‹ Sur les méfaits du biberonChapitre 11 sur 13 · ART QE · texte numérisé non relu

ART QE

Une autre avait chaque matin des fraîcheurs dansles jambes et « çà lui courait jusque dans les pieds. »

Une troisième que nous yvimes avec une cystite et un ténesme vésical des plus intenses, attribuait avec entêtement ces accidents au lait qu’on lui avait fait venir.

Le pire dans tout ceci, c’est que nous avons vu des femmes simuler l’allaitement pour que par les pesées on s’aperçut qu’elles n’avaient pas de lait. Elles espéraient ainsi qu'on donnerait l’enfant à une nourrice, D’autres pour arriver au même résultat, pinçaient pour le faire crier leur petit en l’allaitant. Cela paraît monstrueux, mais c’est authentique. |

La discipline sévère mais toute paternelle des chefs de service a fini par vaincre toutes ces résistances.

La mère qui vient accoucher à l’hôpital sait que pendant dix ou douze jours elle devra nourrir son enfant, s’il ne part pas en nourrice aussitôt.

Nous avons vu un certain nombre de fois ce commencement d'allaitement amener chez la mère une véritable transfiguration morale.

Telle femme qui en entrant àla Maternité était décidée à ne pas nourrir, ne pouvait plus se séparer de Son nourrisson à la sortie, Malgré certaines difficultés matérielles, elle préférait la gêne à la séparation. Le cœur de la mère avait battu. La jalousie contre Pétrangère qui accapare les caresses enfantines grâce à sa supériorité de nourrice, s'était développée et avait vaincu les dernières résistances. :

nee Une conséquence aussi très importante de l’allaitement obligatoire à l’hôpital a été de convaincre beaucoup de femmes qu’elles pouvaient nourrir.

Dans l'entourage des mamans, il ya souyentquantité

de personnes intéressées à empêcher l’allaitement au sein.

Le mari d’abord. Il craint à la fois pour sa femme et pour lui. Pour sa femme: parce qu'il la croit trop délicate, trop fragile, parce qu'il a peur qu’elle ne devienne enceinte et nourrice, parce que adieu promenades, soirées, spectacles, Pour lui: parce que, égoiste, il ne veut pas être dérangé la nuit, ni s'imposer les petites corvées du père de famille. Avec une nourrice, peu ou pas d’ennuis; peu si elle est à demeure, passi elle est au loin. Il jouit de sa femme et n’entend pas crier le petit, i

Après le mari vient la belle-mère, Oh ! celle-là elle remuera ciel et terre, si elle s’est mis en tête de ne pas laisser nourrir. Elle finira par trouver un médecin qui viendra dire au mari: Ce serait un meurtre que de permettre à votre femme d’allaiter. Et le mari qui ne demande qu’à être convaincu fait chorus avec sa belle-mère.

Un troisième personnage, le pire, intervient malheureusement trop souvent, Nous voulons parler de la placeuse de nourrices.

Cette matrone, sous-le couvert de sa profession d’accoucheuse, qui guérit la stérilité, voire la fécondité, prépare de longue main son terrain. Elle a ses rabat-

ro teurs et quand une occasion se présente, elle place sa marchandise. Ce sont les bouts de seins qui sont mal formés, la glande qui est insuffisante, les seins qui sont inégaux, l’enfant quin est pas assez robuste pour têter. Si cela ne suffit pas, on annonce à la mère la possibilité de crevasses et d’abcès, on décrit avec force détails les souffrances qu’ils provoquent, on flatte la coquetterie et la paresse, et quand tout le monde est effrayé suffisamment par les nombreuses difficultés d’un allaitement maternel, on se fait prier et supplier pour procurer le remède à tant de maux, c’est-à-dire la nourrice qui attend derrière la porte. |

En récompense de pareils services la matrone reçoit des deux côtés. Cest tout bénéfice comme on voit. Aussi le commerce prospère.

Les nombreuses embüches qui se dressent devant la volonté maternelle réussissent souvent à la faire choir.

