DU C. E H V E A U
joie ou (le terreur subite, ne porte 1.» tète et les yeux vers le ciel, eu s’écriant: mon Dieu ! mon Dieu !
Enfin , pourquoi en dépit de l’instruction , qui nous dit le contraire, ne pouvons-nous pas nous défendre de l’idée ou plutôt du sentiment que Dieu est là-haut ? C’est uniquement parce que I organe qui rend l’homme capable de s’élever à 1 idée ou au sentiment de Dieu, a établi dans la partie la plus élevée du cerveau son trône, d’où il a toujours exercé et exercera toujours son influence sur toutes les autres forces de l’homme.
Mimique de la persévérance.
La mimique de la fermeté a son siège immédiatement au sommet de la tète, il doit donc, lors de son action énergique, tenir la tète et le coips élevés perpendiculairement. A l’instant où 1 on prend la résolution ferme de ne se laisser détourner par lien de son projet, on redresse \ ei ticulement tout son corps, on se soulève un peu de terre , on se pose solidement sur les jam bes, et la nuque tendue, on s’apprête à braver tous les obstacles. C est a celle altitude que se î apporte 1 expression d’une volonté inébranlable, d’un caractère inflexible, Pl.ACVil fig. 18.
S U 11 LES FONCTIONS
A ces mimiques partielles de chaque organe particulier, ajoutons encore quelques mimiques generales qui désignent un certain étal général du cerveau : PI. XCVII , fig. 19, l’homme mélancolique qui s’abandonne, sans aucune résistance, à son chagrin; fig. 20, l’entière inaction du cerveau de l’imbécile; comparez ces étals d’apathie avec la mimique de l’homme, dont toute l’attention est fixée sur le récit d'un événement intéressant , fig. 21, et surtout comparezlcs avec la mimique de la joie en extase, fig. 22.
Le lecteur me pardonnera si je lui soumets encore deux dessins qu’il pourra bien regarder comme de simples objets de curiosité. Mon anu Kununer, qui fil partie de la malheureuse expédition de la Méduse , me les envoya, en faisant la remarque que ces coiffures lui paraissent être une confirmation de la découverte du siège des organes : la fig. 23 représente la coiffure d’une dame de Kacundy ; la distribution des cheveux en touffes particulières est conforme aux organes de la propagation , de l’amour de la progéniture; l’organe de la fierté est même surmonté d’une espèce de panache. La fig. 24) coiffure d’une dame Maure de Krarsas, qui montre les organes de la propagation, de l’amour delà progéniture, de l'attachement, de la propre défense, de la ruse, delà circonspection, du penchant religieux , de la fermeté. Inexplicable hasard, s d
u ('si pas permis île présumer « j ne c’est encore l'action dos organes du cerveau quia déterminé cette singulière manière d’arranger les che-
veux.
M.Demangeon, dans sonanalysede mon grand ouvrage, a très bien saisi l’esprit do mes principes cl de mes opinions relativement à la palogno* mique. Après avoir relevé que l’art du physionomiste n’existe pas, c’est-à-dire qu’il est impossible à aucun physionomiste de déterminer une forme quelconque de nez , de menton, d’yeux, etc., qui se trouve constamment d’accord, chez les différons individus, avec une qualité morale ou une laculté intellectuelle quelconque, il continue : « Mais il attache (M.Gall) une grande importance a la mimique dont il traite amplement, dans celle meme section , et dont il tire de nouvelles preuves très nombreuses à l’appui des organes qu’il a déterminés , comme pour en corroborer la démonstration. Selon lui, c’est la pathognomonique et non la physionomie qui nous guide dans nos jugemens, lorsqu’au lieu de les motiver suides formes extérieures déterminées, nous les motivons sur les gestes et sur toute l’habitude du corps. La pathognomonique ou la pantomime est un langage fondé sur la nature meme qui inspire lesgestes, les attitudes elles mouvemens. C'est un 1 ingage universel auquel toutes les
nations et tons les animaux empruntent l’expression de leurs affections, de leurs passions, de leurs sentimens et de leurs idées. Il n’y a pas d homme, il n’y a pas de bêle qui ne l’entende. I! supplée, renforce, précise et éclaircit le lan- &'nc parlé, en dévoilant l’ironie, la colère, la confusion, le désir, la douleur, la tristesse, l’attendrissement , la jalousie, le désespoir, la vindication , l’amitié, l’aversion, l’orgueil, la vanité, la fatuité, la stupidité, la fausseté, l’astuce , l'esprit de chicane, la dévotion , la sensualité, etc. Sans la pantomime, l’éloquence, la poésie, l’art dramatique, la peinture, la sculpture, la gravure, retomberaient au niveau des arts purement mécaniques, et n’auraient plus d’expression ni d’entraînement. Ce langage n’est donc pas de pure convention , comme l’ont cru quelques personnes j il est basé sur des lois immuables dont la violation jetterait dans des contre-sens ou dans le ridicule, quoiqu’il ne soit pas uniforme dans tous ses détails, à cause de la complication presque infinie des affections et de la prédominance extrêmement variable de l’une sur l’autre. Après ces observations générales, M. Gall fait connaître le genre de mimique propre à chaque organe, et il en lire de nouvelles preuves à l’appui de celles qu’il a déjà four-
mes. »
n U CF H Y I U .
Conclusion .
Lorsqu'un jour mes lecteurs, par leurs propres observations , se seront convaincus de la justesse de la mimique que je viens d’exposer pour chaque organe, ils conviendront qu’elle fournit une preuve nouvelle en faveur de la région où je place le siëge des organes. Chaque mimique simple est l'action d’un organe isolé; elle est donc l’un des élémens d’une mimique complexe, de meme que chacune des forces fondamentales est un des élémens d’un sentiment, d’une idée complexes; l’un des élémens de tout caractère moral et intellectuel.
