Le 15 du i^ mois , autre tremblement
La même année, éruption du Fousi-jama, le même que le précédent. (Cosmos, t. lY, p. 416.)
1007. — La dixième année du règne de Mou-sfmg^ roi de Corée , qui répond à la 4* année de King-té de la dynastie des Song (l'an 1007 de J.-G.), il y eut une montagne qui s'élança du fond de la mer, au sud de la Corée. Lorsqu'elle commença à surgir, des nuages et des vapeurs répandirent une obscurité profonde ; la terre trembla avec un bruit semblable au tonnerre. Au bout de sept jours et de s^pt nuits Tobscurité commença à se dissiper. Cette montagne
Sun LES TREMBLEMENTS DE TERRE. 35
était haute d'environ 100 tchang ( 1000 pieds); elle pouvait avoir environ M lis il lieues) de circonférence. On n'y voyait ni plantes, ni arbres. Une fumée épaisse enveloppait son sommet De loin , elle ressemblait à une masse de soufre. L'empereur envoya un savant, nommé Thien-kongtchi, pour l'examiner. Arrivé au bas de la montagne, il en fît le dessin et le présenta ensuite à l'empereur (Stanislas Julien, dans les Comptes rendus^ t. X, 1840, p. 855).
1032. — Eruption du Fousi-jama. ( Cosmos, IV, 416).
1041. — Le 1^ du 1*' mois, tremblement furieux au Japon.
i065. — Eruption du Fousi-jama. (Cosmos^ lY, 416).
1158. — 8^ mois , grand tremblement,
1239. — L'une des plus mémorables éruptions du Sira-yama ou Kosi*no Sira-^yama , ou Mont Blanc de Kaga, au Japon (Humboldt, 1. c.)
1267. — Le 23 du 2* mois, grand tremblement. De Hoff donne la date de 1258.
1307. — S^ mois , fort tremblement.
1336. — 8^ mois , grands tremblements.
1402. — Tremblements pendant tout l'hiver.
1404. — A Nasno (prov. de Simotski), une montagne commença à brûler et à jeter des pierres et des cendres ; mais la flamme cessa peu de jours après.
1405. — Eruption dans l'ile de Niphon, suivant Kéferstein.
1407. — Automne pluvieux, ensuite tremblemrats de terre.
1466. — Plusieurs tremblements, particulièrement le 29 du 12^ mois.
1494. — Le 7 du 8* mois, autre grand tremblement.
i&lO^. — Plusieurs tremblemeiits désastreux. — Kéférstein cite Taunée 1511, mais ne parle pas de 1510.
1543. — Le 25 septembre et le 2 octobre, plusieurs volcans étaient en éruption dans Tarcbipel de Magellan (tles Bonin).
« En cette année , D. Antonio de Mendoça, vice-roi du Mexique, envoya une flotte à Mindanao, sous le commandem^nt de Huide Lopez. Après avoir visité les Philippines, cet amiral renvoya un nommé Barthélemi de Torre, sur un petit bâtiment, pour rendre compte de sa mission au vice-roi..
» Le 25. septembre, B. deTorre vit certaines ile&qull nomma Malabrigos. Plus loin, il découvrit Las dos Hermanas (les deux Sœurs), et au-delà quatre autres iles qu'il appria hs Volcanes (les Volcans)*
» Le 2 octobre , il vit VUe Far fana, au-delà de laquelle s'élevait un rocher pointu qui vomissait, du fétt en cinq places). » (!)•
Cet archipel est peu connu. H y a une tle désignée sous le nom A^Ue du Soufre, et une autre sous celui de Volcano.
1554. — Eruption du volcan Kosi-no-sira-yama , au nord du lac Mitsou-oumi et des provinces d'Ooml et dletsisen. Là plus mémorable éruption de ce volcan qu'on appelle ansaî le Mont Blanc de Kaga est , avant celle-ci , celle de 1259. (Humboldt, Fragm. asiat., p. 229; Klaproth, dans les Nàuv. Ann. des Voyages, nov; iSSO, p. S14.)
1556. — Tremblement au Japon. En 1557, pluies de pierres aux environs de Meaco.
1584 — Tremblement ait Japon.
(1) Parcbu, Bis Pilgrimes, t. II, liv. X, Gh. 2, p. i696. London, 1635 , 4 vol. in-fol. Il cite Ramusio que j*a} to et qui n'apprend rien de plus. Aucune lie n'y esi nommée.
SUE LES TRfiMBLfillfiNI S DE TERRE. 37
1585. — 4 saptdœbre, à minuit, la ville d'Osacca a reçu de Curieuses secousses d'uu tremblement de terre qui fut si terrible, qu'au eust dit que la dernière ruine du monde estoit venue. On vit en une demi-heure une infinité de maisons bouleversées jusques aux fondements» et les gôns écrasez par centaines sous les ruines. Les principaux édifices furent les premiers renversez et entr'autres Touvrage ou l6 bastimeat le plus beau qu'il y ait jamais eu sous le ciel, lequel avoit ôsté basti par Tayco^ama et qui estoit entouré de galeries si spacieuses, qu'on y pouvoit ranger 150 000 hommes en ordre de bataille. 11 avoit achevé cette merveille du monde , dans le temps qu'il atteadoit une fameuse ambassade de la Chine, à qui il vouloit faire montre et parade de la puissance de son empire, par un si superbe et si merveilleux bastiment ( Ambassades mémorables de la Compagnie des Indes orientales des Provinces- Unies vers les Empereurs du Japon , 1 , 68. Amsterdam , chez Jacob de Meurs, 1680, en 2 parties in-fd.)
