‹ Sur les leishmaniosesChapitre 6 sur 11 · I. — Description clinique · texte numérisé non relu

I. — Description clinique

Partout la maladie est semblable à elle-même. Dans l'Afrique du nord où nous l’étudions, elle se rencontre seulement à la limite de larégion méditerranéenne (Afrique mineure) et du Sahara, sorte d'océan de sable qui sépare celle-ci de l'Afrique proprement dite. Elle y est à peu près localisée aux premières oasis (oasis montagneuses). Ces données sont de

nature sans doute à éclairer l’étiologie encore inconnue de l'infection. Dans ces régions, la maladie a une époque d'apparition toujours la même (fin du mois d'août au milieu de décembre) ; les indigènes disent qu’elle vient avec les dattes. La durée de l’incubation est encore inconnue; expérimentalement nous l'avons vue se réduire à seize jours chez le singe et alteindre sept mois dans un cas humain (inoculation de cultures).

L'élément initial est un tubercule (granulome) siégeant de préférence aux parties dites découvertes (tout le corps peut l'être en été pendant le sommeil). La lésion, de couleur rouge sombre et nettement indurée, ne tarde pas à grossir et généralement alors s’excorie superficiellement ; il en suinte un liquide clair qui se concrète sous forme de squames. L'évolution de l'élément peut s’arrêter à ce stade, mais généralement ulcération et lésion s’agrandissent et il en résulte une sorte de gâteau rougeâtre, entouré d'une auréole érythémateuse et œdématiée, et creusé en son centre d’une plaie suppurante. L'élément peut atteindre des dimensions très grandes, celles de la paume de la main par exemple ; dans les cas typiques, des boutons satellites se montrent autour de lui, constituant une éruption secondaire des plus caractéristiques. Il peut exister un seul élément où groupe de boutons, ou plusieurs, même un nombre considérable (10, 20 et davantage). La durée de la maladie est des plus variables, deux mois au moins, un an parfois et plus; en moyenne quatre à cinq mois. Sauf aux tout premiers stades, les éléments laissent à leur suite des cicatrices irrégulières déprimées et pigmentées persistantes.

Il. Anatomie pathologique.

Etude du parasite dans les lésions. Diagnostic microscopique.

Un bouton d'Orient non infecté secondairement se montre au microscope sous l'aspect d’un granulome dont les éléments caractéristiques sont de grandes cellules mononucléaires, qui tirent leur origine principale ou unique des cellules de l’endothélium des vaisseaux. Ces cellules contiennent en nombre variable et souvent considérable les parasites.

Pour pratiquer le diagnostic microscopique du bouton d'Orient, il suffit, si l'élément n’est pas ulcéré, de le ponctionner avec la pointe d'un vaccinostyle, d'étendre sur lame le produit recueilli et de colorer par la solution de Giemsa. On reconnait très facilement et de suite la présence des leishmania aux mêmes caractères que nous leur avons décrits dans le chapitre

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du Kala Azar. Leishmania tropica (Wright), agent du bouton d'Orientest en effet absolument identique, sauf des dimensions à peine plus grandes à Leishmania Donovani.

De même que sur un frottis de sang splénique de Kala Azar, les parasites'se présentent isolés, intracellulaires ou agglomérés en nombre variable dans les débris du protoplasma des cellules hôtes déchirées par le frottement.

Le diagnostic est infiniment plus malaisé lorsqu'il s’agit de boutons anciens, largement ulcérés él'infectés secondairement par les bactéries. Dans ce cas, il'faut avoir soin ‘de pratiquer les prélèvements à la périphérie de l'élément sur les parties qui ont échappé à la suppuration; encore est-il souvent besoin ‘de répéter les examens’avant de rencontrer les parasites.

IE — Traitement:

Le meilleur ‘traitement du bouton d'Orient a été imaginé par M. Benoît (de Gafsa). Il consiste à décaper l’élément'et'à recouvrir sa surface detpermanganate de potasseen poudre.Le-caustique détruit tissu et parasites; l’ulcération banale qui résulte de son action se cicatrise comme une plaie ordinaire.

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