‹ Sur les tremblements de terre de la péninsule scandinaveChapitre 24 sur 57 · Unalaschka · texte numérisé non relu

Unalaschka

« La partie nord-est de Tlle d'Ounalachka, dit Postels, est coupée dans tous les sens par les chaînes de Vesselovsky, de B^hrov et de Kochiguine (1) dont les cimes se distinguent par leur forme tantôt arrondie, tantôt dentelée, et dont les flancs sont sillonnés de ravins. Ceux de leurs côtés qui regardent le nord et le nord-est sont partout plus escarpés; les sommets sont tout à fait nus, tandis que la côte et le pied des montagnes sont révolus d'une végétation

(1) Grewingk dési^i^De ces trois chaînes sons les noms de Makuschin, Bobrov et Kos^hin {Loc. cït,, p. 119).

ET PHÉNOMÈNES VOU'.ANIOUFÎS. il

touffue, dont la verdure contraste singulièrement avec quelques hauteurs arides , couvertes de masses de neige qui souvent ne fondent même pas en été. Dans la partie septentrionale de Tile, qui sépare le golfe du Capitaine de celui de Makouchine^ on voit s'élever au-dessus des monts de Vesselovsky le volcan appelé Makouchinskaïa Sopka. Son sommet est uni , mais sa côte occidentale est trèsrapide et hérissée de pics aigus, parmi lesquels le plus oriental forme en même temps le point le plus élevé de nie. Il a 856 toises (5474 p. angl.) de hauteur et se trouve à 10 lieues au nord de la rade du Capitaine. Par mer, la distance est de 34 lieues, ainsi Ton peut y arriver en canot dans l'espace d'une journée. Il y a encore un intervalle de quatre lieues du bord de la mer à la montagne.

« A Tanse du Capitaine, la roche dominante consiste en argile endurcie, d'un gris cendré, avec de petits cristaux de feldspath vitreux, ce qui rend la roche porphyrique et, par la structure schisteuse, la fait ressembler au porphyre schisteux. Cette roche est disposée en couches et offre des séparations en tables minces. En général, elle est fortement décomposée, ce qui fait que la couleur passe jusqu'au blanc.

« Parmi les galets qui sont répandus sur le bord étroit du rivage, des deux côtés de l'anse, on trouve fréquemment les roches suivantes : une argile endurcie et jaunâtre avec beaucoup de petits cristaux de pyrite de fer; du jaspe rouge, brun et vert ; de l'argile ferrugineuse rouge et bleue, compacte et poreuse, dans le dernier cas avec beaucoup de nids de terre verte ; du pétrosilex noir ; du mandelstein avec des nids de spath calcaire et de terre verte ; du porphjre argileux avec des cristaux verts de feldspath et des veines de quartz et de jaspe ; du porphyre do jaspe vert; du porphyre argileux vert, avec des cristaux de feldspath et de pyroxène; du grès à fin grain, contenant quelquefois des gi ains de quartz transparents.

• Sur le côté NE. de l'anse Lévachoff, sont des masses considérables de syénile granitique passant à l'état de gneiss; sur le côté SO. d'Ounalachka, ce syénite s'étendant en grosses roches, doit, d'après l'assertion des habitants, former le rivage de la mer et être recouvert par une autre roche schisteuse. Sur le rivage oriental de Tile Amakhnak se trouvent, outre ces roches, encore beaucoup de galets de basalte avec du pyroxène, çà et là avec de Tolivine ; je ne trouvai cependant nulle part ce basalte dans les montagnes mêmes. A l'extrémité SO. de cette lie se présente à nu une paroi de rochers où, sur un espace de quelques centaines de pas, les roches changent continuellement, ou en passant de Tune à l'autre, ou en se trouvant séparées les unes des autres par des veines étroites. De Targile ferrugineuse, de le pierre cornéenne, du jaspe, du porphyre argileux, du basalte poreux plus semblable à une lave basaltique, avec des nids de zéolite et de spath calcaire, tous plus ou moins fortement conglutinés par une pAte d'argile ferrugineuse, telles sont les roches que l'on voit principalement. Les veines qui traversent ces différentes roches sont plutôt d'une composition siliceuse; ce qui fait qu'on trouve assez souvent dans les cavités de petites druses de cristaux de quartz. A ces roches s'attache de la côte de l'est du schiste porphyrique ; la ligne de séparation est presque perpendiculaire; plus vers le sud, se montre de l'argile ferrugineuse endurcie.

