‹ Sur les tremblements de terre de la péninsule scandinaveChapitre 50 sur 57 · II. Extrait du livre de Loch de la frégate la Diane · texte numérisé non relu

II. Extrait du livre de Loch de la frégate la Diane

(( On éprouva la première secousse à 9 h. 1/i ; elle fut très«-violente sur le pont et dans les c^jutes , elle se prolongea de 21^ 5 minutes; aucun signe précurseur ne l'avait

annoncée. A 10 h. une grande vague s élança dans la baie où la frégate était à Tancre , et dans rinlervalle de quelques minutes, toute la ville, avec ses maisons et ses temples, fut couverte d'eau ; les nombreux bâtiments qui se trouvaient à l'ancre, battus par les flots, furent/ jetés les uns contre les autres et éprouvèrent de graves dommages; on vit flotter aussitôt une masse de débris. Au bout de cinq minutes , on vit toutes les eaux de la baie s'élever et bouillonner, comme si des milliers de sources avaient jailli tout à coup ; elles étaient mêlées de boue, de lehm , de paille et d'autres matières étrangères de toute nature ; elles s-élancèrent sur la ville et sur les terres avec une force épouvantable et tous les bâtiments furent anéantis. Notre équipage dut fermer toutes les embrasures des canons, l'eau était couverte de poutres et d'épaves de toute espèce, qui flottaient autour de nous. A 11 h. 1/4, la frégate chassa sur ses ancres et en perdit une; bientôt après elle perdit la seconde, et le bâtiment alors éprouva un mouvement giratoire et fut entraîné avec une violence qui s'accrut encore avec la vitesse toijyours croissante de l'eau. La ville entière n'offrit plus qu'une scène déserte; d'environ mille maisons, dix-sept seulement restaient encore debout. D'épais nuages de vapeurs couvrirent en même tenrfps l'emplacement de la ville, et l'air fïit rempli de vapeurs sulfureuses. L'élévation et la chute de l'eaa furent si rapides dans cette baie étroite, qu'il s'y forma d^nnombrables tourbillons , au milieu desquels la frégate tourna sur elle-même, si fortement, que tout à bord fat renversé. Vers 10 h. 1/2, une jonque, entraînée par un de ces terribles mouvements giratoires, avait été jetée contre la frégate, s*était ouverte, brisée et avait sombré. Deux hommes seulement, auxquels on avait jeté des cordes, furent sauvés, les autres trouvèrent la mort dans les cajutes

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pu ils s'étaient retirés. Cependant la frégate se maintint au milieu de ces mouvements giratoires ; elle tourna 43 fois sur elle-même , mais non sans éprouver de grandes avaries au milieu des écueils qui l'environnaient de toutes parts. Les secousses réitérées firent sortir les canons de leurs places, un homme fut écrasé, plusieurs furent blessés. Jusqu'à midi, l'ascension et la chute de l'eau ne cessèrent pas dans la baie ; le niveau varia d'au moins 8 pieds jusqu'à 40 de hauteur. Vers 2 h., le fond de la mer se souleva de nouveau et d'une manière si violente, que la fré- ^ gâte fut plusieurs fois jetée sur le flanc, et qu'on vit l'ancre à 4 pieds de profondeur seulement. Enfin la mer se calma; la frégate employa quatre heures entières à se débarrasser du réseau inextricable de ses cordages et de ses chaînes d'ancres entortillés et confondus les uns avec les autres. . La baie n'était plus qu'un champ de ruines.

» Le 13 janvier seulement, on put obtenir du gouvernement japonais le permis nécessaire pour aller se réparer dans une autre baie. Cent jonques en reçurent ordre de remorquer la frégate. Heureusement les malades et les blessés furent placés dans les embarcations, car, avertis par la présence d'un petit nuage blanc, de l'approche d'une tempête, les Japouais coupèrent les câbles et s'enfuirent à terre. S'ils avaient attendu plus longtemps, l'équipage entier eût péri ; la frégate sombra immédiatement.

» Les bords de la baie montraient partout les traces de ce tremblement épouvantable ! Il me parut qu'il devait y avoir, sous la mer, un canal igné en communication directe avec le volcan de l'île Ohosima, il passerait sous la baie de Simoda et propagerait du SO au NE ces mouvements qui ont prédominé dans cette direction. Dans toutes les couches de roches aux environs, on remarque des masses de soufre.

