SUR
Lors de la catastrophe de Nice, causée par des tremblements de terre, nous avons recherché quelles pouvaient être les causes de phénomènes si soudains et si effroyables.
Certains points communs entre les tremblements de terre et les phénomènes météorologiques ne tardèrent pas à nous convaincre que la solution des premiers se trouvait dans celle des seconds. Mais combien est compliquée la météorologie 1 Son étude nous révéla cependant une analogie complète avec les marées : le secret de la connaissance des marées devait nous conduire à la fois à la météorologie et aux tremblements de terre, se résumant uniquement dans la cause et les effets de la dépression.
SI LA DÉPEESSIOH
La dépression est la cause première de tous les troubles produits dans les fluides.
La dépresssion de la mer donne la marée ; celle de l'atmosphère,
a SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE.
qui prend parfois la forme de cyclone, toraado, typhon, donne les vents, pluies, orages, tempêtes, apportant le trouble jusque dans l'océan lui-même.
La dépression du soleil, sous forme de tache, y produit des mouvements dont les ouragans terrestres ne sont qu'une faible image.
La dépression est un travail. Comme la chaleur, elle trouve sa cause dans l'attraction de la matière.
La chaleur en modifie d'ailleurs les conditions en diminuant le frottement et en facilitant la séparation des molécules.
Pourquoi la dépression, qui est la cause de tous les troubles extérieurs connus des fluides, ne serait-elle pas celle des tremblements de terre et des éruptions volcaniques?
Tandis que les dépressions de la mer et de l'atmosphère diminuent plus ou moins brusquement le poids de la croûte terrestre, en certains points, la dépression du noyau central provoque un mouvement moléculaire considérable qui augmente la température du milieu, ainsi que la pression des gaz intérieurs. De là, rupture d'équilibre de l'écorce terrestre, facilitée par l'accentuation de la chaleur et les courants électriques dont les expériences de laboratoire ne peuvent donner qu'une faible idée.
C'est ainsi que le feu grisou, sous l'action d'une dépression extérieure, aidée souvent par une surpression du gaz lui-même, due à une recrudescence de la chaleur interne, sort de sa retraite la plus reculée pour semer la mort sur son passage *.
La dépression de la masse liquide intérieure ne peut laisser de vide entre celle-ci et l'écorce terrestre. Ce vide est comblé par les gaz en dissolution dans le bain incandescent métallique, qui viennent s'unir à ceux des roches surchauffées de la voûte, pour provoquer une poussée formidable sur celle-ci.
Ces gaz communiquent d'ailleurs plus ou moins avec ceux qui emplissent les poches de la partie intérieure de l'écorce terrestre,
i. C'est U théorie défendue depuis longtemps par M. Francis Laur; nous sommes heureux de lui eu donner ici le témoignage.
DE LA DÉPRESSION DE LA MER ET DE l' ATMOSPHÈRE. 3
principalement sous les côtes de la mer et sous les montagnes où il y a nécessairement inégalité du relief intérieur.