Ile Akttn ou Akoun
« Cette lie possède des montagnes parmi lesquelles il y en a une, située sur la côte NO., qui jette périodiquement de la fumée. Dans le voisinage sont plusieurs sources chaudes. On dit qu'il y a dans cette île des couches de charbon de terre (Postels, I. c. p. 21). » — Lat. 54«»17' N. et long. 1670 52' 0.
Suivant d'autres, il s'échappe constamment du volcan une fumée à peine visible. On y recueille du soufre au sommet. Deux bâtiments russes qui, de 1765 à 1770, visitèrent celle lle„ ainsi que celle d'Akutan, n'y signalèrent aucuns phénomènes volcaniques. Postels est le premier qui en ait fait mention. Sur une petite lie voisine, on remarque aussi des sources chaudes à marée basse (Grewingk, pMlC, 205et316).
Ile Unimak.
Le premier qui ait donné des notions exactes sur celle lie volcanique est Saikow, pilote russe, qui y a relâché plusieurs fois, de 1775 à 1778. « Le milieu de l'Ile, dit-il, est couvert de montagnes dans lesquelles se trouve un volcan qui brûle de temps en temps (Pallas, N. B , t. III, p. 281 et Grewingk, p. 103). » Il s'agit évidemment du Schischaldin que nous décrirons un peu plus lard.
Le 21 juin 1778, Cook vit aussi ce volcan dont il fixa la position, mais qu'il crut être sur le continent (voir noire seconde partie à celle date).
En juin 1790, Sarylschew et Sauer sont aussi passés près de cette île ; nous renvoyons ce qu'ils disent des volcans à la seconde partie de ce mémoire (voir à 1790).
«^ L'ile Ounimak, la plus septentrionale de cet archipel, est, dit Postels, dans sa direction principale du SO. au NE., coupée par deux séries de montagnes qui courent parallèlement et dont l'une se distingue par les trois montagnes Chichaldinskaïa, Nosofskaïaei Pogromnaïa. La première est située presque au milieu de l'Ile; elle a la forme d'un cône parfaitement régulier et s'élève à 1 263 toises: au milieu du sommet on voit un cratère qui est en activité continuelle. La situation des autres volcans d'Ounimak ne nous est point jusqu'ici exactement connue.
« Vers le milieu du mois de mars, en 1825,1a crête d'une chaîne de montagnes dans la partie NE. d'Ounimak, sur
le détroit d'fssanakh, s'ouvrit et vomit une longue rivière qui se dessécha Tannée suivante, et en outre une énorme quantité de cendres sous lesquelles faillirent périr lesAléoutes qui allaient du village de Chichaldinsk au détroit. On entendit à Ounalachka, pendant des journées entières, des détonations semblables à des coups de tonnerre. Jusqu'alors il n'y avait sur Tîle Ouniraak que le seul volcan Chichaldinski qui jetât des flammes; depuis cette éruption il n'en sort plus que de la fumée; et le nouveau cratère lance continuellement des cendres blanchâtres qui tombent sur les canots qui passent auprès, s'insinuent dans le nez, la bouche, les yeux, les oreilles des gens, et leur occasionnent un violent mal de tête.
a En 1826, le 11 octobre à 10 heures du soir, eut lieu une terrible éruption de cendres au milieu de Tile d'Ounimak, dans une plaine entre les montagnes. Au milieu de tremblements de terre continus il y eut une telle pluie de cendres que pendant plusieurs jours entiers les habitants du village Chichaldinski furent privés de la lumière du jour, et passèrent ce temps à la lueur des torches dans leurs maisons dont ils avaient bouché les portes et les fenêtres. Toutes les lies environnantes ferrent couvertes de ces cendres et souffrirent une perte Irréparable, yn violent vent d'ouest qui survint , poussa la cendre vers la presqu'île Aliaska où Ton se trouva également en beaucoup d'endroits plus de deux jours dans l'obscurité. Cette pluie de cendres dura, avec des interruptions, jusqu'au 38 décembre ; elle recommença avec toute sa violence en janvier 1827.
(c En mai, sur le volcan Chichaldinskoi, s'ouvrit un nouveau cratère un peu à l'est de l'ancien, et ce dernier continua à vomir des flammes.
d En novembre et en décembre 1830 (1), cette montagne
(1) Les notices postérieures à Tannée 1828 sont tirées du manuscrit du Père Jean Véniaminoff à Ounalachka (Note de Postels).
fit entendre de nouveau de violentes détonations, et lorsque les épais brouillards dont elle était environnée, se furent dissipés, on s'aperçut que toute la neige qui depuis longtemps se trouvait dans les profondeurs des ravins, avait disparu. Dans le mênae temps, sur les côtes N., S. et 0. du volcan, du sommet jusqu'au pied, il s'était formé des crevasses dans lesquelles du feu se montrait de temps en temps. Les crevasses du côté septentrional jetaient des étincelles et des flammes. En i 831, les crevasses se sont refermées. On trouve à Ounimak une foule de sources chaudes. Maintenant les tremblements de terre sont plus rares qu'autrefois Par places on trouve de la pierre-ponce, des scories et presque partout des masses de pierres qui portent l'empreinte d'une action volcanique (i). »
L'Ile d'Unimak,la dernière des Aleutiennes,dit Berghaus, est une île longue qui court du SO au NE. et relie d'une manière directe l'archipel à la péninsule d'Alaska oud'Aijaska. Elle est coupée dans sa longueur par une haute chaîne sur le dos de laquelle s'ouvrent plusieurs soupiraux de communication entre les feux souterrains et l'atmosphère : elle est le théâtre de révolutions physiques continuelles; la fermentation interne y est telle que, malgré le grand nombre de ces vastes cheminées, l'enveloppe externe est agitée de commotions violentes.
25. La plus haute de ces cheminées volcaniques est le Schilschaldinskot, situé presque au centre de l'île, par lat. 54*45' N. et lon^. 166*»19' 0. Le cratère qui domine cette montagne ou cône régulier se trouve à 1 400 toises (8953 p. angl.) suivant Lutke ou 1 263 toises suivant Postels, c'est-àdire 2729 ou seulement 2461 mètres. Les indigènes l'appellent Agajedan ou même Smagjuk, suivant Venjaminow.