» Matô nie tout entière de Nipbon a souffert de ce tremblement. A Jeddo même plusieurs maisons ont été renversées. A Kanagawa, où le premier traité de commerce entre les Japonais et les Etats-Unis de rAmériqoe du Nord a été signé le 51 mars 1854 (t), il y a eu une muraille entière renversée. Osaka a souffert du tremblement et d'un incendie qui a eu lieu en même temps ; des masses de roohers se sont éboulées et ont écrasé des maisons avec les individus qui les babitaient. La ville de Simoda qui, dans le traité, avait été désignée comme le principal marché des Américains, n'est plus propre à cette destination, car le fond et les environs de la baie ont été tellement changés qu'ils ne pourraient plus offHr de sûreté aux na< vires américains. Il faudra donc recourir à un nouveau traité. »

M. C. Ritter ajoute à ces récits la remarque suivante: Le despotisme du gouverneur japonais de la ville de Simoda, augmenta encore le malheur des babitants , qui n'avaient sauvé que les vêtements dont ils étaient oouverts, car, suivant le rapport de M. L(^schied sur ce tremblement, il leur défendit, sous peine de mort, de rien retira des décombres avant trois jours. Il faisait très-fboidot trèsbumide, et ces malheureux, malgré le froid et la faim , ont dû rester trois jours et trMS nuits, jusqu'à ce qu'il leur fttt permis de rechercber quelques moyens de soulagement dans les décombres de leurs habitations. D'après les rapports officiels, le tremblement a coûté la vie à M hommes seulement, à Simoda.

(1) Ce traité s^ compose de IM anicles. L*offlcler dont neuA Tenons de nvrerter la lettre appartenait à l'expédition chargée de conclure ce traité. On trov^e aussi une description de ce tremblement dans la relation du Comm. Ptrrj, p. 570-5S9. Elle ne nous apprend rien de nouveau.

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Le docteur Maogowan a ioséi'é ces rapports dans sa lettre à M. de Huoiboldt. Il remarque d'ailleurs que depuis 70 ans on n'avait éprouvé aucun tremblement de terre aussi violent dans ce pays et que, chose étonnante^ aucun des nombreux volcans du Japon n'a fait éruption.

Signé : C. Rittcr.

A ces remarques M. Gumprecht ajoute :

Les nouvelles précédentes sur ce tremblement éprouvé au Japon, contiennent eticore quelques notices que M. deHumboIdt a eu la bonté de nous communiquer/Ëltes se trouvent dans la ga2ette de Hong-Kong, Overland China Mail, du iO juin, et sont reproduites dans un rapport du D'. Macgowan, qui les a lues à la Société asiatique de Hong- Kong avant de les envoyer à M. de Humboldt, auquel il les destinait. Dans son exposé, le docteur remarque la grande analogie que ce tremblement a offerte avec celui du 1"' novembre 1755. En effet, comme dans le tremblement de Lisbonne, Feau a augmenté dans les sources, à Chihkiang (Chine); apris s'être éloignées extraordinairemênt des lies ^ Bonin, les eaux de la mer y sont revenues avec force et ont couvert le rivage. Le soulèvement des eaux des lacs d'Ecosse et les inondations que là mer causa à Madère, lors Ati tremblement de Lisbonne, sont des phénomènes du même genre. De même encore , en 1854, l'ëlévatibn et rslfihissement d'une lie volcanique près de t(*ormose ont été accompagnés d*une chute de poussière dans des lacs de Chine ; on ne peut affirmer si ce dernier phénomène était de nature volcanique ou organique ; on a remarqué enfin une haute température dans les courants près de Pormose , et de même ce phénomène connu des Chinois

SOUS le nom de Cheveux blancs (Weis6en haare) (1) et qui se renouvelle assez fréquemment dans les régions de la Chine les plus sujettes aux tremblements de terre. Peutêtre est-il du au contact de vapeurs et d'acide sulfùrique avec l'air atmosphérique.