« A l'ouest du volcan Makouchinski, doit être une montagne'qui renferme une roche stratifiée molle, mais qui, exposée à l'air, devient très compacte. Quelques morceaux isolés que j'en pus voir me parurent être- un tuf composé de rapillis; ils contenaient tous de petits grains d'une substance verte, transparente et vitreuse, parfaitement semblable à l'olivine et des cristaux de pyroxène ; les Aléoutes s'en servent pour construire des fours. Non loin de ce volcan,

sur le côté oriental d*un lac, les Aléoutes tirent du succin d'une paroi de montagne.

« Les tremblements de terre et les dclonations souterraines semblables au bruit du canon sont fréquents à Ounalaclika et trompent souvent les habitants qui, les prenant pour des signaux, vont en mer, s*imaginant y rencontrer un bâtiment. Ces phénomènes ont ordinairement lieu depuis le mois d'octobre jusqu'en avril; ils sont plus rares en été. En 1826, au mois de juin, eurent lieu deux violents tremblements de terre pendant lesquels le Makouchinski jeta des flammes.

« Ce volcan fournit aux Aléoutes beaucoup de soufre dont ils se servent pour allumer du feu. Dans les environs se trouvent de nombreuses sources chaudes (i). »

a Makuschinshaja Sopka, C'est le seul volcan (2) qui se trouve dans Tile d'Unalaschka, ainsi appelée, dit Berghaus, par abréviation de sa véritable dénomination qui est Ragunalascbka. Sur la partie NE. s'étendent trois hautes chaînes qui paraissent composées principalement d'un granité syénétique passant au gneiss. A l'ouest de ces chaînes, par lat. 53« 82' N. et long. i69<» 5' 0., s'élève le volcan qui, d'après les mesures trigonométriques de l'amiral Lutke, atteint 886 toises (1 672 m.) de hauteur. Au milieu du mois d'août 1827, les neiges couvraient encore 300 t. (888 m.) de sa partie supérieure. Son sommet est plat, mais hérissé de rochers et de pics aigus du côté de l'ouest.

(1) Voyage autour du monde en 1826-1829, par Lutkéj t. III, p. 17-21. ParU, 1836, in 8°. L'auteur y relâcha du 22 au SI août (▼. st.) 1827.

(2) Pallas en compte deux que les Russes désignent sous les noms d'Ajojisch et de BrûUende Berg, ou montage brûlante (Nord. Beyt,, 1. 1, p. 256) , d*après Goxe, qui écrit Ayaghish poui la première et montagne rugissante pouv la seconde (Nouv. dëcouv. des Russes, p. 164). Sarytschew le nomme Aijeegin. Voyez plus loin à Van 1768 et au 13 février 1792.

La fumée s'élève continuellement de ce plateau, couvert de neiges éternelles, par le pic oriental auquel s'applique la hauteur que nous venons de rapporter. Les habitants recueillent une grande quantité de soufre dans le voisinage. Des sources chaudes environnent le pic du volcan. Les secousses de tremblement de ttrre et les détonations souterraines sont fréquentes dans l'Ile; elles oui ordinairement lieu dans les mois d'hiver, d'octobre à avril ; elles sont plus rares en été. »

De Buch décrit ainsi ce volcan (1. c, p. 469) : « Pic Makuschkin, dans la partie nord d'Unalaschka; c'est la montagne la plus élevée de toute l'ile; elle n'a pas cependant beaucoup plus de 5000 pieds de hauteur, car elle n'atteint pas la hauteur du pic de Unimak.

« Cette montagne dégage constamment de la fumée cl on va recueillir du soufre dans l'intérieur de son cratère. Elle est tout à fait différente des autres montagnes de l'ile. Celles-ci se composent en grande partie de granité à grains fins, contenant du mica noir isolé; plus près du volcan, vers la côte, cette roche se change en un porphyre noir, très feldspalhique et enfin dans le voisinage des sources chaudes est un véritable trachyte avec des prismes de hornblende et du feldspath jaune. Tout près du pied du volcan, des sources chaudes jaillissent d'un conglomérat porphyrique. On trouverait probablement des laves sur le volcan lui-même, mais il ne parait pas qu'on ait nulle part observé de pierres ponces (Charaisso, in Kotzebue Entdeckungsi^ , III, 166). >»

« On ne se rappelle pas, dit Venjaminow (I, 160), que le Makuschin ait jamais vomi du feu (dass der Makuschin je Feuer spie), cependant on y entend des bruits souterrains de temps en temps, et en 1818 il y eut une légère secousse de tremblement de terre qui, plus forte dans l'Ile d'Amachnak, située dans le voisinage, y produisit de grands changements. » (Grewingk, p. 120.)

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