‹ Sur les tremblements de terre de la péninsule scandinaveChapitre 31 sur 57 · Volcan Wrangell · texte numérisé non relu

Volcan Wrangell

Ce volcan, n^" 6 de M. Mannerheim, est aussi marqué en rouge sur la carte de M. W. Hermann, par environ 63»lat, N. et 147'' long. 0. Placé à peu près au sommet de l'arc que forme la côte nord-ouest d'Amérique à la baie Tschugatsch, il semble, avec les volcans de Cooksinlet, être les anneaux qui rattachent la grande chaîne volcanique, que nous avons étudiée jusqu'ici, à celle de la Terre-Ferme du continent américain. Ce volcan est peu connu ; de Buch, Berghaus et Landgrebe ne le mentionnent même pas. Hais comme les cartes de MM. Hermann et Mannerheim le placent assez avant dans les terres, il est probable qu'il se trouve sur cette grande chaîne dont nous venons de parler (2).

(1) Statistische und ethnographische Nachrichlen ûber die Russischen Bezitzungen am der Nordwestkûste von Amerika, Beitrœge zur Kenntnist des Russischen Reich, von K. E, v, Baer und Gr. v. Helmersen^ t. 1, p. 169. 1839.

(V) M. Mannerbeim Ogure, sur sa carte, une montagne se dirigeant dans le sens du méridien, au nord de la rivière de Cuivre. C'est sur cette ramification qu'est marqué le volcan, un peu au sud du 62* parallèle.

« AU nord de la chaîne cotière des monts Jakutats, dit H. Grewingk, se prolonge, entre des montagnes, dans le sens du méridien, une plaine assez étendue qu'arrose la rivière Atna. Sur la rive gauche, en vue d'une hutte construite par un russe qui a établi des relations de commerce avec les indigènes, s'élève, complètement isolée de la chaîne, une haute montagne, en forme de dôme, qui vomît constamment du feu, et dont le sommet est couronné de neiges éternelles. Ce pays est, plusieurs fois chaque année, ébranlé par de fortes commotions souterraines. »

Et en note : « Ce volcan a reçu le nom de Volcan Wrangell. Il est placé par lat. 62» N., et long. 142-143^ 0. de Gr. » (Loc. cit., p, 36.)

« Au-dessus de cette chaîne, dit de Bnch, s'élèvent deux pics que les navigateurs ont, avec beaucoup de vraisemblance, considérés comme des volcans, et tous les deux -atteignent une hauteur qu'on n'est guère accoutumé à trouver que dans les Andes.

40. c( L'un de ces pics est le mont Saint-Elias (Saint- Elie, Elias-Berg), dont Vancouver a donné une très bonne vue {Voy„ III, 204); lat. 60<» 17' 30" N., long. i38« 30' 33" 0. Sa hauteur, d'après Malaspina, est de 16 788 p. de Par., ou 8444 m. (Humboldt, Nouv. Mex., I, 238; II, 487. Krusenstern, Hydrogr, 227). VAnniuiire du Bureau des Longitudes de 1817 donne, pour cette hauteur, 16971 p. de Paris, ou 6 813 m. (i). » H. Scrope lui en attribue 18000.

41 . « L'autre montagne est le Cerro de Buen Tiempo (Mount Pair Wealher), lat. 88<» 48' N., long. 134« 84' 33"0. (L. c, p. 461). » Humboldt lui donne, d'après Malaspina,

(1) Dans le Cosmos, Humboldt ne lui donne que 16 749 pieds ou 5 441 mètres; mais, ajoute-t-il, la carte du capitaine Denham, dressée de 1853 à 1856, ne lui donne que 14044 pieds ou 4 562 mètres ^Cosmos, IV, 469). VArm, du Bur. des Long, de 1853 lui donne 5113 mètres.

13802 p. (4489 m.) de hautenr. « Cette montagne, dit-il, est couverte de ponce. II est vraisemblable qu'il y a peu de temps elle était encore enflammée, de même que le mont Elias »;(Cosmos, t. IV, p. 469 de la trad. fr.).H. Scrope lui donne 14610 pieds de hauteur.

L* Annuaire du Bureau des Longitudes de 1883 lui donne 4849 mètres. C'est le Gutwetter Berg^ n<'4de H. Mannerheim.

42. Volcan Krillon, n<* 3 de M. Mannerheim, marqué d'un point rouge sur sa carte par lat. 88** 30' environ. Je ne le trouve pas mentionné ailleurs.

