‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 3)Chapitre 28 sur 54 · REVUE SOMMAIRE · texte numérisé non relu

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Dans toutes mes recherches, je me suis proposé le but de trouver les lois de l’organisation et les fonctions du système nerveux en général el du cerveau en particulier.

L'exposition des systèmes nerveux de la poitrine et du bas-ventre, de la colonne vertébrale ou des mouvemens volontaires , et de celui des sens extérieurs, nous a fait voir les mêmes lois et dans leur organisation et dans leur destimation. Partout origine des fibrilles nerveuses de la substance grise nourricière; partout des appareils de renfort de la masse nerveuse par la même substance grise; partout épanouissement final; et partout une organisation nerveuse particulicre, ou système nerveux parbicuher, indépendant des autres, toutes les fois qu'une fonction essentiellement différente doit avoir Jicu.

J'ai démontré les mémes lois dans lorganisation du cerveau. Origine de îoutes les fibrilles nerveuses cérébrales de la substance grise; leur renfort successif par de nouvelles masses de substances grises, des ganglions; existence de plusieurs départemens ou faisceaux nerveux in-

dépendans les uns des autres; épanouissement

final de toutes les diverses parties constituantes de la masse nerveuse cérébrale en une membrane nerveuse, soit étendue, soit roulée en forme de circonvolution.

Cette uniformité des lois de l’organisation de tous les ystèmes nerveux ne laisse plus aucun doute sur l’exactitude des découvertes analomiques du système nerveux en général , et du cerveau en particuher.

Après avoir déterminé les fonctions des systémes nerveux de la poitrine et du bas-ventre, de la colonne vertébrale et de cinq sens, il restait encore la grande difficulté de déterminer les fonctions du cerveau et de ses diverses parties. Avant d'aborder ce point essentiel de ma doctrine, il étaitinsdispensable de rectifier les idées sur l’oriwine des instincts, des aptitudes industrielles, des penchans et des facultés. De là une section tout entière consacrée anx preuves que toutes nos dispositions morales et intellectuelles sont innées, et que toute manifestation d’une qualité morale où d’une faculté intellectuelle quelconque, dépend de Forgamisation.

Maintenant je pouvais demander quelle est cette organisation, instrument de toutes les fonctions morales et intellectuelles ? Est-ce le corps tout entier ? est-ce le tempérament? est-ce une seule partie, et quelle est cétte partie du

corps de l’homme et de l’animal? J'ai établi par un grand nombre de preuves, tant négatives que positives, et par la réfutation des objections les plus importantes, que le cerveau seul a été gratfié de l'immense avantage d’être organe de l'âme. Des recherches ultérieures sur la mesure de l'intelligence del’homme et des animaux, ont amené les résultats que les cerveaux des animaux sont d'autant plus simples ou plus composés, selon que leurs instincts, leurs penchans et leurs facultés sont plus simples ou plus composés; que les diverses régions du cerveau sont affectées à des catégories différentes de fonctions; qu’enfin le cerveau de chaque espèce d’animal , et par conséquent aussi celui de l’homme, constitue une réunion d'autant d’organes partieuliers, qu'il y a dans l’homme ou dans animal de qualités morales et de facultés intellectuelles essentiellement différentes.

Les dispositions morales et intellectuelles sont innées ; leur manifestation dépend de l'organisation ; le cerveau est exclusivement l’organe de l'âme; le cerveau est composé d'autant d'organes particuliers et indépendans qu'il y a de forces fondamentales de l'âme : voila quatre principes incontestables qui forment la base de toute la physiologie du cerveau.

Après la démonstration rigoureuse de ces

principes, il fallait examiner jusqu’à quel point l'inspection de Ja forme de la tête ou du crâne offre un moyen de counaître l'existence cu labsence, le plus ou moins grand développement de certaiues parties cérébrales, et par conséquent lexistence ou l'absence, la faiblesse ou l'énergie de certaines fonctions; il fallait indiquer les moyens de connaître les fonctions des parties cérébrales déterminées, ou le siége des organes; enfin il était indispensable de distinguer les qualités et les facultés fondamentales, primitives, d'avec leurs attributs généraux.

Dès-lors je pouvais introduire mes lecteurs dans le sanctuaire de Pâme et du cerveau, et «lonner, de chaque force prunitive morale ou iniellectuelle, l'historique de sa découverte, son histoire naturelle dans l’état de santé ainsi que dans l'état de maladie, et des observations nombreuses à l'appui du siége de son organe.

Ün examen des formes de têtes de diverses pations, une démonstration de la nullité de la physiognomonie, une théorie du langage d'acon ou de la pathognomonique, ajoutent un nouveau poids aux vérités précédentes.

Le développement détaillé de la physiologie du cerveau a dévoilé les défectuosités des hyÿpothèses des philosophes sur les forces morales et intellectuelles de l’homme, et a fait éclore spon-

DU CERVEAU. Bot

tanément une philosophie de l’homme, fondée sur son organisation, par conséquent la seule en harmonie avec la nature,

En dernier lieu, j'ai discuté quatre propositions également intéressantes pour Phistoire et pour la philosophie, concernant les moufs de nos actions, l’origine des arts et des sciences , la perfectibilité de l'espèce humaine, et l’étendue du monde de chaque être vivant, et j'ai fait voir que la solution de toutes ces questons , restées jusqu’à présent problématiques, découle immédiatement de la physiologie du cerveau.

Plusieurs personnes, même trés instruites, mais ne connaissant l’organologie que par ouidire, me demandent avec une naïveté singuliérement confiante, si je crois moi-même de bonne foi à ma doctrine. On a air de supposer que je dois être le premier convaincu de sa fausseté, mais que je voulais ou jouir de la réputation de fondateur d’un système ingénieux , ou souteuir des opinions émises d’abord avec précipitation. |

Si j'étais homme à me repaître de fumée, il y a plus de vingt ans que j'aurais cédé à la démangeaison de publier les premiers apercus

d’une physiologie du cerveau. Je suis plus glo- *

bo SUR LES FONCTIONS

rieux de la découverte de la plus mince vérité que de Pinvention du plus brillant systéme.

Toute la physiologie du cerveau est fondée sur des observations, des expériences, des recherches mille et mille fois répétées sur lhomme et sur les animaux. Le raisonnement n’a fait que saisir les résultats et fixer les principes qui découlent des faits. C’est pour cette raison que les nombreuses propositions , quoique si souvent subversives des propositions reçues, ne sont nulle part opposées entr’elles. Tout s'accorde , tout s’enchaîne, tout s’éclaircit, tout se con-

firme réciproquement; l'explication des phénomênes les plus abstrus de la vie morale et intellectuelle de l'homme et des animaux n’est plus un jeu de suppositions gratuites; les causes les plus cachées de la différence du caractère des espèces, des nations, des sexes, des âges, depuis la naissance jusqu’à la décrépitude, sont mises en évidence;les aliénations des fonctions de l'âme ne sont plus subordonnées à unspiritualisme que rien ne saurait atteindre; l'homme enfin, cet être inextricable , est connu; l’organologie compose et décompose ses penchans et ses talens de fragment en fragment; elle a fixé nos idées sur sa destination et sur la sphere de son activité; elle est devenue une source féconde

d'applications des plus importantes à la médecine, à la philosophie, à la jurisprudence, à la morale, à l'éducation , à l’histoire, etc.; certes, ce sont autant de garanties de la vérité de la physiologie du cerveau, autant de titres de reconnaissance envers celui qui me l'a fait connaitre !

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