La mère qui voudrait nourrir se laisse fréquemment circonvenir et convaincre par son entourage. On lui dit qu'elle n’a pas de lait, que sa constitution est trop faible et elle finit par le croire. Il faut pourtant qu’elle sache la vérité. M. le professeur Pinard et son ancien chef de clinique le docteur Wallich, ont démontré, avec preuves à l’appui, que fort peu de mères étaient incapables d’allaiter. Sur cent femmes, 99 ont une glande et des bouts de sein suffisamment développés pour les fonctions de l’allaitement. Les maladies infectieuses graves, la phtisie, le cancer, peuvent seules constituer un. obstacle. M. le professeur Pinard ne croit

nuls pas que les maladies organiques du cœur ou du réin soient des contre-indications de l'allaitement. A la clinique Baudelocque les cardiaques et les albuminuriques nourrissent, et jamais on n’y a remarqué que le fait d’allaiter exerçait une fâcheuse influence sur leur affection.

En 1872, Vogel écrivait: « Les maladies aiguës, telles que exanthèmes, fièvre typhoïde, etc., font ordinairement tarir le lait. Mais s’il ne tarit pas on peut laisser Penfant il ne court aucun danger, » (Aymard, thèse de Paris, 1891).

Foa et Bordoni Ufreduzzi ont établi expérimentalement (1888) que des animaux nouveaux nés pouvaient être infectés par la succion du lait de leur mère atteinte de pneumococcie, bien que les mamelles füssent saines. Mais Bozzolo, quelques mois après, ayant trouvé dans le lait d’une femme qui faisaitune pneumonie franche ducôté gauche, bientôt suivie d’une endocardite et d’une seconde pneumonie du côté opposé, des diplocoques lancéolés en colonies nombreuses, constate que l’enfant allaité par cette femme échappa à la contagion (cité par Aymard).

= M. le professeur Debove reconnaît que « toutes les affections aiguës ou chroniques diminuent ou tarissent la sécrétion lactée, amoindrissent le pouvoir nutritif du lait, et en cela peuvent nuire à l'enfant. Elles mélangent au lait une plus grande proportion de leuco-

cytes. »

Ann.

Eee Une observation recueillie à la clinique Baudelocque

et publiée par le docteur Aymard est en faveur de la

transmission du germe infectieux de la mère à l'enfant.

Une femme accouchée normalement le 30 mars 1891, gagne une pneumonie lobaire franche le 2 avril et meurt le 5 avril. L'enfant, qu’on avait séparé de sa mère le 3 avril dans la journée, a de la diarrhée et de la fièvre le soir du 4, etil meurt le 9 avril de péritonite fibrino-purulente et de méningite cérébro-spinale suppurée. Les symptômes abdominaux ayant précédé chez cet enfant les symptômes méningitiques, firent admettre par M. le professeur Pinard la possibilité de l'introduction du germe dans l’organisme de l’enfant par le lait maternel. |

Des expériences rapportées dans la thèse du docteur Aymard, paraissent confirmer cette hypothèse, et éta-

blir « que l'absorption par la voie intestinale du lait

contenant des microbes pathogènes, et des pneumo-

coques en particulier, peut être une cause d'infection | pour lenfant. »

Différents expérimentateurs ont prouvé que les organismes microbiens du charbon, du choléra des poules et de la tuberculose se retrouvent dans le fait des animaux atteints de ces aftections.

On a constaté cependant que les bactéries paraissaient venir de Pextérieur de la glande mammaire et se localiser à l’orifice ou dans la dernière portion des canaux galactophores.

io

Le docteur Genoud (thèse de Lyon 1894), et d’autres auteurs avec lui, ont trouvé les germes dans les pre- mières gouttes de lait tirées de la glande mammaire. Le lait venu de la profondeur n’en contenaient généralement pas. …

M. Marfan (De l'allaitement artificiel, Paris, 1896) croit « qu’on peut admettre que ces bactéries n’ont aueune influence nuisible sur l’organisme où d’ailleurs les sucs digestifs normaux les détruisent sans doute en

grande partie. Cette opinion est évidemment très plausible puisque « en somme seules les premières gouttes de lait dégluties par le nourrisson sont souillées par les bactéries ; la masse ‘du lait : ingérée restant stérile

et intacte. »°

De tout ceci il résulte que si la plupart des maladies infectieuses peuvent être transmises de la mère à l’enfant par le lait, ce n’est pas une raison pour éloigner l’enfant du sein maternel dans tous les cas de maladie infectieuse de la mère. C’est une question que seul le médecin devra trancher, selon la’ marche et le degré de gravité de affection. ,

Dans le cours d’une fièvre typhoïde assez sérieuse nous avons pu voir une femme continuer l'allaitement sans que l’enfant se soit ressenti du moindre malaise.