43. « Le mont Edgecumbe,lat.87»3'N.,etlong. 137«»38' 0., dit de Buch (t.c), a été reconnu comme un volcan par le capitaine Lisiansky, qui, en 1796, Ta vu brûler et dégager d'abondantes fumées. Il s'éleva sur sa cime et trouva que sa hauteur était de 2800 pieds. D'après M. Ernest Hoffmann, qui Ta déterminée en 1828, cette hauteur serait de 2 883 p. (927 m.). Selon ce dernier, la montagne serait composée de porphyre basaltique, à cristaux de feldspath, et les flancs seraient recouverts de pechstein et de pierres-ponces [Arch. des Mines de Karsten, 1829, 287). «

f( UEugecumbe ou Mont Saint-Lazare, dit Postels, est à 12 milles italiens vers le NU. de Novo-Arkhangelsk, et atteint une hauteur de 2800 pieds. Jusqu'aux deux tiersde sa hauteur, il est coupé par de profonds ravins et couvert des forêts les plus épaisses. Le sommet, qui est aplati, montre un grand bord de cratère qui, présentement, enferme un lac dont le tour doit avoir six milles italiens. En 1796, il jetait encore des flammes et de la fumée; mais, huit ans après, le capitaine Lisiansky monta sur son sommet, et le trouva déjà en repos. Le pied de cet ancien volcan est, à l'Est, au Sud et au Nord, immédiatement baigné par les vagues de la mer, qui ont creusé dans la roche des sillons , des trous , des grottes et des crevasses très profondes, ce qui donne au rivage un aspect horriblement

ravagé et déchiré. En quelques places isolées, on voit une marge étroite de sable gris mêlé de grains d'olivine ; elle est couverte de gros amas d*algues épaisses, production qui abonde d'une manière toute particulière dans la mer des environs de Sitkha. Cette roche consiste principalement en basalte porphyrique, compacte et poreux; le premier est riche en beaux grains d'olivine et se divise , en quelques endroits, en petites plaques régulières et prismatiques; le dernier présente souvent une masse plus ou moins scorifiée, remplie de cristaux de feldspath vitreux. Des galets de scories, de pierre-ponce, de pechstein et de masses argileuses, se trouvent partout dispersés et deviennent plus nombreux à mesure qu'on s'approche du sommet. Dans les enfoncements des ravins, on trouve, en outre, des blocs de traumates, et plus rarement de syénite granitique. Je ne pus réussir à atteindre le cratère; des pluies continuelles et le manque d'une escorte suffisante m'en empêchèrent. A l'ouest de TEdgecumbe s'étendent encore deux montagnes remarquables; elles sont arrondies et tout à fait boisées. De ces montagnes part, dans la direction du nordouest, une chaîne dont la hauteur diminue vers la mer (1). »

Dans son voyage autour du monde avec Kotzebue, M. Ernest Hoffman a relâché à Sitka en septembre 1824 et dans l'été de 1835. Il a visité le mont Edgecombe.

« Nous nous sommes rendus dans l'Ile, dit-il, sur un baïdar aleutien. Nous avons abordé sur la côte SE. dans le voisinage de la montagne.

« Là le sol est formé d'un basalte porphyrique, gris,

(1) Lutke, Voyage autour du monde pendant les années 1826-1829, t. III, p. 15-17. Paris, 1836, in-S». L'expédition relâcha à Novo-Arkangelsk, du 24 juin au 31 juiUet (v. st.) 1827.

impur, contenant des cristaux de feldspath vitreux, et divisé en tables voûtées de six pouces d'épaisseur.

«< Le chemin qui conduit au volcan traverse des forêts de sapin dans un sol bas et couvert de mousse ; il monte ensuite rapidement d'une centaine de pieds^ et s'étend sur une plaine qui forme le premier gradin de la montagne. Après plusieurs montées successives, on trouve un second plateau boisé, sur lequel s'élève isolé le c6ne du mont Edgecombe. On aperçoit seulement quelques collines au NE. Nulle part la roche ne se montre en place; mais on rencontre beaucoup de cailloux ou fragments de basalte porphyrique, de porphyre schisteux et de pierres-ponces.

« Le cône se compose de scories (Schiacke) argileuses avec des nids et des veines de pechstein. Les pentes sont recouvertes en partie par la végétation et en partie par des débris de pierre-ponce. Quand nous arrivâmes à la moitié de la hauteur du cAne, nous fûmes enveloppés par un brouillard accompagné de bourrasques si violentes que nous pouvions difficilement nous tenirdeboutet que nous fûmes forcés plus d'une fois de nous mettre à plat ventre. Le vent soulevait la poussière et même les débris de pierre-ponce et les emportait comme de la suie ; heureusement aucun de nous ne fut blessé.

