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Ce succès n'enorgueillit point le père Vincent. Un autre eût peut èlre quille la bêche et la charrue; mais ce Vaucanson rustique continua à cultiver son champ, se contentant d’employer son nouveau talent dans ses heures de loisir, et uniquement pour se procurer quelques jouissances ou embellir sa demeure.
Partout on voit des hommes, occupant des places éminentes, se délasser de leurs occupations habituelles en travaillant au tour ou en dessinant. O11 ne peut attribuer ces goûts ni à des sentimens particuliers, ni au besoin, ni cà des facultés intellectuelles très distinguées.
L’on voit, tout au contraire, souvent des hommes doués de facultés intellectuelles très distinguées, qui ne savent absolument rien faire avec leurs mains. Lucien et Socrate renoncèrent à la sculpture, parce qu'ils ne se sentaient pas de vocation pour cet art. M. Schurer, ci-devant professeur de physique à Strasbourg, cassait tout ce qu’il touchait. Il y a des gens qui ne savent pas tailler une plume, pas repasser un rasoir. Deux de mes amis, l'un excellent instituteur, l’autre grand ministre, s’étaient passionnés pour le jardinage, mais je ne pus jamais leur apprendre à greffer un arbre.
D’un autre coté, les plus grands mécaniciens sont souvent, pour tout le reste, des hommes
étonnamment bornés. La plupart d’entre eux sont, d’ordinaire, comme tous les génies en général, de grands maîtres avant de s’en douter.
Je finis en faisant observer que l’exercice des aptitudes industrielles a lien d’autant plus servilement et d’une manière d’autant plus invariable que l’animal sc trouve placé plus bas sur l’échelle de perfection; plus an contraire il y est placé haut, plus il a de liberté dans l’exercice de ces aptitudes. Le nid de l’écureuil offre bien plus de variété que l’enveloppe de la chenille; c’est ainsi que nous voyons cette liberté apparente aller en croissant dans la proportion de l’organisation en général , et de l’organe des arts en particulier, jusqu’à ce que nous arrivions enfin au dessinateur, au peintre, au sculpteur, à l’architecte, au mécanicien, qui croient que dans l’exercice de leur art ils ne sont assujettis à aucune entrave; cependant les bornes qui sont assignées à cet égard à l’espèce humaine, n’échappent pas à l’œil de l’observateur philosophe qui compare les ouvrages d’un artiste à ceux d’un autre, les ouvrages dés anciens à ceux des modernes, les ouvrages d’une nation à ceux d’une autre.
Du reste, je suis bien loin de nier que l’exercice et les modèles ne servent à perfectionner les produits des arts comme tout le reste. Mais
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comme dit Ferguson : « Tout ce que l’homme acquiert d’habileté dans l’espace tle plusieurs siècles, n’est que le développement du (aient qu'il possédait dès les premiers temps. La hutte du Scythe offre aux veux de Vitruve les élémens
de l’architecture; l’arc, la fronde et le canot des sauvages présentent à l’armurier et au constructeur les constructions originales de leur métier (i). »
Sens de construction dans l'état de maladie.
Il n’est pas rare de voir des idiots qui marquent un talent élounant pour les mécaniques.
M. Pinel rapporte l’exemple (déjà cité) d’un aliéné qui s’imaginait qu’on lui avait changé la télé, et qui faisait les machines les plus ingénieuses, qui étaient le résultat des combinaisons les plus profondes. M. le docteur Spurzheim parle d’une femme chez laquelle l’organe de la construction était, toutes les fois qu’elle était grosse, dans un tel état d’incitation, qu’elle avait alors la rage de bâtir. Le docteur Rhus cite deux cas où le talent du dessin s’est développé
(i) Essai sur l’histoire de la société civile, T. Il , p. 93.
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pendant la folie; et il ajoute <ju il 11 y a pas d’hôpilal de Tous, dans lequel on ne trouve quelques exemples d’individus qui, n ayant jamais montre auparavant la moindre trace d’un talent mécanique, ont construit les machines les plus curieuses , et même des navires complètement équipés.
Siège et apparence extérieure de l’organe des arts dans l’homme.