IS8& •*— Au Japon, tremblement le plus violent qu'on y ait jamais ressenti. Les secousses ne finirent qu'après quarante jours et s'étendirent depuis la province de Sacaja jusqu'à Miaco. 11 renversa soixante maisons dans la ville de Saeaja. Diagafama, qui est une petite ville d'environ mille maisons dans le royaume d'Oomi, fut à moitié engloutie, et l'autre moitié fut consumée d un feu qui sortit de la terre. A Miâco, plusieurs maisons furent ruinées, av^cun fameux temple des idoles. Dans la province de Facata, il y avait une petite vîUq fort fréquentée par les marchands, et appelée apssi Nagafama par les habitants, qui après avoir souffert d'horribles secousses pendant plusieursjours,lamer s'enfla tellement que l'impétuosité des flots jeta les maisons par terreietles entrahia dans la mer, engloutit tous les habitants et ne laissa pas la moindre trace d'une ville si riche cl si
marchande , hormis l'endroit où était le château, et encore était-il sous leau. Il y avait une forteresse dans le royaume de Mino , située sur une haute montagne ; après plusieurs violentes secousses, la terre s'étant entr'ouverte, engloutit la montagne et la forteresse, et un lac parut au lieu où elle était I^ même chose arriva dans la province d'Ikeja. Il y eut en divers endroits du Japon des gouffres et des ouvertures de terre si larges et si profondes qu'un mousquet ne portait pas d'un bout à l'autre ; et il en sortait une odeur si mauvaise que les voyageurs n'osaient pas passer vers ces endrpits-là. Lors* que ce tremblement commença, Quabacunduno (appelé ensuite Taicosama) était à Sacomot, dans le chftteau d'Achec; mais la peur qu'il eut le fit retourner en poste à Osacca, où il se croyait plus en sûreté; ses palais souffrirent de furieuses secousses, mais ils ne furent pas néanmoins renversés. (Ksempfer, Hist. du Japon, trad. française, 1. 1, p. 90, d'après une lettre écrite le i5 octobre 1586, de la province de Nagatta, par le P. Froës , et insérée dans le Recueil de Rebu$ Japonicis du P. Hay). L'auteur donne ailleurs (p. 167) la date du 29dul2^ mois, et dit que les secousses continuèrent presque un an entier* Il indique 1588.
Gueneau de Hontbeillard donne la date mensuelle de septembre ou octobre (CoU. acad.). Von Hoff donne celle de septembre, d'après le baron Zach, Carresp. ast., t. X, p. 472. Voyez encore Hi^. gén. des Voyages, t. X , p. 652 ; Bertho- Ion, ITûl. des Météores, t. I, p. 364; Charlevoix Q. c.). Bonito, Terra tremame; BoUandistes, au 5 février.
1505. — Le 6 août, tremblement à Méaco; la ville fut ruinée. (Von HofiT, d'après Dan. Bart Asia, p. II, 1. II ; Vivenzio, p. 17, même source).
1506. — Le 22 juillet, au Japon, tremblement qu^i détruisit les villes d'Ochinofama, Famaoqui, Ëcuro, Fingo et Cascicanaro.
La mer s'avança fort avant sur les terres qu'elle dévasta en se retirant. Des vaisseaux furent engloutis dans les ports. Les secousses eurent lieu immédiatement après une pluie de cendres , de sable rouge et d'une matière qui ressemblait à des cheveux de femme. (Coll. Âcad.; Hist. des anc. révolutions du globe (Krueger, Amsterdam, 175%), d'après Purchas, liv. y, chap. 6, p. 599; V. HoflF cite Zappel; Ksempfer, 1, c, renvoie au P. Hay).
1596. — 30 août, vers 8 heures du soir, tremblement qui causa de grands ravages dans presque tout le Japon. Il recommença le 4 septembre et redoubla d*une si étrange manière, qu'encore qu'il n'eut duré qu'une demi-heure, à différentes reprises, tous les palais que l'empereur a fait construire à Ozaca, où le tremblement fut plus sensible, furent renversés, et ce qui augmenta considérablement l'horreur du désastre, c'est qu'en plusieurs endroits on entendit sous terre des mugissements, des coups semblables à ceux du tonnerre et comme le bruit d'une mer extraordinairement agitée.
Le lendemain, à 11 heures de la nuit, le ciel étant fort serein, il survint un troisième tremblement dont les deux premiers ne semblaient avoir été que les préludes; il fut aussi accompagné de cris, de hurlements et d'un bruit semblable à des décharges de canon. Il s'étendit fort loin ; quantité de villes furent entièrement renversées, et surtout celle de Fucimi. Il ne resta du palais de Tayco-sama, que la cuisine, où il se sauva presque nu, portant son fils entre ses bras. Sept cents de ses concubines furent écrasées sous les ruines. Le nombre des autres personnes qui eurent le même sort dans toute l'étendue de l'empire est incroyable : mais on prétend, cest qu*U n^y péril aucun chrétien; ce qui est certain, c'est que toutes les maisons d'un côté d'une rue étant tombées à Sacai, celle d'un chrétien nommé Roch , où l'on avait
CQulume 4e s'assembler pour la prière et .pour traiter des affaires de religion, resta seule sur pied et ne reçut aucun dommage.
L'empereur, qui avait passé la nuit dans de grandes alarmes, se retira le lendemain sur la hauteur voisine^ d'oA, considérant les tristes effets du terrible accidéhtt il s'écria, diton, que Dieu le punissait, avec jusiice, d'avoir entrepris ce qui était au-dessus d'un mortel. Les crevasses qui parurent en plusieurs endroits, dans la campagvei^ ^t les seçi^usses qui continuaient à se faire sentir de temps en temps, obligèrent ce prince à demeurer quelque temps dans une cabane de jonc, qu'il se faisait dresser tantôt dans un endroit, tantôt
dans un autre (1).
Mais ce qui causa les plus grands ravages, ce fut jm gonflement de la mer dans le détroit qui sépare le Nipon et le Ximo, et sur lequel est bâti le fort de Ximonoseki ; il fut si extraordinaire que tout le pays fut inondé jusqu'à Méaco d'une part, et de l'autre, jusqu'à l'extrémité du Bungo et à Facata. On remarqua encore que dans une ville du Bungo nommée Voquinosama, où il n'y avait qu'un chrétien, il fut le seul qui se sauva, et que la forteresse qui y avait été bâtie depuis peu, ou réparée en partie des débris des églises de Fucbeo, fut entièrement détruite. La plupart des temples de Méaco, de Jesan et les plus célèbres sanctuaires du Japon furent pareillement renversés, et il périt un très-grand nombre de Bonzes sous les ruines de leurs monastères. On ajoute que le petit lac de Jesan inonda aussi tous les pays circonvoisins; quil parut agité comme la mer pendant une violente tempête, et que partout où l'eau se répandait, on la voyait
(1) L'aatear dit an peo plus loin qac Tempereur réaoit sa cour le 39 septembre h Ozaca, qui avait horriblement sooffert du tremblement. Néanmoins, le ^ octobre «Dffv^nt, H y eut de grandes lètes pour une récepUon d'ambasiideors.
