‹ Sur les progrès de la science électrique et les nouvelles machines d'inductionChapitre 1 sur 12 · KT LES · texte numérisé non relu

KT LES

Parmi les différentes sciences au développement desquelles il nous est donné d'assister, Pélectrlcité est sans contredit l'une de celles dont les progrès ont été les plus marqués, depuis un petit nombre d'années; ce n'est plus une simple branche de la Ph^'sique, ne sortant pas du laboratoire et envisagée seulement comme une propriété curieuse de la matière ; grâce à la découverte de machines relativement puissantes, elle a pénétré dans le domaine de l'industrie, ses applications se multiplient tous les jours et elle est devenue assez importante pour constituer à elle seule une science particulière, la science électrique. Or il n'est pas douteux que la plupart de ces applications devenues industrielles ne puissent également profiter à l'art de la guerre; il suffit, pour s'en convaincre, de se rappeler qu'elles comprennent l'éclairage, la téléphonie, le transport de la force. Il devient donc indispensable aujourd'hui de posséder les connaissances théoriques permettant de réaliser ces applications d'une manière rationnelle.

Nous devons tout d'abord faire remarquer que l'emploi du calcul est devenu indispensable pour traiter d'une manière complète une question quelconque d'électricité. Il ne s'agit

(6) plus seulement en effet de réaliser des expériences curieuses et intéressantes au point de vue théorique; il faut avant tout, pour une application industrielle, se préoccuper de la question économique, se rendre compte de toutes les actions, mesurer tous les résultats, de manière à obtenir le maximum de production avec le minimum de dépense : le calcul seul permet d'y arriver.

Depuis longtemps déjà, plusieurs savants, dans un but purement spéculatif, avaient appliqué le calcul à l'électricité ; après être restés ignorés du plus grand nombre pendant plus d'un demi-siècle, leurs travaux furent mis au jour, étudiés à nouveau et finalement en arrivèrent à constituer ce que l'on est convenu d'appeler les nouvelles théories électriques. Ces théories commencent à peine à pénétrer dans l'enseignement et bien que, depuis quelques années, les Ouvrages publiés sur l'électricité et ses applications soient nombreux, aucun d'eux ne permet de se les assimiler facilement et surtout rapidement; car, parmi ces Ouvrages, les uns uniquement théoriques ne renferment que la partie mathématique abstraite, sans s'occuper des applications; les autres sont des Ouvrages de vulgarisation décrivant sommairement les faits, sans les expliquer d'une manière complète. Enfin, un grand nombre de principes utiles pour la pratique se trouvent disséminés dans les journaux scientifiques, où il devient souvent fort difficile de les retrouver.

Il nous a dès lors paru utile de résumer aussi brièvement que possible l'ensemble des théories admises aujourd'hui sur l'électricité. Tel est l'objet du présent travail : le premier Chapitre, consacré à la partie théorique, définit successivement les diverses grandeurs qui entrent dans les formules relatives à l'emploi de l'électricité et se termine par l'exposé du système des unités adoptées pour mesurer ces grandeurs. Le deuxième Chapitre renferme la description des différents types des machines les plus employées aujourd'hui pour la production de l'électricité. Enfin le troisième Chapitre traite

(7) des propriétés générales de ces machines et des principes théoriques qui doivent présider à leur construction.

Malheureusement la théorie est encore loin d'être complète à ce sujet, les actions complexes qui se produisent dans le fonctionnement des machines n'ont pu encore être toutes soumises à l'analyse et, dans bien des cas, il faut s'en rapporter à l'expérience. Telle qu'elle est, la théorie n'est pas inutile^ car elle a permis de guider les tâtonnements et elle permet encore chaque jour de juger des qualités ou des défauts que présenterait une machine, si l'on voulait l'employer à un usage déterminé.

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