‹ Sur les tremblements de terre de la péninsule scandinaveChapitre 49 sur 57 · VIV · texte numérisé non relu

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capitale ; en parcourait le9 prpviitpes, les cris de son peupie, excités par qwlqaes mandarin^, ont frappe sesoralles» et on dit qu'il en a fait justice en faisaiit ooijy^er plus de 500 têtes. (1)

Voici ce que je lis dans J. L; Ab Iniagùm L. M^ <SD. < ^. Bertîn, minière d'Ëtat dé IRranoe, a râçu d\ui missionnaire de Péking» une lettre porlafit qu'en odobre 1782, un volaan a fait éruption dans TUe de Formose, située près rdes côtes de Chine; cette éniption épouvantable» que rien n'avait annoncée, a été necompi^ée de coBunottans sou-

/ terraioes 3i violentes que toute l'tle a été ébranlée et ruinée. IsB vajgues de la iner , qui étaient ehasftées de l'Est à l'Ouest, ont recouvert et pitssque sttbiïiergé L'Ile entière^ de

. manière qu on n'y voyait plus rien qu'aux :pieds "des mon- ^gnes. Cette inondatioa <et les secousses ont duré plus de

. huit heures. Les trais villes principales de Ciêtie maUieureuse ile (dont nous ne pouvons dire ici les noms), et vingt villages ou bourgs ont été ensevelis soUs les décoïnbres, et ce qui avait échappé a été entraîné par la violence des eaux. Plus de quarante mille habitaiits , indigènes et chinois» ont trouvé la mort dans ce désastre^ Toutes kâ pointes de terre qui s'avançaiqpt dans la mer ont été emportées et sont remplacés par des espèces d'anses ou de fondrières occupées par les eaux. Les forts de Seeland et de Pingkchingi ont disparu avec les collines sur lesquelles ils étaient -construis. En un mot, il n'y a plus qu'une plaine d'eau.... *

Les nouvelles données parles journaux, sur ce malheureux événement, sont loin d'être concordantes. Le ministre

H, I L I J *- * ' ^jm^j^^^.^^^^...^

(A) G^^ U ^mnect IS «^Cit i38Si, iTkvnrèB le& kioa» ùa Chiae.

(S) Ph^^phiscli-ttDa Pii7$iUlîsclio-|kbbiiidhiigeB.. , |). M0^5, S lf6 élit?» Narnberg, 1784. ia<8<>.

S13R LES TREMiLBimriM Dfi TERRE. 61*

de la gatane aùrabreça d^on Cinnois qui a passé plttalwrs années à Parie, une lettre où ii eaemtdk : « En déûembre 1682, plusieurs montagnes toleaàîqfues ont fait éraj^tien dans l-tlede Formese. Ces émptioos épouvantables ont 4té aceelnpagDéee d^uir mouvraient eouternin qri a él^nalé ftte entière et d'un soulèvement des eaux de la mer, (pii routeul de l'Eel a FOiiest, l'oÉA entiàvement subua^ffée^ Le tremblement de)te]te a duréàuit beuresi* Plus de quarante mîUé personnes est péri. » ">

.Bnfin,> une seconde lettre arrivéede Pékia]^ à Versailles confirmerait le désastre qu^a éprouvé l'tle de Poranose* La misère de plosiews» milliers d'babitanta, à la suite de tette inandation» serait,' on le conçoit facilement, ea^esaue de toute description «

L'empereur de la Chine aurait écrit au vice-roi de la

province de Feu-kim la lettre suivante (qu'il est permis de

révoquer ep doute): c La nouvelle du désastre qui a frappé mon lie de Ray-Onan (Formose), est parvenue à mes oreil* les. Je vous ordonne de me faire connaître très-exactement les dommages qu*ont soufferts les malheureuxhabitantsqui ont survécu, et de m'en faire de suite un rapport pour que je puisse envoyer promptement des secours. Les maisons

et toutes les habitations détruites par les eaux seront reconstruites à mes frais et tous les dommages réparés. Tous les malheureux recevront, sur ma cassette, tous les secours dont ils ont besoin. Les secours seront accordés h tous sans exception. Tout oubli me causerait de la douleur. Vous savez que mon œil les voit tous , et que mon cœur les aime tous. Dites-leur qu'ils comptent sur mes se* cours, que je suis leur prince et leur père. Les navires de guerre et les magasins qui ont été détruits par la force de la tempête et les flots de la mer, seront reconstruits aux frais de l'Etat. N'opprimez personne, je vous le défends, et

faites-moi connaître comment ma volonté a été some. » Ainsi, fait observer notre anteur , voilà trois mois diflXrents, octobre, décembre et mai, qui sont signalés ; Fépoqae à laquelle Ttle de Formose a été ruinée, reste donc incertaine. Mais de la lettre écrite par le missionnaire de Péking à M. de Beiiin, en 1785, il résulte qu'à la suite d'éruption des feux souterrains, la mer s*est élevée à une bauteur tout à fait extraordinaire sur les côtes de Chine, et que rile entière » été submergée pendant plusieurs jours ; qu'ensuite les eaux se sont retirées, sans laisser la moindre trace ni des bommes ni des quadrupèdes.

L'histoire n'offre pas d'exemple d'autre désastre comparable à celui de Formose , si ce n^est celui de Messine, dans l'année 1785.