SUR L£S TR£M]ILfiilfiriT& DB TSRHE. 41
badilloniler, comme ^i dte eût passé sur une twjre emk^uée (Charlevoix, Hist. du Japon, t. IV, p. 20-22; Balaguer,p. <47.;
Dans VHisL de la Comp. de Jésus, aa Japon ; le P. D. Bartoli donne la date da 22 juillet pour la date de là pluie de cendres, de sable, etc., et celle du 6 août, pour le commencement des secousses qui se renouvelèrent pendant un mois.
— Le 4 septembre, à Meaco, nouvelles secousses pendant trois heures. (Yivenano, 1. c).
1596. — Tremblement si furieux que la moitié de jla ville de Piongo en fut abysméç^ maisons., temples et gens furent ensevelis dans un horrible gouffre, et le reste bouleversé d'une manière, qu'à peine y voit-on encore aujourd'hui quelques ruides, par un exemple du jugement redoutable de la majesté divine»
Il n'y a rien dô plus commun dans le Japon et dans l'Âmerique, que les tremblements de terre. (Ambassades mémota^ blés, déjà citées, 1,77. Amsterdam^ Jacob de Meurs, 1680, foL)^
On y Ut plus haut, p. 52 : « Les maisons y sont chétivas, quarfées, et aussi hautes que larges, à cause des tremblements •de terre, qui aont fort ordinaires .dans le Japon..» Le$ bastiments de pierres y sont fort rares ; parce que lea tremblementp de terre les renversent aussitôt. »
Et encore : « Mais le Japon a toujours été le pais du monde le plus affligé des tremblements de terre, » (L. c. p. 78).
En 1596, Linschoten fait mention de l'Ile Iwo-sima; elle renferme un volcan qui, dit-iU est une montagne de soufre ou de feu. (Cosmos, t. IV, p. 416, où De Humboldt rappelle encore que Sima signifie lie, et Iwo soufre.
1S98. — Au Japon, fortes secousses pendant un ibois entier. (Von Hoff, d'après Kœmi^r; p. 237). G'^tail la 11'' mnée de l'empereur qui commençai régner en 1S87. Kd&mpfër
(édition française, p. 168) donne la date du I2P jour du 7* mois.
1606. — Tremblement au Japon. Près de llle de Fatsisio, il s*en éleva une nouvelle pendant la nuit (V. Hoff, même source). Kœmpfer donne la date du 15* jour du 12* mois de la 19* année du règne de l'empereur, pour Tapparition de rtle nouvelle; il ne parle pas du tremblement de terre. (L c p. 168).
1615. — Au Japon, tremblement violent. (V. Hoff, même source). Kœmpfer (1. c. p. 169) donne la date du 25* jour du 10* mois de la 3* année de Daiscokwo, qui commença à régner en 1612.
1616. — Au Japon, tremblement très-désastreux. (V. Ho£F cite Montanas , Japonische Gesandtsch.^ p. 205, et fait observer que ce phénomène est peut-être le même que le précédent).
1637. — Le 17 octobre, le jésuite Marcello Martrillo, eut la tète tranchée à Nangasachi , après des supplices infinis, suivant la prédiction qu'il en avait faite ; suivit aussitôt un grand tremblement de terre. (Bonito cite Girardi, auteur du Dtar. à la date du 17 octobre).
1643. — Fin septembre. Durant qu'ils- ( Schaep et Bylvelt, détenus par les Japonais^ tremblaient au-dedans, un tremblement de terre les faisait trembler au dehors. Au plus fort de leur peine , les murailles de leur logis s ébranlèrent à vue d'œil, les poutres craquèrent, le toit tomba, les portes et les fenêtres sautèrent de leurs gonds, la terre frémit sous leurs pieds, en un mot, tout changea de place.
Les Japonais tâchèrent de leur faire croire que ce que la terre tremblait, c'était qu'un grand monstre marin frappait le rivage de sa queue, et qu'autant de fois qu'il le faisait, tous
SUR Ll^ TREMBLBIIENTS DE TERRE. 43
les lieux d*aleBtour tremblaient. Lorsque ces tremblements arrivent» toute cette nation est furieusement consternée ; aussi ont-ils de tristes expériences de ces fonestes accidents qui ont abîmé des montagnes, renversé villes et villages » et ruiné de fond en comble des provinces toutes entières. A ce spectacle, les Hollandais élevèrent leur cœur à Dieu, priant sans cesse dans un temps où ils avaient à craindre d'être écrasez à tout moment sous la chute de la maison. Craindre dans ces rencontres n'est pas une terreur panique» ni une marque de faiblesse. Il n'en est pas des tremblements de terre comme des autres maux auxquels les hommes sont sujets ; il est quelque ressource aux autres, mais quel remède à celui-cy? et qui pourrait cesser de craindre en voyant trembler sous ses pieds le fondement de toutes choses ? On a des fossez, des rempars, et cent autres moyens de défendre à un ennemi l'entrée des villes et des forteresses. On trouve des ports dans les tempêtes ; on peut fîiîr les embrasements quelque grands et imprévus qu'ils soient. Enfin, la peste, ce redoutable fléau des hommes, dépeuple bien des villes , mais elle ne les engloutit pas ; au lieu qu'un tremblement de terre peut abîmer montagnes, villes et provinces, et une infinité de peuples sans qu'il en reste aucun vestige.
Quelque frayeur qu'eussent les Hollandais, elle n'était point si mortelle que celle des Japonais. La confiance qu'ils avaient en Dieu les fortifiait, de sorte qu'ils en étaient plus intrépides. D'ailleurs, leur vie était si traversée, l'état où ils se trouvaient, si fragile et si misérable, que rien ne les touchait
Ce tremblement ayant commencé vers le soir, dura bien quelques heures, mais il ne fit point de ravages qui fût comparable aux précédents ; car il arrive très-souvent que la terre s'ouvre en ces rencontres, et qu'après avoir abtmé villages, villes et montagnes, elle ne se referme plus. Il arrive, dis-je.