Tout homme donc qui veut exprimer certains sentimens ou certaines pensées avec vérité, ou les rendre intelligibles aux autres, au moyen du langage d'action, doit remplir l’une des deux conditions suivantes :
Ou l’acteur doit connaître exactement la mimique simple, pour savoir do quels gestes, de quels mouvemens de muscles, de quelles poses il composera le jeu par lequel il entreprendra de rendre avec vérité les sentimens et les idées complexes qu’il est le plus souvent dans le cas de peindre.Celte condition alors pourra être remplie bien facilement par celui qui s’est familiarisé avec la
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mimique que chaque organe produit conformément. a son siège. Pour un tel connaisseur, il n’y a pas de pantomime qu’ii ne puisse ramener aux’ principes ; il ne lui arrivera pas ce qui est arrivé a Engel, dans sou excellent ouvrage sur la mimique, faute de connaître la véritable origine des gestes. Cet auteur désigne souvent telle pantomime comme parfaitement d’accord avec la nature, mais sans cire en état de ramener à des règles certaines ies préceptes qu’il donne. Lorsque l’on se sera pénétré de ma doctrine, la pantomime et une grande partie de l’art de la déclamation ne seront plus abandonnées à un sentiment obscur et incertain, mais se trouveront ramenées à des principes sûrs et invariables.
Ou bien celui qui entreprend de rendre fidèlement, et avec toutes leurs nuances, des sentimens et des idées complexes , doit être doué de la faculté dose pénétrer tellement do ces sentimens et de ces idées, que, pour les rendre, il n’ait besoin que de s’abandonner à l’inspiration de son génie. Ce sont ces acteurs nés qui, dans tous les rôles conformes à leur talent, sont vrais et inimitables, sans effort et instinctivement. Voilà les hommes dont j’ai parlé plus haut en traitant de l’organe de la mimique. Si partout les emplois n’étaient jamais remplis que par ces élus, la scène nous présenterait toujours
la nature elle-même; mais j’entends la nature idéalisée, la nature accomplie. Bientôt les préjugés nationaux disparaîtraient dans tous les pays, d’on n’aurait bientôt que le même goût; partout on n’applaudirait qu’à l’image delà nature; toute extravagance et toute boufissuro seraient censées préjudiciables à l’illusion, premier but de l’art dramatique.
Entant que l’action des organes internes laisse des empreintes durables à l’extérieur, il est permis de tirer des traits, résultats de cette action continuellement répétée, des inductions relativement aux occupations habituelles et au fond du caractère d’une personne. Par de telles empreintes, 011 pourra, sans doute, distinguer l’homme superficiel d’avec le penseur profond ; le bon vivant d’avec le dévot; l’homme à saillies d’avec le lourd imbécile. Nous distinguons bien l’homme indépendant par sa fortune d’avec celui que la nuseie accable; mais ce n est certainement pas par les proportions originaires de sa figure, de son nez, de sa bouche, de ses oreilles, etc., mais uniquement par l’influence que les forces internes exercent sur les parties extérieures. Donc, c’est un jugement pathognomique, et pointdu toutun jugement physiognomonique, que l’on porte dans tous les cas pareils.
S U n LES FOKCTIO N s
1ht langage universel.
On sait ce que Leibnitz et avant lui Descaries ont écrit sur la possibilité d’une langue universelle. Depuis, plusieurs savons ont proposé des moyens pour en réaliser une; chacun d’après la mesure et la nature de ses connaissances.
Ceux cpii parlent d’un langage universel, entendent parler d’un langage rpii serait compris de tout le monde. Mais , quand en même temps ils proposent un langage formé désignés arbitraires, qu'on aurait besoin d’enseigner et d’apprendre , il est évident qu’un tel langage universel est impossible. Comment opérer le miracle de mettre tous les peuples tellement à l’unisson, qu’ils consentissent tous à adopter les mêmes signes, soit paroles , soit gestes , soit caractères alphabétiques, soit alphabet manuel , soit enfin hiéroglyphes? Aussi tous les efforts, dirigés vers ce but, ont ils été jusqu’à présent infructueux , et ils le seront à jamais.
11 n’y a et ne peuty avoir de langage universel que celui que la nature a créé elle-même. Les hommes peuvent apprendre à le mieux parler, à le mieux entendre, mais jamais ils n’en perfectionneront les principes élémentaires.
Nous avons vu que chaque organe, pour peu
que son action soit énergique, so manifeste extérieurement et instinctivement par certains mouvemens des muscles, par certains gestes, par certaines exclamations ou cris involontaires, par certaines attitudes. Ces mouvemens des muscles, ces gestes, ces cris, ces altitudes trahissent l’organe qui est en action. Ils trahissent par conséquent aussi la nature du penchant, du sentiment, de la pensée qui, dans ce moment, occupent l’individu. Ce langage est donc le langage naturel des organes; c’est la mimique, C’est le langage des gestes ou d’action, le langage pathognomique.
On connaîtra l’alphabet ou les principes élémentaires de ce langage quand on connaîtra toutes les qualités et toutes les facultés fondamentales, ainsique la mimique particulière qui accompagne chacune de leurs manifestations. Eludiez les nuances des qualités et des facultés ainsi que celles de leur mimique , et si vous voulez rendre l’expression du concours de plusieurs penchans , de plusieurs scnlimens , de plusieurs pensées, faites de ces gestes, de ces mouvemens musculaires , de ces cris , de ces attitudes, ce que vous faites de vos paroles, de vos caractères alphabétiques, de vos caractères numériques; combinez ces principes élémentaires autant que vos senti mens et vos pensées sont combinés, et