1785. — Le 27 juillet (7 août n. st.) tremblement et éruption volcanique au Japon. « Un autre volcan très-actif du Japon est le mont Asama^yama ou Asamorno^dake ^ situé au NE de la ville de Komoro, dans la province de Sinano, nné de celles du centre de la grande lie de Nifon, au NE de celles de Kal et dcMoumasi. Il est très-élevé , brûle depuis le milieu jusqu'à la cime et jette une fumée extrêmement épaisse. Il vomit du feu, des flammes et des pierres ; les dernières sont poreuses et ressemblent à la pierre ponce. n couvre souvent toute la contrée voisine de ses cendres. Une des dernières éruptions est celle de 1785 ; elle fut précédée par un tremblement de terre épouvantable ; jusqu'au premier août, la montagne ne cessa de rejeter du sable et des pierres, des gouffres s'entr ouvrirent de toutes parts et la dévastation dura jusqu'au 6 du même mois. L'eau des rivières Yoko'gava et Kourau^gava bouillonna ; le cours du Yone-gava^ l'un des plus grands fleuves du Japon, fut intercepté, et l'eau bouillante inonda les campagnes. Un

SDR LES TREMBLIMinTS DE TERRE. 6S

grand nombre de ^Uages (1) fiumit engloutis par la terre, aa brûlés et ccMiverts par la lave. Le nombre des personnes qui ont péri par ce désastre est impossible à déterminer ; la dévastation fat inealculable. ( Klaiurotb , dans les Nouv. Ann. des Voyages, nov, 1850, p. 514; Humboldt, Froi^. asiatiques^ p. 229, et Cosmos, t. IV, p. 416 de latrad. fn, où il est dit que depuis lors Taetivité de ce volean ne s*est point ralentie). — Dans le BulL des Se. naiur. (Férussac), mai 1827, p. 1, on donne la date du 4 avril pour celle du tremblement de terre, mais il faut lire 4 août, car on donne pour la date de Téruption celle du 6 août.

Von Hoff écrit pour le nom du volcan Asama Gadaki. Suivant lui, les secousses s'étendirent sur un espace de 20 ou 50 lieues.

Suivant de Bucb, le 14 août, à 10 h. du matin, un courant de soufre se précipita de la montagne. Cette éruption s'effectua par un grand nombre de cônes disposés sur un même alignement, et par conséquent élevés sur une même fracture. (Description des des Canaries ^ p. 442 de la trad. franc. )•

1795. — 18 janvier, 5 b. 6 m. du matin, le sommet de YOunzen-gadake (province de Fisen) 8*a£Eaissa entièrement ; des torrents d'eau sortirent de toutes parts de la cavité profonde qui en résulta, et la vapeur qui s'éleva au-dessus ressemblait à une fumée épaisse.

— 6 février , éruption d'un autre volcan , le Bivo-nO' Kotdn; à une demi-lieue de distance du sommet, la flamme s'éleva à Une grande hauteur ; la lave qui en découla s'étendit avec rapidité au bas de la montagne, et en peu de jours, tout fut en flammes dans une circonférence de plusieurs milles.

(1) as, SBinnl M. Lyell, ei SZ, wànni M. de Bach.

6t Bocmnm .

u- i» oQffirft, lOi h. du soir, trttAUenleDt tenrittte' par toata File de Kionsiouv pt imipalemeiit dans le OMMV'de Sinabaia ; il se^ répéta plusieuM. fois et finit périâie ëraption terrible* dvk Mtjrityama qui oauYrit tout le paj» de pierres, et mit pkind^palelneBt la partie de la province de F%o, vis-à-vis Sîbftdbëfa, dans nn état déplorable, et sartout du WunKadabsii (iliin. de Ch. et de Phys, t XbV, p. 349; Humboldt, F)ragm» adatiques^ p« 220>.

, De HqA auquel j'enq>runteles dates, indique des sources BDOkbreuses, mais ne parle pas de Siebold, (Vay. auJapan^ t» I,p.256 et suiv)* On titeuve làune longue description des phénomènes ; je la transcrirad un peu plus base

— 1^ avril, tremblement de terre < et éniption de lllligigama, au Japon. Ce double phénomène fut. accompagné d'inondationa ; cinqudntcrtrois iniik hommes périrent (Févossae, BtiU. detSci&ices nat^ % XI, niiti 1827, p. i, %

1793. — Voici maintenant la description du voyageur hollandais : (1)

« Le 18 du premier mois de la quatrième année de Kwansei (1792), à 5 h. de l'après-midi, on vit le sommet du votcan (le Wunzeudkke, dé 12^ m. de hauteur), s^écrouler subitement et une épaisse fumée s'élever dans les airs. Le 6 du mois suivant eut lieu une éruption de là montagne Biwonokubi , située sur le versant oriental, à un ri (15/14 de lieue commune de France, ou 4123^ environ audessous du sommet. Elle fut suivie, le 2 du troisième mois, d^ùn fort tremblement de terre qui se fit ^ntir dans toute nie de Kusiu et qui ébranla le sol de Simabara avec tant de violence que tout le monde fut renversé. La terreur et

(1) Voyage aa lapon, exécuté pendant les années iSSS à 1830, par M. Pb.Fr de Siel)Old« édit. fr., rédigée par MM. A. de Montry et E. Fraissioet, 1. 1, p. S54-

la consternation devinrent générales ; les secousses se succédaient avec une effrayante rapidité, le volcan jetait sans interruption une grêle de pierres et des flots de cendres et de lave qui dévastaient le pays à plusieurs lieues à la ronde. Enfin, le premier jour du quatrième mois, vers midi, * survint une nouvelle commotion, qui, de moment en moment, se répéta avec plus d'intensité. Déjà la ville de Simabara ne présentait plus qu'un vaste amas de ruines ; d'énormes quartiers de rocs roulant du haut de la montagne, écrasaient tout ce qu'ils rencontraient sur leur passage, et l'on entendait le tonnerre gronder sous ses pieds et audessus de sa tète, lorsque tout-à-coup, dans un moment de calme où Ton croyait le danger passé , le Mjôken- jama , bras septentrional du Wunzendake, éclata avec une épouvantable détonation. Une grande partie de cette montagne sauta en Tair; des masses colossales de rochers retombèrent dans la mer ; un fleuve d'eau bouillante sortit, en écumant, d'un nouveau volcan et se précipita vers la mer qui, en même temps, mondait le ri^ge. Alo« se présent. «» phénomène sans exemple, qui ajouta encore à Teffroi des malheureux témoins du bouleversement de la nature. Du choc des eaux naquirent des trombes qui , en tourbillonnant dans la plaine , ravagèrent tout ce qui se trouvait à leur portée. La désolation dans laquelle le tremblement de terre, l'éruption du Wunzendake et celles des cratères circonvoisins , laissèrent la presqu'île de Simabara et la côte de Figo, passe réellement toute croyance. Pas un bâtiment dans la ville et ses environs ne fut épargné, hors la citadelle, dont les murs, formés d'après le système cyclopéen de blocs de pierres gigantesques , échappèrent à la destruction générale. Le déchaînement des feux souterrains avait changé la côte de Figo 'au point de la rendre entièrement méconnaissable. Cinquante-trois mille personnes

