‹ Sur Les Modifications Produites Dans Les Épillets Du Bromus Secalinus L., Infestés Par Le Phytoptus Dubius NalChapitre 2 sur 2 · SÉANCE DU 8 JUIN · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 8 JUIN

profondes. Les glumelles inférieures sont de plus en plus larges et plus molles; les glumelles supérieures se sont tellement échangées qu’elles se réduisent à deux lames parfaitement isolées l’une de l’autre et qu’on serait tenté de prendre pour les glumellules, n’était la situation qu’elles occupent par rapport aux autres organes floraux, et cette confusion serait d’autant plus facile que précisément à ce degré de transformation les glumellules jusqu’ici présentes disparaissent le plus souvent; les étamines oflrent tous les états intermédiaires entre le dernier décrit et le suivant : le filet porte sur chacun de ses côtés deux lames très développées qui se rejoignent à la partie supérieure de manière à former à droite et à gauche de la partie centrale du filet une sorte de gouttière présentant un rebord continu à la partie extrême ; les sacs polliniques restent compacts; dans chacune de ces lames on remarque plusieurs faisceaux libéro-ligneux dans lesquels les vaisseaux du bois se trouvent du côté interne de la gouttière; le faisceau libéroligneux primitif du filet subsiste avec son orientation normale. Le pistil dans son état de transformation la plus grande a la forme d’une lame foliacée épaisse recourbée sur ses bords et bifide à son extrémité.

La dernière ou les deux dernières fleurs sont simplement réduites à leur glumelle inférieure.

Je me réserve de revenir, dans un prochain travail, sur les conséquences que ces transformations peuvent avoir au point de vue morphologique; en particulier, la transformation de la glumelle supérieure en deux organes foliacés nettement distincts, naissant sur l’axe en deux points éloignés l’un de l’autre, amène à la regarder comme formée par deux feuilles dont les nervures médianes correspondent à la double carène de cette glumelle, opinion qu’a, d ailleurs, soutenue Schacht en invoquant d’autres raisons. Jn n’insisterai pas non plus sur les modifications histologiques que subissent les organes attaqués (disparition de la cutine, du sclérenchyme et du collenchyme, de la chlorophylle, hypertrophie des cellules, etc.); j’en veux signaler seulement une, qui consiste dans la transformation de l’épiderme de tous les organes floraux attaqués ; soit, par exemple, l’épiderme interne de la glumelle inférieure ; il est normalement constitué par des cellules disposées en rangées longitudinales et sont de deux sortes qui alternent assez régulièrement dans chaque rangée ; les unes sont des cellules

VAN TIEGHEM. — ACIELLA, GENRE NOUVEAU DES LORANTHACÉES. 133

allongées ayant de face un contour rectangulaire, un côté du rectangle étant environ quatre fois plus grand que l’autre ; les autres ont un contour sensiblement carré. Dans l’épiderme transformé les cellules peuvent avoir une surface libre cinq fois plus grande, leur arrangement et leur contour perdent toute régularité, et en même temps le contenu cellulaire devient tort différent ; le protoplasma est très granuleux et se colore assez énergiquement par le carmin, comme les mucilages. Le noyau devient énorme et se colore beaucoup plus énergiquement que les noyaux des cellules profondes; la substance chromatique est disposée à la surface d’une sphère qui présente à son intérieur un très gros nucléole et se trouve percée de grandes fenêtres. 11 semble bien qu’on ail ici affaire à un épiderme sécrétant un liquide servant à la nourriture des Phytoptus et semblable à celui qu’a signalé Lundstrom dans les acarodomaties du Tilleul.

M. Van Tieghem fait à la Société la communication sui¬

vante

ACIELLA, GENRE NOUVEAU DE LA TRIBU DES ÉLYTRANTHÉES DANS LA FAMILLE DES LORANTHACÉES, par 11. PI». V.IX T IEG 11K H.

Dans une Communication précédente (I), on a vu que les Loranthoïdées à ovaire pluriloculaire et à fruit baccilorme qui composent la tribu des Ëlvtranthées se groupent dans les six genres : Loxanlherci, Amylotheca, Macrosolen, Elytranthe, Leposlegeres et Treubella. Depuis lors, l’étude des Lorantbacées récoltées à la Nouvelle-Calédonie par Deplanche, Panclier et Dalansa, qui sont conservées dans l’Herbier du Muséum, m’a fait connaître plusieurs espèces nouvelles appartenant à cette même tribu. Par l’ensemble de leurs caractères, c’est aux Amylotheca que ces espèces ressemblent le plus ; mais elles en diffèrent cependant assez pour qu’il paraisse nécessaire de constituer pour elles un

genre nouveau.

Rappelons d’abord que dans toutes les Élylranthées, à l’excep-

(1) I*h. Van Tieghem, Sur les Loxanthera, Amylotheca et Trecbella, trois genres nouveaux pour la tribu des Élytranthées dans la famille des Loranthacées (Bull, de la Soc. bot., 13 avril 1894).

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