C’est la circonvolution vii roulée en spirale, PI. IV, PI. V, PI . VIII, qui constitue cet organe PI. VIII, il est recouvert presque à moitié par les circonvolutions très considérablement développées des lobes moyens. Lorsqu’il a acquis un développement considérable , il se manifeste dans le crâne par une protubérance en forme de segment de sphère, dont la base a un pouce et au-delà de diamètre. Elle est placée tantôt un peu plus haut, tantôt un peu plus bas, selon que les organes voisins sont plus ou moins développés, immédiatement derrière Porgane de la musique et au-dessus de celui des nombres. Un œil peu exercé pourrait le confondre très facilement avec l’organe du sens de la propriété; mais la forme de ce dernier est allongée d’arrière
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en avant, et lorsque le bourrelet qu’il forme est très considérable, il s’étend jusqu’au bord externe de l’arcade surciliaire. La protubérance que forme l’organe des arts, est ronde au contraire, et placée au-dessus de celle de l’organe du sens de la propriété. PL LXXXV, fig. 5, le portrait de Raphaël , et lig. 6 , celui de Michel- Ange.
On rencontre quelquefois de grands talens mécaniciens qui, loin d’avoir les régions temporales aussi saillantes que les régions zygomatiques , les ont plutôt rétrécies. Gela lient alors au défaut de développement des organes placés dans la partie antérieure latérale du front.
Cette protubérance donne aux tempes une saillie égale à celle des régions zygomatiques ; c’est pour cela que les grands mécaniciens ont une tête qui paraît renfermée entre deux plans parallèles. Chez des artistes très distingués, cette région est extrémementsaillante,etprésenle l’aspect d’un bourrelet très apparent que les graveurs , les peintres et les sculpteurs regardent comme une difformité ; ce qui est cause qu’ils 11e l’expriment jamais dans toute sa saillie.
A Vienne , plusieurs hommes très considérés m’amenèrent un sujet sur lequel ils me prièrent de leur dire mon avis. Je leur déclarai qu’il devait avoir de grandes dispositions pour les nié-
caniques; ces messieurs crurent que je m’étais trompé, mais la personne en question fut extrêmement frappée de ma décision ; c’était le fameux peintre Unterbergcr. Pour donner la preuve que je l’avais parfaitement bien jugé, il déclara qu'il avait toujours eu un goût passionné pour les mécaniques, et que l’art de la peinture qu’il exerçait n’était que son gagne-pain ; il nous mena dans sa maison, où il nous lit voir plusieurs grandes pièces remplies de machines et d’instrumens qu’il avait en partie inventés, en partie perfectionnés. Au surplus , le dessin, si nécessaire au peintre, dépend de l’organe de la construction.
Le docteur Scheel, de Copenhague, avait suivi l'un de mes cours à Vienne; de là il alla à Rome. Un jour, il entra tout-à-coup chez moi , dans un moment où j’étais entouré d’un assez grand nombre d’auditeurs, et me présenta un crâne en plâtre, sur lequel il me pria de lui dire mon avis. «Jamais, m’écriai-je â l'instant, je n’ai vu l’organe des arts développé au point où il l’est dans ce crâne. » Scheel continua de m’interroger. Je fis remarquer aux assistans un développement assez considérable de l’organe de r amour physique et de celui de la mimique. — Comment, continua-t-il, trouvez-vous l’organe des couleurs? Je n’y amv.is pas fait atten-
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tion, car il n’était que médiocrement développé. M. Sclieel déclara alors avec toutes les marques de la joie la plus vive, que c’était le plâtre du crâne de Rapliaël qu’il venait de me remettre, et que pendant son séjour en Italie il avait trouvé mes idées confirmées par l’étude des antiques.
Plusieurs de mes auditeurs me parlèrent d’un homme doué d’un génie extraordinaire pour les mécaniques ; je leur décrivis d’avance la forme que devait avoir sa tête, et nous allâmes le trouver; c’était l’habile ingénieur pour les inslrumens de mathématiques, Lindner, à Vienne. Ses tempes sont renllées en deux bourrelets difformes. Auparavant, j’avais trouvé à-peu-près la même forme à la tête du célèbre mécanicien et astronome David, frère Augustin , et du fameux Voigllænder, ingénieur pour les instrumens de mathématiques.