périrent, dit-on, dans cette fatale journée. Quand on se reporte à de semblables catastrophes , on conçoit que les Japonais mettent les éruptions volcaniques et les commotions du sol au premier rang parmi les fléaux de leur patrie.

)» Depuis sa terrible éruption de 1792, dit encore Siebold (1. c. p. 256), le Wunzendake est devenu la terreur des habitants de ces contrées. Son aspect âpre et menaçant, son vaste cratère écroulé , d'où sort sans cesse une épaisse fumée (Siebold a voyagé de 1823 à 18303 , qui se dilate en nuages vaporeux, dénotent clairement que cet immense réservoir a dû causer jadis d'affreux ravages et peut encore en exercer tous les jours. Cette dernière appréhension parait plus fondée, lorsqu'on approchant du rivage anguleux qui entoure son foyer de lave, on voit des montagnes écroulées sorties du fond de la mer, et de nouveaux cratères qui se sont formés là où la terre n'était pas assez épaisse pour comprimer l'éruption du fluide volcanique bouillonnant dans son sein, ou quand on aperçoit les sources nombreuses qui répandent, de différents côtés, leurs eaux en pleine ébullition. Les tremblements de terre continuels, qui souvent deviennent très-violents et qu'accompagne l'éruption d'anciens et de nouveaux cratères, rendent encore plus imminent le danger d'une nouvelle catastrophe.

9 L'histoire ne fait mention d'aucune éruption de ce volcan avant la fin du siècle dernier ; mais il est hors de doute qu'il y en a déjà eu mille ans avant cette époque ; car sous le règne des Mikcdo-Monnu , en 701 , on avait élevé sur le rivage une chapelle à l'Esprit de la montagne, et les habitants des environs lui offraient les prémices de leurs moissons. Dans le sens de l'ancien culte des Kami, de tels honneurs ne pouvaient avoir d'autre but que d'à-

paiser le courroux de cette divinité, ce qui indique Texistence d'éruptions destructives. Mais il serait superflu d'en chercher la preuve dans les traditions d'un passé lointain, ou même dans les tables de l'histoire moderne, puisque nous la trouvons dans la conformation tout entière de la presqu'île et de la plus grande partie de Kiusiu, couverte de monts ignivomes dont quelques-uns sont éteints, et dont d'autres lancent encore tous les ans des matières enflammées, par d'anciennes et de nouvelles ouvertures. Le Wunzendake n'est qu'une des bouches de Tlmmense fleuve de feu souterrain, qui, des îles Moluques et Philippines, passe par Liukiu et l'archipel Japonais, s'étend le long des Kuriles jusqu'au Kamtschatka et expire dans les glaces éternelles du Nord. »

Plus loin, p. 320, l'auteur dit encore que dans cette partie de l'île Kiusiu (le Fizen), les commotions souterraines durent des mois entiers et se rép^ent de mois en mois.

On remarquera qu'il donne la date de 1792. Je lis d'ailleurs, dans une note (t. I, p. 147), que le premier mois Japonais correspond à février. Les dates que j'ai empruntées à Von Hoff seraient-elles inexactes?

On retrouve encore les principaux détails de cette éruption, qui fit périr 55,000 personnes, dans M. de Buch, Descrip. phys. des Ues Canaries, tr ad. de M. C. Boulanger, p. 440 ; dans le Bull, de la Soc. géol. de France^ 2® série, t. IV, p. 1361. H. Eiie de Beaumont, qui copie M. de Buch, cite comme lui: Titsingh, Mémoire des Djogouns^ par Abel Rémusat, 1820, p. 205 et suiv., avec un dessin colorié de cette terrible éruption.

1795. — Au Japon, dans l'île de Kiou-Siou, province de Simabara, tremblement qui aurait coûté la vie à 55,000 personnes. (Von Hoff, d'après les Annale of Philo sophy j 1826»

décembre, p. 442, quiciteot Titsing, Illustrations ofJapan^ trad. angL du Hollandais, par F. Shobert. London, 1822.) C'est à la même source que de Hoff a emprunté les faits de 1793. Il y aurait eu ainsi deux phénomènes désastreux à deux ans d^intervalle.

1796. — Le 15 septembre, à la baie des Volcans , il sortait, dit Broughton , beaucoup de fumée du côté septentrional du volcan dont nous étions éloignés de trois à quatre milles. Il était à l'extrémité septentrionale de la terre dlnsu (ou Jesso, Jedzo).

Le 28, à midi, la latitude fut de 42^ 18' 20" N.; le volcan du Sud nous restait au S. 2^ 0, et le volcan du Nord au N. 50» E.

^ Les trois volciems qui se trouvent sur les côtes de cette seule baie, m'ont engagé à lui donner le nom que j'ai adopté (1).