44 DOGUUBilTS ,
dansi^s tremblements, que les rivières changent de lit, <ni qu'elles' ne paraissent i>lus. Que l'ean deis fontaines chan- Ige de nature, de chaudes devemmt froides, ou de fondes devenant ehaudes. Que des montagnes vomiaaent des torrents de flammes an lieu qu'<m tC^a voit plas j^ans celles qui en jetaient auparavant Que les montagnes sont aplanies, et qpiedes plaines devi^ment montagnes* En un root, ^e la mer on jatite les îles «n terre ferme ou les abime, en sorte qu'à peine tonnatt^on en quel endroit elles ont été. (Jacob van Meurs, AnAass. mém. au Japon^ II, ^«26)^
A ce récit est joint une gravure curieuse (0*,51 de largeur et 0"',25 de hauteur), représentant un tremblemmitde terre à Jédo, il ertbeevinge tôt Jedo .
Le tremblement a eu lieu entre le 25 septembre et le 8 Octobre. C'est ce que prouvent ces deux dates signalées dans le récit avant et après le tremblement
1643» — Le 7 décembre» A Jedo , grand tremblement de terre, semblable au précédent et qui fît les mêmes effets. Comme Jes suites n'en furent pas plus dangereuses, sans nous arrêter à les raj^orter, nous dirons en passant qu'au sentiment des philosophes, ces tremblements sont plm fur nestes en automne et au printemps qu'aux autres faisons. La raison qu'ils en donnent , c'est qu'alors tout est plein de vapeurs et d'exhalaisons, toutes propres à être agitées ; au lieu qu'en été les pores de la terre étant ouverts, les vents en sortent librement ; et s'ils ne le peuvent en hiver, à cause du froid extérieur , la chaleur est alors trop faible pour ébranler la terre avec cette impétuosité dont nous avons parlé.
Outr^ eett« remarque, <m en a fait otteore une autre qui n'est pas pioins plausible, sçavoir: qu'il y a d'ordinaire trois sortes die (rremblements. Le premier et le plus funeste, est
SUR LES TRBMfljyBMBirrS DE TERRE. 45
celui qui donne' à lai tette de si rade» secousses^ >^*elle 8 entr'oovre €(oe)quefoÎ8 asses pa»r abtm0r)e0viBes,lesisles et tes provinces toutes entière». Les Japonais ont fait souvent cette triste expérience et ils ont téujoum devant les yeux de vastes campagnes tMtes désertes, des lacs, des rivières et des mers , où il yia ea autrefoia des peuples renoamieB. La seconde sorte de teemblenient, c'est quMid la terre se meut d'un mouvement contraire , c^est-àrdire de haut en bae et de baa en liaiit en m^e %^mfiBf^k c'est alors que chaque chose sort de* sa plaGe« etqueleaplwlorts bAtimcAto sont reversez de fond en comble. La troisième maniire, et qui ^st aussi {a plus douce y c'est quand le tremblement ressemble au b]?anle d'un vaisseau que la mer soulève et abaisse successivement et par reprises.
Les signes qui précèdent ces trois sortea de trembleméats» sont d'ordinaire : premièrement, un calme général» parce qu'alors les venta plus froids qu'ils ne doivent être, resserrent les pores de la terre, cd sorte que les exhalaisons qui y sont enfermées n'en peuvent sortir qu'avec violence; secondement, dans ce grand calme la mer fait un bruit effroyable, et enBn Veau des puits jette une très-mauvaise odeur etaungoûtcommedesouphre« M. Vossius infère de ce dernier signe, que la cause du tremblement est un feu souterrain, lequel, agissant sous des montagnes, sous des isles, sous des mers, ébranle des provinces et des royaumes tout entiers; et ceux qui y ont pris garde, ont éprouvé que la terre n'exhale alors que des vapeurs chaudes et soulphrées, c'est pourquoi ce n'est pas merveille que l'eau des puits et des fontaines en ait le goût. C'est par le moyen de ce signe qu'un ancien philosophe (Pberecides), prédit aux Lacédémoniens un tremblement de terne qu'il jugea devoir être grand, l'eau ayant ungoùtfortsoulphré; et c'est d^où vient que les pays où il est des montagnes ardentes sont plus
ai^ets à ees tremblements, que ceux où il n*y en a point. Ainsit Siorpurama , montagne ardente du Japon, située à huit lieues de Miaco , vomit, durant les tremblements de terre 5 une fumée bien plus infecte que dans les autres temps. {Ambass. mém.^ déjà citée, II, 65-64).
L'auteur donne plus loin, p« 112, une vue du Siurpurama en éruption. Noos en dirons quelques mots à Tannée 1688.
Quelques années avant 1649, un tronblement déterre avait bouleversé presque tous le pays autour d'Oudauro. Il avait renversé, dans la ville, des maisons, des tours et des temples, et la forteresse avait esté entièrement abtmée, de sorte que pour rebâtir le ohAteau au même endroit, on avait jeté dans le gouffre des montagnes de boue.
Mais comme nous avons déjà dit, ces sortes d'accidents ne sont pas fort rares au Japon. Les tremblements de terre y ont fait, de tout temps , des changements et des ravages presque incroyables. Il y avait autrefois au pied de la montagne de Facùne une très-belle ville, qui fut engloutie en un moment, avec tout ce qu'elle contenait ; on voit à l'endroit où elle était un marèt bourbeux et mal-sain, le long duquel nos ambassadeurs prirent leur route.
Ce qui cause ees tremblements, dans Topinion des Japonais, c'est, disent-ils, un monstre marin, lequel frappant le rivage de sa queue, fait mouvoir et trembler la terfe. Les philosophes grecs et latins, tout habiles qu'ils étaient, n'en donnent pas de raisons fort satisfaisantes ; aussi n'est-ce pas mon dessein de m'arréter à les déduire. (Jacob van Meurs, Ambass. mém. à l'empereur du Japon, I, 9S).
1649. — A Vomura (Japon), tremblement horrible qui fit fendre une montagne. Dans la fente on trouva deux forts cercueils en bois, sur lesquels étaient gravées les lettres X. E.
X. h et dans lesquels se trouvaient deux corps qu'on pensa être ceux de dirétiens morts pour la foi. (Bonito cite Girardi).
1655. -* A Formose, tremblement considérable qui dura trois semaines.