. D’autres cas semblables ont été fréquemment observés.

Au mois d'août dernier, une dame V. de Paris, qui

nourrissait sa fillette agée de 10 raois, nous fit appeler

pour des coliques hépatiques atroces ; le deuxième jour

pi

de l'affection il y avait un ictère des plus prononcés qui dura une quinzaine de jours. Les mouvements nécessités par la mise au sein de l’enfant étaient très douloureux. Nous conseillâmes de mettre le bébé pendant quelques jours au lait stérilisé alors qu’on entretiendrait la sécrétion lactée avec une téterelle. Le père de l'enfant et la sœur de la mère, personnes très dévouées, épuisèrent leur patience pour faire prendre un

peu de ce lait qui était en petite fioles de 90 à 100 gr.

et provenait d’une des meilleures maisons de la capitale. :

Nous essayâmes d’obtenir plus de succès, mais Penfant se défendait tellement, que la solution la plus pratique et la plus sage était encore de lui rendre le sein. Le lait était fortement coloré en jaune. Néanmoins, la petite but avidement, n’eut aucun malaise, aucune colique, “et continua à digérer très bien. Le plus grand danger que cette enfant ait couru réside tout entier, selon nous, dans la tentative heureusement infructueuse d’allaitement arüficiel. Le lait maternel qu’elle prenait n’était pas, il est vrai, dans d’excellentes conditions ; mais en somme, si ce n’eût été dans l’intérêt de la mère, nous tombions, en ce qui concernait l’enfant, de Charybde en Scylla.

En effet, si l’on constate parfois que la maladie nuit

au lait de femme et peut lui communiquer des ger-

mes pathogènes, il est au moins aussi fréquent de trou-

ver des microbes dans le lait d’une femelle malade, et

« presque toujours, comme le dit M. Marfan, ces mi-

crobes sont pathogènes pour l’homme. »

À cette cause de corruption du lait de femelle viennent s’ajouter les microbes saprophytes très répandus dans la nature, et qui proviennent le plus souvent de la souillure du lait par l’acte de la traite ou par les manipulations qui l’ont suivie. »

Il est impossible d’avoir du lait pur chez soi et particulièrement à Paris; car il y a loin du pis de l’animal aux lèvres d’un enfant.

Ne voulant défendre aucune variété de lait autre que le lait maternel, nous nous contenterons de mettre en regard les différents laits employés dans l’alimentation arüficielle.

Nous empruntons à la thèse du docteur Chavane le résultat de ses recherches sur le lait de chèvre, lelait d’ânesse, le lait stérilisé.

« A la campagne le mode d’alimentation par le lait de chèvre est facile, car la chèvre est un animal peu coûteux, sobre, s’accommodant facilement de tous les milieux et exigeant peu de soin; de plus, il est facile de faire téter l’enfant directement au pis, l'animal s’y prêtant fort bien. »

« Le plus gros reproche qu’on ait pu faire au laut de

chèvre, c’est la difficulté avec laquelle les nouveaux nés le digèrent. »

-« Une dernière objection qui certes a sa valeur : la chèvre n’a de lait que pendant quatre mois de l’année (Tarnier). » x

« Le lait d’ânesse se rapproche beaucoup plus comme

composition du lait de femme ; il est léger, de digestion facile et les prématurés, qui sont un réactif très sensibie, l’assimilent volontiers. Quand on peut se le procurer dans de bonnes conditions, il faut y avoir recours. Ce lait doit être donné à l’enfant presque, immédiatement après la traite, car il s’altère avec une surpre= nante rapidité. Aussi est-on obligé de traire l’ânesse plusieurs fois par Jour et de prendre pour la conservation du lait les plus grandes précautions. L'ébullition méme, qui n'est pas sans inconvénients, ne le met pas à l'abri de fermentations qui le coagulent très vite.» Ajoutons enfin qu'iln’est pas facile de s’en procui er, et puis les marchands ajoutent volontiers, très adroitement pour empêcher le lait de tourner, des substances qui ne sont pas sans influence sur l'estomac du nourrissOn. » |

Dans ces conditions il est inutile, ce nous semble, d’aggraver la condamnation de lait de chèvre et du lait d’ânesse en les forçant à traverser un biberon.

