‹ Sur les intoxications par quelques antihelminthiquesChapitre 17 sur 38 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PLANTE — PRINCIPES ACTIFS MODE D’ADMINISTRATION

Plante

Le grenadier, Punica granatum L. est un arbuste de la famille des punicacées, qui croît dans les parties chaudes de l’Europe, mais qui est surtout abondant dans le Nord de l’Afrique, en Mésopotamie, en Palestine et en Perse.

Il présente des rameaux opposés, des feuilles fasciculées. Les fleurs sont grandes, d’un rouge vif, presque sessiles, à calice coriace, à étamines nombreuses, à ovaire infere, formé de plusieurs carpelles disposés sur deux rangs superposés et séparés par une cloison transversale. Le fruit, globuleux et coriace, est surmonté par les divisions du calice et contient des graines nombreuses, dont chacune est enveloppée d’une pulpe transparente. Le tégument pulpeux de la graine est comestible.

On utilise parfois en médecine les fleurs ou l'écorce

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du fruit, mais plus généralement l’écorce de la tige et surtout de la racine du grenadier.

L’écorce de racine se présente en fragments très irréguliers, les uns complètement enroulés en tuyaux ou incurvés en forme de gouttière, les autres simplement cintrés ou même plats ; leur épaisseur moyenne ne dépasse guère 1 millimètre ; leurs bords sont généralement taillés en biseau. La surface extérieure est d’une teinte gris jaunâtre; la surface interne est plus pâle et plus jaune, lisse ou marquée de stries plus ou moins fines.

L’odeur de l’écorce est peu prononcée mais plutôt désagréable.

La saveur est astringente et faiblement amère.

Principes actifs

On emploie donc l’écorce fraîche de la racine. Elle contient du tanin, de l’acide gallique, de la cire, de la résine, de la mannite, de la matière grasse et une substance, la punicine qu’on croyait autrefois chimiquement définie, mais qui est en réalité un mélange de quatre alcaloïdes isolés par TANRET et qui sont :

1° La pelletierine (ainsi nommée en l’honneur du chimiste PELLETIER), C5 H*5 AzO?, constituée par un liquide oléagineux, incolore, volatil, un peu soluble dans l’eau, mais plus facilement soluble dans lalcool, l’éther et le chloroforme. Elle a une odeur aromatique légèrement vireuse et forme un précipité avec le tanin.

2° L’isopelletierine, isomère de la précédente, possède une grande partie de ses propriétés ; elle est sans action sur la lumière polarisée.

3° La pseudopelletierine, C: H5 AzO?+4 HO, solide, cristallisable, fusible à 46°.

PRE) oRen

4° La méthypelletierine, CH AzO?, dextrogyre.

Les deux premiers de ces alcaloïdes sont seuls actifs contre le ténia. Ils offrent cette particularité que le bicarbonate de soude ne les déplace pas de leurs combinaisons avec les acides, tandis qu’il déplace facilement les deux autres. Un kilogramme d’écorce donne 4 grammes de sulfate de pelletierine.

Mode d'administration

InDicATIONS. — L’écorce de grenadier est un tænifuge réputé.

MoDE D’ADMINISTRATION. — Le decocté de grenadier

se prépare en faisant macérer pendant 6 heures 250 parties d’écorce dans environ 1.500 parties d’eau, puis en faisant bouillir pendant une demi-heure de façon à obtenir 1.000 parties de décocté.

La dose pour un adulte est de 60 gr. d’écorce. On purge à l’huile de ricin.

L'apozème d’écorce de racine de grenadier se prépare au moyen de 60 grammes de poudre d’écorce de grenadier et de 750 grammes d’eau distillée ; on fait macérer pendant 6 heures, puis on chauffe au bain marie jusqu’à réduction aux deux tiers, on passe et on filtre.

L'extrait fluide se prescrit en potion à la dose de 10 à 25 grammes.

Le sulfate de pelletierine est en réalité un mélange de sulfate de pelletierine et de sulfate d’isopelletierine. Pour éviter l’irritabilité du tube digestif et la trop facile absorption de la pelletierine on le prescrit généralement en solution tanique.

D'après le Codex la dose maxima est de 0 gr. 40.

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