Le 9 octobre, dit-il plus loin , nous faisions route vers Plie Spanberg, dont les terres hachées étaient assez élevées; nous avions par notre travers une montagne située près du bord de la mer et qui s'élevait en forme de cône à une hauteur considérable* Cette montagne était évidemment volcanique. Nous en passâmes à moins de deux milles, et nous la vîmes distinctement couverte de pierres et de cendres depuis le sommet jusqu'à sa base. Il semblait qu'une éruption venait d'avoir lieu. Le cratère paraissait dentelé par des crevasses informes. Quelques petits arbustes croissaient sur le flanc du volcan qui était tourné au S 0. Ce volcan escarpé était joint à l'Ile par une langue de terre

(i) Voyage de découvertes dans la< partie septentrionale d« l'Océan Pacifiqae, dans les années 1795-1*198, par W. R. Brovghton, t. I, p. 140, IBS et 155. 1M. par Eyriès, Paris, 1807, 9 toI. in-S».

Sun LES TREMBLEMENTS DE TERHE. 69

basse qui formait de ehaque côté un enfoncement semblable à une baie circulaire. La terre continuait à être basse jusqu'à une certaine distance. Au coucher du soleil une extrémité de la terre en vue nous restait au N. SS^'E, etTautre extrémité, formée par le volcan, au S. 24^ 0. à deux lieues de distance. » (L. c. p. 175).

Les 11, 12, 15 et 14 novembre, Broughton était à l'entrée de la baied'Ieddo. « L'tle du volcan, dit-il, est la plus grande et offre un point de vue très-agréable. Elle est cultivée et tapissée de verdure jusqu*au sommet de la montagne qui est très-élevée. Nous n'aperçûmes point de fumée sortir du cratère qui paraissait très-découpé. ^ ( L. c. p. 199).

Le 14 novembre, il vit le mont Fusi qui s'élevait audessus des terres les plus hautes et qui était couvert de

neige {Ibid. p. 202).

1797. — Le 51 juillet, à l'entrée de la baie d'Iedo, nous avons vu, à plusieurs reprises, dit Broughton, une colonne de fumée noire et épaisse sortir de la partie orientale du sommet de la montagne qui s élève au milieu de la côte occidentale de rtle Vokano. (Op. cit. t. IL p. 151). Il s'agit ici

, de rtle Ohosima, que le cap. Broughton place par lat. 54^ 56' N, et long. 159* 25' E.

Le 11 août, il revint à Volcan-Bay.

« Le 25, au point du jour, le volcan nous restait à l'Ouest et la pointe Esarme au S. 16"^ E. Cette pointe est arrondie et remarquable, la partie la plus élevée est couverte de laves, et plus bas on voit des parties bien boisées, séparées par des espaces où la lave a coulé. Nous vîmes la fumée s'élever du côté N 0 du ^volcan. (L. c. p. 156). >» Il s'agit du volcan le plus méridional ; l'auteur quittait la baie.

» Le 27, le volcan jetait de la fumée et sa partie occidentale était entièrement couverte de pierres ponces qui nous parurent très-blanches. Lorsque nous nous sommes trouvés sous le vent du volcan, nous avons senti une odeur de soufre très-forte. (Ibid. p. 159). »

Le 6 septembre, le cap. Broughton vit Tlle du Pic ou Timo-Shee. « Elle a, ditril, six à sept lieues de tour et s'élève depuis les bords de la mer jusqu'à une hauteur considérable. Elle a la forme d'un cène, dont le sommet émoussé ressemble au cratère d*un volcan. Les flancs de la montagne sont parsemés d'un grand nombre de rochers pointus et ils sont remplis de crevasses dans lesquelles on apercevait des trous de différentes couleurs , des cendres , des pierres ponces et du soufre. (Ibid. p. 174). » Cette ile se trouve vers l'extrémité septentrionale de l'tle d'Iesso.

1804. — Du 1 au 4 octobre , Krusenstern traversa le détroit de Diemen. Il parle plusieurs fois de l'ile du Volcan qu'il place par 50* 45' 0" N. et 229* 45' 20" 0. de Gr. , sans mentionner aucune manifestation volcanique.

Le 5, il vit, sur la côte sud de Satzouma, un haut pic à double sommet, duquel s'élevait constamment une colonne de fumée. Ce doit être le montUnga, dans le cratère duquel on précipitait les chrétiens convertis par les Jésuites. Il le place par 5^ 45' N. et 229<> 46' 0. (1). — Le capitaine Belcher dit que ce genre de supplice leur fut appliqué dans la persécution de 1627 à 1651. (The boiling crater of Mount Ungem (Unga) was now a common instrument of death. L. c. p. 40).

(i) BeUe wn die Well, in den Jahren, lS03-iS06, t. I, p. S65 et t7l. St- Pétenboorg, 1810, S vol. iQ-4o. De Homboldt dit [Cotmos, IV, 412] que Kmsensiern a vu fumer llle du Vtlcao ou Iwo-Sîma. G*egt une erreur.

SUR LES TKËMBLËMEMTS DE TtRHE. 71

1805. — ^ Le 5 mai, Krusenstern vit le pic Tilesius qui parait être, au moins d'après sa forme , un volcan éteint ou encore brûlant D'ailleurs , dit-il > les secousses violentes de tremblements de terre sont fréquentes dans le nord du Japon.

Le même jour, il vit l'Ile 0-sima ; elle est ronde et a six milles de tour. De son sommet, dont la forme est celle d'un cratère, on vit s'élever de la fumée ; des coulées tortueuses de laves qui serpentaient sur ses flancs ont convaincu le Dir. Tilesius qu'une éruption devait avoir eu lieu depuis quelques années (1).

Le 6 mai, il vit le mont Rumoffsky, qui est plutôt plat que pointu. Plus loin, dans les terres, mais du même côté de la baie, s'élevait une montagne conique d aspect remarquable. D'une autre plus au nord, nous vtmes , dit-il , s'élever de la fumée et des flammes. Mais nous n'avons pas pu voir le cratère du volcan (2).