Que dire du lait de vache qui est surtout employé dans le sinistre instrument ?

Les manipulations nombreuses que subit ce lait avant d’être donné à l'enfant, augmentent singulièrement les difficultés de l'allaitement artificiel.

L’approvisionnement de Paris, et en général des villes, exige le transport et de multiples transvasements d'énormes quantités de lait.

Quiconque a vécu à la campagne et fréquenté les

SEUE. ERS vacheries petites ou grandes se souvient des difficultés insurmontables d’y entretenir une rigoureuse propreté. L’œil du maître n’est pas toujours là. L’eau manque Souvent aux vachers et marcaires et lorsqu'elle abonde on ne s’en sert pas ou on la dédaigne. Quant aux élables elles sont loin d’être toujours confortables et bien construites.

Le nettoyage des divers récipients est une opération assez délicate, s'il est fait consciencieusement. Il faut employer de l’eau chaude ou de la lessive de soude ou

de potasse, rincer à l’eau bouillie, égoutter et sécher. Ces précautions prises, que de fois n’avons-nous pas entendu reprocher à des cultivatrices de la campagne que le lait de leur dernière traite avait tourné? Ces femmes n'ayant la plupart que deux ou trois vaches dans leur étable et habituées à une propreté minutieuse ne s’expliquaient pas ces reproches : [ly avaitune heure à peine que le lait était sorti du pisdela vache ; on l'avait mis aussitôt trait, et sans lemélanger à d'autre, dans un pot de grés bien nettoyé et couvert. Les ménagères remarquaient pourtant que ce fait se produisait plus fréquemment en été, qu’en hiver, les jours d'orage, ou quand on mélangeait le lait de différentes vaches, et, il faut le dire, quand la propreté du récipient laissait à désirer. Le lait de plusieurs vaches fermente et se corrompt plus vite mélangé que conservé séparément. Ce n’est pas une expérience de laboratoire, c’estla constatation que nous avons faite à la campagne ; et bien

des ménagères nous ont déclaré qu'après avoir mélangé

L'hgNe

le lait de telle ou telle vache à l’ensemble de leur traite, elles ne pouvaient plus le vendre, certaines qu’il tournerait. | |

Cette remarque a une grande importance au point de vue alimentation artificielle, puisque pour avoir du lait de composition à peu près invariable, 1l faut mélanger la traite de plusieurs vaches.

Sensible comme l’est le lait à la campagne, que devient-il donc à Paris?

Si le lait « monte » tout de suite et, «tourne » facilement à la campagne, il tourne rarement à Paris et

« monte à regret ».

Il est vrai qu à Paris on connaît le secret et chez les grands industriels aussi. Au point de vue pratique cependant, les grands industriels, qui pourraient prétendre à une organisation plus minutieuse dans des locaux spécialement affectés au commerce de laiterie, ne font guère mieux que les cultivateurs modestes. On étrille et on brosse quelquefois les vaches dans leurs étables ; on ne les lave que par nécessité, quand par l’usage de fourrages verts elles sont enduites de filants excréments et qu’on craint en les approchant de se salir trop soi-même.

« La nourriture des laitières doit être soigneusement surveillée ; on doit les alimenter surtout avec des fourrages. » M. Marfan à qui nous empruntons ces pré= ceptes ne sait auquel des fourrages sec ou humide il faut donner la préférence. Les fourrages secs sont bien

supérieurs en qualité. Les fourrages humides donnent un plus grand rendement, mais ils communiquent au lait une odeur et une saveur particulières désagréables.

€ Il faut proscrire les feuilles de vigne ou de betteraves, les navets, les pommes de terre germées, les tourteaux de colza, de lin ou autres, surtout les drèches; dans tous ces produits 1l peut se trouver des principes anormaux qui s’éliminent par le lait et qui non seulement lui donnent un mauvais goût et une mauvaise odeur, mais encore lui communiquent des propriétés toxiques. » 2 -

« On doit éviter qu’il ne se mélange au fourrage des plantes vénéneuses, comme le colchique, Peuphorbe, l’aconit dont le principe actif s’élimine par le lait. »

& Il faut faire boire les animaux non dans une mare

infecte, mais dans un réservoir d’eau propre. »

Voilà certes des conseils extrêmement justes et nous devons louer M. Marfan de les avoir tormulés, mais autant vaudrait demander la suppression du paupérisme.

