Sur Les Modifications Produites Dans Les Épillets Du Bromus Secalinus L., Infestés Par Le Phytoptus Dubius Nal
dans l’orientation extraordinaire des cotylédons ne semblait pas retentir sur la végétation du jeune Chêne issu de cette graine tératologique.
Quant à l’origine de cette organisation étrange, il faut admettre qu’il s’est produit, au moment de la formation de l’embryon, une perturbation dans la segmentation.
Selon toute vraisemblance, l’une des cellules mères des cotylédons s’est trouvée déplacée. Par leur accroissement ultérieur, les cotylédons ont repoussé le reste de l’embryon vers la partie moyenne de la graine.
Les pétioles des cotylédons étaient légèrement tordus sur euxmêmes ; leur étude anatomique ne m’a rien révélé d’anormal. Ils étaient seulement un peu plus gros que d’ordinaire et le tissu ligneux plus réduit était aussi un peu plus dissocié.
En raison du grand nombre d’insectes qui produisent des cécidies sur les fleurs femelles du chêne, on peut se demander si la déformation signalée ici n’est pas simplement due à l’un de ces phénomènes qui, dans certains cas, comme on le sait, peuvent produire non seulement une déformation de la fleur ou du fruit, mais même la castration dite parasitaire.
M. G. Camus présente à la Société des échantillons d’Orchis incarnata qu’il a récoltés à Meudon.
M. Danguy, secrétaire, donne lecture de la communication
suivante :
' : ■ • Ti*« : ■ • i!•; J . y
SUR LES MODIFICATIONS PRODUITES DANS LES ÉPILLETS DU BROMUS SECALINÜS l., INFESTÉS PAR LE PHYTOPTUS DUBIUS NaL;
par 11. UOLL1ARD.
Les épillets de différentes espèces de Bromus hébergent assez souvent des Phytoptus et sont, de ce fait, profondément modifiés; j’ai eu l’occasion d’étudier ces modifications dans le Bromus secalinus sous l’influence du Phytoptus dubius.
Les fleurs d’un même épillet peuvent être toutes attaquées à la fois ou bien seulement les supérieures; les glumelles inférieures des fleurs atteintes s’accroissent en largeur et en longueur; elles deviennent plus molles et se recouvrent les unes les autres sur leurs bords dans presque toute leur longueur, de façon que l’on
MOLLIARD.— BROMUS SECALINUS INFESTÉ PAR PHYTOPTUS DUBIÜS. 431
ne distingue plus les différentes fleurs dont l’ensemble forme une masse ovoïde, alors que les fleurs saines sont parfaitement distinctes et écartées les unes des autres. La couleur des glumelles est aussi différente, beaucoup plus pâle que celle des glumelles normales. Les transformations que subissent les différentes fleurs sont d’autant plus profondes que la fleur est plus voisine du sommet de l’épillet. Voici de quelle façon les choses se passent le plus souvent : supposons qu’à la base nous ayons une ou deux fleurs non attaquées; elles présentent pour les échantillons que j’ai eus à ma disposition des fruits bien développés et voisins de leur maturité. Les fleurs plus haut placées dans l’épillel et que nous supposons attaquées en sont bien moins loin de leur développement ou plutôt elles sont restées jusqu’à ce moment à une phase bien antérieure de leur évolution, celle que présente une fleur qui va s’ouvrir.
La première de ces fleurs attaquées a sa glumelle inférieure agrandie ; la glumelle supérieure présente sur ses deux carènes de nombreuses petites dents assez serrées au lieu de grandes espacées les unes des autres; de plus, il se produit une petite échancrure vers l’extrémité de cette glumelle dans son plan de symétrie ; les glumellules sont présentes sans particularité de forme; les étamines ont un filet épaissi et raccourci, et les anthères qui ont cessé d’être oscillantes offrent souvent sur la paroi de leurs sacs polliniques et surtout aux extrémités quelques poils trapus; les styles normalement assez courts et couverts de très nombreux et très longs poils s’allongent en même temps que les poils deviennent moins nombreux et surtout plus courts.
La deuxième fleur présente une glumelle inférieure encore plus molle que la précédente ; la glumelle supérieure s’échancre davantage et devient nettement bifide; les étamines sont plus réduites que dans la première fleur attaquée; le filet en est plus gros, plus court et les dimensions des anthères sont considérablement réduites ; l’ovaire s’ouvre et présente une boutonnière dans la partie qui regarde la glumelle supérieure ; les deux styles se présentent comme les prolongements des deux parties de l’ovaire situées de chaque côté de cette boutonnière; ils sont encore plus longs que les précédents, et leurs poils stigmatiques se raccourcissent et se raréfient.
Dans les deux fleurs qui suivent, les modifications sont encore plus