‹ Sur les helminthes des Primates Anthropoïdes (première note., Cestodes)Chapitre 3 sur 3 · II. BLANCHARD · texte numérisé non relu

II. BLANCHARD

des herbivores: à part ses dimensions plus grandes, B. Sladeri a une frappante ressemblance avec Maniez ia numnotae. ( ne étude attentive conlirme partiellement cette analogie, mais fait ressortir sur certains points des différences fondamentales.

Les Berlin , les Mutiiczia et les Aunplocephala ont pour caractères communs d’être inermes, d’avoir des anneaux notablement plus larges que longs et des œufs à triple enveloppe, dont la plus interne est transformée en un appareil pyriforme. Mais les Moniezia diffèrent des Berlin en ce qu’ils ont. sur chaque anneau deux pores sexuels, latéraux et symétriques; les Anoplocepluila eu diffèrent à leur tour en ce que leurs pores sexuels, au nombre d’un seul par anneau, sont tous situés d’un seul et même côté. Ou se rappelle que les Berlin n’ont également qu’un seul pore sexuel par anneau, mais que, envisagés dans la série des anneaux, les pores sexuels sont disposés en alternance plus ou moins régulière.

4° On connaît chez les Ruminants, notamment chez le Mouton, plusieurs espèces de Téuiadés inermes, dont les pores génitaux, au nombre d’un 'seul par anneau, sont disposés en alternance régulière. Récemment, le professeur G. Neumann (J) a consacré à ces helminthes une couite notice, qui précise leurs caractères et établit leur synonymie.

Taenia orilln Rivolta, 1878 (== T. Giardi Meniez, 1879; T.aculeata Perroncito, 1882), est long de l m 50à 2 m . Les anneaux murs sont larges de o h 10 mm ; leur largeur est plusieurs fois supérieure à leur longueur. Les œufs sont groupés au nombre de G à 10 dans de nombreux diverticules globuleux ou claviformes de l’utérus, comme chez Taenia fnnbriata Diesing; ils n’ont pas d’appareil pyriforme.

Tamia Yoijli Moniez a ses œufs pourvus d’un appareil pyriforme, mais ses anneaux murs sont longs de o mm environ et larges de 2 mm Üo. En raison de son étroitesse et de la forme particulière de ses anneaux, ce Ténia n’a évidemment que des aHinités lointaines avec le genre Berlin.

Quant aux Taenia eentripunetala Rivolta et globipunetutu Riv. (= T. ocipanctata Riv.), ils n’ont aucune analogie avec les Berlin et ne doivent pas nous arrêter.

o° On peut penser que les Berlin ont quelque analogie avec YArhynchotaenia critica , que Pagenstecber (2) a découvert dans les

(1) <; . Nkumann, Observations sur les Ténias du Mouton. Société cHiistoire naturelle du Toulouse. Compte-rendu de la séance du 18 mars 181)1.

(2) il. AL Page.nstjecheii, Zur Xalurgeschichte der Cesloden. Z. f. w. Z., XXX, p. 171, 1878,

voies biliaires du Daman du Gap (llgrax capensis) et que Th. Barrois(l) a retrouvé dans l’intestin du Daman de Syrie (Ilyrax syriacus). Il n’en est rien : ce Gestode a tous ses pores génitaux situés d’un même côté, et ses œufs sont dépourvus d’appareil py ri forme.

6° Une semblable opinion peut être émise relativement à Plagiotaenia gigantea Peters, 185G, et à Taenia magna Mûrie, 1870.

La première espèce (2) a été trouvée chez Rhinocéros af ricanas , de Mozambique; la seconde, si toutefois il s’agit réellement d’une espèce distincte, a été vue par Mûrie (3) chez lih. unicornis , des Indes, et par Garrod (4) chez lih. sondaicns , des îles de la Sonde.

Voici une diagnose abrégée du genre :

Tète volumineuse, inerme, présentant une légère saillie en avant; ventouses globuleuses, contiguës. Cou indistinct. Corps formé d’un grand nombre d’anneaux courts, remarquables par leur très grande largeur. Longueur totale, 120 mm . Dimensions des anneaux : largeur maximum, 31 mra ; épaisseur, 4 mm o ; longueur, I mm environ. Pores sexuels unilatéraux.

L’aspect général est le même que chez les Bertia , si ce n’est que les Plagiotaenin sont notablement plus larges. On est surtout frappé de l’identité de structure de la tète et des ventouses. Bien que les pores génitaux s’ouvrent tous du même coté, nous n’hésitons pas à conclure qu’il y a une grande analogie entre les genres Bertia et Plagiotaenia. Pour ce dernier, on ignore encore la structure des anneaux, ainsi que celle des œufs, mais il est vraisemblable que ces derniers sont disposés par paquets et possèdent un appareil py ri forme.

7° Le genre Bertia a donc d’étroites relations avec les genres Moniezia, Anoplocephala et Plagiotaenia, mais ne peut être confondu avec aucun de ceux-ci. Bien qu’il ne comprenne encore que deux espèces, son établissement semblera parfaitement légitime : on trouvera sans aucun doute de nouveaux représentants de ce genre chez les autres Anthropoïdes, Gorille et Gibbons.

(1) Tii. Rarhois, Notes de vogage d'un naturaliste h la mer Morte. Revue biologique du Nord de la France, III, p. Ai, 1800. Voir p. ’6\, en note.

(2) AV. C. H. Peters, Vebereine neue durcit ihre riesigc Grosse ausgezeichnete Taenia. Monatsber. der Be rimer Akad. der Wiss., p. 4G0, JSoG.

(3) J. Mûrie, On a probablg new species of Taenia from the Rhinocéros. Proceed. Zool. Soc. of London, p. COS, 1870.

(4) A. II. Garrod, On the Taenia of lhe Rhinocéros of the Sunderbiinds (Plagotaenia gigantea Peters). Ibidem, p. 788, 1877.

8° Le genre Bertia est caractéristique des Anthropoïdes, autant que permettent d’en juger les données actuelles de la science.

9° L’absence de tout helminthe de ce genre chez les Primates quadrupèdes, c’est-à-dire chez les Singes proprement dits, est uu nouvel et puissant argument en faveur des théories transformistes, d’après lesquelles une large barrière séparerait les Anthropoïdes des Singes.

10° D’après ces mêmes idées, on devait s’attendre, en revanche, à trouver des Gestodes du genre Berlin chez l’Homme qui, pour les transformistes, est anatomiquement et physiologiquement plus rapproché des Anthropoïdes que ceux-ci ne le sont eux-mêmes des Singes. Or, cette attente ne se réalise point : ou n’a jamais observé chez rilomme aucun Cestodedu groupe des Anoplocephalhuie . Cette constatation peut paraître inattendue, quand on considère letroite ressemblance anatomique qui existe entre tous les Primates bipèdes; mais il ne faut pas oublier que l’Homme, en s’élevant au premier rang de l’animalité, a changé progressivement de régime aliinenaire et, d’exclusivement frugivore, est devenu omnivore et surtout carnivore ; il a perdu de la sorte ses anciens helminthes, pour en de nouveaux.

D’ailleurs, on ne connaît encore que les helminthes des races humaines supérieures, spécialement de la race blanche. La race jaune commence à être un peu connue à ce point de vue: elle héberge des parasites particuliers, capables, il est vrai, de se développer aussi chez des individus de race blanche, mais dont la cause première réside dans le régime alimentaire. Pour ce même motif et aussi en raison de leur évolution moins avancée, on peut donc supposer que des Gestodes du genre Bertia seront observés quelque jour chez les races humaines les plus inférieures.

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