€ L'isle Formosa est sujette à de grands tremblements de terre, qui se font ordinairement sur la fin de Tannée ; en Fan 55, nous en eusmes un fort grand plus de trois semaines, et qu*on pouuoit voir aisément en mettant de Teau dans vn bassin qu'on voyoit continuellement mouuoir ; la première secousse fit un grand dégast dans la ville, et mesme aux murailles dufort; onn'entroit Jans les maisons qu'en crainte, craignant tousiours qu'elles deussent tomber; les pièces de canon qui estoient en batterie sur les bastions rouloient avec leurs affusts hors de leurs places. Il y eust une fort belle tour avec une platte-forme en haut , qui fut toute creuée , et dans le pals il y eut des montagnes qui furent fendues depuis le haut îusques en bas. Les Chinois disent de cela que c'est le Diable qui est en colère, et qui remue la terre, et le croient appaiser par leurs sacrifices qu'ils font lors en grande dévotion, et toutes les raisons naturelles qu'on leur en peut dire ne leur sçauroient persuader le contraire. > (1).
1657. — 29 décembre, à Nangesaque (Nangasaqui), secousses qui continuèrent par inteiTalles jusqu'au 5 janvier 1658, pendant l'ambassade de Wagenaar. (Jacob de Meurs, ^mbassade citée, II, 106).
— Le 29 décembre , à Nangesaque ( pendant l'ambassade de Wagenaar), tremblement qui continua par inter valles jusqu'au troisième de janvier.
(1) ReUiUoD de b prise de Pormon par les Chiiiob, collectioD Thevenoti t. ^ p. 3, Péris, I666« fn-fol.
48 DOcmiBms
La nuit d*auparavadt il fut si rûâe qu'il semblmt que la ville, dût abîmer ; mais lé péril et la frayeur cessèrent avec la nuit. (Jacob de Meui*s, Ambassades citées, II, 106).
1658. — Le 25 avril, l'ambassadeur îndije arriva à Miaco. « Huit lieues au-dessus de cette ville est une montagne célèbre nommée Siurpurama^ que le sieur Indije ne vit pas, mais que le sieur Zeldere, autre ambassadeur hollandais, visita fort exactement quelques années après, comme nous dirons en son lieu. Cette montagne, d'une hauteur extraordipaire , vomit des fiâmes aussi effroyables que celles du Mont-Gibel, et dont les suites sont aussi funestes. Proche cette montagne, il y en a une autre moins grande , entre les cavités de laquelle coulent trois ruisseaux de soufre qu'on croit servir de nourriture à cette flâme, qui se répand souvent aux environs, au grand dommage de ses voisins. La terre qui lui est contiguê est si ardente qu'on n'y peut marcher sans se brûler. Le soufre, au rapport des , philosophes, est une espèce de minéral, lequel se forme dans la terre d'une matière grasse et subtile ; c'est pourquoi ils admettent deux sortes de vapeurs; Fune sèche et terrestre, nommée proprement exhalaison ; l'autre humide et séreuse, qui doit être appelée vapeur. Ils ajoutent que les pierres se forment des exhalaisons ; et des vapeurs, le soufre et le vif-argent, du mélange desquels se produisent l'or et l'argent, et toutes sortes de minéraux. On pourrait demander comment il se peut faire que des vapeurs se réduisent en pierres, vu le peu de consistance qui nous parait dans ces corps minces ? Mais on répond, que ces vapeurs sont en effet plus grossières qu'elles ne paraissent ; d'où vient que ceux qui travaillent aux mines ne vivent pas longtemps, joint que le peu de temps qu'ils vivent, ils sont si^ets à d'eatranges incommoditez.Or, si le soufre sert
SUR LES TRBMBLBMEMT^ DE TERRE. l^
d^aKaieiit, âiA^ que nous venons de le dire, au feû qui sort de la montagne Siurpurama, il est constant qu'il y a un feu souterrain qui échauQe la terro au^^edans, de la même façon ^e le spleil réchauffe au-d^hors.
• C'est, quelque chose de surprenant, quil coAle depms tant de «Bèiclesde grands ruisseaux dé soitfre de la montagne donc nous parlons; Mais il est anssi'Temarqtrable, qtie ce qui coi^ribu^ à les perpétuer, cTest que partout Où ce soufre coule, la terre prend un tempérament sulphurè, ce qui lui sert de nourriture ^ opinixtn confirmée, par plusieuj» expériences fûtes à Bltftida en* Italie, dont lonte la terre des environs se change entoufre en moins de quatre ans, lorsqu'on la jette dans les lieux dont on l'a tirée.
> Au reste, il est sensible que c'est par le feu srotiterrain que se forment les lËiinéi^auii^ ; lësqtréls étant foAfdus, curts et purifiesE par sa chaleur, se durcissent par le frofd qtà'ils contractent insensiblement. Il est ftussf cféi'tain que c*est œ même feu qui cause les tremblements de terre, s'ourrant rarement dans ces rencontres qu'il n'en sorte des torrents de fiâmes. D'ailleurs, y ayant au Japon beaucoup de mines d'or et d'argent , et cet empire étant si sujet aux trend^lements de terre^ que les montagnes s'outrent, sburent de teRe sorte que ces mines paraisâfèht ; il s'ensuit néeessairement qu'il y a là quantité de soufre pour nourrir ce feu souterrain. » (Jacob de Meurs, itmfro^^àd^ citées, II, 115).
L'auteur raconte plus loin le voyage du sieur Van Zelderen, l'un des plus célèbres que les Hollandais aient fait à Jedo. (L. c, p. 129 et suiv.). Mais malheureusement, plus obscur et plus diffus encore que précédemment, il ne donne aucune date.
Il dît en parlant delà ville de Cangoxuma, qui est la clef
50 DOGUMBIITS
non-seulement du royaume de Saxuma, mais même de tout le Bungo :
« A quelques quatre lieues de la ville, vers le nord-ouest, s'élève une montagne fort au-dessus des nues , qui , à ce que Ton croit , est la plus haute de toutes celles que Ton connoit , excepté Tereira {sic) qui est dans Tisle de Ténériffe, celle-ci passant pour la plus haute , outre qu'eHe vomit du soufre, des pierres et de la flàme. > (L. c p. 131).