A Paris , le prince de Schwartzenberg , alors ministre d’Autriche , voulut nous mettre à l’épreuve, M. Spurzheim et moi. Au moment où nous nous levions de table , il me conduisit dans une pièce attenante, et me fit voir un jeune homme; sans dire un seul mot, j’allai rejoindre la société avec le Prince, et je priai M. Spurzlieim d’examiner le jeune homme ; pendant son absence , je dis à la société ce que je pensais du
nu CERVEAU.
jeune homme. M. Spurzheiin eut a peine vu le sujet, qu’il vint nous rejoindre dans le salon, et déclara également qu’il le croyait grand mécanicien, ou grand artiste dans une partie semblable. En effet, le Prince l’avait fait venir à Paris à cause de son grand talent pour les mécaniques, et lui fournissait les moyens pour y achever ses études.
A Vienne, et dans tout le cours de nos voyages, nous avons trouvé chez tous les mécaniciens, architectes, dessinateurs et sculpteurs, cet organe développé à proportion de leur talent; par exemple chez MM. Fischer et Zauncr, sculpteurs à Vienne ; Groscli, graveur à Copenhague ;Plœlz, peintre ;IIause, architecte ;Block, à Würzbourg; Canova, Muller, graveur, Danecker, sculpteur à Stutlgardt; Baumann , ingénieur pour les instrumens de mathématiques et d’astronomie; chez un jeune homme dont le roi de Wurtemberg , dernier mort , a conlié l’instruction ultérieure à M. Danecker, parce qu’on avait remarqué en lui de grandes dispositions pour les arts; chez M. Hœslein, à Augsbourg, qui, en 1807 , avait construit, sur la simple description, un bélier hydraulique , qui, avec une pente de deux pieds, élevait l’eau à plus de quarante pieds; Otlony et Pfug, à Jéna; Huéber , dessinateur d’insectes à Augsbourg; Baader et Reichenbacher, à Munich; le baron Drais, in-
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venteur du vélocipède, et d’un nouveau système de calcul; Bre'guet et Régnier, à Paris, etc. , etc.
C’est donc de cet organe, et nullement du nombre et de l’espèce des sensations , ni du degré des facultés intellectuelles en général, et encore moins des mains , que dépend le talent de l’artiste; et Lessing a parfaitement raison de dire que Raphaël eut été le plus grand peintre quand meme il serait né sans mains.
Observations sur le sens des arts et son organe
chez L'homme.
Le lecteur n’aura pas de peine à déterminer ce qui doit résulter de la combinaison de l’organe des arts avec les autres organes. De sa combinaison avec l’organe des nombres , qui a lieu chez le frère David, Voigllænder, Lindner, Bréguet, etc. , résulte le talent pour les mécaniques qui exigent de grands calculs; de celle avec l’organe de la musique, le talent de l’inventeur et du facteur d’instrumens de musique, etc. Ce sonlencoreces différentes combinaisons qui déterminent le talent du graveur, du peintre, du sculpteur, etc., pour tel genre en particulier, pour
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l'histoire, pour les batailles, pour les sujets religieux, pour les sujets voluptueux, etc.
Le climat paraît agir sur cet organe comme sur les autres, c’est-à-dire que tantôt il favorise son développement, et que tantôt il le contrarie. Les modèles et les leçons d’un maître ne pourront guère suppléer à ce que le ciel a refusé à l’élève. Déjà, àu seizième et au dix-septième siècle, beaucoup d’artistes de tous les pays allaient à Rome ; cependant , il n’en est revenu ni un Raphaël, ni un Michel-Ange, ni un Léonard de Vinci, ni un Carrache, sous le rapport du dessin. Rubens meme, malgré tout sou génie, malgré tout le feu de son imagination, et l’étude approfondie qu’il avait faite de l’antique, de Fhisloire et de l’anatomie , n’est point du tout au premier rang pour la composition et le dessin.
Les Italiens paraissent être doués d’un organe des arts plus développé que les habilans des contrées plus septentrionales , tels que les Flamands, les Allemands , etc. Voilà aussi pourquoi l’Italie a plus et de plus grands peintres d’histoire que tout autre pays ; car dans ce genre le sens des arts est plus essentiel que celui des couleurs. Presque tous les peintres italiens ont esquissé leurs tableaux, soit à la craie blanche, soit au crayon brun et blanc; plusieurs d’entre eux ne les ont esquissés qu’à la plume; on en
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trouve souvent les contours corrigés , jamais on ne les trouve colories : preuve bien forte qu’ils n’ont travaillé que par l’inspiration du sens des arts. La plupart des gravures italiennes décèlent un goût très épuré sous le rapport des contours, ainsique l’étude de l’anatomie ; souvent les sujets en sont tels , qu’il serait impossible de les traiter sans être doué à un liant desré du sens
des arts.