Le même jour, 25 décembre, vers 9 h. du matin , à TUe Peers (groupe des lies Bonin ou de l'Archevêque),, une secousse légère. Demi-heure après, à Port-Lloyd (lat 37* 20' N et iil*' 45' long. E de Gr.), raz de marée extraordinaire ; la mer s'éleva à plus de 15 pieds au-dessus des plus hautes eaux et se retira immédiatement en laissant les récifs à sec. Le navire le Wat Cheer^ chassa sur ses ancres et tourna sur lui-même. Les oscillations se répétèrent de quart d'heure en quart d'heure, en diminuant d'intensité ; mais le 25 au soir, les eaux s'élevaient encore à une hauteur de 12 pieds ; les marées ne reprirent leur régularité que dans la matinée du 26. Les habitations des résidents fui*ent plus ou moins endommagées ; quelques maisons furent complètement rasées.

Pendant tout le temps que dura ce phénomène, le ciel fut clair, le vent léger et le baromètre à 29 p. 90. Il n'y eut pas d'oscillation sensible (apparent) du sol.

Ces lies ont déjà éprouvé plusieurs fois de grands dégâts de ce genre ; on reconnaît à des marques évidentes (des coraux et des coquilles) que leur niveau s'est élevé d'au moins 50 pieds. Les pierres ponces y abondent et les résidents m'ont aflBirmé, dit l'auteur de cette notice, que quelques années auparavant la mer avait paru couverte

(i) Plusieuri fois dans mes caUloguos annuels, J'ai mentionné PappârilioD dliM matière filamenteuse observée sur le sol après des tremblements de terre k Shangal. Voy. an phénomène semblable, au 15 mai 1848, dans le catalogue de cette année.

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de produits volcaniques. (The sea was covered with the évidences of volcanic agency, which they said came in from seaward). L'Ile du Soufre^ qui est un volcan actif (situé par ^A"" 48' lat. N et lii^" 15' long. E de Gr.) est regardée comme étant la cause de ces phénomènes. (P. W. Graves, {Quart. Jour. ofthegeoL Soc, N* 44, p. 552).

M. Graves dit , on le voit, qu'il n'y a pas eu apparence de mouvement dans le sol. D'autres, comme M. Roth, disent qu'il y a eu une légère secousse vers d h. du matin ; c'est celle que je cite au commencement de cet article.

Le 24, vers 8 h. du soir, à How-Chow, Keaking et Hœning (Chine), la mer eut aussi >de fortes oscillations.

1854. — Ces oscillalions des eaux de l'Océan se sont propagées jusque sur la côte occidentale de TÂmérique. Le comité des côtes des Etats-Unis a établi des appareils autographes pour enregistrer la hauteur des marées sur les côtes de la Californie. Le lieutenant Trowbridge, chargé de l'observation de ces instruments, a remarqué de grandes irrégularités dans les courbes de San Diego, les 25 et 25 décembre 1854. Ces irrégularités ne pouvaient être attribuées à des circonstances météorologiques qui n'ont rien présenté d'extraordinaire ces jours-là. < Il y a donc toute raison de supposer, écrivait M. Trovtrbridge , qu'elles sont l'effet d'un tremblement sous -marin. » Cependant il n'y a pas eu de tremblement de terre à San Francisco, dont les appareils autographes ont présenté les mômes iiTégularItés.

M. Bâche a rapproché ces faits des tremblements de terre du Japon, et quoique les renseignements dont il a pu disposer fussent incomplets, la discussion des courbes des marées extraordinaires, observées en Californie, Ta conduit aux résultats suivants pour le 25 décembre.

« L'onde soalevée a Simoda , par le tremblement de terre, transmîee ou propagée jusqu'à San Fnneiaco» a parcouru de 565 à 370 milles par heure, ou 6 mîUes à peu près par minute.

1» Les observations de San Die^ donnent à peu près la même vitesse, 555 milles par heure. »

M. Bâche est allé plus loin : il a cherché à conclure de ces résultats la profondeur moyenne de TOeëan Pacifique sur le passage de ces ondes seîamiques. < Nous avons trouvé» dit-il, une vitesse de 6,0 à 6,2 milles par minute, et la durée d'une oscillation de 55 minutes à San Ftancieco, et de 51 minutes à San Diego. Ceci donnerait pour la longueur de Tonde à San Francisco 210 a 217 milles^ et à San Diego 186 à 192 milles.