Zelderen alla ensuite à Swoja. c Pendant que les gens du vaisseau alloient voir les ruines de la petite ville d*Achas, qui est fort proche de Swoja, l'ambassadeur fit décharger quelques peaux de boucs et de cerfs. Cette petite ville étoit alors en pitoyable état ; plus de la moitié étoit renversée, les maisons ayant été 9 les unes entièrement abîmées, et les autres en partie ; ce qui restoit n'était nullement endommagé , mais la tristesse étoit peinte de tons cotez. Un tremblement de terre avoit causé cette désolation. Après avoir duré deux jours, il fut suivi immédiatement d'un incendie qui fit de grands ravages, puis de vapeurs malignes qui étouffèrent une infinité de personnes. Assez près de la ville est une montagne de soufre où le feu souterrain avoit tellement miné la terre, qu'elle s'étoit ouverte par les secousses du tremblement , en sorte que depuis il s'y voyoit un gouffre dont on ne trouvoit point le fond. Tous ces malheurs entassez les uns sur les autres, avoient réduit les habitants à telle extrémité, qu'ils n'eussent pu s*en relever, si l'empereur Toxgunsamma n'en avoit eu pitié. Ce prince, touché de leur misère, leur donna de grands privilèges qui les firent un peu respirer. » (L. c p. 133).
L'auteur raconte, p. 134, l'entrée de l'ambassadeur Van
Zelderen à Miaco. « Un peu au-dessous de la ville, dit-il, est la montagne Frenoiama , qui s*élève au-4essus des nues. Mais si la hauteur est prodigieuse, une autre qui se voit au royaume de Jetchu Test encore davantage, nonseulement parce qu'elle vomit sans cesse des torrents de flftmes, mais parce* qu'on voit dans ces fiâmes (Daviti en sa description de TAsie), la figure du Diable. » (L. c. p. 135) — Et plus bas, même page, Tauteur revient encore sur la fréquence des tremblements au Japon : c Les Japo«* nais, dit-il, bâtissent rarement de pierres , à cause que la terre est fort sujette en ce pals-là aux tremblements, et qu'ils ont des forêts qui leur fournissent autant de bois qu'ils en ont besoin. »
L'ambassadeur visita la montagne de Paurorama, qui est peu éloignée de la ville ; il se trouve un temple au sommet. L'autrar en donne une vue où Ton ne remarque rien de volcanique. (L. c. p. 157). Mais dans tout ce récit, d'ailleurs très-confus, il n'est miUement question de la montagne de Siurpnrama dont la description avait été annoncée à la p. 115.
L'éditeur Jacob van Meurs, dans sa dédicace à Louis-le- Grand, avance qu'il n*a fait qu'une compilation. Il est à regretter que les dates soient aussi souvent oubliées, et que les données mêmes fournies par lui , soient aussi confuses. Ainsi il est dit, première partie, p. 55: c Outre Saykok et Chiekok, le Japon a encore plusieurs villes autour, comme Hiu, etc
toutes pleines de mines d'argent et un autre qu'on appelle Vulcan^ qui jette souvent des fiammes de feu, et qui est située vers l'occident, hors du détroit de Diemen, qui arrose les tsles de Chiekok et de Tanaxima. »
52 BMBMUVS
166f . — « Au mois de janvier, à Formose, U s'^ldit fiât an furieux tremblement de terre qui avait fait eroul^er iojutes les montagnes de Tisle, et tomber trente et une maisons à Taïovan. Les épaisses murailles du fort Zéland^ en avaient crevé en plusieurs endroits » et en d'autres elles étaient tombées. Trois vaisseaux qui étaient au port se tourmentèrent d'une façon extraordinaire. Les flots de la mer s elevèrent tellement, qu'ils paraissaient comme des mtntagnes, et il semblait qu'ils allaient inonder l'isle»
ty Ce tremblement se fit encore sentir plus de: sia semaines après, quoiqu'il all&t toujours en^Ëuninuant Ce n'est pas qu'il n'y en eût souvent à Foraiose, mais ils n'avaient jamais été de durée, ni si violents que celui-oi.
» Le 15 avril 1661 , à minuit, on enteiMJUt de9 bruits effroyables sur un des bastions du. fort Z^apde, iiommc MLddelbourg, qui éveillèrent les soldats qui dormaient. Tout le monde courut aux armes, puis vers le lieu où l'on entendait les fracas. Mais on eut beau chercher, oa ne trouva rien, et cet accident cau^a une surprise incroyable.
» Il y avait trois vaisseaux à l'ancre, à la rade de Baxamboi, qui furent vus deterjre une heure avant le jour, tout en feu et en flammes qui s'élevaient de moment, en moment, comme d'un canon qui avait tiré. Cependant, on entendait rien. D'un autre costé, cea^ quî,ébiii$ntàbord de ces vaisse»^ voyaient la même cfaçise auk fort de Zélande. Mais tous ces phénomènes disparurent à la pointe du jour. » (1).
1661. Janvier, à l'ile Formose, tremblement qui fit tomber plusieurs maisona à Tajovan, tourmenta les vaisseaux dans
(I) Voyage de Gautier Scbouten aux Iodes Orientales, commeocé Tan 1658, et fini Fan 1605, trad. da hollandais, 1. 1, p. 322-333. Rouen, i7S5, 2 voL in-i3.
SUB LES TREMBlAMBNTfi DE TERRE. fi5
46 port, souleva les flbto de la mer, renversa une partie des fortfftcatioiis do foM Zëlande et dura plus de six semaines. F^tnose est mjethe aux iremblefnents ée terre. <Ck)Il. acad.).
Dans oiie description de JPormose, Klaproth ne parlé :paB des tremblements de terre; il dit seulement, en parlant du Ho-chan,.ou mont de feu, qu'il est rempli de i»erres entre lesquelles coulent des sources dont les eaux produisent oonstamment des flammes. P'oùil conclut l'existence d'une grande quantité de naphte, comme à Pietra-Mala, dans les Apennins et à B^ou, près de la mer Caspienne.
Plus loin, il ^oute que les tourUUons de vent, accompagnés 4e trombes» sont fréquents dans les mers de Formoso (Eyriès^ iVotiv. lânnoto des Koy., t. XX, aov. 1825, p. 204 et 211).
Ces faits, ettés d'aitteers par flumboldt {Bragmehts asiatiques^ p. 82), sont rapportés avec d*amples développements dans Vi»e lettre de M* Stanislas Julien àlti. Arago, lettre insérée am. dmiptes-i^ef^us de FAcad. des Se., t. X, 1840» première partie, p. 852«834. On y Ut, comme dans Klaproih^ qu'une autre montagne, le Xiîeou^toafi^-dkan ou moBla^e de soufre, jette ^es flammes à sa base. Mais l'auteur n'inâilitie pas si ce volcén est encore Actuellement en actii^é.