« Au sommet de la montagne qui s'élève de 2 852 p. 8 au-dessus de la mer, s*ouvre une cavité profonde qui est probablement l'ancien cratère, Autant que nous pûmes le voir par le brouillard, les parois en sont verticales. Le capitaine Lisiansky donne à ce cratère un périmètre de quatre verstes et une profondeur de i8 toises. Quand nous le vîmes en juillet (i825X, le fond était couvert de neige.

c Nous revînmes en suivant leljt desséché d'un ruisseau dans lequel je trouvai encore des scories, de la pierre-ponce, du pechstein (pierre de poix) et beaucoup de grauwacke. Nous atteignîmes la côte au point où nous avions abordé et nous dûmes la longer au SO. Nous vîmes partout le même

basalte porphyrlque scoriacé ou impur (schlackiger). Sur un contrefort de la montagne se montrait une masse de basalte compacte contenant de Tolivine et à parois verticales. Une de ces parois formait un arc aplati dans lequel les tables ou lames de basalte (Basaltplaten) simulaient une espèce de voûte construite en tuiles. L'intérieur en était rempli par une roche compacte » (1).

Voici ce qu'en dit de Humboldt : « LeHount Ëdgecumbe ou montagne de S*-Lazare est sur la petite île nommée par Lisiansky Croze's kland, qui est dans le détroit de Norfolk, à Touest et auprès de la partie septentrionale de Tile Sitka ou Baranow. Elle avait été vue déjà par Cook* C'est une colline composée de basalte riche on olivine et de trachyte feldspathique, haute de 2600 pieds seulement. Sa dernière grande éruption, qui a amené beaucoup de pierre-ponce à la surface, date de i796 (voy. Lutké, Voyage autour du monde, t. III, p. 15). Huit années plus tard, le capitaine Lisiansky a gravi jusqu'au sommet où se trouve un cratèrelac. Il n'a rencontré sur toute la montagne aucune trac« d'activité volcanique. ^ {Cosmos, t. IV, p. 668, note 71 relative à la page 301.)

M. Scrope lui attribue 3 040 pieds de haut. En i806, ajoute-t-il, on trouva un lac dans le cratère; il était alors tranquille. Des sources chaudes jaillissent du granité dans le voisinage.

Depuis 1842, un observatoire magnétique et météorologique est établi à Sitka. Il est probable que si le volcan manifCvStait quelque activité extraordinaire, les observateurs de Sitka le noteraient : or il n'en est nullement fait mention dans Y Annuaire magnétique et météorologique des ingénieurs des mines de Russie que je dois à l'obligeance affectueuse

(1) Geognostische Beobachtungen ^ angestellt auf einer Beige um die Weli, in den Jahren 1828 bis 1826, p. 44-45. Berlin, 1819, 78 p. in-8*.

de H. KQpffer. On y signale seulement trois secousses de tremblement de terre ressenties à Sitka le iS décembre i843 (vide infta). Le volcan est donc actuellement dans une période de repos non seulement extérieur, mais intérieur même, car un seul tremblement en vingt ans est l'indice d'une activité sinon éteinte, au moins bien assoupie.

 la suite de ces volcans de la Terre-Ferme, je placerai les suivants qui, malgré leur position avancée vers le sud, me paraissent se rattacher à la série volcanique que j'étudie dans ce travail.

44. Le mont Brown (hauteur iSOOO pieds ?), et un peu à l'est, le mont Hooker (hauteur 15700 pieds?) sont signalés par Johnson comme de hautes montagnes de trachyte douées autrefois d'activité volcanique, et situées dans la Nouvelle-Calédonie, par 52« 15' de latitude, 120» et 122» de longitude, c'est-à-dire, ce qui est un fait remarquable, à 75 milles géographiques de la mer.

« Si nous quittons la chaîne côtière, dit H. Scrope, pour nous enfoncer dans l'intérieur, nous trouvons la Pyramide Mountairiy Mount Brown (16000 pieds) et Mount Hooker (16730 pieds), 52» 25' {sic), hautes montagnes volcaniques de trachyte, dans la Colombie Britannique, s'élevant sur la chaîne centrale des Rocky Mountains, près des sources de la rivière Columbia, à des distances de plus de trois cents milles de la côte du Pacifique. » (Poulett Scrope, Volcanoës, p. 454, London, 1862, 2« édit., in-8».)

45. Le mont Baker, vaste volcan, situé sur le teritoire de Washington (lat. 48» 48') ; sa hauteur qui ne parait point avoir été mesurée, est considérable ; sa forme est exactement celle d'un cône.

M. Scrope lui attribue 10700 pieds de hauteur et le range parmi les volcans encore actifs (1. c, p. 454).

Le mont Olympus (lat. 47» 50^) à six milles géographiques au sud du détroit San-Juan-de-Fuca, est simplement cité par de Humboldt ; je ne l'ai vu nulle part signalé comme

volcan, si ce n'est par M. Scrope qui le cite, mais sans détails, parmi les montagnes volcaniques de cette région

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