‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 4)Chapitre 11 sur 58 · XVIII. Sens des rapports des nombres (i · texte numérisé non relu

XVIII. Sens des rapports des nombres (i

Il n’y a pas de faculté que l’on se croye plus autorisé à déduire des forces intellectuelles pri-

(i) Je sais parfaitement que U arithmétique vulgaire , qui elle-même n’est qu’une petite partie de la science du calcul, ne constitue pas toutes les mathématiques, et que la méthode synthétique que les anciens géomètres employaient exclusivement , n’a rien de commun avec le calcul. Je n’ignore pas que des mathématiciens distingués ont quelquefois très peu l’habitude du calcul numérique. Mais comme je trouve la même partie cérébrale très développée , tant chez toutes personnes qui ont une grande facilité naturelle du calcul que chez les hommes qui ont enrichi les sciences mathématiques des plus sublimes découvertes, je me crois autorisé à adnvHhe que c’est le même organe qui donne au jeune Colboin la facilité de calculer de tête, à Pythagore celle

U U CE R VEAU

sos collectivement, que les dispositions pour l'arithmétique et pour les mathématiques en général. On croit que l'étude la plus capable d’exercer le jugement est celle des mathématiques. Rien, dit-on, dans celte science ne nous vient du dehors, (ont y est l'ouvrage de l’entendement humain, tout y est une véritable création de 1 attention et de la faculté de tirer des conséquences. Donc, il ne peut pas exister d’organe particulier pour la faculté en vertu de laquelle un homme a une grande facilité pour l'arithmétique et pour les mathématiques en général.

Ce que je vais dire décidera jusqu’à quel point ces prétentions sont vraies ou fausses.

Historique de la découverte.

A Vienne, on me parla d’un écolier de St.- Pœllen, qui était connu dans toute la contrée par son talent pour le calcul. C'était lefds d’un forgeron, et il n avait pas reçu plus d’instruction que ses camarades d’école; pour tout autre objet, il était a-pcu près de la meme force qu’eux. Je le fis venir à Vienne , et je le présentai à mon

de prouver que le carré de i’hypothénuse égale celui des deux autres cotés du triangle rectangle, et qui met Laplace en état d’écrire la mécanique céleste.

Sl'R LES FONCTIONS

auditoire; à celte époque, il était âgé de q ans. Lorsqu’on lui donnait, je suppose, trois nombres exprimés chacun par dix à douze chiffres , en lui demandant de les additionner, puis de les soustraire deux à deux, de les multiplier et de les diviser chacun par un nombre de trois chiffres; il regardait une seule fois les nombres, puis il levait le nez et les yeux en l’air , et il indiquait le résultat de son calcul mental avant que mes auditeurs n’eussent eu le temps de faire le calcul la plume à la main. Il avait créé lui-méme sa méthode.

Ce garçon donnal’éveilauxbabitans deVienne. Un avocat vint me témoigner son chagrin de ce que son fils, âgé de cinq ans, s’occupait exclusivement de nombres et de calculs, et de ce qu’il était impossible de fixer son attention sur autre chose, meme sur les jeux de son âge. Je comparai cet enfant avec le premier : je ne pus trouver d’autre ressemblance entre leurs têtes , qu’une saillie proéminente remarquable aux angles externes des yeux, et immédiatement à côté. Dans l’un comme dans l’autre, l’œil était en quelque sorte couvert par la paupière supérieure à son angle externe.

Ces deux exemples de talens distingués pour l’arithmétique, et la coïncidence d’une conformation semblable de la même région de la tète,

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