Le mont Reignier, que Ton écrit aussi Rainier (lat
48'), à l*est-sud-est du fort Nisqually, sur le détroit de Puget qui communique avec le détroit de San Juan-de-Fuca, longtemps célèbre dans l'histoire des découvertes deTocéan Pacifique. D'après la carte routière publiée par Edwin Johnson en i854, ce volcan a 4 1 567 pieds de hauteur (12 230 pieds anglais ou 3 757 mètres); il a eu de violentes éruptions en i84i et 1843.
47. Le mont Saint-Helen's, au nord du Rio-Columbia (lat. 46" 12'). D'après Dana, ce voirnn n'a pas moins de 14100 pieds (4295 mètres) de haut. Simpson ne lui donne que 12 700 et Wilkes 9 550 pieds. Il est encore actif et porte à son sommet un cratère d'où sort continuellement de la fumée. Il est couvert de neiges éternelles; il offre le bel aspect d'un c6ne régulier. Eruptions en 1842 (voyez la seconde partie de ce mémoire).
Berghaus place cette montagne par lat. 45** 37' 46* N. et long. 119" 53' IT 0. Elle est ordinairement couverte de neige. « Récemment (neuerlich), dit-il, a eu lieu une éruption qui a été précédée d'un tremblement de terre. Un brouillard épais couvrait l.) montagne. Quand, deux ou trois jours après, il se fut dissipé, la neige avait disparu et l'on vit que le flanc du volcan était sillonné de diverses lignes qu'à l'aide de la lunette on reconnut pour des coulées de lave » (1).
Le montAdams(lat.46"180, est situépresque exactement à l'est du volcan Saint-Hclen's, mais séparé de la côte par
(1} Opère citaio, t. II, p. 769. Ce Tolume a été imprimé en 1887. Ainsi, Téniption que signale Berghaus, sans en donner la date, est antérieure de quelques années à celles de 1842.
plus de 28 milles géographiques, tandis que le mont Saiot- Helen's n'en est éloigné que de 19 milles.
48. Le mont Hood (lat. 4S<' 100* Cette montagne est certainement un volcan éteint, recouvert de lave cellulaire. D'après Dana, sa hauteur est comprise entre 14000 et 15000 pieds (4264 et 4579 mètres), ainsi que celle du Mount S' HelenX qui occupe dans la rangée volcanique une place un peu plus septentrionale, et est cependant moins élevé. Le mont Hood a été gravi au mois d'août 1853 par Lake, Olney, Travaillot et Heller. Tout récemment, le 20 août 1866, l'ascension en a été effectuée par H. A. Wood qui en a fait à l'académie californienne un rapport que je reproduis d'après le Courrier de San- Francisco,
c Le 20 août dernier, dit-il, en compagnie du docteur Aïkinson, de Portiand, du révérend J. OeardoB, de Walla- Walla, et de trois autres, j'arrivais au sommet du mont Hood. Notre dernier campement avait été sur le sommet de la chaîne des Cascades (Cascade-Range) . De là au point où nous nous trouvions, il y a onze milles d'une montée fatigante, dont la rapidité augmente à mesure que l'on approche du sommet.
« Le jour était sans nuage; un vent du sud-est chaud et violent amollissait la surface de la neige et favorisait notre ascension, quoiqu'il nous causât beaucoup d'anxiété par la crainteoù nous étions de, le voir détacher quelques-unes des prodigieuses masses de neige suspendues au-dessus de nos têtes. Nous avions quitté le camp à la pointe du jour; neuf heures et demie plus tard, à deux heures de l'aprèsmidi, nous étions au sommet. Notre appareil pour mesurer les hauteurs se composait de deux baromètres (anéroïdes), d'un thermomètre, d'une tasse d'étain et d'une lampe à esprit-de-vin. Les deux baromètres ne purent nous servir^ ils n'étaient pas faits pour de telles hauteurs; mais nous fîmes bon usage de notre thermomètre.
« L'ascension fut excessivement difficile et non sans dan-
ger. Les longues chaleurs de Tété avaient produit leur effet sur la neige et ouvert des crevasses d'une profondeur invisible le long de notre chemin. Nous examinâmes plusieurs de ces crevasses sans pouvoir découvrir autre chose que deux murs solides d'une glace bleuâtre, puis Tobscurité la plus noire. Nous pûmes entendre le bruit de Teau roulant apparemment en torrent. Il nous fut impossible d'éviter de traverser une de ces crevasses ; celle-ci avait un mille de long sur une largeur variant de 10 à 100 pieds. Nous la traversâmes à l'endroit le plus étroit, bien entendu, et à l'aide d'une corde et de nos bâtons ferrés. Enfin, étourdis, haletants, exténués, nous nous traînâmes cependant jusqu'à la crête de ce monarque des montagnes.