» Une onde de 210 milles de longueur se mouvrait avec une vitesse de 6,0 milles par minute, dans une profondeur de 2250 brasses. (Airy, Tides and Waves , ENCYCLOP. MËTROP., p. 291, tabl. II). Une onde de 217 milles de longueur, à la vitesse de 6,2 milles par minute, répond à une profondeur de 2,500 brasses. La profondeur correspondante à la passe de San Diego est de 2100 brasses (1). »

Quant aux irrégularités du 25 décembre, elles n'ont pas d'origine connue, mais leur foyer doit avoir été plus rapproché de San Diego que de San Francisco. C'est l'opinion du savant que nous venons de citer.

1855. — Le 7 janvier, 11 h. du matin, à l'Ile Décima, une secousse du NE au SO.

(i) Nolice of EartiK|iiako Waves on the western coast of the United SUtea, oa ibe â5d. and 35 th. of december, 1854 ; by A. D. Bâche , Superintendant C. S. Coast Sarvey. Amer. Jmtm. of Se. t. XXI, p. 37-43, n» Gl, Jutary, 1886.

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Le 28, 10 h. 1/2 du soir, en mer, à 5 ou 6 milles de la baie de Simoda, uAe secousse de 15 à 20 secondes de durée.

Le 5i, à Simoda, plusieurs secousses (M. Meriani).

— Le i février, 5 h. 20 m. du matin, à l'ile Décima, autre tremblement. (Même source que pour 1852).

— Au 22 février, les secousses conlinuaient encore à Simoda {vide suprd).

— lie 19 mai, 9 h. du soir, à File Décima, médiocre secousse du SOau NE. C'est la dernière signalée dans les taldeaux des observations météorologiques que je viens de citer.

— Le 1 1 novembre, 10 h. du soir, à Jeddo (Japon), tremblement désastreux qui a détruit cent mille maisons, 54 ou 57 traiples et trente mille personnes. La terre s'est entr*ouverte en plusieurs endroits et a englouti des quartiers entiers* Ce tremblement a aussi été très*fort dans les ports d'flakodadi et de Simoda où les interprètes de ces deux places ont fait au capitaine Morehouse (on Morchoux) de Massachussets, des récits terribles de ce phénomène.

M. Kluge donne la date du 12 qui me semble inexacte. Le Journal la Vérité dn 1"' avril 1856 donne la date du 15. Mais le Moniteur et les autres journaux français des derniers jours de mars indiquent tous le IL

1856. — Suivant des nouvelles du Japon, en date du 18 novembre, Hakodadi aurait beaucoup souffert d^me inondatim des eaux de la mer et d'un tremblement de terre.

(M. Kluge).

— On lit dans la Presse du 30 mars : « Un l^emblemeni de terre épouvantable a eu lieu an Japon. La ville de Joddo (Jédo?) a été détruite ; dix mille maisons ont été renversées ; trente mille personnes ont péri. »

Je lis encore dans le Moniteur^ du 7 décembre 4869: « Les tremblements de terre sont par malhear trèsfréquents au Japon ; en outre, ils sont de longue durée. Le tremblement de 1856 s'est fait sentir avec une intensité variable, environ quarante jours. »

1857. — Le 12 mars, 6 h. 5 m. du matin, à la bonzerie d'Amikou , près de Nafa , dans la principale des iies Lou- Tchou, par 26* 15' 20" lat. N et 126*^ 25' 40'' long. E de Paris, première secousse constatée par le P. Furet, missionnaire apostolique. Elle fut assez forte pour faire craquer la maison en bois et dura 85 secondes. Â 8 h. 45 m. du matin, nouvelle secousse légère et de quelques secondes de durée. Temps calme. (Comptes rendus^ t. 48, p. 596).

Le 8 avril , 6 b. 50 du matin, nouvelle secousse assez forte qui n'a duré que quelques secondes. Â 6 b. du matin, tberm. 15» ; barom. 765"**» 7. »

Le 27 octobre, 4 h. 25 m. du soir , secousse qui a duré quelques secondes.

Vers minuit, du 50 novembre au 1*' décembre, violente secousse. Temps calme. (Le P. Furet).

1858. — Le 6 janvier, 10 b. 27 m. du matin, près de Nafa, (lies Lou-Tchou), secousse qui a duré une minute au moins. Toutes les maisons en bois ont craqué. Temps très-calme et très-beau. A 10 h. du matin, tberm. 21^; barom. 765""» 5.

Le 19 février, vers 5 h. du soir, une seule secousse: à 9 b. 50 m. du soir, un peu de grêle.

Le 25' mars, 8 b. 52 m. du soir, une première secousse avec bruit sourd, suivie d'une seconde assez forte pour agiter les objets suspendus.

Le 10 mai, vers 2 h. 50 m. du matin, secousse violente.

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Le 20 juillet, 6 h. 54 m. (soir ?), deux secousses dont la seconde dura assez longtemps. Orage à l'Ouest.

Le 22 septembre, 2 h. 30 m. du matin» forte secousse qui dura une minute au moins. Cest la dernière signalée dans le journal du P. Furet qui en a ainsi noté 11 en 22 mois.

1859. — Le 15 janvier, vers 10 h. 30 m. du soir, à Chacodate (l),sur l'ile Jeso ouMatsmai, dans le détroit de Sangar (Japon), deux légères secousses qui ont duré seulement Qdc) une demi-minute.

Le 25 février, deux légères secousses du N au S et de 15 secondes de durée.

Le 26 avril, une légère secousse qui a durée une demiminute.

Le 12 juin, 5 h. du soir, deux légères secousses du N au S et qui n'ont duré que trente secondes.

Le 15 août, vers 8 h. du soir, tremblement plus fort que tous les précédents; il a duré une minute.

La ville de Chacodate est située par lat. il^'iS' 30** N et long. 140^ 47' 15" E de Gr., suivant le lieutenant Maury. A 50 verstes au nord s'élève un volcan de 3169 pieds de hauteur. Ces observations sont dues à M. Âbrecht, médecin du consulat de Russie. Ce sont les seules secousses mentionnées dans ses observations météorologiques, qui comprennent Tannée entière, nouveau style. {Corresp. météor. de M. Kuppfer, pour 1857. Pétersboui^, 1860, in4^).

Je lis dans le Moniteur du 19 novembre une lettre écrite de Jeddo, mais non datée ou dont le journal ne donne pas la date. . . < Il n'y a aucune trace d'architecAire. ... La cause en est dans les tremblements de terre qui sont si

(1) D'autres écri?ent Hakodade et Yesso.

fréquents dans ces contrées. Il n*y a de hautes et solides murailles qu^au bord du fossé qui défend la ville. Ces murs, qui s'élèvent à 30 ou 40 pieds , sont formés de grands blocs de granit curieusement enchâssés les uns Ams les autres. Par la singularité de la maçonnerie et par son épaisseur, il semble que de telles murailles doivent résister même aux tremblements' de terre. Mais toute autre muraille dans la ville est bâtie en traverses do bois fortement agencées, reliées entre elles par des cloisons de bambou et n'ayant jamais plus de deux étages, encore à peine peut-on appeler étage la soupente qu^éclaire la croisée pratiquée dans la guérite caractéristique de Jeddo. Mais c'esfr un mode de construction qui a l'avantage de résister admirablement aux secousses terrestres. Même à présent^ depuis que fécriSf toute la maison et la terre sotis me» pieds ont tremblé plusieurs fois; cependant la solidité de la- construction n'a été aucunement ébranlée , les habitants n^ont pas craint pour leur sûreté un seul instant. Si Ton se préoccupiait outre ipesure des tremblements de terre , il ne resterait personne dans Jeddo, et, nous Tavons dit, cette ville a deux ou trois millions d'habitants. »

1860. Le 12 décembre, le Granada^ bateau de la Compagnie Péninsulaire, quitta la Chine pour se rendre àledo. Le 14, il était en vue de terre. Ce n'étaient d'abord que des rochers, une suite d'Ilots qui prolongent vers le sud la pointe de rUe en une longue ligne de récifs : puis ce furent les terre» du détroit de Vaû-Diémen et le cap Tchitchakoff. C'était le commencement du Japon avec sa nature tourmentée et volcanique. Presque tous ces Ilots sont des rooha*s.nus et à pie, et deux d'entre eux sont des volcans en éruption. « C'était la première fois , dit l'auteur auquel j'emprunte ces détails, que je voyais ce dernier spectacle et je le dévorais des yeux comme bien tu penses. Un pic im-

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