OBSERVATION IL
(Idem)
Mme C..., 44 ans, de Lunel, entrée à l’hôprtal le 260ctobre 1911 dans le service de M. le professeur Tédenat. Réglée à i5 ans 112, régulièrement d'emblée, cette femme a eu trois accouchements à terme, pas de fausse couche. Le dernier accouchement qui remonte à vingt-deux ans a été laborieux, mal surveillé, suivi au dire de la malade d'un «renversement de matrice ». Cependant sa santé, tant générale que génitale, est restée bonne jusqu’en juin 1910. A cette époque est survenue, pour la première fois, une métrorragie et depuis ce moment|la menstruation a perdu toute régularité. De juillet à septembre 1911 les pertes sont quotidiennes et vers la fin de cette période, il s'y joint des pertes jaunes de mauvaise odeur. Au moment de son entrée elle venait d’avoir une nouvelle hémorragie pendant trois jours.
| Pendant le mois de septembre, il y a eu aussi de fortes douleurs dans le bas-ventre et dans les reins. Ces douleurs
ont lÉCSMINENES à la fin d'octobre, elles sont plus intenses 4 M
dans les reins que dans le ventre, s’irradient à la fesse et à la cuisse gauche. Elles sont plus intenses quand la malade est debout. Il y a enfin des pertes de couleur blanc jaunâtre, en petite quantité, malodorantes, mais non fétides.
Au toucher, vagin profond et souple ; utérus en rétroversion légère, 1l n’est pas anormalement gros. Le colest large et excavé. Sa circonférence d'insertion au vagin est . continue. L’excavation centrale est peu profonde ; irrégulière ; son fond est mamelonné et dur. Le doigt ressort taché de sang. L’utérus est mobilisable, mais avec production de vives douleurs ; cette douleur est réveillée aussi par l'exploration du cul-de-sac gauche qui cependant semble souple. La longueur du vagin rend l'exploration des annexes infructueuse.
Intervention le 7 novembre 1911, laparotomie médiane. L'utérus est petit, 1l est presque caché par un kyste placé à gauche, gros comme un orange. Ce kyste adhère en dehors et en arrière, mais ces adhérences sont détachées assez facilement. On ponctionne ce kyste, il sort un liquide séro-purulent jaunâtre dans lequel nagent des débris et des flocons. Le kyste ainsi vidé, on fait l'hystéréctomie totale en respectant les annexes droites. Drainage vaginal. Péritonisation au-dessus, suture de l’abdomen sans drainage.
L’utérus présente un épithélioma du col.
Les annexes gauches forment un kyste tubo-ovarien. Il est adhérent au bord gauche de l'utérus de la corne jusqu'à l’isthme el est rattaché à la paroi postérieure de l'utérus par des adhérences assez épaisses. La face antérieure est revêlue par un péritoine normal, tandis que la face postérieure est couverte de débris d’adhérences. Elle est de couleur rouge et jaune par places. Le kyste, dans
son ensemble, est gros comme une orange. On voit à sa partie supérieure, le tiers interne de la trompe, dirigé transversalement et peu augmenté de volume, Puis la
trompe se recourbe à angle droit et descend sur la face
postérieure du kyste ou elle se perd sous des adhérences de plus en plus épaisses. On ne discerne pas le point exact où elle se termine. La poche est à peu près régulière, formé d'une paroi épaisse de 3 centimètres. La surface interne et irrégulière, tortneuse, semée de débris jaunâtres. On y voit nettement l’orifice de la trompe en-
touré de franges encore distinctes, plaquées contre la face
interne du kyste. L'orifice permet le cathétérisme de la “trompe avec un stylet pendant ? ou 3 centimètres, le reste de la trompe n’est pas perméable. Le liquide n’a pu être recueilli. L'examen histologique de la trompe a montré de la salpingite interstitielle banale.