« Le sommet, en forme de croissant, est de dimensions très limitées; un demi-mille de longueur, et de 3 à 50 pieds de largeur. C'est une place effrayante : au nord, la roche tombe à pic, présentant un mur perpendiculaire d'un mille de hauteur! Ce point s'élève si au-dessus de tout ce qui l'environne, qu'à Texception des quatre pics neigeux dans le lointain au nord, et du mont Jefferson au sud, le pays semblait s'abaisser à un niveau uniforme et l'horizon s'éloigner à plus de 200 milles, découvrant presque tout l'Orégon et le territoire de Washington. Il faut laisser au lecteur le soin d'imaginer la sublimité de ce spectacle. Une gorge d'une profondeur énorme, qui plonge le long du flanc sudest de la montagne, était en partie remplie par un glacier évidemment en motion, et se terminait au-dessous d'une façon très abrupte. Des moraines latérales indiquaient la marche du glacier sous lequel s'échapait un torrent.
a Tandis que nous considérions ce spectacle, une avalanche de rochers, masse immense détachée par le vent, roula en grondant le long des flancs de cette gorge, soulevant sur son passage un nuage de fumée blanchâtre. A l'ouest de l'ancien cratère, à la base d'un énorme pinacle de rochers escarpés, se trouve encore un abîme ouvert
d'où s'échappent constamment des volumes d'une fumée fortement sulfureuse. La chaleur qui existe à cette place est rendue évidente par l'immense dépression de la neige qui s'affaisse là de phis de 1 000 pieds au-dessous de celle qui remplit jusqu'au bord les autres parties de l'ancien cratère.
« Nos baromètres étant, comme je l'ai dit, devenus inutiles à cette hauteur, il nous fallut nous contenter de notre thermomètre tout seul. Il nous servit à constater le degré de l'eau bouillante à quatre stations différentes : au campement, sur le sommet du Cascade-Rangé, 204 degrés Fahrenheit; à la limite des derniers arbres, 195 degrés et demi; à la limite de toute végétation apparente, 192 degrés; et enfin, au sommet où, après les efforts les plus persévérants, à cause de la violence du vent, nous réussîmes, à l'aide de la lampe à esprit-de-vin, à changer une partie de neige en coupe d'eau bouillante, le mercure se tint ferme dans la coupe à 180 degrés. Ces divers résultats, changés en pieds d'élévation, suivant les règles universellement adoptées, indiquent ainsi qu'il suit les différentes hauteurs: Cascade- Rangé et pied du mont Hood proprement dit, 4400 pieds; limite des forêts, 9 000 pieds; dernière limite de la végétation, 11000 pieds; et sommet de la montagne, 17 000 pieds.
« Nous espérons que l'on pourra obtenir plus tard la preuve de ces calculs à l'aide du baromètre et de la triangulation. En attendant, nous avons adopté l'estimation ainsi faite comme la hauteur de ce pic sublime, et nous accordons au mont Hood l'honneur d'6tre le point le plus élevédes Etats-Unis, sinon de l'Amérique du Nord.» {Courrier de Sati'Francisco du 29 septembre 1866.)
Le mont Swahhos ou Saddle-Bll, au SSE. d'Astoria, a un large cratère éteint et écroulé.
Un YOlcan éteint.
Des mineurs, revenant dernièrement d'une tournée d'exploration au sud de l'Etat de Nevada, eurent occasion, pour regagner Austin, leur point de départ, de traverser un des pays les plus curieux qui soient au monde. On pourrait appeler cet endroit le district volcanique. C'est un immense bassin plein de débris résultant de l'ignition, tels que laves, scories, etc. Quand nous disons plein de débris, nous voulons dire que la contrée environnante en est couverte pendant des milles et des milles. La montagne, au sommet de laquelle est le cratère, semble avoir été fendue en deux par quelque formidable puissance interne pour donner passage à deux ruisseaux de lave, lesquels sont descendus dans la vallée pour se mélanger et ne former qu'un tout compacte et immobile. Sur une étendue de plusieurs milliers d'acres le sol a disparu sous cette couche de lave, dont la superficie, onduleuse comme la mer, offre des cavités et des sommets variant de 50 à 100 pieds de j)rofondeur ou de hauteur. Une inspection attentive rend sensible à rœil de l'observateur le nombre et la différence des éruptions qui se sont succédé pour produire ces monceaux de matière. La plaine, à des distances fort grandes, est couverte de cendres, et tout signe de végétation a disparu d'alentour. Quelquesuns de nos mineurs ont visité le cratère de ce volcan éteint; il a 80 pieds de profondeur environ sur 200 de diamètre. Sur ses bords et suspendus aux parois il y a comme des bavures de lave et de matières fondues puis solidifiées par le temps; c'est tantôt de la lave et tantôt du cristal. Des échantillons de l'un et de l'autre ont été apportés en ville. — Reveille. {Courrier de Satt-Francisco, 10 novembre 1865.)
Ce volcan se trouverait à l'est du Saint-Hélène, mais un peu plus au nord.
ET PHÉNOMÈNES VOLCANrQUES. 85