Sur Les Graines A Deux Téguments
chlovinum , alatum ), sa nuance pourrait la rapprocher de Y Hormodendron herbarum. Son organisation ne permet pas de la confondre avec H. olivaceum et elatum , chez lesquels les chapelets sporifères naissent, sur des sortes de cellules basidifères cloisonnées.
Quant à l’ Hormodendron herbarum Sacc. ou Sporodum herbarum Bonord., il est bien difficile d’y reconnaître la plante actuelle sur la description brève et insuffisante donnée par l’auteur. En elîet, Bonorden ne donne aucune mesure des spores des filaments, et la figure représentant la plante ne permet pas de reconnaître les filaments incolores terminaux sur lesquels s’attachent les chapelets de spores; jamais nous n’avons vu ces chapelets s’attacher directement sur les filaments bruns.
Nous croyons par suite devoir créer l’espèce suivante :
Hormodendron nigro-album Costant. et Roll.
Mycélium incolore. Filament fructièfre dressé, ramifié irrégulièrement, brun noirâtre, de 3 à 4-fx de la base, diminuant régulièrement de bas en haut. Derniers ramuscu es incolores très ramifiés de 1 p à 0[x,5 de large, portant des chapelets de spores. Chapelets simples ou rameux. Spores incolores, arrondies, ovoïdes ou en bâtonnets de 1 p. de diamètre ou de 4 p. de long sur 1 pi de large.
M. Jumelle fait à la Société la communication suivante :
SUR LES GRAINES A DEUX TÉGUMENTS, par M. Uenri JUMELLE. {TJ
Les téguments des graines ont déjà été étudiés à plusieurs reprises
et c’est un fait depuis longtemps établi par les auteurs <jui se sont occupés de cette question, qu’ils ne présentent généralement aucune concor¬
dance avec ceux de l’ovule.
Il est même admis que, lorsque l’ovule et la graine ont deux téguments, les enveloppes de la graine ne proviennent que de l’enveloppe externe de l’ovule ; l’interne a disparu.
Celle règle, à laquelle les Euphorbiacées seules jusqu’alors ont été citées comme exception, n’est pas, en réalité, aussi absolue. Dans le cours de recherches plus générales que j’ai faites récemment, guidé par les bienveillants conseils de M. le professeur Bonnier, au laboratoire de botanique de la Sorbonne, j’ai eu en effet l’occasion de remarquer pour deux autres groupes celte même particularité.
Les modifications profondes qui surviennent pendant la maturation semblent rendre difficile au premier abord toute comparaison entre la structure tégumentaire de l’ovule et celle de la graine. Cette étude se
trouve pourtant facilitée quand on considère, non plus, comme on le fait généralement, une région quelconque de la graine, mais la chalaze.
C’est ainsi que dans les Rosacées, l’examen de cette zone permet l’interprétation d’une couche que M. Godfrin (t) décrit comme un reste d’albumen, tandis que des observations plus récentes de M. Went (2) tendent à démontrer que, dans ce groupe, les Spiréacées seules sont
albuminées.
Si l’on fait une coupe transversale, en une région quelconque, dans une graine de Pommier, par exemple, on observe quatre couches différentes, qui sont, en allant de l’extérieur vers l’intérieur :
1° Un épiderme , formé de cellules prismatiques, allongées dans le sens radial ;
2° Une couche fibreuse de cellules à parois épaisses, à section trans versale polygonale, allongées tangentiellement ;
3° Une couche parenchymateuse, formée par plusieurs assises, en nombre variable, de cellules minces, dont la plus interne représente l’épiderme;
4° Une couche de cellules polygonales assez régulières, isolée des couches précédentes. C’est cette couche que M. Godfrin décrit comme un reste de l’albumen.
Faisons maintenant une coupe longitudinale de la même graine. Nous
observons dans la région de la chalaze quelques différences de structure.
L’épiderme externe et la couche fibreuse ne varient pas, mais, dans la couche parenchymateuse, les cellules les plus internes se sont subérifiées et forment, à cette extrémité, une calotte de liège, épaisse au sommet et s’amincissant vers les bords. La quatrième couche, séparée de la précédente partout ailleurs, est unie à toute la surface interne de cette calotte.
Dans les Rutacées ( Citrus Aurantium par exemple), le même fait se
reproduit.
Les téguments de la graine mûre sont ici constitués :
1° Par une assise externe de grandes cellules dont les parois présentent de fortes lignes d’épaississement;
2° Par une couche parenchymateuse dont l’assise interne est formée de cellules à contenu granuleux ;
3° Par un épiderme interne à cellules tabulaires très minces ;
4° Par une couche semblable à la couche intérieure des Rosacées.
Si l’on suit comme précédemment ces différentes couches jusqu’à la chalaze, on observe ici encore une subérification de la couche parenchy-
(1) Godfrin, Étude histologique sur les téguments séminaux des Angiospermes * Nancy, 1880.
(2) Annales des sciences naturelles , 1888.