ENFANTS MIS EN NOURRICE
RABERECNET
Années. {: À PARIS < HORS PARIS au sein. au bibsron.
au sein. au biberon. » D»
Totaux 619 £ 1168 27.950 68.749
Le temps nous a manqué de rechercher ce que sont devenus les 68.749 enfants élevés en nourrice au biberon hors Paris.
Les nombreux exemples que nous connaissons de ces petites victimes parties pour ne jamais revenir, nous font supposer que le total des décès doit être effrayant.
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Et en eflet quelle triste odyssée que celle de beaucoup de ces pauvres êtres, nés la plupart de fillesmères, d'artisans, de petits boutiquiers.
Venus au monde on ne sait comment, après avoir parfois subi les attaques de l’avorteuse, ou supporté le contre coup d’indigestions d’absinthe, d’armoise ou de rue, ils sont une gêne dès leur naissance.
La mère songe à sa place perdue; le père, ou s’en moque depuis longtemps, ou regrette ses bonnes heures de la nuit.
Il faut de toutes façons trouver une nourrice. On n'y songe pas toujours avant l’accouchement. Qu’importe en eflet le choix. Celle-là ou une autre, c’est tout comme, pourvu qu’elle se débarrasse du fardeau.
Depuis quelques années les chefs de service des maternités de Paris exigent que pendant leur séjour à l'hôpital les mères nourrissent leurs enfants, toutes les fois qu’il n’y a pas d’empêchement sérieux.
Cette mesure a fait jeter bien des cris, et nous avons vu souvent des femmes quitter l’hôpital le lendemain de leur délivrance pour se soustraire à cetteobligation.
La grande raison qu’elles invoquent, c’est que ne devant pas continuer à nourrir leur enfant il est inutile et dangereux de faire monter leur lait.
Nous avons entendu des femmes nous conter les
histoires les plus invraisemblables sur les dangers de
l'allaitement interrompu.
L'une entr’autre avait senti son lait lui monter au
cerveau et sortir par le nez sous forme de catarrhe.