‹ Sur les rapports de l'appendice cécal: avec les affections utero-annexielles contribution à l'étude de l'appendicectomie préventiveChapitre 19 sur 35 · Appendicites et péritonites · texte numérisé non relu

Appendicites et péritonites

Au nombre des appendicites sans complications gynécologiques comptent tous ces cas d’une extrême gravité, où une péritonite généralisée souvent purulente s’associe à la lésion primitive, habituellement à la suite d’une perforation, avec écoulement de pus dans la cavité abdominale. Les organes pelviens restent en eux-mêmes intacts, en pleine fonction et ne prennent part à la péritonite généralisée qu’en mesure de la participation du pelvéo-péritoine. Ces péritonites, issues d’appendicites, s’observent tout aussi bien chez l’homme; il ne peut donc guère être question de complication spéciale à la femme.

OsservaTroN XIIL

Mlle S..., 26 ans, 28 février 1915.

La malade se plaint de fortes douleurs dans l’hypochondre droit durant déjà quatre jours. Température: 38°9. Constipation chronique.

2 mars. — Symptômes de péritonite dans la région appendiculaire. ’

4 mars. — Atonie vésicale.

7 mars. — Ventre ballonné; douleurs atroces. On se dé-

eide à une opération immédiate. Le péritoine enflammé contient un peu de sérosité louche. La matrice est très rouge, ainsi que les trompes. Ovaires d’aspect normal; on ne lou che pas aux organes génitaux. L’appendice, assez long,

- coudé au milieu et enflammé, est réséqué.

18 mars. — Première miction spontanée.

31 mars. — La malade quitte l’hôpital.

Sant Ets

OESERTA TION XIV

Mme X..., 22 octobre 1914. |

Grossesse du sixième mois. Est prise subitement de douleurs aiguës, de vomissements; ballonnement du ventre. Température : 38°6; pouls : 120. Dyspnée.

23 octobre. — Température: 37°5. La malade ne rend pas de gaz. Vomissements. Ce même jour, opération. Beaucoup de pus horriblement fétide dans l’abdomen. Anses intestinales et utérus gravide couverts d’épaisses fausses membranes d’apparence purulente. Séreuse très rouge. Appendice de la grosseur d’un doigt, est à peine encore rattaché au cæcum. Appendicectomie. Drainage de l’abdomen.

Mort après trois jours.

Examen de l’appendice réséqué: à l’extrémité proximale du vermis se trouve une ulcération de toutes les couches de sa paroi.

OBSERvVATION XV

Mme B..., 25 ans, 5 décembre 1911.

La malade prétend avoir été opérée antérieurement pour une tumeur de l’ovaire gauche; on suppose qu'il s’agissait d’une grossesse extra-utérine? Le soir du 2 décembre, elle est prise subitement de nausées et de vomissements, de diarrhée et de douleurs aiguës dans le ventre. Depuis, son : état s’est légèrement amélioré. Il s’agit sans aucun doute d’une appendicite aiguë; on fixe l’intervention au lendemain. Opérée le 6 décembre; à l’ouverture du ventre, s’écoule une quantité notable d’exsudat sanguinolent et puru-

ient.Les anses intestinales sont fortement distendues et très rouges; des pseudo-membranes fibrineuses et d’apparence purulentes les couvrent par places. La séreuse de l’appen- ‘ dice et de la trompe droite est également très rouge. Dans le cul-de-sac de Douglas, un peu de pus. La recherche de l’appendice est laborieuse; on le trouve enfin d’une longueur anormale; sa séreuse est fortement vascularisée. Du pus s’écoule d’une perforation, grande comme une tête d’épingle en verre, située sur l’extrémité libre. Appendicectomie. Toilette du péritoine. La malade guérit et quitte la clinique le 22 janvier 1912.

OBservATION XVI

Mme N., 10 juillet 1911.

Appendicite aiguë. Abcès stercoral. Laparotomie. Drainage. Guérison.

Corps étrangers

OBsERvVATION XVII :

Mme N..., 50 ans, 1° décembre 1915.

En 1897, amputation supravaginale de l’utérus plein de myomes. Depuis à peu près un an, Mme N.. se plaint de douleurs dans le ventre, essentiellement du côté droit. L’évacuation gazeuse est difficile, les selles sont pénibles. On constate un empâtement dans la fosse iliaque droite. Les organes pelviens sont libres. Il s’agit donc d’une appendicite avec péritonite localisée. Opération: l’appendice, de la longueur et du volume d’un petit doigt, est adhérent au

UT ne

éæcum, à l’épiploon et à une anse grêle. Devant une per- Yoration du vermium se trouve, libre dans l’abdomen, une dent canine en bon état, au milieu d’une collection purulente. Appendicectomie. L'état de la malade est bon pendant quelques jours. Le septième jour, mort subite. |

Autopsie. — Inflammation locale et insignifiante, sans exsudat dans la région de l’opération. À part cela, le péritoine est brillant, absolument normal. Grand calcul biliairé. Cœur très atonique, dilaté, infiltré de graisse. |

L’étiologie de ce cas est d’un intérêt spécial, vu que le public prête généralement aux corps étrangers avalés une haute importance pour la genèse des appendicites. Un tel

avis manque de fondement ; en réalité, le chirurgien rencontre exceptionnellement des matières étrangères dans le veraium. Les corps « étrangers » provoquant des accidents, sppendiculaires ont dans la majorité des cas une origine autochtone, coprolithes, calculs biliaires, ete. (Véron). Les appendicites par déglutition de corps vraiment étrangers sont très rares. Groendahl n’en trouva que quatre fois dans une série de 400 appendicectomies. Aucune publication dans la littérature, que nous connaïssons, parle d’une dent comme agent morbifique, bien qu’on ait vu les sujets et objets les plus variés dans l’appendice enflammé: arêtes, éclats d’os ou d’acier, articles de tœnia, grains de semence, cheveux et une fois même un éclat de casserole avalé vingtdeux ans auparavant (Zorn). Rigollot-Simonnot, pour ne citer qu’un auteur entre beaucoup, à réséqué un vermis contenant une épingle. Ascarides et oxyures ont été observés à différentes reprises, la première fois par Metchnikoff.. Notons encore comme curiosité la publication de Vignes qui rencontra 19 grains de plomb dans le même organe. Michalsky rapporte un cas d’une certaine analogie au nôtre,

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