L’on voit sans peine jusqu’où ces observations peuvent s'étendre, et combien il sera intéressant un jour de comparer les têtes et les crânes des différentes nations, sous le point de vue du talent pour les arts.
Il est donc prouvé par l’expérience que le sens des arts, ainsi que son organe, peut avoir acquis un très haut degré d’activité dès l’enfance, tandis que les autres qualités ou facultés sont beaucoup moins développées,' que le sens des arts peut à tout âge exister à un degré d’activité très différent de celui des autres qualités ou facultés ; qu’il peut se manifester encore, et même avec énergie, lorsque les autres facultés sont dégradées jusqu’à l’idiotisme ; qu'il peut se manifester dans la manie, et s’y manifester même dans toute son intégrité; un sens des arts singulièrement actif peut se transmettre du père au lils, et de celui-ci au petit-fils; certaines es^
jtèccs d’animaux en sont douées ; d’autres espèces , quoique placées sur un degré supérieur de l’échelle, en sont privées.
Le sens des arts doit donc être considéré connue une faculté propre et indépendante de toutes les autres, c’est-à-dire connue une faculté fondamentale ; il doit donc avoir son organe propre.
Or donc, si l’on ne peut nier ni les faits que je viens de rapporter, ni les conséquences qui en découlent, il faut admettre que les objets sur lesquels cet organe est destiné à agir, existent hors de nous; que par conséquent il existe des loisdu mouvement, du dessin, de la sculpture, du goût ; enfin que cet organe du sens des arts n’est autre chose que la condition matérielle au moyen de laquelle le Créateur nous met en communication avec celle partie du monde, et à l’aide de laquelle il a voulu nous révéler ce fragment de l’univers.
Il serait , je crois , fort superflu de prouver que ces lois existent dans le monde extérieur. Toute personne qui a étudié les premiers élémens de la physique, connaît les lois de l’équilibre et du mouvement; et l’on ne s’attend pas non plus à ce que je développe les lois de la peinture, de la sculpture et de l’architecture(i).
(i) « Indépendamment de l’architecture
grecque ,
Mais ce que je viens de dire doit convaincre loule personne qui n’est pas irrévocablement attachée aux idées reçues , que les arts ne sont point un produit de nos sensations et de nos réllexions, qu’ils sont au contraire réellement une institution de la nature.
Jusqu’ici, en parlant des arts, je n’ai fait mention ni de la composition, ni de l’expression, parce que ces objets se rapportent à d’autres facultés dont je parlerai plus bas. Il me reste à parler de l’organe des constructions chez les animaux.
que toutes les nations ont adoptée ( dit M. J. -F. Sobry , dans sa pratique des arts, p. 3 7 /J. ) , il existe encorp plusieurs autres genres d’architecture, tels que le genre égyptien, le genre chinois, le genre gothique et le genre arabesque. »
« Tous ces genres d’arch 'lecture sont bien distincts , et cependant ils partent tous du même principe, qui est la construction primitive; ils s’y rapportent dans leurs détails... » Et p. 584 , « Les Chinois ont, comme tous les autres peuples, des palais, des ports, des aquéducs, des arcs-de-triomphe , et toutes les décorations de ces édifices sont également tirées des constructions primitives; les mœurs et les coutumes o-nl beau mettre des différences dans les formes , on retrouve partout le même principe. »
De l'organe des constructions chez les animaux.
Cet organe, pour peu qu’il soit développé , est, la plupart du temps, très facile à reconnaître chez l’homme; mais connue, clans la plupart des espèces animales, tantôt tels organes , tantôt tels autres, existent ou n’existent pas clans la région antérieurc-inférieure de la tête, il en doit résulter beaucoup de variations dans la forme de la région où est placé l’organe des constructions. Elle doit avoir, chez l’animal dont les organes des localités, de la musique et des constructions sont en même temps très développés, une forme différente de ce qu’elle est chez celui qui n’est cloué que de l’organe des constructions seul, ou de cet organe accompagné de l’un des deux précéclens seulement.