1805. — Le 6 mai, nous avons aperçu, dit Langsdorf (5), sur la côte S E de l'ile de Matmai, ou Jesso, un volcan qui fumait fortement et plusieurs autres montagnes coniques, terminées en pointes. Il est curieux que la fumée ne s'élevait que d'une petite montagne qui n'offrait rien de remarquable, et que les bauts pics voisins ne laissaient voir aucun signe d'activité volcanique {Keinen Zeichen eines Vulkans sehen liessen). Le pic Rumoffski , le plus élevé et le

(i) Voyage dté, I. I, p. 39 et uad. d'EyrièSt t* U, P* ^0. Je dois la commimicalion de cette traduction & V. de La Roquette.

9) Voyage dté, t. I, p. 99 et trad. d^Eyriès, t. H, p. 48.

(5) 6. H. V. LaDgadorff , Eemerkungen anf eîDir Rdse nm die Weit in deo Jahren 1809 bis 1807, S>' édit. PnDkftirt am Hayn, S vol. in-8«. t. 1, p. 463. L'auteur qui Tenait de traTerser le détroit de Saogar, n'y signale aucune trace d'activité volcanique.

plus remarquable de cette montagne, est situé par lat. iS'^ 50' 15'' N. et long. 141'' 11' 50" E. de Gr. Nous n'avons pu entrer que le lendemain dans la baie. »

1816. — Le 13 septembre» le cap. Basil Hall aperçut TUe du Soufre (Sulphur Island)^ aux Lou Tchou, et put s'en approcher vers 11 h. du matin; mais il ne put descendre à terre, c Le volcan de soufre (stdphuric volcano)^ auquel Tile emprunte son nom, est situé au N 0.; il émet une fumée blanche et l'odeur du soufre est sensible du côté du cratère opposé au vent. Les roches près du volcan sont d'un jaune pâle, et les couches très-brisées sont inclinées dans toutes les directions. La végétation est faible et seulement herbeuse au sommet. La partie sud de l'Ile est très-haute ; là, les couches sont à peu près horizontales et coupées par une espèce de mur vertical qui se dresse à quelques mètres de hauteur (1). »

1825. — Le 10 octobre/ de nuit, à Dzima (ile de Kiou-Siou). une secousse.

Le 23 et le 24, nouvelles secousses. On y en ressent presque tous les ans. (Siebold, Voyage au Japon^ 1. 1, p. 258).

i826. — Dans une des lies Bonin-sima, tremblement ressenti par deux matelots qui y avaient été abandonnés. Us racontèrent au cap. Beechey que Tile avait été si violemment ébranlée, et que la mer était montée si haut, qu'ils avaient craint d'être engloutis ; ils se réfugièrent sur les collines ; ils dirent que l'eau %'était élevée à vingt pieds au-dessus du niveau des plus hautes marées. On conjectura, d'après les traces qu elle avait laissées, que ce débordement s était arrêté a douze pieds.

(4) Basil Hall. Voyage to Corea and Ihe itland of Loo Tchoo^ p. 67. Londwi, 1890. iD-8», 3« édiUoo.

Des colonnes basaltiques et un pavé composé des sommités de cette roche, qui représentait une chaussée de géants en miniature, annonçaient la nature volcanique de

cette lie. (Nouv. Ann. des Voy. 2" liv., t. 20, p. 81, avril 1831).

1828. — 26 mai, dans la soirée, à Dezima, tie de Kiusiu, au Japon, secousses les plus fortes qu'on y eut ressenties depuis trois ou quatre ans. La première, qui dura au moins une minute, fut si violente, qu'on s'attendait à voir ci'ouler les maisons ; en effet, la muraille qui entourait Dezima et qui à la vérité était assez faible^ se fendit en plusieurs endroits. Les oiseaux effrayés tournoyaient en battant des ailes dans l'obscurité, et les cris lugubres des corbeaux et des moineaux interrompaient seuls le morne silence de la nature. Dans tous les tremblements de terre qui eurent lieu pendant notre séjour au Japon, nous avons remarqué un grand calme, un air très-sec et un ciel serein. Le canal bourbeux qui sépare Dezima de la ville, exhalait, ainsi que le rivage, plus de miasmes qu'à l'ordinaire, ce qu'il tant attribuer, non au développement des gaz souterrains, mais aux vapeurs marécageuses dégagées par le choc qui ébranlait le fond.

Pendant toute la nuit, la terre fut encore légèrement remuée. Il parait que ce tremblement se fit sentir plus fortement dans l'Ile d'Amaksa, située à huit milles d'Allemagne au sud-ouest de la nôtre, et nous apprîmes que près de là on vit en mer un phénomène qui ressemblait à un volcan jetant des flammes. En même temps une mine de charbon s'éboula dans l'tle de Takarasima, à quarante milles d'Allemagne au sud-ouest de Nagasaki ; et à quatre milles de nous, sur le cap Momo, une idole en pieiTe roula du haut d'une colline dans la plaine.

— Le Wunzendake donna aussi des signes d'éruption ;

pendant Vété, de légers tremblements de terre se renouvelant, il vomit plusieurs fois des flammes ; l'Aso^ volcan de la province de Figo (32° 48' lat. N. et 129*» 10* long. E.) et le Mitake, sur la petite tle de Sakurasima, qui fait partie de la province de Satsuma (SI"" 36' lat. N., et 129* 20' long. E.), eurent également des éruptions assez fortes. Les habitants de l'ile de Nippon, et même de ledo et de ses environs, dans le voisinage du fameux Fusi-jama et de TAsa-jama, volcan brûlant, entre 55 et 57^ de latitude et sous 156® 10' long. E. , ressentirent de brusques secousses.

Nous pouvons ainsi retracer sur un plan de huit degrés de latitude et de sept degrés de longitude, une action volcanique qui, si nous connaissions tous les faits relatifs au fleuve de feu dont nous avons parlé, s'étendrait bien plus loin encore. Au Kamtschatka , par exemple , eut lieu, en 1828, une éruption de l'Awatscha.

