‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 4)Chapitre 23 sur 58 · HIT CERVEAU · texte numérisé non relu

HIT CERVEAU

de son coup-d’œil , la grâce de tous ses mouveraens; d’autre part elle est justement eftraye'e de ces travaux de l’esprit, qui ne peuvent s'exécuter sans des méditations longues et profondes; elle choisit ceux qui demandent plus de tact que de science, plus de vivacité de conception que de force, plus d’imagination que de raisonnement ; ceux dans lesquels il suffit qu’un talent facile enlève pour ainsi dire légèrement la superficie des objets.

» Elle doit se réserver aussi cette partie de la philosophie morale qui porte directement sur l’observation du cœur humain et de la société ; car vainement l’art du monde couvre-t-il et les individus et leurs passions de son voile uniforme; la sagacité de la femme y démêle facilement chaque trait et chaque nuance. L’intérêt continuel d’observer les hommes et ses rivales , donne à cette espèce d’instinct une promptitude et une sûreté que le jugement du plus sage philosophe ne saurait jamais acquérir. S’il est permis de parler ainsi, son œil entend toutes les paroles, son oreille voit tous les mouvemens; et par le comble de l’art , elle sait presque toujours faire disparaître cette continuelle observation sous l’apparence de l’étourderie ou d’un timide embarras.

» Que si le mauvais destin des femmes,

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ou l'admiration funeste de quelques amis sans discernement, les pousse dans une roule contraire ; si , non contentes de plaire par les grâces d’un esprit naturel, par des talons agréables, par cet art de la société qu’elles possèdent sans doute à un bien plus haut degré que les hommes, elles veulent encore étonner par des tours de force, et joindre le triomphe de la science à des victoires plus douces et plus sûres : alors presque tout leur charme s’évanouit ; elles cessent d’être ce qu elles sont, en faisant de très vains efforts pour devenir ce qu'elles veulent paraître ; et perdant les agrémens sans lesquels l’empire de la beauté lui-même est peu certain on peu durable, elles n’acquièrent le plus souvent de lu science que la pédanterie et les ridicules. En général, les femmes savantes ne savent rien au fond; elles brouillent et confondent tous les objets, toutes les idées. Leur conception vive a saisi quelques parties : elles s’imaginent tout entendre. Les difficultés les rebutent, leur impatience les franchit. Incapables de fixer assez long-temps leur attention sur une seule chose, elles ne peuvent éprouver les vi\es et profondes jouissances d’une méditation forte, elles en sont même incapables. Elles passent rapidement d'un sujet à un autre; et il ne leur en reste que quelques notions partielles, incomplètes, qui lor-

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menl presque toujours clans leur tête les plus bizarres combinaisons.

» Et pour le petit nombre de celles qui peuvent obtenir quelques succès véritables, clans ces genres lout-à-fait étrangers aux facultés de leur esprit, c’est peut-être pis encore. Dans la jeunesse, dans l’âge mur, dans la vieillesse, quelle sera la place de ces êtres incertains, qui ne sont à proprement parler d’aucun sexe? Par quel attrait peuvent-elles fixer le jeune homme qui cheiche une compagne? Quels secours peuvent en attendre des parens infirmes ou vieux? Quelles douceurs répandront-elles sur la vie d’un mari? Les verra-t-on descendre du haut de leur génie pour veiller à leurs enfans, à leur ménage? Tous ces rapports si délicats qui font le charme et qui assurent le bonheur de la fe mme, n’existent plus alors. En voulant étendre son empire, elle le détruit. En un mot, la nature des choses et l’expérience prouvent également que si la faiblesse des muscles de la femme lui défend de descendre dans le gymnase et dans l’hippodrome , les qualités de son esprit et le rôle qu’elle doit jouer dans la vie lui défendent plus impérieusement encore, peut-être, de se donner en spectacle clans le lycée ou dans le portique.

« On a vu cependant quelques philosophes qui.

S un LES FONCTIONS

ne tenant aucun compte de l’organisation primitive des femmes, ont regardé leur faiblesse physique elle-même comme le produit du genre de vie que la société leur impose, et leur infériorité dans les sciences ou dans la philosophie abstraite, comme dépendante uniquement de leur mauvaise éducation. Ces philosophes se sont appuyés sur quelques faits rares, qui prouvent seulement qu’à cet égard, comme à plusieurs autres, la nature peut franchir quelquefois, par hasard, ses propres limites. D’ailleurs, la femme appartenant à celle des espèces vivantes dont les fibres sont, tout ensemble, les plus souples et les plus fortes, elle est assurément très susceptible d’être puissamment modifiée par des habitudes contraires à ses dispositions originelles. Mais il s’agit de savoir si d’autres habitudes ne lui conviennent pas mieux ; si elle ne les prend pas plus naturellement ; si lorsque rien d’accidentel et de prédominant ne violente son instinct, elle ne devient pas telle que nous disons qu’elle doit être. Ce qu’il y a de sùr, du moins , c’est que ces femmes extraordinaires qu’on nous oppose, furent ou sont presque toutes peu propres au but principal que leur assigne la nature, et aux fonctions dans lesquelles il laut absolument qu’elles se renferment pour le bien remplir. 11 est sùr que l'homme n’entrevoit guère, au mi-

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