A la campagne on nourrit les vaches avec ce que la terre produit, et, suivant les saisons, le régime est très variable. Il se compose souvent presque exclusivement de ce qu'il faudrait proscrire. Pour ce qui est de démêler le colchique, l’euphorbe et l’aconit dans des prairies grandes comme le camp de Châlons ou dans des tas de . foins hauts comme des maisons, cela nous paraît aussi facile que de tronver des réservoirs d’eau propre dans la Beauce, la Brie, et les pays de plaine en été. Et du

reste cherche-t-on à atteindre un but humanitaire dans les entreprises industriellès? On ne s'occupe que d’une chose : Obtenir le maximum de rendement avec un. prix de revient le plus bas possible. Le consommateur on s’en moque absolument, Le lait sera mélangé, transvasé, transporté et vendu sans qu’on s'occupe de sa provenance, Et s’il menace dans ces multiples opérations d'entrer en fermentation avant l’heure de la vente, Ja chimie vient au secours de lindustriel. =

A intelligent fripon qui assure la conservation de son lait par l'addition de carbonate de soude, d’acide borique, de borax, d’acide salicylique, etc., nous ne dirions pas trop de choses désobligeantes si ce lait allait droit aux adultes. Le vin de Bercy, les absinthes, amers et autres liqueurs artificielles dont s’abreuvent nos contemporains sont autrement dangereux, autrement funestes. Mais quand on songe qu: ce lait est destiné pour une grosse part à l’alimentatior, de la première enfance, ce n’est pas être trop sévère que de blâmer et clouer /au pilori de pareïls procédés !

Sr

Le remède à tant de maux, d’aucuns prétendent le trouver dans le lait stérilisé. On annonce partout les résultats merveilleux de cette panacée nouvelle. Comme les chiffres ne répondent pas encore aux promesses, que la mortalité infantile est toujours très élevée, on | déclare que les chiffres ne signifient rien, « que da staüistique est absolument incapable ce nous renseigner là-dessus. » Or, il nous semble pourtant avoir montré dans nos moyennes des six dernières années des chiffres particuhèrement éloquents. Et nous n’avons pas seulement compté, nous avons aussi cherché la signification des nombres. On attribue à lemploi des laits purifiés par la chaleur une grande part dans la diminution de la mortalité infantile. Pour notre part nous l’attribuons, avons-nous dit, aux progrès de l'hygiène, à la déclaration des maladies infectieuses, añx étuves . municipales, Les décès par affections contagieuses vont en diminuant, les bulletins de M. Bertillon le prouvent. Les morts par-gactro-entérites sont aussi nombreuses en 1896 qu’en 1891 et l’on consomme certainement dix fois plus de lait stérilisé en 1896 qu’en 1891. Et puisqu'il faut aller plus loin -pour justifier cette opinion, M. le docteur Chavane nous permettra de nous

servir de sa statistique.

ff

En avril, mai et juin 1892, à l'hopital de la Charité :

89 enfants ont été nouris au sein par la mère durant . à

leur séjour à l’hôpital.

91 ont reçu une alimentation mixte.

Et 11 une alimentation artificielle.

Les premiers donnent une augmentation moyenne journalière de 28 grammes, 17; un seul enfant a eu 8 gr. 60 de diminution quotidienne pendant les 9jours d'observation, et 5o ont eu une augmentation supérieure à 30 gr. par Jour. F Pourles 91 soumis à l'alimentation mixte, la moyenne AE 4 d'augmentation a été de 18 grammes, 16; us Fe &

4 enfants ont diminué journellement de 3 gr. 1#, = 6 gr., 7 gr. bo, 18 gr. 37 ; deux n’ont eu niaugmen- = tation ni diminution ; 73 n’ont pas atteint 30 ati par à Jour.

Les 11 enfants nourris arüficiellement n’ont aug- Es menté chaque jour que de 14 gr. 24; un a diminué journellement de 15 gr. 70; le maximum d’augmentation a été de 27 gr. 30 pour un seul de ces enfants.

Le séjour moyen à l’hôpital a été de 11 jours.

Dans un second groupe d'observations réunies en Re octobre-novembre le D' Chavane a suivi 138 enfants.

2/4 ont été nourris au sein,

109 ont reçu une alimentation mixte, E

5 seulement ont eu une nourriture exclusivement artificielle.

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