Suivant les observations que nous communiquèrent au Japon des personnes dignes de foi, les volcans commencent ordinairement à jeter des flammes vers le moment du flux, et aux éruptions comme aux tremblements de terre, succèdent toujours des inondations causées par une marée extraordinairement haute. On prétend avoir entendu, pendant ces scènes imposantes, un bruit souterrain semblable au mugissement de la tempête. On n'aperçoit aucune vapeur de soufre ou de salpêtre lors des tremblements de terre ordinaires. Du reste, c'est chose jugée au Japon, que sur mer on en ressent le contre-coup. Les météorologues du pays prédisent avec confiance les variations atmosphériques d'après l'heure où commencent les bouleversements du sol. Si c'est à midi ou à minuit, ils apportent des épi' démies ; à deux heures et à six heures du matin, ils sont les avant-coureurs d'une tempête, et lorsqu'ils ont lieu le

matin ou le soir, ils annoncent le beau temps. Le crédule paysan écoute ces prophéties avec une foi sans réserve et attribue les commotions souterraines à une monstrueuse baleine qui bat les côtes de sa queue. Les Japonais instruits en physique» y voient selon le système chinois , une lutte entre les éléments éthérés et les éléments terrestres ; et même dans les derniers temps, nos idées ont été admises par plusieurs d'entre eux.

Suit la description des nombreuses sources d'eau chaude qui se trouvent dans le pays (de Siebold, ouv. cité, 1. 1, p. 258 et suiv.).

Le 18 septembre de cette année, on ressentit deux secousses extrêmement violentes à Calcutta. Le même jour, on éprouva, à Dezima, un ouragan désastreux qui continua la nuit et la journée du lendemain. De Siebold ne parle pas de tremblement simultané du Japon.

1838. — Le capitaine Blake a vu fumer l'Ile Ivo-sima. — Le même spectacle s'est offert à Guérin et à de la Roche Poncié en 1846. (Cosmos^ t. lY, p. 417).

1845. — Le 5 juin, vers 6 heures du soir, à l'Ile de Samasana (à Pest deFormose par lat. 22*» 58' 22" N., et long. 121^26' E. de Gr.), légère secousse verticale. « Nous étions assis sur le haut d'une petite colline, dit le capitaine Belcher, et prêts à dîner, lorsque nous fûmes surpris par un choc soudain, comme si la colline allait s'ouvrir à son sommet et lancer dans toutes les directions (in radii from the centre) ^ les comestibles placés à terre devant nous. Au même instant la Samarang, qui se trouvait à l'ouest de File, éprouva un choc violent ; on crut avoir touché , mais on ne trouva pas de fond avec 50 brasses de sonde. » (Narrative of the Voyage ofE.M. S. Samarang, t. I, p. 311 et t. II, p. 468. London, 1848, 2 vol. in-8o).

c Dans notre traversée de Nangasaki, aux Lou-Tchou ,

76 DOCUMEtfTS

dit M. Adams, médecin et naturaliste de l'Expédition, nous passâmes au milieu d'un archipel comparativement inconnu et formé d'une quinzaine ou vingtaine d'îles coniques qui toutes présentaient évidemment l'aspect des ctmes d'une chaîne affaissée de montagnes volcaniques dans un état actif d'éruption, vomissant d'énormes volumes de fumée par les cratères placés à leurs sommets ou par les fissures ouvertes sur leurs flancs. > (Ibid. t. II, p. 474).

L'une de ces îles, au nord des Lou-Tchou , est marquée par ces mots: StdphurL VolcanOt sur la carte de M. Belcher. C'est la plus septentrionale. La Samarang a relâché aux Lou-Tchou, du 18 au 22 août 1845. Elle a aussi relâché à Nangasaki. Mais je ne trouve pas d'autre fait seismique à relever dans la relation du voyage.

1845. — Le 17 septembre, vers deux heures et demie du soir, à l'Ile Décima, près Nangasaki, (lat. Z^ 45' N. et long. 129^52' E. de Gr.) faible tremblement.

Le 27, 4 h. du matin, une nouvelle secousse.

— Le 21 décembre, 4 h. 15 m. du matin, tremblement du NE au S 0, d'environ une minute de durée.

1846. — Vers minuit, du 8 au 9 février, une légère secousse (1).

— Dans le courant de cette année, Guérin et de la Roche Poncié ont vu fumer l'Iwo-sima. (Cosmos^ U IV , p. 417).

1847. — Le 11 janvier, vers 4 h. du soir, à l'tle Decîma, près Nangasaki, une l^ère secousse.

1848. — Le 14 janvier, entre 1 h. et 1 h. 1/2 du soir, à 111e

f (1) Extrait des observations météorologiques Hiitos à Décima, de Janvier i845 à y septembre 1848, et publiées dans les JIfém. de VAtaà. A^ AfM\«rûaim, S* séile, t. IV, p. ccxvii-ccxxxiiv

Sm\ LES THfiMBLfiMfiNTS DE TERRE. 77

Décima, léger tremblement, accompagné de grêle, de pluie, de neige et de tonnerre.

Le 24, 11 h. du matin, violente secousse suivie peu à près d'une seconde et d'une troisième semblable à la première.

— Le 4 avril, entre 8 et 9 heures du soir, iine secousse/ Le lO, vers 1 h. du matin , forte secousse de TEst à

rOuest.

— Le 3 mai, 7 h. 1/2 du soir, légère secousse. Le 20, 5 h. du soir, secousse légère.

— Le 4 juin, vers 1 h. du matin, forte secousse.

— Le 13 juillet, après 7 h. du soir, légère secousse du SE. auNO.

Le 20, 3, h. après-midi, lente secousse (1).

1848. — Le 6 novembre, 7 h. 1/2 du matin, à Ttle Décima, près Nangasaki , une légère secousse du N N 0 au S E (sic) et de dix secondes de durée.

