‹ Sur les routes d'AsieChapitre 8 sur 71 · UN GRAND SEIGNEUR BYZANTIN · texte numérisé non relu

UN GRAND SEIGNEUR BYZANTIN

delà Chambre des députés de Samoa, et vu belles illuminations et des réjouissanses popu- ■es, lorsque les amiraux français de la division Levant, après avoir salué, par des salves d'arlerie, le pavillon samien, venaient à terre, dans leur beau canot tout blanc, pavoisé de bleu, de blanc et de rouge, pour rendre visite à l'ami de la France, Son Altesse Aristarchi-Pacha, prince de Samos.

Un jour, il avait quitté son palais et la petite marine où les vieux maîtres parlaient, le soir, on buvant du raki et eu mangeant des pistaches salées, des exploits de Lycurgue Logotkétis, navarque des Samiens. On l'avait embarqué sur un paquebot en partance pour l'Occident. 11 avait à peine entrevu la ville presque grecque de Marseille, et on l'avait enfermé, pendant plusieurs années de sou adolescence, entre les quatre murs du collège Sainte-Barbe, a Paris. J'avais dû le connaître là, dans la cour maussade où. les « moyens » et les « grands » tournaient, en casquette galonnée et en veste courte, le long des murailles rouges, sous la surveillance du grave inspecteur Dubois, surnommé Bâche. Mais nous n'étions ni de la même élude ni de la même classe ; et, au collège encore plus que dans la vie, il y a des clans très fermés, des barrières infranchissables. Au sortir de Sainte-Barbe, il avait séjourne quelque temps en Angleterre, menant la

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scolars d'Oxford; puis, il s'était fait admettre m. l'Ecole polytechnique de Zurich. A ce moment, ua grand malheur le frappa, une de ces catastrophe» fréquentes en Turquie, préparées longtemps à. l'avance par des intrigues et des rancunes, et qui fondent tout à coup sur une famille, pour la disperser à tous les vents. Le prince de Samos fut disgracié; la princesse et ses filles furent exilées, sans que l'on connût exactement les causes de celle rigueur. James dut accepter la place que le divan lui offrait. Comme il avait étudié à l'Ecole polytechnique de Zurich, on le nomma ingénieur en chef de l'Archipel.

Ce brave garçon, en qui je retrouvais, avec la finesse des patriciens de Byzance, un peu de la bonne humeur par laquelle les gens de Paris atténuent leurs déboires, se mil à la besogne avec une élégante résignalion. Il fit des roules à Lesbos, à Chio, à Nikaria, à Rhodes. Si les insulaires des Sporades peuvent maintenant apporter leurs provisions au marché sans s ecorclicr la plante des pieds aux aspérités des rochers, c'est à lui qu'ils le doivent. Arislarchi fut souvent mon guide dans mes visites à la haute société de Chio, et dans mes excursions aux villages épars dans l'intérieur de l'ile. Quand il faisait trop chaud pour sortir, nous restions des heures à causer dans sa chambre, parmi le3 mille souvenirs qu'il avait rapportés de sa vie errante. Je ne saurais dire combien j'ai

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