1661. -^ tremblement au Japon, dans la province d'Oomi où ime montagne s*écroula dans la rivière Katzira ; il n*en resta pas la 'moindre trace. (V. H. d'après Kœmpfer, p. i90 et 341). L'événement eut lieu le V^ du & mois de la 8^ année de Simu^ qui monisi sur le trône en 1654 (Kœmpfer, l.nc p. 170 ; Charlevoix, 1. c). YiH. donné ailleurs (Veranderangen de ËrdobeHbche, U, 420) la date de 1662, d'après Kaîmpfer et Tunberg.
54 HOGUMEIITS
1662. — Tremblement au Japon ; k Myako (Méaeo?)» dana le célèbre temple de Fo-Kosi, la statue de bronze doré, représentant Boudba, fut brisée (Huot, Géol.^ 1. 1, p. 112). Ce fait diffère*t-il du précédent?
1665. — Tremblement au Japon. ( Montanus cité par V. Hoff).
1691. — 25 mars, environ une heure du soir, à Jedo, secousse violente qui fit trembler les maisons ; elle dura le temps qu'on mettrait à compter jusqu^à 50. Cet accident soudain convainquit Kœmpfer de la raison et de la nécessité de la loi qui défend dans tonte retendue de l'empire de bâtir des maisons élevées ; et qu*il n*y est pas moins nécessaire de les bâtir, comme ils font dans le pays, de matériaux légers et de bois, et de mettre une grosse poutre , bien pesante, sous le comble de la maison pour presser sur les murs et les assurer en cas de secousse pareille (Kœmpfer, oov. cité, II, 254).
— 14 octobre , de bon matin, a Dzima ou Nangasalu, deux secousses violentes qui durèrent chacune une demiminute. Lie choc fut si sensible, même dans le port, qu'un pilote de na^re fut jeté à bas de son lit. Les chiens et les corbeaux firent un grand bruit sur le rivage, étant éveillés par la violence du tremblement {Bid. p . 969).
— 10 novembre, entre 9 et 10 heures du soir , à Nangasaki , tremblement subit et violent ; il dura moins que celui du 14 octobre, mais le choc fut plus grand et rompit quelques vitres.
La même nuit, un peu après minuit, autre choc moins violent, le temps étant toujours serein et calme. Ce second choc fut suivi de trois autres, et ceux-ci, de deux eneore qui furent si peu considérables qu'on eut peine à les apercevoir (/&û{. p. 270).
I60S. — 18 avril, le matin, à Jfedo , tremblement qui dura près d*une minute.
— Le 26, au matin , nouvelles secousses , violentes et séparées par des intervalles de temps durant lesquels on aurait pu compter jusqu'à quarante.
Le lendemain, après minuit, nouveau tremblement, plus violent encore. {Ibid. p. 284 et 294).
1703 — Au Japon , tremblement qui renversa la capitale Yedo et plusieurs autres villes ; car on compta quarante victimes (1). (Coll. trad.; Gbarlevoix, Hisi. duJapon^ 1. 1, p. 21 ; Prévost, L c, t. X, p. 652).
Langlois, Dict. de Géogr», t. I,p. Ixvi, dit qu*on ressentit les secousses qui désolèrent l'Italie. On sait que celles-ci eurent lieu en janvier et février ; mais il est peu probable qu'il n'y ait eu là qu'un seul et unique phénomène.
1707. Au Japon. Dans la nuit du 25* jour de la 11* lune, deux fortes secousses de tremblement de terre se firent sentir, le Fousi-na-yama s'ouvrit, jeta des flammes et lança des cendres à dix lieues au sud jusqu'au pont de Rasoubats, près d'Okabé, dans la province de Sourouga. Le lendemain, l'éruption s'apaisa, mais elle se renouvela avec plus de violence le 25 et le 26. Des masses énormes de rochers, du sable rougi par la chaleur et une immense quantité de cendres couvrirent tout le plateau voisin. Ces cendres furent poussées jusqu'à Josiwara, où elles couvrirent le sol à une hauteur de cinq à six pieds et même jusqu'à Jedo où elles avaient plusieurs pouces d'épaisseur. A
(1) Kanapfer ne décrit pas le phéDomèoe ; il dit seulement qu'il s'y Joignit un teieox incendie qui réduisit lu irille en cendres , sens épargner le château de l'empereur. Plus de deux cent mille babitants furent ensevelis sous les ruines. (Ottv. cité, 1 , 90). Je retrouve ce dernier nombre dans le Mtmiteur du 7 décembre 1859.
r«n4roit où rérnptioa :9wit eu lieu , on vît Vouvrir im large abtme à côté duquel s'éleva une petite moBti^;iie à laquelle ona 4onDé le pom 4e Foohjrf-yawi, :parce que sa . . formation eut lieu f[w9 les années nQmntées Foo-yé. Le Fousi-na-yama est une énorme pyramide couverte de neiges perpétuelles et située dans la province de Sourouga, à la frontière de Kai ; c'^est le volcan le plus con^idéridUie et un des plus actifs du Japon. (Humboldt, 1. c. p. 224 ; Nouv, Anndes des Voy., nov. 1830, p. 315). Depuis lors il se repose {Cosmos^ IV, 416).
1729. — Tremblement au Jappn, l'importante ville de Myaco {^) s'engloutit avec un million (?) d'habitants (Huot, GéQlogie^ 1. 1, p. 113; Qaz, de France^ V^ nov« 1730; Uerc^re de Fr.y décembre 1730, p. 3518)»
1730. ~ Tremblement au lapon, où le phénomène est excessivement commun. (Prévost, 1. c.;CollecLAcad,). Quoique le phénomène y soit très-fréquent, il s'agit sans doute ici 4e la m&uifestatiQn précédente.
1737. — Le 7 novembre, dans le pays de Kurilis (Kouriles) et antres lies voisines, tremblement terrible. La relation marque qu'un grand nombre de rochers escarpés, situés sur le bord de la mer, s^ôtaient rompus et avaient été brisés en plusieurs pièces ; qu'on avait aussi senti ce tremblement dans la mer, et vu plusieurs phénomènes de feu qui s'étaient étendus plus loin. (Gmelin, eité p. 78 des Mémoires et observations géographiques et critiques sur la situation des pays septentrionaux de l'Asie et de l'Amérique, par M. ***. Lausanne, 1765, in4°). (1).
