INTRODUCTION
De tous ceux qui, de près ou de loin, soit comme auteur, soit comme praticien, soit encore comme parent où familier d’un petit malade, se sont intéressés à la poliomyélite, ou, si l’on veut, à la paralysie infantile, pas un n'ignore, à l'heure actuelle, le rôle important de l'électricité dans l’organisation de son traitement.
Ce qu'on sait moins peut-être, c’est à quel point les procédés électrothérapiques un peu empiriques, sinon fantaisistes, couramment employés il y a vingt ans, avec tant de regrettables échecs, ont fait place peu à peu à des techniques beaucoup plus rationnelles et beaucoup plus précises, en même temps que naissaient des procédés nouveaux intéressants par leur réelle efficacité ou par leur simplicité.
Nous nous proposons, au cours de notre modeste travail, de donner un aperçu rapide de ces perfectionnements assez récemment apportés à la technique électro-diagnostique et électrothérapique des poliomyélites.
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Nous nous sommes demandé tout d’abord si nous devions faire entrer dans cette étude la question de la Radiothérapie médullaire, préconisée par M. le professeur agrégé Bordier, qui, lui a consacré, depuis quelques années, de nombreux travaux. Nous avons dû y renoncer, Voici pourquoi
Si l’inocuité de cette méthode semble aujourd’hui à peu près démontrée, à condition toutefois de s’en tenir rigoureusement aux doses indiquées par MM. Bordier et Duhem, son efficacité paraît encore très contestée. Nous n’en voulons pour preuves que les réserves formulées à son sujet par ceux-là mêmes qui l'ont introduite dans leur pratique courante. En effet, voici en quels termes s'exprime à cet égard Pierre SéguIN, élève de Duhem, dans les conclusions de sa thèse sur le traitement de la paralysie infantile par les agents physiques (Paris, 1925) : « Sur cette dernière méthode nous ne pouvons formuler une opinion précise car les cas dont nous rapportons les observations sont encore trop récents. Il est, de plus, bien difficile d'apprécier des méthodes thérapeutiques appliquées au début d’une maladie qui présente une régression spontanée ».
Plus récemment encore, MM. Delherm et Laquerrière et le professeur Zimmern ont formulé les mêmes réserves au Congrès de l'Association française pour l’Avancement des Sciences, tenu à Grenoble en juillet dernier.
Il apparaît donc bien que la radiothérapie des poliomyélites est encore une question à l'étude, suscepüble peut-être d'acquérir, dans l'avenir, une grande
place dans la thérapeutique de cette affection, mais qui n'a pas encore fait définitivement ses preuves.
Ceci étant, nous avons préféré nous en tenir strictement au cadre que nous nous étions primitivement fixé, et n'envisager ici que les procédés purement électrologiques dont les résultats sont indiscutables.
Nous consacrerons un premier chapitre à une révision, aussi brève que possible, des notions acquises sur la poliomyélite aiguë épidémique. Nous avons employé à dessein cette dénomination, pour désigner l’affection qui nous occupe, plutôt que celle de « para- Ivsie infantile » ou de « maladie de Heine-Medin », qu'on lui donne souvent comme synonymes. La première de ces appellations nous à paru, en effet, trop restrictive, puisque, si on la prend à la lettre, on doit éliminer de son étude la paralysie spinale de l'adulte qui a bien son importance particulièrement au point de vue où nous nous plaçons. La seconde, au contraire, nous a semblé trop vaste, à cause des manifestations en quelque sorte extramédullaires qu'elle implique et sur lesquelles l’électrothérapie demeure sans action.
Dans un deuxième chapitre, nous traiterons des progrès réalisés, ces années dernières, par les méthodes d’électrodiagnostic. ;
Les nouvelles méthodes électrothérapiques feront l’objet du troisième chapitre.
Nous terminerons par l'exposé de trois observations particulièrement typiques et probantes. |