COURANT GALVANIQUE INTERROMPU
« La galvanisation rythmée qui provoque à la périphérie un exercice gymnastique dans des territoires abandonnés par la volonté, a pour elle la consécration du temps. » (Zimmern.)
Il set excellent d’y avoir recours dès que les muscles, améliorés par la galvanisation continue commencent à réagir suffisamment aux interruptions du courant galvanique pour qu'une intensité moyenne suffise à les faire contracter.
L'’électro-diagnostic permet de réunir les muscles par groupes, suivant leur état électrique, de façon qu'il soit aisé d'appliquer à chaque groupe l'intensité appropriée ; on évitera ainsi de fatiguer des muscles très atteints et, inversement, d'hypertrophier ceux qui le sont relativement peu.
On utilise le métronome interrupteur inverseur de Bergonié et l’on excite séparément chaque groupe musculaire avec l'intensité liminaire qui lui correspond, en revenant à Chacun d'eux à plusieurs reprises.
La durée de chaque séance ne peut guère être de plus de cinq à dix minutes sous peine d'aboutir à la fatigue des muscles. Pratiquement on peut s'arranger
pour faire, lorsque les indications en sont posées, dans la même séance
Vingt à trente minutes de diathermie ;
Vingt à trente minutes de galvanisation continue ;
Cinq à dix minutes de galvanisation interrompue.
30 Courant de haute fréquence
DIATHERMIE
La diathermie n’est autre que l’application directe (de d’Arsonval) des courants de haute fréquence, à tension relativement basse et à intensité élevée.
Cette application a l'avantage de n'être pas perçue par l’organisme de sorte que l’on peut, par ce procédé, faire pénétrer sans inconvénients dans les tissus des quantités relativement considérables d'électricité. Ceci est dû, comme on sait, à ce que l'onde élémentaire émise par cette sorte de courant, onde qui se renverse un nombre immense de fois par seconde, est infiniment trop brève pour agir, tant sur les nerfs moteurs et les muscles eux-mêmes, que sur les nerfs sensitits.
Si l’on introduit, par conséquent, en résistance dans un circuit de haute fréquence, une portion du corps humain, la résistance que les tissus opposent au passage du courant donne naissance, dans leur intimité même, à l'effet Joule, sans que les effets électro- physiologiques dangereux où seulement désagréables du courant se fassent sentir.
. INDiGATIONS. -— M. le Professeur agrégé Bordier a
atüré l'attention, par les nombreux travaux qu'il a
consacrés à cette question concuramment à celle de la radiothérapie médullaire, sur l'intérêt primordial qu'il y aurait à utiliser la diathermie dans le traitement des poliomyélites.
Nous avons signalé, dans notre premier chapitre, combien sont fréquents, dans cette affection, les troubles circulatoires et trophiques, particulièrement chez l'enfant. Les bains de lumière, les tissus chauffants de Hergott, les bouillottes spéciales, autrefois utilisées n'avaient pour résultat que de réchauffer les parties voisines des téguments, sans qu'il soit possible d'agir sur les régions profondes. L'application des ondes de haute fréquence, par leur thermogénèse diffuse constitue le traitement idéal de ces troubles. La température du membre se relève pendant la séance, et après quatre ou cinq applications, on note souvent une dimi-
nution définitive du refroidissement, le membre malade pouvant rapidement reprendre la même température que le membre sain. La circulation est très ‘améliorée. Les œdèmes, les engelures disparaissent.
On sait, d'autre part, l'intérêt qu'il y a à supprimer l'hypothermie pour l'exactitude des électro-diagnostics et l'efficacité des applications galvaniques. Il est donc tout indiqué de faire systématiquement précéder les uns et les autres d’une application diathermique, comme nous l'avons déjà fait remarquer.
Enfin la diathermie influe non seulement sur la thermogénèse, mais aussi, sans doute en raison même de l'amélioration de la circulation, sur la nutrition générale des tissus, du tissu musculaire en particulier. Pour cette raison, elle complète très heureuse-
ment la galvanisation et peut en principe lui être habituellement associée avec profit.
Une seule contre-indication, le très jeune âge du sujet, parce qu'on risquerait de provoquer des brülures chez les tout jeunes enfants qui ne possèdent pas le contrôle suffisant de leurs sensations.
MANUEL opéRAToIRE. —— Une électrode est placée sur la région lombaire ou mieux fessière, l’autre est appliquée sur le pied ou sur la main. On emploie comme électrodes des feuilles de plomb assez minces de façon à pouvoir rendre leur contact avc les téguments aussi parfait que possible, pour éviter la production d’étincelles. M. le Professeur Cluzet et M. le Docteur Chevallier emploient pour le traitement des membres inférieurs une électrode aqueuse constituée par un pédiluve salé: cette manière de faire est plus pratique et plus agréable, surtout pour les enfants qui peuvent plus facilement remuer un peu et se distraire pendant l'application ; en même temps elle fait disparaître tout risque de brûlure au contact d’une électrode irrégulièrement appliquée.
On établit le courant et on augmente progressivement l'intensité jusqu'à 400 ou 500 milliampères (on lit cette intensité sur le milliampèremètre annexé à l'appareil). Si le malade éprouvait une sensation de brûlure il faudrait interrompre immédiatement le courant et le rétablir après quelques minutes à une inten-
sité moindre.
Durée de l'application : vingt à trente minutes.
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EFFLUVATION
M. le Professeur agrégé Zimmern vient de signaler tout dernièrement (Monde Médical, novembre 1925), que cette modalité des courants de haute fréquence, « jusqu'ici peu employée, complète heureusement, ainsi qu'il a pu le constater, les procédés classiques. » Il attribue ces effets favorables à un excitation individuelle des fibres superficielles des muscles effluvés (l’effluve de H. F. fouille le muscle), et il émet l'hypothèse d’une action spécifique, trophique ou réflexe du facteur tension. On sait, en effet, que l’effluvation comme l’étincelage sont obtenus par transformation du courant de haute fréquence direct, de manière à en élever considérablement la tension aux dépens de l'intensité. Le Professeur Zimmern fait remarquer que ce procédé est inapplicable aux enfants de moins de 3 ans environ, dans l'impossibilité où l’on est de leur faire tenir sagement pendant un temps suffisant l’un des pôles du dispositif.