L'auteur omet d'autres détails et igoute qu'il peut con-
(1) Voyez GmeliD, Voifageen Sihérie, trad. par KersOio, t. Il, p. i54. P«m, Ufflt 3 voL iD-U. La date n'est pas donnée.
SUR LES TRnHBjnuncrs db terre. ^9}
4diira de «601 fnitB^et de ocni< rapportés pur le P. Charlc^oix que L'ii]f|M>thè8e de Muller n'est rien moins qu'imposfinble. Voici l'opinion de MoUer :
« n Alt que tes tremJUeineqts de terre sont très-fré^ qufents dans ces pars^es et très-violents ; qu'il est possible que ces diverses tles» ou toutes, on on partie, n'en formassent qu^une du temps du voyageur hollandais (qui a découvert nie des Etats), et qu^elIes ontété séparées depuis. Cette conjecture est assez vraisemblable. » (L. c. p. 74).
Je lis, en effet, dans MuUer : a De grands tremblements de terre ont fait disparaître d'un côté et reparaître de l'autre diu pays, des lies entières. De tels tremblements sont fréquents dans les contrées dont nous parlons (le Japon). Il est donc possible que la terre de Jeso ait éprouvé une pardlle révoliition après le voyage des BoUandais (dont les cartes ne Uxxl qu'une ^caidé ife), etqa'elle ait été déchiréç en plusieurs jlles plu^ petites^ » (Voyagea et;. dépeuvertes faites par les Russes le long delà m^ QjLaciitle e^.l^céan oriental, tant vers le Jappn que vers i'^mériquoi par M. G.-P. Muller, trad. par Ç.-G.-F* Dumas^ 1 1, p* ISl. Amsterdam, 1766, 2 \6l in-jl2)-
L'auteur dit plus loin : La terre de Gama ne peut-elle pas avoir essuyé la mên^ révpjutioa que celle dç J^so ? » , (L. c.p.^46). Et p. 304, en parlant de Hle de Bering : « Les montagnes qu'on voyait devant soi semblaient indiquer une terre ferme; et en effets. cette lie peut avoir fait partie autrefois du continent dont elle aura été réparée par un tremblement de terre. »
1738. — Au Japon, secqu^y terribles ; Myaco fut ruiné et vit périr deux cent mille personnes. (Huot, 1. c. ; Vivenzio cité par von Hoff ).
J'ignore où Huot a puisé les faits nombreux et désastreux qu'il rapporte ; il n'indique pas de sources.
1776. — Du 1*' au 26 mai, à Jfedo, plusieurs secousses teèafaibles auxquelles le professeur Thunberg ne fit même pas attention. (Voyage au Japon^ U UI, p. 175).
1779. — Du 9 au 11 octobre^ à Nangasaki , plusieurs secousses. (Thunbergy Voyage au Japon, t III, p. 192^.
1779. — 4 et 5 novembre, c Nous dépassâmes, dit le cap. King (1), une quantité considérable de pierres ponces , et nous en recueillîmes plusieurs qui pesaient d'une once à trois livres. Nous pensâmes que des éruptions les avaient jetées dans la mer, à différentes époques, car nous en vîmes qui étaient couvertes de bernacles, et d'autres absolument nues... »
Positions des bâtiments :
35' 48* 1/S lat. N., et 140" 53' long. E. le 4; 35'' 15* lat. N., et 147<> 18' long. E. le 5.
c Le 15, à midi, notre latitude observée fut de 26^ et notre longitude de 143® 40'...; nous dépassions toujours beaucoup de pierres ponces : les amas prodigieux de cette substance qui flottent dans lamer, entre lelapon et les tles Bashee, semblent prouver, il faut en convenir, qu'il y a eu une grande convulsion volcani(|ue dans cette partie de TOcéan Padflque, et par conséquent donne une sorte de probabilité à Topinion de M. Muller, sur les causes qui ont prodoit la séparation de la terre de Jeso et fait disparaître la ienre de la Compagnie et Staien Islande »
c Le 15, par 24« 50' de lat. et 140® 56 long. È., nous étions en présence d'une Ué qui a environ cinq lieues de longueur , sur une direction NNE et SSO. La pointe mé-
(1) Troialèiiie f oyage de Cook, t. 4, p. 3SS» 3S6 et 5SS, de la liad. françaiie, Paris, 1785, 4 fol. io-4o.
SUR LES TREMBLnBKTS DB TSRRE. S9
ridionale offre une colline élevée « stérile et aplatie au sommet, et lorsqu'on la regarde de l'OSO « on y aperçoit le cratère d'un volcan. La terre, le rocher ou le sable (car il n^était pas aisé de distinguer la matière de sa surface), présentait diflérentes couleurs ; d'après l'effet que produisait à l'œil une grande portion de cette surface, et d'après la forte odeur sulfureuse que nous sentîmes en approchant de la pointe , nous conjecturâmes que c'était du soufre. Quelques-uns des officiers de la Résolution qui passa plus près de la terre, crurent voir des vapeurs s'élever du sommet de la colline, et ces raisons déterminèrent M. Gore à lui donner le nom A*Ue de Soufre. Une langue de terre , basse et étroite, réunit la colline à Fextrémité méridionale de rtle, dont le contour est de trois ou quatre lieues, et l'élévation modérée. Il y a quelques buissons, sur la portion située près de Tisthme, et on y voit de la verdure ; mais les cantons qui se trouvent au NE sont très-stériles, et couverts de rochers détachés, un grand nombre desquels sont fort blancs. Des brisants dangereux se prolongent deux milles et demi à l'Est, et deux milles à l'Ouest du milieu de rtle, et les flots tombent avec une extrême violence sur ces brisants.
» Nous plaçons VUe de Soufre à 24^" 48' de lat. et 141« 12' de long. »
1782. — Le 22 mai, la mer s'éleva sur la côte de Fo-Kien à une hauteur prodigieuse , et couvrit presque entièrement, pendant huit heures, l'Ile de Formose qui en est à plus de 50 lieues. Les eaux en se retirant n'ont laissé à la place de la plupart des habitations que des amas de décombres, sous lesquels une partie de la population immense de cette tle est restée ensevelie. L'empereur de la Chine voulant juger par lui-même des effets de ce désastre est sorti de la