ni législateur, ni conquérant qu’on puisse citer comme premier auteur d’une religion , avant lequel on ne démontre qu’il y avait une religion reçue. Il y en avait une avant Nuraa chez les Romains. Moïse, dont les écrits sont antérieurs à tout autre ouvrage que nous ayons, fait voir une religion établie depuis l’origine du monde. Qu’on lise ses livres , on y verra une religion formée chez tous les peuples dont il parle, en particulier «liez les Egyptiens et chez les Chananéens; on y verra une religion déjà altérée et corrompue chez les vieux peuples. Qu’était le veau d’or , si ce n’est le symbole d’Isis et une de ces divinités monstrueuses rie l’Egypte déjà idolâtre? Du temps d’ Abraham , la Chaidée était infectée d’idolâtrie. La religion étant pour les hommes, doit avoir commencé avec eux , et doit subsister autant qu’eux -, et, je le répète , l’idée de Dieu est beaucoup trop sublime pour que l’homme eût pu s’élever jusqu’à elle par le raisonnement, si elle n’était pas inhérente à son organisation.

Mais quelques dévots timorés sont alarmés par l’assertion qu’il y a une disposition innée aux idées religieuses ; parce que, disent -ils, chercher dans l’intérieur même de l’homme

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