Cet organe est en général très difficile à distinguer chez la plupart des animaux qui creusent des souterrains, ou qui construisent. Ceux qui n’ont pas encore des connaissances détaillées de l’anatomie comparée, ne doivent commencer l’étude de l’organologie, ni par l’organe du sens des localités , ni par l’organe des rapports des tons, nipar celui de la construction. Chez l’homme, ces organes sont placés plus haut clans la tête, et ont une direction perpendiculaire. Citez les ani-
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maux, comme ils sont privés clc plusieurs organes intermédiaires, et qu’en général leurs organes sont plus petits, ces trois organes se trouvent placés plus bas, et leur direction est horizontale.
L’observateur exercé , comme je l’ai déjà démontré pour les organes des localités et de la musique, découvrira aussi l’organe de la construction dans les animaux, et il ne confondra pas celui-ci avec les deux autres. L’organe de la musique, chez les animaux, est placé vers le milieu de l’arcade orbitaire; celui de la construction se trouve placé plus en arrière. De même, l’organe des localités est plus en avant; et quoique quelquefois , comme chez les mammifères , sur l’angle externe du frontal, il occupe pourtant toujours la région supérieure du front , au lieu que l’organe de construction est non seulement plus reculé, mais aussi plus abaissé vers les cotés.
Ch ez le hamster, P1.LXX1I, fig. 9, la marmotte, PI. LXX, fig. 7, et le castor, lig. 8, l’organe des constructions est très facile à reconnaître. Aussi les crânes de ces trois animaux se ressemblent- ils beaucoup dans la région où cet organe est placé. En général , il faut le chercher chez tous les rongeurs, immédiatement au-dessus et en avant de la base de l’arcade zygomatique. Plus ces animaux sont doués à un haut
degré de l’instinct des constructions, plus Cette région de leur crâne est saillante.
Maintenant, on trouvera sans peine la réponse à cette question : Pourquoi le lièvre qui, quant à ses membres, est conformé comme le lapin de garenne, ne creuse-t-il pas des terriers comme lui? Que Pou compare cette région du crâne de l’un avec celle du crâne de l'autre, et l’on se convaincra que dans le lapin elle forme une saillie, tandis que chez le lièvre elle est déprimée. L’on trouve la même différence entre les crânes des oiseaux qui construisent des nids, et de ceux qui n’en fout pas. C’est même peut-être le meilleur moyen pour se familiariser avec cet organe, de comparer les animaux du même genre/dont certaines especes construisent, tandis que d’autres ne construisent pas. C’est ainsi qu’en confrontant la tète du lapin de garenne avec celle du lièvre, les espèces d’oiseaux qui fontdes nids avec celles d’oiseaux qui iPen font point, on acquiert une conviction complète de l’existence et du siège de cct organe. A l’égard de l’organe de la musique, j’ai dit qu’il fallait comparer non seulement les oiseaux chanteurs en général avec ceux qui ne chantent pas , mais surtout les oiseaux du même genre, dont certaines espèces chantent, tandis que d’autres 11c chantent pas ; par exemple, il y a parmi les différentes espèces de fauvettes plu-
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sieurs espèces qui chantent , et plusieurs autres qui sont privées du chant. Il y a des grives qui n’ont aucun chant, et d’autres qui chantent merveilleusement bien. Parmi les faucons, on ne connaît qu’une seule espèce qui chante agréablement, l’épervier chanteur. ( Falco musicus.) On obtiendra le même résultat en confrontant la tète de notre castor, qui, abandonné à ses instincts, construit si bien, avec la tête d’une autre espèce de castor, qu’on dit être dénuée de l’instinct de bâtir.
Quoique les crânes du blaireau et de la taupe aient, dans la régiou indiquée, une proéminence assez sensible, elle est pourtant très difficile à saisir, à moins qu’on ne soit déjà très au fait de cette organisation.
Plus nous nous familiariserons avec l’organisation du cerveau des différentes espèces d’animaux, et plus nous aurons acquis de connaissances relativement à leurs instincts , plus nous nous convaincrons de la vérité de l’organologie.
Plusieurs de mes adversaires se sont déclarés contre l’idée que c’est la même faculté fondamentale, au moyen de laquelle le castor bâtit une cabane, une femme fait des ouvrages de modes, et Raphaël dessine ses immortels tableaux. Di\in Raphaël , te mettre sur une même ligne avec le hamster, le castor et une ouvrière