— Le 11 décembre 8 b. 5/4 du matin, secousse duSS E au NO (sic), et de trois secondes de durée.

Le 25, 10 h. 27 m. du soir, une forte secousse du N 0 au S E. Durée, quatre secondes.

1849. — Le 16 février, 5 h. 25 m. du matin , secousse violente ; durée, une minute; direction de TEst à l'Ouest.

— Le 5 mai, 6 h. 5 m. du soir, violente secousse du S au N., et de trois secondes de durée.

Le 19, 11 h. 1/2 du matin, deux secousses très-légères.

(1) Même source que poar 1S45 et 1846.

— Le 7 août, 2 h. 1/2 du soir, violente secousse horizontale du S 0 au N 0., et de douze secondes et demie de durée.

Le 17, 5 h. 40m. du matin, secousse horizontale de TE au S 0 {sic), et de vingt secondes de durée.

— Le 2 septembre, 2 h. 1/2 du matin, légère secousse horizontale du N Ë au S 0. (1).

1850. — Le 5 juin, sur la côte du Japon, trois secousses. Ce sont les seules mentionnées dans le récit du naufrage du navire Eamont d'Hobart-Town. Lqs naufragés demeurèrent au Japon , du 22 mai au 9 novembre suivant ; mais il est probable qu'ils en ressentirent d'autres ; car , suivant Ksempfer, elles y sont si fréquentes, que les Japonais y sont aussi habitués qu'en Europe nous le sommes ^ux orages (Comm.de M. W.Mallet).

— (Sans date mensuelle). Eruption sous-marine aux environs de Formose. (Voy. au 15 janvier 1854).

1851. — Le 20 juillet , 7 heures du matin, à Ttle Décima, légère secousse horizontale de l'Ouest à l'Est , et de deux secondes et demie de durée. (Même source que pour 1848 et 1849).

1852. — Le 23 janvier , 9 h. 1/2 du soir, à Tile Décima, une légère secousse de TEst à l'Ouest.

— Le 7 mars, 8 h. 20 m. du soir, tremblement du NNE au S S 0 ; durée, trois secondes.

(1) Nederlandich Meteor, laarboek^ i855, par H. Bays-BaUat. Les obsernlions de Nansag^ki s'étendent d'octobre 1848 à octobre 1851 inclasivement. Oo n'y trouve aacane secousse mentionnée pour 1850.

— Le 7 avril, 4 h. du matin, deux secousses, du Sud au Nord, à dix minutes d'intervalle.

— Le 16 juin, 5 h. du matin , une secousse du S E au S 0 (sic); durée, deux secondes.

— Le 25 septembre , 9 h. du soir , tremblement violent (1).

1853. — Le 29 octobre, par 24<> lat. N. et 121'' 50' long. E. (de Gr. ), le Southampton, de la marine américaine , aperçut un volcan sous-marin en pleine activité, à dix milles de Formose. « Les colonnes de fumée, dit le lieutenant Boyle, s'élevaient à une hauteur extraordinaire, et tout le phénomène me rappelait celui dont j'avais été témoin sur les côtes de Sicile, lors de l'apparition de l'Ile Julia ; seulement le spectacle était plus imposant et Téruption plus violente, quoique, à cause des nuages de fumée, aucun courant de lave ne fut visible. La profondeur de Teau était ici beaucoup plus considérable que sur les côtes de Sicile, et cette profondeur seule aurait suffi pour empêcher de voir la lave. » La vigie, placée sur les hunes, crut d'abord que ces manifestations étaient dues à un navire à vapeur. Le Macedonian^ qui passa dans cet endroit quelques jours après le SouthamptoUy eut son pont et toutes ses voiles couvertes d'une cendre blanche iZeits. f. allg. Erdkundej N. Folge, t. I, p. 270).

1854. — Le 15 janvier, le Susquehannah doubla la pointe sud de Formose et observa de petits volcans en activité.

(i) Nederlandsch meleorologiseh Jaarboek^ par M. Bajs-Ballot, aanée 1856. Les observations s'étendent de 1852 ï 1855, mais avec ane lacune dn premiar octobre 1852 au 30 septembre 4853.

Déjà, eD janvier 1850, le lieutenant Jones, commandant le sloop de guerre le St-Mary, de la marine des Etats-Unis, avait, par 20'' 56' lat. N et ISi*" 45' long. E, remarqué un phénomène semblable. Le navire, dans sa traversée des îles Sandwich à Hong-Kong, se trouva dans ces parages; la mer était calme et le vent modéré de FEst. Tout à coup le vent tomba, la mer devint houleuse, l'air brûlant, et une partie de l'équipage ressentit une forte odeur de soufre ; on eut quelques coups de vent venant de divers points de l'horizon; mais avant qu'on eut pu carguer les voiles, tout était redevenu calme. Le tout dura à peu près 35 minutes, et le vent d'Est recommença à souffler comme auparavant. C'est à l'ONO de ce point que se manifesta le phénomène du 29 octobre 1855. (Même source).

— Le 26 mars , 8 h. 1/2 du matin, àl'tle Décima, trèsfort tremblement vertical ( Annuaire cité de M. Buys- Ballot).

1854. — Le 27 mai, à la baie des Volcans, du côté du Nord- Est, deux volcans étaient en pleine éruption et lançaient d'énormes masses de fumée que la brise dispersait sur leurs flancs couverts de neige (Le comm. Perry, I. c. p. 536).

Le même navigateur a vu , à peu près à la même époque, le Mont Fusi qui ne présentait aucun signe d'activité. {Ibid. p. 316).

> ig5A. — Le 25 décembre, 9 h. 1/i du matin, à Simoda, tremblement désastreux.

