A MATE 1 TES
OBsERvATION XLIV
Mme S.., 40 ans, 2 février 1916.
La malade a été opérée il y a trois ans à Ja suite d’une grossesse ectopique (hématocèle). ,A présent elle est prise de vomissements et de crampes douloureuses dans le basventre. À l’intervention, on rencontre, dans la région de l’ancienne opération, des adhérences étendues qui emprisonnent l’appendice. Dégagement des adhérences, ablation des annexes droites et du vermis. Guérison.
3, — Affections simultanées de l’appendice et des organes An n génitaux
Les affections simultanées et simplement coïncidantes des organes voisins, forment la majorité de nos quatrevingt observations. Cette constatation confirme une fois de plus l’expérience de Kelly, cité par Bérard et Vignard à ‘’appui de leur thèse, que « même malades simultanément, appendice et organes pelviens pouvaient avoir entre eux aueun rapport pathologique ». Selon Delagénière, la coïneidence de l’appendicite avec les affections des annexes est beaucoup plus fréquente qu’on ne le croit. Pour Mary, les simples coïncidences sont loin d’être exceptionnelles. Quant à Bouilly, il considère toutes les affections simultanées sans exception comme pures coïncidences. Kelly, sur 240 appencites, trouva 128 fois des coïncidences dues au hasard (= 53,4 p. 100), 95 fois une appendicite non associée à une affection gynécologique (— 40 p. 100) ; ces résultats se rapprochent de beaucoup des nôtres; on s’en rendra compte
Et où
facilement en comparant ces chiffres à ceux de la statistique du prochain chapitre.
Seront à enregistrer comme simultanés et sans corrélation avec l’appendicite tous les cas de myomatose, kystes, rétroflexion, grossesse extra-utérine et d’affections générales dans le pelvis qui ne montrent ni adhérences, ni un autre contact organique avec le vermis ou dont la nature exclut de ce fait même des rapports causals. Réunies en une petite rubrique, nos observations rapportent la rencontre d’une appendicite avec:
Une myomatose de l’utérus.............:.4..... 7 fois Une formation de kystes ovariques.............. 6 — UNn:DYOSAIDINÉ RER LUE RE CARPE RENE 4 — Une rétroflexion:mohilesst lee LEE SOS 4 — Üne grossesse ectopique (hématocèle)........... 3 — Un-carcinomé de LEviire Re Re eee 1 — Un carcinome de l'utérus. ini AS Re L — Une urétrite gonorrhéique.......... PERS T SERA Re 1 — Une rétroflesionsixées ere SR 1 — Un fibrome de l’utérus plus une tumeur annexielle. 2 — Une'doublé salpinaite cc RER eee 1 — Une hernie plus un fibrome de l’utérus.......... dd. — Un hématokyste plus un hydrosalpinx........... 1 — Une tumeur ovarique plus un hydrosalpinx...... 1 —
Cette dernière observation est intéressante par l’affection appendiculaire, qui, sous le microscope, a été reconnue être un carcinome. Le carcinome authentique du vermis est, d’après Nengebauer, une néoformation aussi rare que maligne. La majorité des auteurs partage l’avis de Hoerrmann qui considère cette tumeur comme un néoplasme micro-épithélial avec le caractère histologique d’un carci-
nome, dont la malignité, au point de vue clinique, n’a nullement été prouvée. Nous constatons, avec Kemhadijan, qu’en effet l’envahissement ganglionnaire et la généralisation sont exceptionnels. Son maximum de fréquence est, d’après le même auteur, de 20 à 30 ans. Le diagnostie du careinome de l’appendice est posé le plus souvent par hasard au courant d’une opération ou d’une autopsie (Landau, Kemhadjan). L'évolution de la maladie, qui est d’habitude très lente à se développer, rappelle celle de l’appendicite chronique (Zaaijer, Massart, etc.). Dorn établit le compte suivant: 0,4 p. 100 de tous les vermis ectomiés sont carcinomateux ; ils forment des métastases en 3 p. 100 à 4 p. 100 et récidivent en 1 p. 100 des cas. Letulle nous apprend que le cancer primitif du vermis cæcal est une affection connue seulement depuis peu. La première observation macroscopique date de 1882, la première microscopique de 1893. Depuis 1883, on a publié en tout 238 rapports sur le cancer de l’appendice. Chez notre malade, cette affection fut reconnue aussi par hasard au cours d’une opération. La bénignité du néoplasme ressort du fait que la femme en question (selon sa lettre du 23 mars 1918) n’a eu à se plaindre de rien jusqu’à ce jour, c’est-à-dire sept ans après l’intervention.
La série des 80 appendicectomies prend fin avec deux observations que nous ne saurions classer dans une des différentes rubriques d’appendicite; l’opération a donné deux fois un résultat trop peu significatif pour un jugement
-net et précis; les observations au nombre très restreint
auraient du reste une influence minime sur les conelusions importantes. Nous avons donc cru devoir noter à part les cas indéeis que voici: