‹ Sur les kystes tubo-ovariensChapitre 15 sur 20 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

(Tédenat)

Mme L. E.. , entre à l'hôpital suburbain, villa Fournier, le 14 novembre 1912, pour douleurs abdominales.

Réglée à 13 ans, couvenablement, pendant trois jours. Accouchement normul à 24 ans. À 27 ans, fausse couche de trois mois de cause indéterminée. Très peu de pertes blanches après cetavortement, mais ménorragies et même métrorragies. À 29 ans on lui fait un curettage pour pertes rouges qui duraient depuis trois mois sans arrêt. Elle ne souffrait pas à cette époque. Depuis ce curettage elle ne s’est jamais bien portée : douleurs vagues dans le ventre et les reins. En avril 1912, crise de douleurs abdominales assez vives, Sans Vomissements, avec constipation, depuis cette époque le ventre est plus sensible; douleurs lombaires, vives cuissons au méat urinaire ; douleurs à l'anus ; douleurs irradiées dans la fesse et le domaine du sciatique gauche. 7

L'état général est bon. Localement le toucher vaginal : montre : rétroversion utérinenon mobile, masses annexielles bilatérales volumineuses et fixées.

Le 20 novembre 1912, par laparotomie on enlève les deux masses annexielles en laissant l’utérus qui n’est pas

gros etqui débarrassé de ses adhérences à repris sa mobilité. ar Sa Suites sans incidents. Après guérison opératoire, la 1 NE : : S RE malade a continué à souffrir du ventre et il sera proba-

blement nécessaire de lui faire une hystérectomie secondaire. | |

Examen des annexes droites. — La trompe est contournée sur elle-même autour de l'ovaire. Elle présente des sinuosités multiples fixées par quelques adhérences. Son diamètre augmente depuis son extrémité utérine jusqu’à l’autre. Pas d'orifice abdominal visible. À cette extrémité la face séreuse de la trompe se continue sans ligne de démarcation apparente avec celle de l'ovaire. L'ovaire est étalé en surface sur la face postérieure du ligament large, 1l est représenté par une’série de petits mamelons jaunâtres, séparés par des sillons scléreux profonds. À la partie la plus externe. l'ovaire se continue sur la poche. Il porte un petit kyste séreux indépendant du kyste tubo-ovarien.

Après incision de la pièce, on voit que l'ovaire porte un kyste à parois très lisses, gros ‘à loger une amande verte. La trompe s'ouvre directement dans cette poche par un orifice de 15 millimètres de diamètre ; il n’y a là aucun rétrécissement mais là limite est marquée par la saillie des franges du pavillon, Les parois tubaires sont épaisses de 2à 3 millimètres. Sur la zone ovarienne les parois s’épaississent progressivement de la partie kystique vers la partie solide. Le liquide contenu était fluide, de coloration un peu brune, on y trouvait des globules sanguins peu abondants.

OBsERvATION II

(Tédenat et Rives, Montpellier médical, 1912)

Mme E. F..., âgée de 46 ans, entre à l'hôpital le 29 maï- 1911, au cours d'une hémorragie utérine. Son histoire géni--

tale est la suivante ; réglée à 15 ans et demi, d’abord irrégulièrement, puis avec plus de régularité. Les règles duraient quatre jours, étaient indolores. Premier accouchement à 17 ans, normal et terminant une grossesse normale. Deuxième accouchement à 24 ans, suivi de phénomènes douloureux intenses, localisés à la partie droite de l'abdomen. Ces douleurs se sont atténuées avec le temps. Elles reparaissent de temps en temps. La malade dit ne pas avoir eu de pertes blanches à cette époque.

Vers la trentaine, les règles se manifestent, jusque là indolores, elles deviennent douloureuses, les douleurs précèdent et. suivent l'écoulement sanguin. Pas de modifications de la période intermenstruelle, ni de la quantité de sang perdue.

En février-mars 1909, les règles sont supprimées deux fois, puis survient une métrorragie qui dure neuf jours. Vingt-cinq jours après, règles normales.

En avril-mai 1911, nouvelle suppression des règles. On

reste dans l’expectative ; quinze jours après, hémorragie. L'écoulément dure neuf jours, il est accompagné de douleurs abdominales. En arrière de l'utérus et à droite, on sent une tumeur de consistance moins dure que celle de l'utérus, doulouréuse à la pression et à la mobilisation de l'utérus. Cette tumeur, grosse comme un œuf de dinde, est accolée à la paroi postérieure de l'utérus. Il n’est pas possible d'affirmer, si elle fait ou non corps

— 48 — | avec celle-ci. Cependant, on a l'impression qu'il s’agit d'un fibrome mou. Les annexes gauchés sont accessibles, un peu douloureuses.

Le 1 juin 1911, laparotomie médiane sous-ombilicale. Utérus rétroversé, mou, se déchirant sous la pmce à griffes. Collée à sa face postérieure et à droite, tumeur d'aspect kystique, bleuâtre, globuleuse et dont le pôle volumineux descend dans le Douglas. Cette poche est

décollée de bas en haut : elle est formée par les annexes droites. Elle est enlevée. On laisse les annexes gauches qui ont l'air saines. Hystéropexie par les ligaments ronds

Suites sans incidents.

La pièce enlevée a l’aspect d'une cornue dont le col serait représenté par la trompe et la panse par l'ovaire. Elle mesure 9 cm. 112 dans sa plus grande dimension. La trompe est renflée à son extrémité utérine en une sorte de

nodosité sphérique de 1 centimètre à peu près, puis après une courte partie moyenne peu dilatée, elle augmente de volume en se boursouflant irrégulièrement et finit par se confondre sans limite nette avec la panse arrondie de la partie ovarienne. Celle-ci est plus lisse, plus régulièrement arrondie ; mais il est impossible de délimiter exactement les deux parties tubaire et ovarique. Il semble que la zone de transition soit voilée par des dépôts d’adhérences. La poche est très mince et laisse voir son contenu fluide et fortement coloré en brun. Après ouverture de la poche : on voit un orifice de communication entre la cavité tubaire et la cavité ovarienne. Cet orifice est perméable, il est bordé de quelques franges en saillie sur la face interne de la paroi, divergeant autour de l'orifice. Le point correspondant de la surface extérieure ne présente aucun aspect parüculier. En aucun point de sa poche, on ne voit rien qui rappelle mäcroscopiquement l'ovaire, mais la consta-

tation opératoire ne permet pas de douter que celui-ci ne contribue à la formation du kyste. Le contenu très fluide était brun comme le serait une dilution sanguine déjà un

peu vieille.- L'examen cylologique n’y montre que des

hematies déformées, abondantes. Un ensemencement sur bouillon est resté stérile.

L'examen histologique de la région périorificielle nous | a montré les franges tubaires avec leur épithélium cylindrique, accolées à la face interne d’une paroi continue tubo-kystique, de nature conjonctive.

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