M. Ritter a donné à la séance du 5 juin 1855, lecture à la Société géographique de Berlin, d'une communication de M. de Humboldt, relative aux ravages que ce tremblement a faits. Elle est puisée dans des lettres du docteur Macgov^an, de Macao et dans The North China Herald, n<>* des 8 et 17 mars 1855.

sua LES TREMBLEMENTS DE TERRE. 81

Sous le titre: Dos lelze grosse Erdheben in Japon (1), M. Gumprecht parait avoir reproduit cette commuDi* cation.

M. Gumprecht commence par rappeler la vive intensité de cette zone volcanique qui commence à Tile St-Paul ou d'Amsterdam, se relie aux. îles de la Sonde, aux archipels desMoluques, des Mariannes, des Philippines et des Lieu- Kieu, puis au Japon, aux Kouriles et à la péninsule du Kamtschatka, d'où elle rejoint les îles Aleutiennes.

Il rappelle ensuite la fréquence et la violence des trem- blements de terre au Japon , d'après Charlevoix, Ksempfer, Thalberg, Tsitsing et Siebold, mentionne les soulèvements permanents qui, en 1795 et 1814, ont eu lieu près d'Unalaschka, qu'il rapproche de celui arrivé en 1822 au Chili, et de celui qui vient de se manifester à Simoda. Enfin il donne, d'après M. Ritter , les deux articles dont voici la traduction:

I. Extrait d'une lettre d'un officier des Etats-Unis, à bord du vapeur le Powhatan, à Tembauchure du Yan-tzekiang, en date du 2 mars 1855. /\

« Nous mîmes à la voile jeudi dernier (il y a une semaine), espérant pouvoir atteindre Shanghaï, dans une traversée de 5 jours; mais à peine quittions-nous le port de Simoda, que nous fûmes assaillis d'une violente tempête qui nous força à brûler une masse énorme de charbon pour lui résister. Cette tempête apaisée, il s'en éleva une seconde qui dura plus longtemps encore , et après une nouvelle pause, il y en eut une troisième encore, plus vio-

(1) Zeitêchrifl fUer Allgemiine Erdkunde, herausg, Von Dr. T. E. Gonw preetat, Berlin^t. 5, cah. 4, p. 51i-5l6, oct. 1855.

sa DOCUMENTS

lente que les deux premières, de manière que le bâtiment pouvait à peine tenir la mer. Jamais, dans ma carrière de marin, je n'avais rîen*éprouvé de semblable.

» L'ile de Niphon , sisr laquelle se trouve Sîmoda , éprouva, le 25 décembre 18âi, un tremblement de terre épouvantable. La ville d'Ohosaca , Tune des plus grandes de l'empire du Japon, a été complètement détruite. ledo a beaucoup souffert, mais plus encore d'un immense incendie qui a éclaté peu à près. La ville de Simoda n'était plus à notre arrivée qu'un monceau de ruines. Après les secoufisea, la mer s'éleva et inonda la ville entière; die recouvrit le^ sol à une hauteur de six pieds ; puis se retira avec une telle violence qu'elle entraîna tout, maisons, ponts et tçioples avec elle. Cinq fois, dans le jour, cette vague terrible envahit le pays dont elle a fait on vaste déscyrt. Leis jonques les plus grande qui se trouvaient dans le port furent soulevées au-dessus de la marque des plus hautes eaux et lancées à un ou même à deux milles dans les terres. Heureusement, beaucoup d'habitants, à rapproche de la vague, purent s'enfuir sur les. montagnes voisines, mais, plus.de deux cents ont été noyés. La frégate russe, la Diane^ de 50 canons, sous le commandement du vice-amiral Putiatin, qui se trouvait à bord, était alors dans le port de Simoda avec l'expédition que le gouvernement russe avait envoyée à l'occasion denotre traité de commerce avec le Japon. Immédiatement après la première secousse* toute la masse d'eau du port éprouva de telles perturbations, de telles fluctuations, de tels tourbillonnements que, dans l'espace de 50 minutes, la frégate tourna 43 fois sur ellemême et que ses cordages et ses chaînes s'entortillèrent en nœuds inextricables. Les mouvements étaient si brusques qu'aucun homme ne pouvait se tenir sur ses jambes et que tous éprouvèrent le vertige.

SUK LES TREMBLEMENTS DE TEUUE. 85

» Quand les eaux se furent retirées , la frégate qui tirait ordinairement 211 pieds d'eau, resta par 8 pieds de fond seulement. Quand le flot revint ^ le niveau s*éleva à 30 pieds au-dessus de sa hauteur ordinaire ; mais comme Teau se retira encore une fois, la frégate resta cette fois par i pieds seulement, de manière que le capon de l'ancre se trouvait hors de Teau. Le soulèvement du fond de la baie fut si violent , que la frégate , quoique se trouvant encore par 4 pieds d'eau , dérapa et chassa sur ses ancres. Les officiers du navire pensaient voir, à chaque instant, le fond delà baie's'entrouvrir, donner naissance à un volcan et les engloutir. Aussitôt que le bâtiment se retrouva à flot, on s'aperçut que la quille était endommagée ; le gouvernail flottait auprès du vaisseau que l'eau commença à remplir. On chercha par tous les moyens à le maintenir à flot, et on le vit, les jours suivants, au fond de la baie, quand la mer eut repris son repos^ On éprouva cependant encore quelques secousses, mais qui n'augmentèrent pas les dommages.

» Le bâtiment ne pouvait être réparé dans le port de Simoda; on le remorqua, et avec une centaine de barques japonaises, on le conduisit dans un autre port situé à sept milles de distance. Mais là encore , la frégate fut assaillie par une tempête et sombra : l'équipage et les officiers, recueillis dans les barques japonaises, échappèrent à la niort, maid chacun ne sauva à terre que ce qu'il portait sur lui. On n'eut à déplorer que la perte de quelques matelots écrasés par des canons entre lesquels ils se trouvèrent saisis. »

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